25/04/2012

Droite, gauche, Serono, finances, capitalisme et si on parlait vrai ?

A Genève aussi, il devient urgent d’arrêter la guerre de tranchées GAUCHE vs DROITE pour commencer à examiner problèmes et solutions de la manière la plus objective possible. Mme Salerno a dit une grosse bêtise en relativisant le sort des cols blancs, et une encore plus grosse, quelques mois plus tôt en affirmant souhaiter la décroissance du nombre de multinationales à Genève. Mais elle avait parfaitement raison de relever que M. Bertarelli a vendu sa société au bon moment. Elle aurait pu ajouter que si la finance est nécessaire, elle ne saurait, comme la liberté, s’exercer sans entraves.

Edouard Gobbits n’a pas complètement tort lorsqu’il évoque la finance de casino qui a permis à Ernesto Bertarelli de vendre Serono au prix fort. Le fiston avait plus envie de profiter de son argent en le gérant en financier que de s’éreinter à le gagner comme industriel. Et comme il savait y faire, Harvard oblige, il a fait. Dans la foulée, il est parvenu à négocier un gros dégrèvement fiscal de ses gains dans le Canton de Vaud, expliquant simplement à Pascal Broulis que c’était à prendre ou à laisser, Londres, le pays de son épouse, lui assurant la défiscalisation complète en cas de déménagement…

Cependant les tuyaux de la recherche n’étaient pas complètement vides au moment de la vente. Ils étaient en réalité gros d’un hénaurme échec. Les traitements de l’infertilité ronronnaient. Le Rebif, contre la sclérose en plaques, principale source de profits, arrivait doucement en fin de course et son utilisation de manière peu orthodoxe lui avait valu une amende de près d’un milliard aux Etats-Unis. Le Raptiva, contre le psoriasis, était destiné à le remplacer, développé en partenariat avec Genentech. Si la sclérose en plaques est une maladie grave, mais rare, le psoriasis est une affection de la peau plus ou moins légèrement invalidante, mais très fréquente. 2% de la population mondiale en souffrent et c’est actuellement inguérissable. Les traitements permettent uniquement d’effacer plus ou moins durablement les symptômes. Mais dans les cas sérieux, il faut traiter régulièrement et à vie.

Coût du traitement au Raptiva : plusieurs milliers de Francs par an. Sur une maladie affectant plus de 100 millions de personnes, ça fait rêver… On parle là de dizaines de milliards de chiffre d’affaires annuel potentiel… Premier produit dans son genre, le Raptiva réduisait les défenses immunitaires (les lymphocytes T4) qui dans le cas du psoriasis attaquent l’épiderme considéré à tort comme cancéreux. L’idée était bonne et le médicament a été mis sur le marché en 2004-2005, mais son efficacité était variable. L’arrêt du traitement, notamment pouvait être catastrophique, déclenchant des poussées psoriasiques d’une violence inégalée. J’en fus personnellement le sujet et du recevoir un traitement hospitalier pour y faire face. Je n’étais pas le seul.

D’autres traitements, du même ordre, mais plus récents, plus pointus et plus efficaces commençaient à être testés par des concurrents de Serono. On en était là en 2006, quand Merck a racheté l’entreprise et ses produits. Les dermatologues savaient déjà que le Raptiva était sujet à caution, de même que les malades qui en avaient souffert, mais apparemment pas les analystes financiers, ni les patrons de Merck. Là-dessus, en 2009, le Raptiva doit carrément être retiré de la vente, mondialement, après trois cas de méningite mortelle consécutives à son administration régulière… A noter que si la genevoise Serono fut vendu à l'allemande Merck 16 milliards de Francs, Genentech, le partenaire étasunien de Serono dans l'aventure Raptiva fut vendue à la bâloise Roche en 2009 pour 43 milliards de dollars. D'aucuns on parlé de bulle spculative des biotechs...

A première vue, avec cette affaire Merck-Serono, on est dans un cas classique de vente habile, mais parfaitement légale suivie d’un accident industriel. Plus intéressant est le fond de l’affaire, à savoir les coûts énormes de développement requis aujourd’hui pour mettre au point et surtout tester pour homologation ces molécules biologiques. Le traitement du psoriasis par un des concurrents du Raptiva qui vient d’être mis sur le marché après des années de test coûte 24 000 Francs par an. A vie donc. Ce sont bien évidemment les caisses maladies qui paient, donc nous tous.

De tels coûts sont-ils justifiés dans le cas de simples maladies de peau ressemblant en gros à un sérieux eczéma ? Où s’arrêtera-t-on ?

Pour les entrepreneurs – et les capitalistes qui les financent – qui se lancent dans cette exploration, il faut compter des centaines de millions de coût de développement puis d’homologation par produit, en sachant au départ, que vous avez de gros risques que votre produit finisse à la poubelle. Ou même que vous soyez contraint à payer de gros dédommagements à d’éventuelles victimes…

Les PME n’ont clairement pas les reins assez solides pour jouer à ce genre de loteries, puisque même les multinationales ne sont pas certaines de les avoir…

Est-il prudent d’aiguiller Genève dans cette direction des biotechs qui ressemble à une quête de l’eldorado, avec le cortège d’Aguire et d’échecs potentiels que cela représente ? En même temps, les capitaux sont encore là… et l’on peut souhaiter qu’ils y restent, précisément parce que Genève est un carrefour, une plate-formes d’échanges entre capitaux et capital-risqueurs.

Si l’on chasse, ou qu’on laisse partir les multinationales, par quoi les remplacer ? Les PME, c’est bien joli, tout le monde est d’accord, mais à part des PME de services, qui doivent trouver sur place des clients à servir (donc potentiellement des multinationales), quel type de production concurrentielle des PME pourraient-elles bien assurer à Genève aujourd’hui, avec les conditions salariales quasiment les plus élevées du monde ??? Alors que nous n’avons que la matière grise comme matière première et pas forcément plus qu’ailleurs ? Rêver d’une économie pleine de PME payant des impôts, c’est bien joli, encore faut-il qu’elles soient capables d’en payer…

 

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23/04/2012

L’opposition gauche-droite a assez duré. Il est urgent d'en sortir...

Les extrémistes l’ont compris en premier. Il n’y a guère que des divergences de détail, d’ordre moral ou social entre les nationalistes sociaux façon Le Pen et les socialistes patriotes façon Mélenchon.  Sur le fond, ils ont clairement identifié l’ennemi : la mondialisation. Que défendent grosso modo la droite, le centre et les dirigeants du PS, le vicomte de Montebourg mis à part.

 

Avec 17, 9 % des voix ce matin, Marine fait seulement 1% de mieux que son père au 1er tour de 2002 (et seulement 0,1% de mieux qu’au 2ème tour). Après 10 ans d’effort et de « dédiabolisation » le bilan est maigre. Tant mieux, les français n’ont pas été dupes. Et ce score néanmoins canon va pousser une part notable des voix du centre dans les bras de Hollande au 2ème tour, y compris parmi des gens ayant voté Sarkozy au 1er tour. Plusieurs électeurs(trices) me l’ont déjà affirmé.

