23/04/2012

L’opposition gauche-droite a assez duré. Il est urgent d'en sortir...

Les extrémistes l’ont compris en premier. Il n’y a guère que des divergences de détail, d’ordre moral ou social entre les nationalistes sociaux façon Le Pen et les socialistes patriotes façon Mélenchon.  Sur le fond, ils ont clairement identifié l’ennemi : la mondialisation. Que défendent grosso modo la droite, le centre et les dirigeants du PS, le vicomte de Montebourg mis à part.

 

Avec 17, 9 % des voix ce matin, Marine fait seulement 1% de mieux que son père au 1er tour de 2002 (et seulement 0,1% de mieux qu’au 2ème tour). Après 10 ans d’effort et de « dédiabolisation » le bilan est maigre. Tant mieux, les français n’ont pas été dupes. Et ce score néanmoins canon va pousser une part notable des voix du centre dans les bras de Hollande au 2ème tour, y compris parmi des gens ayant voté Sarkozy au 1er tour. Plusieurs électeurs(trices) me l’ont déjà affirmé.

 

Le résultat de Le Pen, ajouté aux 11% du krypto-stal Mélenchon (qui a finalement hérité des voix vertes ayant fait défaut à Bayrou) est avant tout la conséquence des crises. On le voit sur l’analyse fine des résultats. Le Front National recule dans les régions prospères, comme en Haute-Savoie (hormis dans les bastions ouvriers du décolletage), mais progresse encore dans les centres ouvriers sinistrés, dans le Nord ou le Pas de Calais.

 

De fait la mondialisation est, avec la finance, la principale responsable des crises d’aujourd’hui, celles qui font que l’on commence à ne plus avoir de quoi manger dans certains familles, à la fin du mois, malgré un salaire de travailleur.  Alors bien sûr, la crise a frappé les grosses fortunes en premier et très lourdement parfois, mais la situation n’a rien à voir selon que l’on vit avec le strict nécessaire ou que l’on peut taper dans ses réserves.

 

Cependant, la mondialisation est inéluctable, impossible à arrêter, en dehors du fait qu’il serait inacceptable de le faire. Car la mondialisation, ce n’est ni plus ni moins que la conséquence conjuguée du progrès technologique et des colonisations du XIXème siècle. Les différentes civilisations de la planète sont désormais réunies pour le pire et le meilleur et il est parfaitement illusoire d’espérer que nous – occidentaux - pourrons conserver le pouvoir économique et politique sur un monde global sans avoir à le partager. Le partage, le rééquilibrage des ressources et des débouchés, donc des revenus, c’est ce qui est en train de s’opérer. On ne peut pas y couper, parce que les autres parties du monde ne nous demandent pas notre avis et n’ont d’ailleurs pas à le faire : globalement, les ressources (matières premières et réserves de croissance) sont chez elles.

 

Tout cela dépasse très largement les clivages gauche-droite. Que cela soit Hollande ou Sarkozy qui gagne en mai, la politique menée devra être la même, car il n’y a pas vraiment d’alternative. Il n’y aura que des divergences de détail. Ce que le trotskyste Poutou résumait très lucidement dimanche soir « de toute manière, on aura la rigueur, mais avec Hollande on aura une rigueur de gauche ». Les pseudo-alternatives « patriotiques » de gauche ou de droite, tournant toutes autour du protectionnisme n’ont aucune pertinence économique : Sans importer de matières premières, la France ne peut guère produire que du blé, des betteraves et un peu d’acier. Bref, avec la mondialisation, on se serre la ceinture, avec le protectionnisme, on retourne au XIXème siècle.

 

Pour mener cette politique de rigueur, je ne suis pas loin de penser que mieux vaut un Hollande qu’un Sarkozy. Car Sarkozy est déjà brûlé dans l’opinion et n’a donc aucune marge de manœuvre.  De toute manière Sarkozy est cuit. Les estimations de reports de voix du 2ème tour sont assez claires. Et nulle consigne d’un(e) candidat(e) n’y changera rien. Les voix de Mélenchon, de Joly et de l’extrême-gauche sont acquises à Hollande à 90%, ainsi qu’un tiers de celles de Bayrou et le quart de celles de Le Pen.  La messe est dite.

