20/04/2012

Contre les extrêmes, votez pour la région et pour l’Europe ... Votez et faites voter Bayrou . Ou Joly.

Mélenchon l’a dit : il veut nous faire les poches. Non pas seulement aux super-riches, mais à tous les Français de l’étranger, qui seraient contraints de payer un complément d’impôt comme s’ils habitaient en France. Y compris aux double-nationaux et bien évidemment également aux frontaliers imposés à la source. Indépendamment du coût de la vie de leur lieu de résidence, du nombre d’heures travaillées, des conditions de retraite et de tout ce genre de choses qui font que les conditions d’obtention du revenu sont fondamentalement différentes d’un pays à l’autre.

Le problème, c’est qu’Hollande, comme Sarkozy, poussés par leurs extrêmes, sont sur la même longueur d’ondes. Les deux seuls candidats sérieux à s’être déclarés contre cette mesure sont François Bayrou et Eva Joly. Le premier par clairvoyance politique et économique, la seconde parce qu’elle est certainement celle des candidats qui comprend le mieux les double-nationaux et les expatriés. Alors bien sûr, Bayrou a peu de chances d’arriver au second tour (encore qu’un quart des électeurs se déclarent toujours incertains) et Joly n’en a aucune, mais toutes les voix qui se porteront sur eux, notamment parmi les français de l’étranger et les frontaliers pèseront double dans le cerveau reptilien des élus au moment de porter ou non le projet de fiscalisation des Français de l’étranger devant le parlement.

L’idée est très simple : si vous êtes du centre ou de droite, vous votez Bayrou, sans hésiter et si vous êtes trop à gauche pour y songer, Eva Joly. Toutes les voix qu’il ou elle feront dans notre région au-dessus de leur moyenne nationale seront un message clair. Pour Bayrou, on sait déjà qu’il va cartonner, comme il l’avait fait en 2007, où il avait obtenu 24% en Suisse (devant Ségolène) et à peine moins en Haute-Savoie, terre centriste historique. Nul doute qu’il ne réédite l’exploit dimanche. C’est d’ailleurs à Annecy qu’il clôturera sa campagne ce soir, par une réunion amicale avec tous ceux qui l’ont soutenu.

Ils sont particulièrement nombreux, entre Genève et Chambéry, où le travail de réunion des centres derrière le panache orange du candidat Modem est le plus avancé de France. L’explosion des candidatures dissidentes à l’UMP, en position éligible quasiment dans chaque circonscription, en est la preuve éclatante. Bayrou l’a fait remarquer et il en était fier: ses meetings étaient les seuls où flottaient autant de drapeaux européens ou régionaux (occitans, basques, bretons, corses, savoyards…) que de drapeaux français.

On est à cent lieues du chauvinisme jacobin d’un Mélenchon, qui attache tant d’importance à la nationalité qu’il veut la sacraliser dans l’impôt. Le protectionnisme centralisateur français est un résidu d’un autre âge. Pour affronter les soubresauts du monde actuel, il nous faut à tout prix renforcer l’autonomie de l’échelon régional et la coordination des niveaux continentaux et planétaires. Cela, seuls Bayrou et Joly l’ont compris, ou tout au moins osent l’exprimer ouvertement.  Bayrou employant même le magnifique terme de Fédéralisme.

Dans l’entourage de Hollande et Sarkozy aussi, on l’a compris, encore que pas toujours si clairement… Mais les deux papables sont otages des tendances protectionnistes et conservatrices de leurs extrêmes. Le Pen et Mélenchon défendent tous deux un modèle de société né juste avant les Lumières, l’Etat-Nation, qui engendra l’expansion coloniale des XVIIIème et XIXème siècle et les affrontements meurtriers du XXème. Un système clôt et totalement inadapté à l’ère de la mondialisation sur laquelle on ne reviendra plus en arrière, sauf à renoncer au progrès.

il reste 48 heures, pour que chacun de nous convainque au moins  3 ou 4 personnes de voter et faire voter. Dimanche, cela peut représenter quelques milliers de voix supplémentaires qui feront réfléchir à Paris.