 

Le résultat de Le Pen, ajouté aux 11% du krypto-stal Mélenchon (qui a finalement hérité des voix vertes ayant fait défaut à Bayrou) est avant tout la conséquence des crises. On le voit sur l’analyse fine des résultats. Le Front National recule dans les régions prospères, comme en Haute-Savoie (hormis dans les bastions ouvriers du décolletage), mais progresse encore dans les centres ouvriers sinistrés, dans le Nord ou le Pas de Calais.

 

De fait la mondialisation est, avec la finance, la principale responsable des crises d’aujourd’hui, celles qui font que l’on commence à ne plus avoir de quoi manger dans certains familles, à la fin du mois, malgré un salaire de travailleur.  Alors bien sûr, la crise a frappé les grosses fortunes en premier et très lourdement parfois, mais la situation n’a rien à voir selon que l’on vit avec le strict nécessaire ou que l’on peut taper dans ses réserves.

 

Cependant, la mondialisation est inéluctable, impossible à arrêter, en dehors du fait qu’il serait inacceptable de le faire. Car la mondialisation, ce n’est ni plus ni moins que la conséquence conjuguée du progrès technologique et des colonisations du XIXème siècle. Les différentes civilisations de la planète sont désormais réunies pour le pire et le meilleur et il est parfaitement illusoire d’espérer que nous – occidentaux - pourrons conserver le pouvoir économique et politique sur un monde global sans avoir à le partager. Le partage, le rééquilibrage des ressources et des débouchés, donc des revenus, c’est ce qui est en train de s’opérer. On ne peut pas y couper, parce que les autres parties du monde ne nous demandent pas notre avis et n’ont d’ailleurs pas à le faire : globalement, les ressources (matières premières et réserves de croissance) sont chez elles.

 

Tout cela dépasse très largement les clivages gauche-droite. Que cela soit Hollande ou Sarkozy qui gagne en mai, la politique menée devra être la même, car il n’y a pas vraiment d’alternative. Il n’y aura que des divergences de détail. Ce que le trotskyste Poutou résumait très lucidement dimanche soir « de toute manière, on aura la rigueur, mais avec Hollande on aura une rigueur de gauche ». Les pseudo-alternatives « patriotiques » de gauche ou de droite, tournant toutes autour du protectionnisme n’ont aucune pertinence économique : Sans importer de matières premières, la France ne peut guère produire que du blé, des betteraves et un peu d’acier. Bref, avec la mondialisation, on se serre la ceinture, avec le protectionnisme, on retourne au XIXème siècle.

 

Pour mener cette politique de rigueur, je ne suis pas loin de penser que mieux vaut un Hollande qu’un Sarkozy. Car Sarkozy est déjà brûlé dans l’opinion et n’a donc aucune marge de manœuvre.  De toute manière Sarkozy est cuit. Les estimations de reports de voix du 2ème tour sont assez claires. Et nulle consigne d’un(e) candidat(e) n’y changera rien. Les voix de Mélenchon, de Joly et de l’extrême-gauche sont acquises à Hollande à 90%, ainsi qu’un tiers de celles de Bayrou et le quart de celles de Le Pen.  La messe est dite.

 

Reste que la tentation de mener une politique d’arrosage typiquement de gauche, suicidaire dans la période, restera grande pour une équipe socialiste nouvellement élue. C’est cela qu’il faut empêcher à tout prix, car nous ne sommes pas en 81 et la France, comme l’Europe, n’ont pas les moyens de s’offrir deux années de dérive budgétaire mitterrandienne.  Pour l’empêcher, le meilleur moyen est d’élire massivement, à chaque fois que c’est possible, des candidats du centre qui ne pratiqueront pas l’opposition systématique comme le ferait l’UMP, mais l’opposition constructive. Oui des deux mains aux réformes allant dans le bon sens, non ferme aux autres.

 

Les Français auront-ils la lucidité d’offrir à la France cette combinaison gagnante : Hollande à la Présidence et une large présence centriste (et verte) à la chambre ? C’est en tout cas ce dont on peut rêver. Et agir en ce sens d’ici aux législatives. Ce serait aussi l’intérêt de la Suisse, Car tout ce qui va se jouer en France ce prochaines années aura de lourde  répercussions en Europe, et donc aussi chez nous, tant nos destins économiques sont liés.

 

22/04/2012

France - Suisse : et si on comparait sérieusement ?

Enclave suisse en France, comme le dit Ashwani Singh, ou plutôt en Savoie, Genève et le Genevois français sont indissolublement liés par le partage d’un même espace géographique. Partant de là, qu’est-ce qui nous différencie, qu’est-ce qui nous rassemble ? L’examen fin, plutôt qu’à gros traits comme c’est habituellement le cas dans les commentaires de la Julie, réserve quelques surprises. Deux exemples : la formation et les conditions de travail.

Le titulaire d’un bac français doit avoir une mention, soit 12 de moyenne au lieu des 10 suffisant à l’obtention du bac pour accéder à l’Uni en Suisse. Hors la seule vraie différence entre le bac et la matu, c’est que le premier est plus spécialisé (littéraire ou scientifique, d’autant qu’un zéro dans une matière peut y être compensé par d’excellentes notes ailleurs) alors que la seconde est plus généraliste. Mais le taux d’obtention est le même : 35% d’une classe d’âge obtient le baccalauréat (dit faussement « général ») en France et 35% la maturité à Genève (taux le plus élevé de Suisse). A cela il faut ajouter 30% de jeunes français obtenant un bac technologique ou professionnel correspondant aux matus pro ou spécialisée.

Si l’on admet, comme toute personne censée le ferait, que les jeunes français ne sont naturellement ni plus ni moins brillants que leurs homologues suisses, et qu’au contraire la proportion de bons et de mauvais élèves est sensiblement la même partout, le bac vaut donc la matu, puisque le taux d’obtention est le même. Sous réserve de cet accent à double tranchant mis en Suisse sur la polyvalence : tous les détenteurs d’une matu possèdent un même socle général, mais les génies des maths à l’orthographe déplorable ont été éjectés du système et vice versa. Plus souvent vice versa d’ailleurs, nombre de génies des lettres potentiels étant sortis du système genevois par leur nullité en maths. L’exigence genevoise d’un bac avec mention semble donc à la fois unilatérale et injustifiée, ce que confirment les études PISA, dans lesquelles le système Genevois ne brille guère plus que le français.

Il serait plus logique pour Genève d’aiguiller l’accès aux études littéraires à des détenteurs de bacs littéraires, ou d’études scientifiques à des bacheliers scientifiques, sachant qu’un bac littéraire avec mention peut-être totalement inadapté aux études de physique, par exemple. C’est d’ailleurs ce que fait l’EPFL, en refusant l’entrée en première année aux bacheliers non scientifiques, alors qu’elle est contrainte d’écrémer les détenteurs de matu ou de diplôme HES en cours d’année, en sélectionnant à mort par les maths, comme en médecine d’ailleurs. Ce qui retarde la sélection, mais constitue une vraie perte de temps pour ceux (très nombreux) qui doivent abandonner en 1ère ou 2ème année.