 

Reste que la tentation de mener une politique d’arrosage typiquement de gauche, suicidaire dans la période, restera grande pour une équipe socialiste nouvellement élue. C’est cela qu’il faut empêcher à tout prix, car nous ne sommes pas en 81 et la France, comme l’Europe, n’ont pas les moyens de s’offrir deux années de dérive budgétaire mitterrandienne.  Pour l’empêcher, le meilleur moyen est d’élire massivement, à chaque fois que c’est possible, des candidats du centre qui ne pratiqueront pas l’opposition systématique comme le ferait l’UMP, mais l’opposition constructive. Oui des deux mains aux réformes allant dans le bon sens, non ferme aux autres.

 

Les Français auront-ils la lucidité d’offrir à la France cette combinaison gagnante : Hollande à la Présidence et une large présence centriste (et verte) à la chambre ? C’est en tout cas ce dont on peut rêver. Et agir en ce sens d’ici aux législatives. Ce serait aussi l’intérêt de la Suisse, Car tout ce qui va se jouer en France ce prochaines années aura de lourde  répercussions en Europe, et donc aussi chez nous, tant nos destins économiques sont liés.

 

Commentaires

Vers une recomposition du paysage politique:
Marine ne fera rien pour que Sarko bénéficie d'un bon rapport de voix venant es éleceturs du FN , elle va continuer à la jouer anti-euro, sécurité. tablant sur une défaite de la droite classique , elle se positionnera en rassembleuse de la nouvelle droite fusion de la droite populaire de l'UMP "Mariani-Luca -Vanneste,et du FN débarrassé des Gollnish etc. , cette droite a comme modèle notre UDC , elle sera prête pour reprendre le pouvoir dans certaines villes du PACA , emmerdera ce qui restera des lambeaux de l'UMP au second tour des scrutins législatifs.
Cette politique met fin à l'impasse dans laquelle le père Le Pen avait figé son mouvement.
De l'autre côté la marge de manœuvre est étroite , tant les fondamentaux de l'économie plombent toute possibilité de réformes à caractère social, le peuple de France sait que l'avenir c'est de la souffrance , pour des raisons essentiellement morales ,le peuple préfère souffrir avec Hollande plutôt qu'avec Sarko. mais la grande interrogation subsiste dans quel état seront les sociétés française- espagnole- italienne etc . avec quel niveau d'acceptation, de rejet, d’indignation, de désespérance?

Écrit par : briand | 23/04/2012

A défaut d'avoir encore les résultats des Français de Suisse et de Genève en particulier, voici déjà ceux, globaux et officiels, des Français de l'étranger dans leur ensemble. Plutôt des bonnes nouvelles. Le Pen prend une claque qui la ramène au niveau de Joly, Bayrou est 3ème avec 11,37%, Sarkozy largement en tête. Attendons les chiffres suisses pour voir les chances réelles des diverses candidates aux législatives :-)

Liste des candidats Voix % Exprimés
Mme Eva JOLY 21 947 5,44
Mme Marine LE PEN 23 995 5,95
M. Nicolas SARKOZY 153 301 38,00
M. Jean-Luc MÉLENCHON 33 503 8,31
M. Philippe POUTOU 2 843 0,70
Mme Nathalie ARTHAUD 1 137 0,28
M. Jacques CHEMINADE 1 457 0,36
M. François BAYROU 45 867 11,37
M. Nicolas DUPONT-AIGNAN 5 148 1,28
M. François HOLLANDE 114 197 28,31