Commentaires

Moi je vote Eva Joly, car le fédéralisme de Bayrou, c'est bien, mais il a une vision de l'éducation que je trouve vieillotte, il fait quand même trop référence à l'identité française, ou même à l'identité européenne chrétienne. Eva Joly est elle aussi fédéraliste, mais elle est plus incisive et plus claire, elle a moins de blocages issus de la tradition.

Écrit par : Rémi Mogenet | 20/04/2012

Vous n'avez pas tort, Rémi, c'est là un point de désaccord avec mon cousin. Il n'ose pas aller au bout de sa démarche et proposer vraiment une alternative claire à la démarche nationale. En même temps, c'est l'échelle de la circonscription qu'il vise... Où serait le Béarnais dans les sondages s'il avait osé prendre la vache landaise par les cornes ? Au-dessus ou en dessous de son niveau actuel ? Je n'en sais rien, ne suis pas devin.
Mais j'ai le sentiment que beaucoup de soutiens potentiels lui reprochent d'avoir été un peu mièvre, de ne pas avoir osé de proposition forte et décoiffante. Le fait est que son message principal, la rigueur, est un mal nécessaire aujourd'hui. Mais si l'on ne fait pas miroiter de lendemains qui chantent, pour après, l'électeur n'y voit que la sueur, le sang et les larmes. Hors ces lendemains, ils existent, nimbés de paix et de stabilité retrouvée, dans une coordination globale assurant un développement durable et harmonieux à l'échelle planétaire.
Plutôt que de sombrer dans les confits annoncés que les diverses formes de protectionnisme en vogue vont nous offrir sur un plateau.

Écrit par : Philippe Souaille | 20/04/2012

Il en serait peut-être à l'endroit où est Eva Joly, mais sa mollesse idéologique ne lui a pas permis de grimper non plus, par rapport à la dernière élection présidentielle. Avant, c'était nouveau, maintenant, ça ne l'est plus. Il n'a pas su se renouveler, aller un peu plus loin. Eva Joly en a sans doute trop dit, ça a choqué les braves gens, mais Bayrou est resté dans le vague, et a trop fait appel à la tradition. Qui trop embrasse mal étreint. On ne doit pas énoncer ses idées par calcul, mais aussi parce qu'on les croit justes. Il a trop voulu être président, cela l'a asséché.

Écrit par : Rémi Mogenet | 20/04/2012

Voter Bayrou alors qu'A. Veillard appelle à la décroissance économique de Genève et soutien la réforme de de l'assurance santé qui va frapper les frontaliers ?

Écrit par : etienne daguet | 20/04/2012

Bonne question, M. Daguet. Mais si Vielliard a du poids au Modem, il n'est pas seul à décider. Sur l'assurance santé, la question est complexe. A titre personnel, je défends l'idée de la concurrence et de la possibilité d'une assurance privée, mais si l'on s'assure dans le privé tant qu'on est jeune et bien portant, lorsque les primes coûtent moins cher, pour passer ensuite au RMU lorsqu'on atteint un âge où les frais de santé explosent tandis que les revenus baissent, il y a un vrai problème de solidarité sociale. Sauf qu'il n'y a aucune raison que les frontaliers soient traités différemment des autres expatriés qui, s'ils ne sont pas salariés directement par une entreprise française, peuvent s'assurer comme bon leur semble en fonction des lois de leur pays de résidence, et venir bééficier de la CMU si le coeur leur en dit, à l'âge de la retraite. Ce sont les accords européens qui ont prévus cela, pour des raisons de siplifciation administrative j'imagine. Au même titre qu'un Français ayant bossé toute sa vie en France, s'il va s'établir en Espagne ou au Maroc à l'âge de la retraite, devra s'assurer selon les lois de son pays de résidence officielle.
Je pense donc que comme souvent, Antoine Vielliard s'arrête à une première évidence, sans aller chercher plus loi, et il a tort. Mais encore une fois, il n'est que le Président du Modem 74. Le regroupement des centres que prépare Bayrou entend avoir une assise bien plus large.

Écrit par : Philippe Souaille | 20/04/2012

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