Question conditions de travail, les salaires suisses sont plus élevés. Mais en y incluant charges sociales, assurance maladie et nombre d’heures travaillées, la différence s’estompe sérieusement, plus encore si l’on fait intervenir le coût de la vie. Pourtant, l’essentiel est ailleurs. Bayrou s’extasie sur « la Suisse qui parvient à créer de l’emploi en dépit de coûts du travail plus élevés qu’en France » sans trop vouloir en voir la vraie raison, pourtant simple : une législation du travail infiniment plus souple. Elle permet notamment de licencier beaucoup plus facilement et donc d’embaucher sans crainte. On le voit bien dans le secteur bancaire en ce moment, comme on l’a déjà vu par le passé : les charrettes peuvent être très rapidement et très copieusement garnies, mais au moindre frémissement favorable, l’embauche reprend et tout rentre dans l’ordre.

En France, les banques seraient contraintes à de très coûteux plans de licenciement, le but étant apparemment d’assurer l’emploi à vie. Comme au Japon jadis ou en URSS. Mais du coup, jamais les grandes banques internationales n’iront installer de personnel à Paris en dehors du strict nécessaire, contrairement à ce qu’elles font à Genève. Certes la politique fiscale helvétique et genevoise jouent aussi leur rôle d’appât, mais en la matière, Paris n’est pas en reste et ne se gêne pas d’exonérer complètement d’impôt durant des années les entreprises qu’elle souhaite attirer. Paris est même la championne du monde en la matière, mais cela ne suffit pas à remonter le handicap des très lourdes charges sociales et d’une loi sur le travail qui privilégie la stabilité, voire le conservatisme, sur l’innovation.

A venir : les régimes politiques

20/04/2012

Contre les extrêmes, votez pour la région et pour l’Europe ... Votez et faites voter Bayrou . Ou Joly.

Mélenchon l’a dit : il veut nous faire les poches. Non pas seulement aux super-riches, mais à tous les Français de l’étranger, qui seraient contraints de payer un complément d’impôt comme s’ils habitaient en France. Y compris aux double-nationaux et bien évidemment également aux frontaliers imposés à la source. Indépendamment du coût de la vie de leur lieu de résidence, du nombre d’heures travaillées, des conditions de retraite et de tout ce genre de choses qui font que les conditions d’obtention du revenu sont fondamentalement différentes d’un pays à l’autre.

Le problème, c’est qu’Hollande, comme Sarkozy, poussés par leurs extrêmes, sont sur la même longueur d’ondes. Les deux seuls candidats sérieux à s’être déclarés contre cette mesure sont François Bayrou et Eva Joly. Le premier par clairvoyance politique et économique, la seconde parce qu’elle est certainement celle des candidats qui comprend le mieux les double-nationaux et les expatriés. Alors bien sûr, Bayrou a peu de chances d’arriver au second tour (encore qu’un quart des électeurs se déclarent toujours incertains) et Joly n’en a aucune, mais toutes les voix qui se porteront sur eux, notamment parmi les français de l’étranger et les frontaliers pèseront double dans le cerveau reptilien des élus au moment de porter ou non le projet de fiscalisation des Français de l’étranger devant le parlement.

L’idée est très simple : si vous êtes du centre ou de droite, vous votez Bayrou, sans hésiter et si vous êtes trop à gauche pour y songer, Eva Joly. Toutes les voix qu’il ou elle feront dans notre région au-dessus de leur moyenne nationale seront un message clair. Pour Bayrou, on sait déjà qu’il va cartonner, comme il l’avait fait en 2007, où il avait obtenu 24% en Suisse (devant Ségolène) et à peine moins en Haute-Savoie, terre centriste historique. Nul doute qu’il ne réédite l’exploit dimanche. C’est d’ailleurs à Annecy qu’il clôturera sa campagne ce soir, par une réunion amicale avec tous ceux qui l’ont soutenu.

Ils sont particulièrement nombreux, entre Genève et Chambéry, où le travail de réunion des centres derrière le panache orange du candidat Modem est le plus avancé de France. L’explosion des candidatures dissidentes à l’UMP, en position éligible quasiment dans chaque circonscription, en est la preuve éclatante. Bayrou l’a fait remarquer et il en était fier: ses meetings étaient les seuls où flottaient autant de drapeaux européens ou régionaux (occitans, basques, bretons, corses, savoyards…) que de drapeaux français.

On est à cent lieues du chauvinisme jacobin d’un Mélenchon, qui attache tant d’importance à la nationalité qu’il veut la sacraliser dans l’impôt. Le protectionnisme centralisateur français est un résidu d’un autre âge. Pour affronter les soubresauts du monde actuel, il nous faut à tout prix renforcer l’autonomie de l’échelon régional et la coordination des niveaux continentaux et planétaires. Cela, seuls Bayrou et Joly l’ont compris, ou tout au moins osent l’exprimer ouvertement.  Bayrou employant même le magnifique terme de Fédéralisme.

Dans l’entourage de Hollande et Sarkozy aussi, on l’a compris, encore que pas toujours si clairement… Mais les deux papables sont otages des tendances protectionnistes et conservatrices de leurs extrêmes. Le Pen et Mélenchon défendent tous deux un modèle de société né juste avant les Lumières, l’Etat-Nation, qui engendra l’expansion coloniale des XVIIIème et XIXème siècle et les affrontements meurtriers du XXème. Un système clôt et totalement inadapté à l’ère de la mondialisation sur laquelle on ne reviendra plus en arrière, sauf à renoncer au progrès.

il reste 48 heures, pour que chacun de nous convainque au moins  3 ou 4 personnes de voter et faire voter. Dimanche, cela peut représenter quelques milliers de voix supplémentaires qui feront réfléchir à Paris.

18/04/2012

Mon ami Pierre Ruetschi, tu es un voisin bien mal élevé!

Cher Pierre, permets-moi de te le dire, ton édito d'hier sur les élections françaises est à la fois mensonger et légèrement parano. En plus d'ouvrir un boulevard, une fois de plus, à ces déferlements de haine anti-française qui n'ont pour pendant que la haine anti-suisse dans certains milieux gauchos de l'autre côté de la frontière. Déferlements tous aussi idiots, infondés et improductifs les uns que les autres. La seule chose de vraie, dans tout ce que tu écris, c'est que le moyen le plus simple d'interdire la publication de chiffres avant l'heure serait d'interdire les sondages. Mais cela n'est pas possible, car non seulement les appareils partisans en sont avides, mais la coutume est désormais de pouvoir annoncer le résultat dès 20h, grâce aux sondages "sortis des urnes", c'est à dire en interrogeant les gens à la sortie de l'isoloir.

