11/05/2012

Les enjeux rêvés des Jeux de Genève

Demain et dimanche vont se tenir les premiers Jeux de Genève depuis les années 40. Dans différents lieux du canton, notamment à la queue d’Arve, aux Vernets (Caserne et centre sportif où sera situé le « village des Jeux »), au Port Noir et au Bois des Frères. Des compétitions dans 22 sports qui rassemblerons les jeunes sportifs de tout le canton, jusqu’à 18 ans.

Les organisateurs (L’Association genevoise des sports, la Ville et le Canton) souhaitent en faire une manifestation régulière, tous les deux ans, qui devrait accueillir également les jeunes sportifs du Grand Genève, vaudois et français. Ce qui serait une excellente chose, ne serait-ce que pour leur apprendre à se connaître, puisqu’ils sont appelés à partager le même bassin de vie active. L’une des questions à résoudre étant d’ailleurs de savoir si les partenaires seront stricto sensu ceux de l’agglomération (le Grand Genève) qui y montrent un réel intérêt, ou tout le Canton de Vaud et tous les départements de l’Ain et de la Haute-Savoie dont les villes capitales sont disons plus frileuses.

Voilà pour l‘enjeu socio-politique, mais qu’en est-il des autres enjeux ?

Pour les jeunes sportifs d’abord, quel est leur intérêt à participer, hormis d’essayer d’y vaincre pour la beauté du geste en jeunes amateurs exemplaires qu’ils sont ? Ne pourrait-on imaginer des prix qui soient plus motivants qu’une simple médaille, un voyage par exemple, offert par un sponsor ? C’est la porte entrouverte sur toutes les déviances du sport professionnel, certes, mais en même temps, c’est de nature à motiver et attirer davantage public et sportifs. Et la glorieuse incertitude du sport est plus glorieuse devant des salles remplies. Ce n’est pas forcément une bonne idée, mais c’en est une qui mérite d’être discutée.

Sur le plan éducatif, puisque nous parlons de jeunes de moins de 18 ans, je trouve dommage que ce type de manifestation soit uniquement sportive. Les Etats-Unis ont parfois de bonnes idées et parmi celles-ci les « olympiades » qui opposent des équipes de collèges dans toutes sortes de discipline sportives, artistiques et intellectuelles : il y a du rock, des maths, de l’histoire, de la danse de rues, et bien sûr du basket ou du foot américain. L’équipe qui gagne est celle qui a les meilleurs résultats dans toutes les disciplines.

On pourrait imaginer des équipes constituées par quartier, ou par collège, respectivement lycée ou gymnase (ou ECG etc…). Avec le risque d’une exacerbation des tensions déjà existantes entre bandes rivales de quartier, mais j’ai plutôt l’intuition qu’il y aurait là un parfait exutoire aux petites rivalités du quotidien. En tout cas, l’impact en termes d’audience serait certainement très positif. Reste que l’association genevoise des sports, qui invite et organise, n’est pas structurée de la sorte. Y aurait-il un moyen de mixer les deux, malgré tout ?

Sur le plan éducatif et financier encore, l’organisation d’une telle manifestation est un énorme boulot. Qui fait appel à toutes sortes de compétences et très largement au bénévolat. Pourquoi ne pas chercher à impliquer davantage les jeunes dans ce bénévolat (et dans l’apprentissage – sur le tas - de ces compétences), comme cela se faisait spontanément pour les premiers festivals de la Bâtie ? Dans les bois, tout le monde était à la fois spectateur, artiste et organisateur. Un grand moment d’intégration à la genevoise. On pourrait même imaginer que la bonne participation à l’organisation rapporte des points à l’équipe ?

Commentaires

Ambiance familiale et bon enfant, animations un peu maigrelettes, temps carrément maussade le samedi, nettement plus clément le dimanche, ces premiers jeux de Genève du XXIème siècle sont une réussite. Peut-être pas éclatante, mais qui mérite d'avoir une suite.
C'était prévisible, il n'y avait pas la foule des grands jours, dans les gradins et les allées du village des Jeux, mais les gamins se sont bien amusés et se sont donnés à fond. Passer d'un tatami de judo au sable du beach-volley juste avant le tchoukball (dont il a fallu qu'on m'explique pourquoi les deux équipes semblaient tirer dans le même but ???) pendant qu'à la piscine, des minimes se flanquent une volée sportive au waterpolo tandis qu'à côté des mouflets et des mouflettes font des prouesses au plongeon de haut-vol!
Evidemment, les Jeux de Genève sont un peu aux vrais JO ce qu'un spectacle de patronage est à l'Opéra: la qualité du spectacle n'est pas la même, mais l'émotion n'est pas moindre, en voyant ces jeunes pousses en devenir donner tout ce qu'elles peuvent pour briller, soutenir leur équipe ou faire plaisir à papa...
J'en reviens à la question des prix. Pas besoin qu'ils soient énormes, surtout pour des mômes de 12 ans... Mais je me souviens du mât de cocagne, savonné pour être bien glissant que l'on dressait dans les fêtes de village de mon enfance. Accrochés tout en haut, des jambons, des jouets, qu'il fallait aller décrocher avec toute la vigueur que l'on peut imaginer, sous les acclamations ou les quolibets de la foule et des copains... Le prix lui-même n'était pas bien important. C'était de le décrocher qui comptait. Mais s'il n'y avait pas eu de prix, jamais ne serions montés avec tant d'enthousiasme, jusqu'à épuisement...

Écrit par : Philippe Souaille | 13/05/2012

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