Écrit par : Philippe Souaille | 23/04/2012

En résumé et pour faire simple, il y a bien plus de points communs entre la droite et la gauche de gouvernement (et bien sûr avec le centre) qu'avec leurs extrêmes respectifs. Entre les réformistes lucides qu'avec les révolutionnaires prêts à risquer tous les cataclysmes.
Par ailleurs, si l'on additionne les voix de Sarkozy, Hollande, Bayrou et Joly, on arrive à plus de 67%. C'est à l'évidence là qu'il faut gouverner la France, là qu'est la vraie majorité. Là que sont les solutions viables économiquement. Avec une attention toute particulière à porter sur le sort des plus défavorisés, si l'on ne veut pas que les proportions finissent par s'inverser.

Écrit par : Philippe Souaille | 23/04/2012

A votre place, je ne relativiserais pas trop la percée de MLP. N'oubliez pas le facteur abstention, plus important en 2002 au premier tour (28% contre 20%).

En raisonnant en nombre de voix, la progression est tout de même significative:

2002: 4.8 mio au 1er tour, 5.5 mio au second tour
2007: 3.8 mio au 1er tour
2012: 6.4 mio 1er tour
(voir ici: http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9sultats_d%C3%A9taill%C3%A9s_de_l%27%C3%A9lection_pr%C3%A9sidentielle_fran%C3%A7aise_de_2012)

... c'est donc presque 1 mio de plus que le meilleur score jamais atteint par JMLP! Le danger est bien là, avec le risque d'une dynamique FN sur les législatives (et la tentation de compromissions et d'alliances que cela impliquerait de la part de certains UMP).

Pour le reste, d'accord avec vous. Ce qui pourrait arriver de mieux en fait serait une percée centriste aux législatives, ce qui donnerait au Modem une force d'arbitre, qui pondérerait le risque d'une dérive gauchère. Les Français auront-ils cette sagesse ?

Écrit par : Punica Fides | 23/04/2012

P.S. Sarko promet un premier mai pour la France qui travaille, et pas pour "ceux" qui gagnent plus sans rien faire: tout cela pour faire suite à l’explosion du chômage sous son quinquennat, cela promet une castagne d'enfer : âmes sensibles , raisonnables , avec prise en compte d’éléments d'écologie, de commerce équitable , d'économie durable, de responsabilité sociale et d'humanisme bon teint prière de ne pas vomir pendant la marche du char de l'état.

Écrit par : briand | 23/04/2012

dernier 2èmme tour de roue: je parierais volontiers sur complot salafiste , déjoué un peu avant le débat à la Tele , avec rafle dans les "quartiers" et exhibition de terroristes sur le parking du Guéant Vert.

Écrit par : briand | 23/04/2012

Certes cette opposition gauche-droite a assez duré, elle est stérile au redressement de la France, mais on ne peut s'empêcher de s'interroger sur le score de Bayrou, le seul candidat qui ait dit la vérité aux Français sur la situation économique de la France, de la dette publique en particulier, un score donc de deux fois inférieur à celui de 2007. Bayrou explique inlassablement aux Français, et ceci depuis des années, l'évolution négative de la situation budgétaire de la France, il a alerté depuis longtemps et aujourd'hui les faits lui donnent raison. Alors comment comprendre que près de la moitié de ses électeurs de 2007 l'ont abandonné hier ?

Les Français ont voté avec leurs tripes plus qu'avec leur tête. Il ne se sont pas rendus aux urnes pour élire un président, mais pour sanctionner l'actuel. C'est d'un référendum anti-Sarkozy auquel nous venons d'assister.

Élire des candidats du Centre chaque fois que cela est possible ? Aux législatives bien sûr, mais comment y parvenir avec le système majoritaire en place qui favorise précisément cette polarisation gauche-droite si nuisible ? Il faudrait pour cela changer les règles, mais le PS, bientôt en position de force, y serait-il favorable, lui qui en bénéficie aussi ?