Tout le reste, la parano sur la Suisse et les banques, le respect du droit helvétique, etc... c'est du blabla pipeau.  Ce problème de la publication des chiffres avant l'heure a au moins 30 ans. Depuis que la Tribune et d'autres le font, dans la plus parfaite illégalité. Le fait que les responsables de l'organisation des élections s'en offusquent est normal et naturel et ne date pas davantage d'aujourd'hui. Simplement, avec le développement d'Internet, cela devient à chaque fois plus préoccupant.

Certes, la Tribune est un média suisse et n'a pas à se plier à la loi française. Sauf que la Tribune est aussi distribuée et vendue en France. A l'époque, avant Internet, le débat ne portait pas sur la publication des résultats avant l'heure, mais sur celle des derniers sondages, le samedi, qui faisait bondir les chiffres de vente de la Julie sur Paris surface, puisque la concurrence française n'en avait pas le droit. Et déjà, il y avait des menaces d'action judiciaire, car bien évidemment, quand on vend un produit dans un pays, on se doit de respecter les règles de ce pays.

Tu me diras, oui mais Internet, c'est extra-territorial. Oui, si on veut. J'aurais plutôt tendance à dire que c'est de tous les territoires à la fois, ce qui oblige, précisément, à connaître les lois des différents pays dans lesquels on risque d'avoir des problèmes. Exactement comme ces banques que tu cites et qui doivent aujourd'hui savoir où elles mettent les pieds. Internet ne peut pas être, ne doit pas être une zone de non-droit. Par contre en l'absence de législation claire et de jurisprudences précises, il faut s'en remettre au bon sens. A des principes de base de bon voisinage, du genre "ma liberté s'arrête là où elle commence à empiéter sur celle des autres".

Je te rappelle que lors des votations en Suisse, il est strictement interdit de publier des résultats avant la clôture des bureaux de vote et que l'on attend patiemment le résultat des dépouillements. C'est logique et indiscutable, car même si c'est infime, la connaissance du résultat peut influer sur le vote. C'est une régle de base de la démocratie. Par ailleurs, la moindre des choses, entre voisins, c'est de respecter un minimum de règles communes. Si l'on fait une boum, on prévient et mieux, on demande l'autorisation; on ne fait pas marcher sa perceuse à 3 heures du matin; on ne jette pas ses déchets depuis sa terrasse sur le voisin du dessous, qui dans son jardin, reçoit des amis à dîner... Bref, on se respecte.

Ce que tu fais, du moins ce que tu annonces que tu vas faire, ce n'est pas correct, ce n'est pas respectueux et ce n'est pas déontologique. C'est comme de rompre un embargo mentionné par un communiqué de presse. Je sais bien que la Tribune, parfois, à recours à ce genre de pratiques professionnellement dicutables pour s'offrir des scoops à bon marché, mais cela ne vous grandit en aucun cas. Après, que vous soyez prêts à débourser quelques dizaines de milliers de Francs d'amende m'amène à te poser une question, car vous n'êtes généralement guère avides de coûteux procès: combien cela vous rapporte-t-il ? Le montant des pubs engrangées ce jour là est-il si considérable ou c'est juste pour le plaisir de faire établir une jurisprudence internationale ?

Ta réponse m'intéresse vraiment, parce que je doute que ce soit si intéressant financièrement. Alors défendre la liberté d'expression ? Pourquoi ne pas le faire en Suisse et révéler avant l'heure le résultat des prochaines votations ? Avec les votes par correspondance, ce serait fastoche... Reste l'idée de se faire bien voir d'un lectorat que l'on sait volontiers anti-frouze... Je ne suis pas certain que cela soit un bon calcul à long terme.

Avec mes amitiés, Philippe.

17/04/2012

Sarkozy va perdre. Et la France avec lui ?

Bayrou l’a fort bien dit : "humainement, je me sens plus proche de Hollande, mais sur le plan du programme, je suis plus proche de Sarkozy". En cela, comme en bien d’autres choses, il représente tous ceux qui en France, comprennent assez bien l’économie et les contingences internationales pour voir le danger d’une politique de gauche : contraindre encore davantage l’initiative individuelle et l’entreprise. Tous ceux qui pourtant ne se reconnaissent pas dans une personnalité qui ne s’intéresse vraiment qu’à son propre destin, se rappelant des gens juste avant l’élection.

D'une personnalité que l'on suppose capable du pire: qui croit le Président lorsqu'il affirme ne pas avoir été au courant de l'affaire du Carlton de Lille, dans laquelle son principal rival politique se retrouve accusé de proxénétisme pour avoir partouzé avec des prostituées ? Affaire suivie par la police depuis années, mais qui arrive à maturité, comme par hasard, pile au moment où le gars aurait du être le candidat en campagne de l'opposition ? Qui le croit vraiment lorsqu'il dément tout financement occulte de sa campagne de 2007, même et en particulier par des fonds Bettencourt ? Et le pire, sans doute, c'est qu'une bonne partie de la population s'est posé la question de savoir si l'affaire Merrah n'était pas un coup monté. Que tous ces gens pensent la chose possible - faire tuer des gens pour des motifs électoraux - dénote assez la piètre opinion que l'on a en France aujourd'hui du pouvoir...

C'est pourquoi il est fondamental d'élire des gens sur lesquels aucune ombre ne plâne. Car le pouvoir corrompt et offre la possibilité de dissimuler cette corruption. Alors autant ne pas tenter le diable, même s'il peut être séduisant. La personnalité, c'est fondamental en politique. C’est sa personnalité qui a fait gagner Sarkozy en 2007, face à une Ségolène dont la voix hérissait bien des électeurs pourtant séduits, à priori, par l’idée de propulser une femme à la tête de la République. Et c’est sa personnalité qui fera perdre Sarkozy le 6 mai.

Sa personnalité, ou du moins certains aspects de celle-ci, car comme beaucoup d’entre nous, il est loin d’être univoque. Lors de ce voyage en Guyane où il confesse aux journalistes craindre de perdre, il était probablement sincère. Et très certainement lucide sur ses chances réelles de l’emporter : à peu près nulles. Il aurait dû, à ce moment, pour la France, se retirer et laisser la place à un autre champion, Juppé, Fillon, ou mieux encore Bayrou, qui aurait volontiers pris Juppé comme premier Ministre. Ou réciproquement. Mais il a préféré la griserie du combat, et l’espoir fou de s’en sortir par la grande porte, misant sur la prime au sortant et la machine de guerre UMP.

Machine de guerre à deux doigts d’imploser, comme c’est déjà le cas en Haute-Savoie et dans les départements où le centre, historiquement, n’avait adhéré que contre ses convictions profondes. Les méthodes employées pour mettre l’UMP en ordre de bataille ont été contre-productives : pressions, délations, combines, désignation de candidats sans consultation des militants, l’UMP est aujourd’hui à l‘agonie et a toutes les chances d’éclater après la défaite annoncée des législatives.

Pour la région, plus exactement l’agglomération du Genevois, du GrandGenève ou de Genèveagglo, la victoire socialiste ne sera pas une catastrophe. Plusieurs des poids lourds de France voisine sont à gauche et Jean-Jack Queyranne, très favorable à l’agglo, en position de ministrable. Cela pourrait permettre de faire avancer le dossier d’une assemblée régionale, qui dépend du bon vouloir de Paris, au moins autant que de Berne. Or il est évident qu’une telle assemblée serait une forme de vassalisation du territoire français à son centre helvétique, pour le meilleur d’ailleurs, probablement, pour ce qui concerne l’avenir du-dit territoire français.

Une telle assemblée ne résoudrait cependant pas tous les problèmes et de loin. L’avantage économique évident du genevois suisse sur le genevois français, c’est d’abord et surtout la législation du travail et le poids des charges sociales, bien plus favorables à l’entreprise – et donc à l’emploi et in fine au travailleur - en Suisse qu’en France. C’est un fait difficilement contestable, mais c’est un fait très difficile à admettre pour un socialiste. Le récent accord franco-suisse autour de l’aéroport de Bâle-Mulhouse peut créer un précédent salutaire pour une grande partie du genevois français.

La gauche responsable voudra-t-elle, ou plutôt osera-t-elle en faire une forme de test grandeur nature, transposable éventuellement, en cas de succès manifeste à l’ensemble de l’Hexagone ? On peut en douter, et c’est bien dommage. Car cela remet en cause trop de fondamentaux de l’état providence, malgré la preuve du contraire qui leur est administrée tous les jours, sous leurs yeux par les flux frontaliers.

C’est pourquoi il est fondamental que soient élus, aux législatives, pour défendre la région, des gens qui en comprennent les enjeux et sauront défendre ses intérêts. Je veux citer Claude Deffaugt sur Annemasse Saint-Julien, Valleiry, Marie-Françoise de Tassigny en Suisse, Etienne Blanc dans le Pays de Gex…

09/04/2012

Accords avec l’Allemagne : la moins mauvaise... et surtout la seule solution

Les accords sur la fiscalisation des dépôts allemands en Suisse sont sous toit. Reste à les faire avaliser par les parlements. Espérons qu’à Berne au moins, la chose ne soulève pas d’opposition majeure. Car c’est de loin la moins mauvaise des solutions. Pour ne pas dire la seule envisageable, n’en déplaise à l’extrême-gauche et plus encore à l’extrême-droite.

La Suisse a tiré une part de sa prospérité, depuis l’entre-deux guerres, des fonds étrangers mis à l’abri dans nos coffres pour toutes sortes de raisons, plus ou moins avouables ou honorables : Fortunes juives persécutées par les nazis, industriels français craignant le Front Populaire, trésors des guerres d’indépendance africaines, financement discret des films de Hollywood tournés en Europe pour échapper à la chasse aux sorcières, dollars du narcotrafic, valises d’oligarques russes, dentistes allemands imposés à 60%, fortunes fuyant le racket et les enlèvements, fonds secrets de la Stasi… Il y en eût pour tous les goûts, de gauche comme de droite, tant il est vrai que si l’argent n’a pas d’odeur il est indispensable… Même aux révolutions !

La place financière suisse n’était cependant pas que cela. L‘argent qui dort perdant de sa valeur, il est investi dans l’économie. Où les règles sont les mêmes, qu’il s’agisse d’argent sale ou des fonds de l’AVS : investir à bon escient, en diversifiant et en se plantant le moins possible. La stabilité générale de la Suisse et de sa monnaie sont des atouts maîtres. La réputation de la place financière helvétique attire ainsi fortunes déclarées et fonds de placements du monde entier. Certes, sur ce terrain, nous sommes en concurrence, à armes égales, avec les autres centres de la finance mondiale. Mais c’est à nous d’être meilleurs, comme le répète régulièrement Patrick Odier, le patron de l’Association Suisse des Banques. Nous n’avons aucun complexe à avoir.

La facilité de l’argent dissimulé, en revanche, c’est fini. Les plus hautes autorités financières ont sifflé la fin de partie à l’échelle mondiale. C’est la volonté commune des grands Etats, ou groupes d’Etats, de mettre de l’ordre et surtout un terme à l’évasion fiscale qui génère des déséquilibres dangereux. L’argument de la guerre financière dont nous sommes victimes est dépassé. Certes, notre splendeur passée fait encore envie, et chacun cherche à préserver ses intérêts en premier, y compris, voire surtout parmi les grandes puissances, mais ceux qui pensent s’en tirer en déplaçant leurs fonds à Singapour ou ailleurs se trompent. Il ne s’agit que d’un répit, qui pourrait se muer rapidement en catastrophe.

Les pressions internationales s’exercent aujourd’hui sur tous les paradis fiscaux et tous les transferts de fonds laissent des traces, même à destination de Singapour. Si l’on est allemand et que l’on avait de l’argent placé clandestinement en Suisse, l’accord passé avec Berlin est le meilleur possible. Moyennant un rappel d’impôt et une imposition normale à l’avenir, il légalise l’essentiel de vos fonds. Pas sûr que vous ayez droit à la même mansuétude dans six mois ou un an, une fois débusqué en Asie ou aux Caraïbes. Idem pour les Grecs, dont tout le monde sait qu’ils sont en train de transférer en masse leurs avoirs. Y compris le gouvernement grec qui devrait bientôt savoir qui, y compris quel trust, a transféré quoi, vu le contrôle aujourd’hui exercé sur les transferts internationaux. Ceux qui restent en Suisse pour attendre le probable accord du même type avec Athènes font un bien meilleur calcul: ils auront la satisfaction de participer honnêtement au renflouement de leur pays, sans risquer d'être inquiétés plus avant.

Pour les banquiers suisses, ces accords permettent de se mettre en règle avec les nouveaux usages internationaux, sans lâcher leurs clients en rase campagne. D’assurer la transition entre l’ancien business model et le nouveau. Cela va coûter cher, mais il n’y a pas d’alternative et ce sera toujours moins cher que de laisser péricliter la place financière sans réagir. Car là, pour le coup, ce serait la catastrophe assurée pour les ressources du canton. Parce qu'au delà du cinquière des recettes fiscales genevoises qui dépendent directement de l'économie bancaire, il y a toute l'économie qui en dépend indirectement: les restaus où mangent les banquiers à midi, les commerces de luxe, etc... un quart de ressources fiscales en moins, c'est forcément un quart de dépenses en moins : subventions culturelles, allocations sociales, salaires de fonctionnaires, construction d'infrastructures...

A l'inverse, la tactique du hérisson chère à Blocher ainsi qu'à Me Poggia, revient à coup sûr à se faire écrabouiller sur une route de campagne. Leur idée, c'est de se retrancher dans notre blockaus des Alpes avec notre précieux argent des autres, pour résister aux pressions internationales. Or l’argent, pour ne pas perdre de valeur, doit travailler sur les marchés internationaux et pour cela, il faut que nos banquiers aient accès à ces marchés. Pour y avoir accès, il faut en accepter les règles. Sinon on se retrouve au mieux – en admettant que les puissances nous en laissent la liberté - avec une place financière vivotant repliée sur elle-même, n’abritant plus que l’argent trop gris pour ne pas s’en aller fructifier ailleurs. Là où les opportunités sont meilleures et les rendements plus consistants, mais où il faut montrer patte blanche.