C'est là tout le dilemme d'une victoire de Hollande le 6 mai. Que fera-t-il de sa victoire, lui qui sera placé dans une position bien inconfortable entre la réalité économique de la France (les marchés financiers ont immédiatement réagi ce matin après l'annonce des résultats ...) et les allégeances de Mélenchon, voire de Eva Joly (démantèlement partiel du nucléaire), mais surtout les espoirs de millions de personnes qui s'illusionnent probablement.

Pour Hollande, un homme intelligent et sympathique, la marge de manoeuvre sera extrêmement faible et on s'imagine déjà les pressions qui s'exercent d'ores et déjà sur lui au sein même du PS. Régaler des convives et autant de caciques opportunistes que sont les Ayrault, Emmanuelli, Fabius, Micheline Aubry, etc, sans parler du pompeux "vicomte de Montebourg", ne sera pas une tâche facile et il n'y aura pas de couverts pour tout le monde. Certains risquent de manger froid et debout ...

Bref, la fête risque d'être brève et l'atterrissage rude, à moins que Hollande nous surprenne. C'est ce qu'on lui souhaite !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 23/04/2012

Concernant le vote Le Pen, en réalité, Marine fait même nettement moins bien en pourcentage que son père et Mégret qui totalisaient, ensemble, 19,2% des voix pour l'extrême-droite en 2002. Et si l'on y ajoute les voix de Chasse Pêche et Traditions, on est aussi en dessous du score de 2002 en nombre de voix.
Hors en 10 ans, la population française est passée de 59,5 millions d'habitants à 65,3, soit six millions d'augmentation ou encore 10%... Bref, Marine est très loin d'augmenter les scores historiques de l'extrême-droite française, que Sarkozy, seul, était parvenu à rabattre sensiblement en 2007. Et qu'il a perdu aussi sec en recrutant au PS pour sa politique d'ouverture, qui consistait essentiellement à couper l'herbe sous le pied de Bayrou.
On n'est pas là dans la construction d'une politique visionnaire, mais juste dans de la cuisine électorale, et c'est cela qu'il paie aujourd'hui. Il est plus que temps de cesser de se battre comme des chiffonniers et de s'allier au diable pour parvenir à gouverner avec 51% des voix.
Une majorité des 2/3, stable et raisonnée est là, disponible à celui qui osera franchir le pas.

Écrit par : Philippe Souaille | 23/04/2012

@ Ph. Souaille

Les deux candidats se fondent sur une variante du modèle économique orthodoxe dominant qui a démontré son incapacité à prévoir et fournir des prescriptions efficaces et dont il est, de plus, démontré que les supposés (homo oecomicus) sont erronés. La politique continuera donc a être dangereusement influencée par des présupposés stupides. Il est clair que Sarkozy utilise ces présupposés en leur forme vulgarisée en les distillant pour mieux assurer l'assouvissement cupidité de certains. Evidemment, chez les socialistes et mélanchonistes, il n'est pas que des petits sains. Qui donc est le moins pire ?

"Je ne voterai pas pour Hollande : il laisse entrer les arabes." Voilà ce que j'ai entendu lors de mes dernières pérégrinations en le nord de la France. Il est vrai que pour certains il existe un conflit de civilisations et qu'il convient de repousser les autres. Au premier abord Sarkozy est pour eux le moins pire. Mais l'est il vraiment ? Qu'a-t'il fait au delà des gesticulations anti-rom et celles de dernières minutes ? Sa gestion du culte musulman de France ? Comment a-t'il géré les banlieues ?

Et d'une manière plus concrète pour l'Euro, il n'est que deux solutions : La fin de l'Euro comme monnaie unique ou la fédéralisation de l'Eurozone si ce n'est de l'Europe. Fédéralisation impliquant des transferts dont l'Allemagne ne veut pas à ce jour entendre parler. Et si elle fini par en entendre parler elle le fera payer aux autres. Est-ce acceptable ? Si la fédéralisation n'aboutit pas l'Euro dispraîtra de manière désordonnée : le pire. Pour gérer tous cela qui est le mieux placé ? Le remplacement de Merkel par un chancelier SPD doit-il être pris en compte ?