Ce n’est certainement pas ce que veut la population helvétique !

07/04/2012

Le 17 juin, rendez-vous avec Bling Bling, Souris Grise et Fiat Lux

Dans la vie, il y a les modestes et les autres, ceux qui roulent en caisse bling-bling, portent des fausses Rolex et confondent leur carte de visite avec un CV, en y collant tout ce qui peut faire prestige… C’est un peu enfantin, voire franchement vulgaire, mais bon ça impressionne ceux qui veulent bien l’être. Rassurez-vous, ce n’est pas la candidate socialiste que j’évoque ici… Elle serait plutôt du genre : « Dans la palette Néocolor, j’hésite entre marron et gris… »

Non, je pense à celui qui se décrit ainsi sur sa page Facebook : « Député et Conseiller Administratif de la Ville d'Onex, Maire en 2013-2014, à Grand Conseil de la République et Canton de Genève ». Prémonitoire, le gars, parce que pour s’annoncer Maire en 2013-2014, faut savoir lire dans le marc de café. Qui lui a révélé son destin, sous la forme d’une veste le 17 juin prochain. Avec rebelote en 2013. C’est sa page FB qui le dit !

Trêve de plaisanteries, si l’on parlait politique ? Nous avons donc trois candidats principaux. Souris Grise, Bling Bling et mon préféré, Fiat Lux le seul espoir raisonnable et raisonné pour Genève.

Souris Grise représente la gauche, appuyée par l’extrême-gauche. On va dire qu’elle ne représente pas vraiment les Verts qui, avec deux représentants au Conseil d’Etat, sont déjà bien servis. En 2013, la bataille sera féroce, que Souris Grise soit élue ou non. Car il n’y a certainement pas de place au Conseil d’Etat pour 4 représentants d’une gauche élargie minoritaire dans le canton.

Les plans de Souris Grise sont connus et consistent à accentuer politique du goulet d’étranglement qui plombe le Canton :

Construire des logements assistés pour accueillir toujours plus de plus pauvres votant pour la gauche, mais surtout pas pour les travailleurs de classe moyenne qui rêvent d’accéder à la propriété, ce qui réduirait la clientèle de l’ASLOCA. Et dissuader les riches de s’installer, voire même les faire fuir, sans se demander une seconde avec quoi l’on va payer l’aide au logement des plus pauvres.

Bloquer toujours davantage bagnoles et scooters, en refusant la Traversée du Lac, sans aucun plan d’ensemble des déplacements à l’échelle de l’agglo. Et tant pis pour la pollution qu’on génère en accumulant les bouchons parce qu’on ne cherche pas à faciliter les déplacements mais à les entraver.

Gérer la sécurité et le niveau de sévérité de la justice en fonction du nombre de places disponibles à Champ-Dollon, en traînant les pieds pour augmenter ce nombre de places. Ce qui revient à relâcher les délinquants au fur et à mesure qu’ils commettent des délits.

Réduire l’attractivité économique du canton, histoire de le ramener au niveau des réalités environnantes, à savoir la crise et la récession. Et tant pis si l’on n’a plus les moyens de payer la mutation vers les cleantechs… Ni les 10% de la population qui travaillent dans la fonction publique cantonale ou communale... Et encore moins leur caisse de pension!

Face à Souris Grise, Fiat Lux est le candidat de la raison. Il veut construire des logements pour tous et partout, en concertation avec les communes et en améliorant les axes de transports, qu’ils soient "publics" ou routiers. Son objectif est de réduire globalement et efficacement le temps de transport entre le lieu de travail et de domicile. Construire aussi des prisons et engager le personnel nécessaire (gens d’armes et administratifs) pour vider les rues de la délinquance qui plombe la qualité de vie de tous. Pour cela, il faut des ressources, soit une économie qui fonctionne et soit capable de payer ses fonctionnaires. Ce qui risque bien de devenir impossible avec une gauche majoritaire aux visées sociales, mais non durables.

Fiat Lux représente un courant de centre-droite qui rêve les Genevois responsables et lucides. Qui sait qu’une économie ouverte est une économie performante, alors qu’une économie fermée et protectionniste est une économie qui recule. Que chaque prestation a un coût et qu’il faut faire des choix, mais que si les choix sont dictés uniquement par des critères électoralistes à court terme, on court à la catastrophe. Gouverner c’est prévoir et cela implique des critères de choix à long terme, qui peuvent parfois être impopulaires à première vue.

Concrètement, par exemple, ceux qui se plaignent du boom économique du canton ces dernières années, ou de l’afflux des frontaliers, lui attribuant la paternité du chômage, oublient qu’ailleurs dans le vaste monde, les populations ont dû affronter la crise et des taux de chômage bien supérieurs. Même en Suisse, où il est structurellement inférieur, le taux de chômage a augmenté plus vite qu’à Genève ces dernières années. Et bien que les résultats du Canton soient meilleurs qu’ailleurs, d’aucuns passent leur temps à accuser le Conseil d’Etat de faillite et d’échec…

Si le Canton n’avait pas bénéficié de cette croissance, le taux de chômage serait aujourd’hui bien supérieur et la situation bien pire. Ce résultat  miraculeux, quoi qu'on en dise dans le marasme global, c'est à une majorité centriste au Conseil d’Etat qu'on le doit. Ce qu’il importe de renforcer, plutôt qu’à construire artificiellement une majorité de gauche (avec un Grand Conseil à droite) qui sera forcément statique et génératrice de nouveaux goulets. Là où il faut au contraire ouvrir et investir, dans la sécurité, le logement, les transports et les cleantechs, pour donner à Genève les moyens d’être une ville phare et stable dans un XXIème siècle qui s'annonce global et agité.

Reste Bling Bling qui n’a pas vraiment de programme, sauf d’être Khalife à la place du Khalife. En gros il veut plus de sécurité, comme Fiat Lux, mais présente un risque inadmissible de bavures et de dérapages incontrôlés, de par sa personnalité même. Il veut davantage de logements, mais à la bourrin : le MCG réclame des grands ensembles supplémentaires, comme ceux construits à la va-vite dans les années 60, ceux dont justement, plus personne ne veut aujourd’hui… Mais où le MCG fait ses meilleurs scores, l’insatisfaction y étant maximale…

Enfin il veut, comme la gauche, brosser l’électeur dans le sens du poil en votant monts et merveilles pour le résident genevois, à chaque fois qu’il s’agit d’aider l’assistance plutôt que la responsabilité. Normal, le MCG est le parti des cancres. Celui de ceux qui renoncent à arriver par le travail, dès leur scolarité, mais sont persuadés d’être en droit d’y arriver parce qu’ils ont la gueule la plus élastique ou simplement parce qu’ils habitent du bon côté de la frontière.

Faire faillite dans le monde de la finance est ainsi présenté comme normal par Bling Bling, quand on part de rien. Ce n’est pas vrai. Surtout dans la finance. Je connais des gens qui n’ont ni bac ni matu, ni fortune personnelle et qui sont aujourd’hui organisateur de festivals à succès, syndic de grosse commune, haut fonctionnaire, écrivain, dirigeant d’entreprise, producteur de film, sans avoir jamais fait faillite, dans des secteurs bien plus risqués et aléatoires que la finance. Et des tas de traders dorés sur tranche n’avaient que leur ambition en sautoir. Simplement, il ne faut pas confondre la frime et l’efficacité, le fonds de roulement avec son porte-monnaie, les frais de fonctionnement avec le luxe inutile.

C’est pourtant ce que prétend faire Bling Bling en politique : demain on rase gratis et on distribue à tour de bras, sans se préoccuper de savoir comment l’on va financer. On loue un Airbus pour épater ses clients, sans avoir de quoi le payer… Chacun a le droit de penser qu’il est plus malin que les autres. C’est même un devoir lorsqu’on a un peu d’ambition. Mais l’afficher en lumières clignotantes au-dessus de sa tête avec un klaxon 3 tons assourdissant l'auditoire en permanence, ce n’est sans doute pas le meilleur moyen de le prouver.

MsoNormal

04/04/2012

Scoop, Stauffer a un programme: se passer du Tribunal Fédéral

OK, j'avais dit que j'arrêtais de bloguer, mais en découvrant la dernière perle du cancre gominé, je ne peux m'empêcher de faire partager mon éclat de rire. Voilà qu'il nous sort enfin un début de programme: faire Juge Roy Bean à la place de Roy Bean en décrétant que lui, Eric Stauffer, "sans avoir fait de grandes études juridiques" est bien mieux à même que les juges de Mon Repos de savoir si les gens sont coupables ou non. Parce qu'il est proche du terrain. Ah que même Johnny il peut comprendre ça!

Sauf que l'on n'est ni dans un album de Lucky Luke, ni à l'Ouest du Pecos au XIXème siècle...  A l'Ouest de la Versoix, nous avons des lois et il se trouve que la plupart d'entre elles sont fédérales. La peine de mort est abolie, nous pratiquons la séparation des pouvoirs (ce que semble ignorer le candidat à l'exécutif...), ainsi que la subsidiarité entre Berne et les Cantons. D'où l'existence d'un organe de justice supérieur: le Tribunal Fédéral.

Ce qui fait qu'en pratique, même en tant que Conseiller d'Etat, l'Eric, il n'aurait que le droit de la boucler face aux décisions du-dit Tribunal Fédéral. Le Procureur Général de Genève en est lui heureusement pleinement conscient, ce qui nous rassure. Voter Stauffer ne changera rien à cet aspect des choses. A moins de sortir Genève de la Confédération, ce qui était jadis au programme du candidat gominé.

On peut penser ce que l'on veut sur ce qui s'est passé ce fameux soir sous ce tunnel d'autoroute fribourgeois. J'aurais tendance à estimer qu'un malfrat prend des risques, à fortiori s'il n'obtempère pas. Et plus encore s'il fonce sur quelqu'un...   Mais perso, je n'y étais pas, ni Stauffer, ni les juges non plus. Une décision de justice doit néanmoins être prise, qui comme son nom l'indique doit être la plus juste possible. C'est pour cela qu'il existe des tribunaux, des reconstitutions, des expertises, que l'on entend les parties, etc... Les juges fribourgeois ont pensé que l'on pouvait faire l'économie de tout ce fourbi, les Juges Fédéraux ont rétorqué que non. Il se trouve que ce sont eux qui décident en dernier ressort, ils sont très précisément là pour ça. Que cela plaise ou non à M. Stauffer.

Et pour le jeune et malheureux policier fribourgeois concerné, qui en plus d'avoir probablement du sauver sa peau, a tout de même un mort sur la conscience, un procès qui conclut à votre innocence, cela peut être mieux qu'un classement qui laisse la place aux pires suppositions, en n'allant pas au fond des choses.

 

 

02/04/2012

Je n'ai rien à cacher sous le tapis, moi...

On me transmet, ici, l’amusant billet d’un député du MCG à mon égard.  Le sujet (ma petite personne) recoupant à bien des égards l’actualité, j’ai décidé d’y répondre, contrairement à d’autres qui espèrent voir les poussières regagner toutes seules l’abri du tapis...

 

Cela fait 22 ans que je suis indépendant, conseil en communications et Président d’une association qui produit des films vantant les relations intercommunautaires. Nous en avons réalisés une quarantaine, tournés un peut partout dans le monde et diffusés en télévision principalement par la TSR mais aussi par d’autres chaînes dans le monde entier. Tous des documentaires, à l’exception d’une fiction, Ashakara, dont j’avais écrit le scénario, qui est sorti en salles dans une quinzaine de pays sans le monde (dont les Etats-Unis, le Canada, la Suisse, la France, et la Belgique les autres étant en Afrique) et a été diffusée par une quarantaine de chaînes dans le monde, dont la France, la Suisse – 7 fois – la Belgique, les Etats-Unis, la Chine (chaîne locale de Beijin, 80 millions de spectateurs),  etc…

Le thème central d’Ashakara (qui a connu un énorme succès en Afrique du Sud comme ailleurs en Afrique) a dit-on poussé aux négociations ayant amené la conférence  de  Durban  à admettre des dérogations à la propriété intellectuelle pour le traitement du SIDA dans les pays pauvres.

Je ne crois pas qu’aucun des films réalisés par Rappaz soit jamais sorti en salles…

 

J'ai effectivement du quitter la TSR suite à un différent politique avec Claude Torracinta qui était venu me chercher alors que j'officiais au Téléjournal pour réaliser un Temps Présent sur le problème des transports à Genève. Le patron du TJ d'alors, Gaston Nicole (rival notoire de Torracinta), qui m’avait engagé deux ans auparavant, ne voulait pas me laisser partir et considérait mon départ comme une trahison. Il m'a clairement dit que si je partais, il devrait me remplacer et que ma place serait prise. J'ai malgré tout pris le risque d'aller aux magazines, plutôt que de continuer à assumer la co-rédaction en chef du Journal Romand . Mon Temps Présent a fait le meilleur score de l'année. Sauf que politiquement, il n'allait pas dans le sens souhaité par Torracinta, qui voulait un film très anti-bagnoles pour appuyer une motion de sa femme, députée au Grand-Conseil, qui s’opposait à la construction de la tranchée couverte du Lancy…

Hors, j’ai fait un film expliquant que les bagnoles étaient nuisibles en ville, mais qu’il fallait d’abord installer des transports publics performants avant de les enlever et que cela ne pouvait pas être l’un contre l’autre, mais en complémentarité. Et que multiplier les bouchons n’était pas la bonne solution.