Trois questions auxquels les électeurs français devraient réfléchir.


PS : : La mondialisation n'est inévitable que pour un néolibéral. Et alors la mondialisation est néolibérale. Et les frontières peuvent être humanistes.


@ Jean d'Hôtaux

Bayrou dit la vérité. Pourquoi ne pas le dire ? Cependant, s'il eut été mieux d'éviter l'endettement public, est-il vrai que la meilleure solution se situe aujourd'hui dans un cadre néolibéral, avec l'Euro et très rapidement comme préconisé par Bayrou ? Voter Bayrou n'est-ce pas voter pour un homme dont les solutions étaient les bonnes il y a 12 ans mais qui ne sont plus d'actualité au vu de la situation prévalant à ce jour ?

Écrit par : CEDH | 23/04/2012

Merci aux Français de Suisse, et particulièrement aux romands, d'avoir si bien voté, Bayrou (3è à 5 points de Hollande) et Eva Joly réussissant chez nous des scores canons, très au-dessus de leur moyenne nationale. Exactement ce que je recommandais vendredi :-)


http://www.tdg.ch/monde/europe/francais-suisse-vote-nicolas-sarkozy/story/11247363

Écrit par : Philippe Souaille | 23/04/2012

Les calculs sont assez simples:

Hollande 28.6 + Mélenchon 11 + Bayrou 4 + Joly 2.4 + Poutou 1 + Arthaud 0.5 = 47.5 % d'électeurs potentiellement acquis à la gauche

Sarkozy 27.18 + Cheminade + 0.1 + Dupont 0.4 + bayrou 4 = 31.7 % d'électeurs potentiellement acquis à la droite

Le Pen 17.9 + divers indécis 2.9 = 20.8 %

Répartition: 1/3 Hollande 2/3 Sarkozy

Total Sarkozy: 45.5 %

Total Hollande: 54.5 %

Si TOUT l'électorat Le Pen ou divers indécis votait Sarkozy, celui-ci obtiendrait une majorité de 52.5 % (invraisemblable)

Si TOUT l'électorat Le Pen ou divers indécis votait Hollande, obtiendrait une majorité de 68 % (invraisemblable)

En considérant ces hypothèses, il est quasiment impossible pour Sarkozy d'obtenir une majorité. À moins de proposer des faveurs considérables au FN (ce qui est également invraisemblable).

Il paraît par contre plus vraisemblable que le FN joue la carte de l'abstention ou du vote blanc. Dans ce cas, Hollande serait aussi vainqueur.

L'arbitre reste invariablement l'électorat du FN qu'on le veuille ou non. Il sera tenu pour responsable pour les uns et les autres de la victoire de l'un ou de l'autre.

Écrit par : petard | 23/04/2012

"L’opposition gauche-droite a assez duré. Il est urgent d'en sortir..."
Doux Jésus. My goodness. On est tous frères, c'est ça ?

Écrit par : Géo | 23/04/2012

Non Géo, nous ne sommes pas tous frères. Il y a des gens qui veulent relever les frontières et parmi eux, deux courants, ceux qui rêvent de faire à nouveau s'entretuer les peuples et ceux dont le fantasme est de pendre les riches à la lanterne.
Et puis il y a la majorité silencieuse, les 2/3 de la population, qui ne sont pas d'accord sur tout, mais qui le sont sur l'essentiel. Et qui curieusement s'obstinent de par et d'autres à s'occuper de leurs extrêmes au lieu de chercher à consolider ce qui les rassemble. Au centre.

Écrit par : Philippe Souaille | 23/04/2012

@CEDH :

Non CEDH, je pense sincèrement que les solutions de Bayrou sont toujours d'actualité. Aujourd'hui plus que jamais !