En plus j’ai raconté l’anecdote à un copain député écolo, qui l’a raconté à un autre député écolo (les deux étant devenu depuis Conseillers d’Etat) sur les bancs du Grand Conseil… sans s’apercevoir dans un premier temps que Mme Torracinta était derrière eux et écoutait. Je ne parle pas de l’actuelle candidate socialiste mais de son père et de sa mère… Là-dessus, Torracinta père pique une grosse colère et me dit que je ne travaillerai plus jamais aux magazines et plus non plus à la télévision, car il avait fait son enquête (l’une de ses spécialités, on disait qu'il avait des fiches sur tout le monde dans ses tiroirs et était surnommé Kadhaffi déjà à l’époque, il y a 22 ans…) et s’était aperçu que je n’avais jamais été homologué.

J’ignorais même ce qu’était l’homologation.  En fait une procédure d’examen tombée alors en désuétude, qui ne s’était plus déroulée pour les journalistes depuis au moins 2 ans que j’étais à la télé. Avec des fonctions de réd en chef donc...

Là-dessus, mes collègues font une pétition signée par une cinquantaine de journalistes du TJ et des magazines et le groupement professionnel obtient que je sois testé aux sports, puisque Gaston m’avait aimablement répondu « je t’avais prévenu ! »

Je passe donc ma procédure d’homologation  en tant que journaliste sportif, au grand dam de Torracinta et c’est là qu’intervient Rappaz, qui était alors régisseur du TJ, avant de se faire virer pour avoir manqué de respect à l’égard de Catherine Wahli en pleine émission. Je le connaissais comme un type ayant des projets de cinéma, comme moi, et nous en avions parlé  une ou deux fois à la caf, sans plus.

Je devais présenter les sports à la fin du TJ et j’étais en train de commenter une descente de Pirmin Zurbriggen. J’avais prévu de « laisser parler l’image » durant une dizaine de secondes, à savoir de laisser les gens admirer le style du champion,  après avoir résumé l’essentiel. C’était annoncé comme tel sur la feuille de route dont Rappaz avait la copie en régie. Et là, surprise surprise, il enlève l’image de Pirmin et sélectionne la caméra sur moi alors que je n’avais rien à dire et qu'il le savait. Silence, gouttes de sueur qui perlent sur mon front, 4 ou 5 secondes de silence stressé en gros plan en direct, c’est interminable…

Exit ma carrière à la TSR. Je me suis longtemps demandé pourquoi Rappaz m'avait fait cela. On m’avait dit à l’époque qu’il était juste déjanté. J’ai compris bien après qu’il n’aimait pas les frontaliers, ce que j’étais alors, le premier journaliste de la TSR à n’avoir qu’un passeport français, n’étant pas encore naturalisé, bien qu’ayant passé mon enfance à Neuchâtel. Pour le reste je ne me souviens pas qu’il m’ait jamais traité de « piètre journaliste ». Je m’en souviendrais, car venant d’un régisseur à un journaliste, dans la hiérarchie de la Tour, ce serait un cas d’insubordination caractérisée. Comme si l’infirmière en salle d’op disait au chirurgien qu’il est un piètre médecin.

 

Sur l’immaturité de mes lecteurs comparée à celle de ceux de « Sir HENRY », je préfère ne pas me prononcer. Je risquerais d’éclater de rire.

 

Si mes simple mots ont fait l’effet d’un tir nourri sur la candidature de Stauffer, j’en suis ravi. Je n’ai nulle haine contre le personnage en tant qu’individu lambda. Je n’ai simplement pas envie que mon canton se couvre de ridicule en l’élisant aux plus hautes responsabilités de la République. Et j’utilise les armes à ma disposition : mes mots et mon clavier.

 

Le seul point où je suis d’accord avec Rappaz, c’est que j’ai effectivement passé beaucoup trop de temps sur ce blog ces derniers jours, alors que j’ai des échéances professionnelles importantes. Le MCG peut donc respirer tranquille. Le sentiment de mon devoir accompli,  je m’en retourne à des activités plus lucratives.

01/04/2012

Acculé par Décaillet Stauffer renonce à se présenter

C’était un « Genève à chaud » apparemment comme les autres. Comme d’hab, il y avait Stauffer. Sauf que l’on s’est très vite aperçu que quelque chose clochait. Stauffer n’était pas interrogé sur les autres, mais sur lui-même. Et Décaillet, comme à son habitude, avec ses autres invités, ne lâchait pas le morceau. Ce qui avait le don d’énerver le leader du MCG. Les questions qui lui étaient posées étaient pourtant toutes simples, du genre de celles que l’on pose à n’importe quel entretien d’embauche, même pour devenir technicien de surface ou responsable liquide au supermarché du coin. Avez-vous un CV et que ferez-vous une fois nommé ?

Là, on s’est très vite aperçu qu’Eric Stauffer n’avait pas de programme, mais qu’il avait un CV. Et Décaillet, stimulé par ces zones d’ombre et de mystère entourant le personnage, s’est mis à creuser la question avec le talent qu’on lui connait.

Est-vrai que vous avez quitté l’école à 15 ans ? Qu’avez-vous fait entre cet âge et 28 ans ? De quoi avez-vous vécu ?

Est-ce vrai que vous avez fait de la prison à au moins deux reprises ?

Est-ce vrai que votre ancienne campagne a porté plainte pour violence contre vous à plusieurs reprises avant de retirer sa plainte à chaque fois ?

Est-ce vrai que vous avez fait faillite à plusieurs reprises ?

Est-ce vrai que vous avez tenté d’apporter en Suisse l’argent de responsables politiques étrangers ?

Est-ce vrai que vous avez été arrêté en conduisant alors que vous étiez sous le coup d’un retrait de permis ? Pour quelle raison d’ailleurs ?

Est-ce vrai que vous vous rendiez aux séances du Grand Conseil avec une arme sur vous ? Et pour quelle raison ?

Est-ce vrai que vous avez eu des empoignades physiques à au moins deux reprises au Grand Conseil, en plus du verre d’eau, et aussi à Onex, à la sortie d’une séance houleuse de conseil municipal ?

Etes-vous conscient qu’une seule de ces peccadilles serait de nature à pousser à la démission la plupart des politiciens de ce pays ?

Là-dessus, saisi brusquement par l’incongruité de sa démarche et comme touché par le Saint-Esprit, Eric Stauffer prit une inspiration et le regard apaisé, affirma : « Oui, vous avez raison, une peccadille, ça va, mais à la demi-douzaine, bonjour les dégâts. J’ai compris, je ne veux pas faire davantage de torts à mon canton et à l’image de la politique, je me retire, j’abandonne la course, je renonce: votez utile, votez ... »

Et là, tout à coup, je me suis réveillé, on était le 1er avril. On l’est toujours.

ps: au fait, merci à mes 7500 lecteurs différents du mois de mars.