Voyez l'Italie actuelle qui a dû mettre en place un gouvernement non pas de politiques, mais de technocrates, pour tenter d'assainir ses finances et de mener des réformes, ceci dans des conditions de rigueur extrême.

Cette bipolarisation politique poussée à l'extrême en France coûte très cher au budget car elle bloque toute réforme et que le temps presse. On l'a vu lors de la campagne, presque tous les candidats, dont les deux qualifiés ce dimanche, ont rivalisé de surenchères, ceci de manière totalement irresponsable et souvent sur des sujets futiles (viande hallal ou permis de conduire des jeunes par exemple), alors que l'urgence est ailleurs, que les causes sont connues, mais les seuls remèdes possibles ne sont malheureusement pas susceptibles d’appâter l'électeur.

Difficile en effet de demander aux électeurs de voter pour soi si on leur promet de la sueur, du sang et des larmes ...

Par conséquent la seule solution est de rechercher à rassembler. Il est nécessaire de travailler de manière consensuelle pour redresser la situation économique.

Quant à l'Euro, je pense que c'est une chance pour la France et non pas un fardeau. La politique monétaire rigoureuse de la BCE apporte une stabilité monétaire et contribue à lutter contre l'inflation. Mais cette politique monétaire n'a de sens que si tous les pays de l'Eurogroupe respectent les critères de stabilité et de croissance adoptés par le Traité de Maastricht, ce qui n'était malheureusement pas le cas jusqu'à très récemment et qui ne l'est pas encore aujourd'hui dans certains pays.

En écrivant cela, je ne peux m'empêcher de songer à la situation des finances publiques genevoises qui ne sont pas au beau fixe, c'est le moins que l'on puisse dire, alors qu'il va bien falloir recapitaliser rapidement les caisses de pension publiques (fusion CIA et CEH) pour les mettre en conformité avec la législation. Ici aussi, à Genève donc, on a négligé ce problème qu'il va bien falloir résoudre et aujourd'hui on a pas fini de se disputer pour savoir qui de l'Etat ou des assurés paiera quoi, et combien, une ardoise d'un coût supérieur à celui du sauvetage de la BCGe ... Mais c'est un autre sujet !

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 23/04/2012

@ Jean d'Hôtaux

Ces derniers jours, je parlais à un ami allemand. Il est persuadé que Hitler est arrivé au pouvoir en période d'hyperinflation. Ce qui est faux. Il est arrivé en période de déflation, déflation et récession créé par la politique restrictive adoptée par Bruning dans les années 30.

La règle d'or telle qu'adoptée par le Portugal et étendue à l'Europe provoquera une déflation. Une spirale déflationniste est à redouter. Celle-ci favorisera ceux qui ont des créances, dont les nantis. Mais il est vrai aussi les prévoyants et les fourmis. Alors pourquoi pas, me direz-vous ? Et achèvera les débiteurs dont le Etats. Plus embêtant. Et créera une dépression déflationniste qui pourrait, spirale déflationniste aidant, devenir dépression. Gravissime.

Il faut faire très attention : ni déflation, ni inflation trop élevée. Après tout si la déflation a mis Hitler au pouvoir, l'inflation l'avait, lors de la République de Weimar au début des années 20, mis en selle. Mais attention, l'inflation de 4-6 % se supporte bien. Pas une déflation de cette ampleur ! -1/-2 %, pas plus !

Le projet Bayrou était top déflationniste. Hollande sera-t'il trop inflationniste ?

Quant à l'Italie : il est trop tôt pour juger de la "nouvelle" politique. Toutefois elle a déjà fait des morts. Ce n'est donc pas la panacée. Mais il est vrai qu'il n'en existe pas.

La BNS doit, elle, se tenir à la ligne qui fut celle qu'elle déclarait avoir avant septembre 2011. Pas de déflation. Si déflation il y a, elle doit faire baisser le francs suisse. Sinon elle ne doit, tant que cela demeure raisonnable en terme de masse monétaire, ne pas se départir de son objectif. Suivre les imprécations du 1.60 (je ne cite personne) s'il n'y a pas de déflation serait suicidaire.

Quant au IIème pilier de la fonction publique genevoise, des coup de pieds aux culs se perdent. Mais à nouveau on ne peut remonter le temps. Il ne s'agit pas de faire ce qui n'a pas été fait, mais de faire ce que l'on peut faire compte tenu de la situation actuelle (ce qui n'est pas facile) dont les équilibres politiques (mission impossible ?).

Écrit par : CEDH | 23/04/2012

"pendre les riches à la lanterne"

Mais non, on ne leur veut pas de mal, juste leur reprendre ce qu'ils ont volé. On leur laissera largement de quoi vivre confortablement. En parlant de fantasme, vous fantasmez grave sur ceux qui ne pensent pas comme vous. Toujours dans la caricature la plus outrancière.

Écrit par : Johann | 24/04/2012

"Le vicomte de Montebourg" est en réalité fils de boucher -charcutier ! :)))
Je sais, il n'en a ni la dégaine, ni le nom de famille, mais c'est la vérité vraie.
Comme quoi, l'ascenseur social a parfois fonctionné ( le jeune Arnaud est avocat, n'est-ce pas).

Écrit par : Calendula | 24/04/2012

Hollande et Sarkozy ont tous les deux habité Nauilly-sur-Seine. Cette gauche caviar dont fait partie Hollande m'a toujours amusée. Le père de François Hollande était médecin et candidat malheureux sur une liste d'extrême-droite.

François Hollande déménage après que son père ait vendu sa clinique, ses appartements et s'installe à Neuilly-sur-Seine.

Comme quoi les riches ne sont pas toujours ceux qu'on croit!

Écrit par : Noëlle Ribordy | 24/04/2012

"Trois questions auxquels les électeurs français devraient réfléchir."

En sont-ils capables ? Là est toute la question !

Ayant discuté avec ma famille vivant en France, j'ai de sérieux doutes sur leur capacité à comprendre les enjeux. Et de toute manière, ils n'en ont pas envie. L'endettement ? Rien à battre du moment qu'on continue à leur verser leurs allocs.

Le vote de dimanche passé, comme le dit Jean d'Hôteaux, n'était qu'un référendum anti-Sarkozy. Vous auriez pu mettre Ségolène, Martine ou Marie-George à la place de Nounours que le résultat aurait été le même.

Écrit par : Pascal D. | 24/04/2012

comme citoyen lambda , je comprend que dans la gouvernance des experts européens,on constate un potentiel de développement du PIB de 0.1 à 0.2 % de taux de croissance à moyen et long terme, soit un avenir à moins réjouissant que celui des Etats-Unis, un peu à l’image du Japon de ces 10 dernières années.
Avec un endettement public et privé important , il n'y a que deux options , protectionnisme à l’intérieur des frontières nationales ,ou fédération des pays de l'Europe avec un véritable gouvernement et une banque centrale "BCE" prêteur en dernier ressort à taux encadré.
Hollande est un peu sur cette voix avec sa volonté de renégocier des traités, Sarko qui n'a aucune conviction mais qui est un opportuniste déguisé en pragmatique , peut tout et son contraire, négocier des postes ministériels avec un FN new - look , et tergiverser , soit donner du temps au temps à Angela qui elle prendra les décisions dans l'intérêt de l'Allemagne c'est à dire dans notre intérêt à tous
le risque qui n'est pas mince , est un glissement progressif vers des sociétés totalitaires , choc des civilisations oblige avec des détonateurs comme les bases Françaises à Barhein sauf erreur, qu’Israël pourrait être "forcée" d'utiliser en cas d'intervention en Iran, quitte à entrainer "l'Occident" dans une énième croisade en terre d'Islam. Voilà je pense au dessus- de mes moyens de retraité, et defils d'une vendeuse de primeur.

Écrit par : briand | 24/04/2012

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