20/06/2012

Les enjeux du Grand-Genève disséqués sur Léman Bleu

Après "Comment l'Esprit vint à Genève" et ses 25 siècles d'histoire concentrés en 52', c'est ce soir, à 20h30 sur Léman Bleu, le tour des problèmes contemporains du Grand Genève: chômage, transports, logements, divergences administratives, fracture des niveaux de vie...

En 52' "La Ville-Frontière" interroge politiques et experts sur les enjeux de l'agglomération et les espoirs de solution.

Le trailer de ce 2ème film est ici .

 

19/06/2012

L'Histoire de Genève sur Léman Bleu

Ce soir sur Léman Bleu, dès 20h30, pour tout savoir sur l'Histoire de Genève.

Film précédé d'un débat sur la région et rediffusé toute la semaine

Diderot et d'Alembert aiment Genève.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nicolas Rinui et Geoffroy de Clavières dans les rôles de Diderot et D'Alembert, commentent l'article qu'ils préparent sur Genève dans leur Encyclopédie.

A noter qu'Etienne Clavières, l'ancêtre de Geoffroy, fut d'abord l'un des acteurs de la révolution genevoise avant de jouer les premiers rôles à Paris: Ministre des Finances du Comité de Salut Public, Inventeur des Assignats, parrain du 1er texte d'abolition de l'esclavage et auteur de nombreux discours de Mirabeau, avec Etienne Dumont, ancêtre de notre Etienne de la Julie.

 

Laurent Deshusses en Duc de Savoie claire.jpg

 

Laurent Deshusses, Duc de Savoie et petit-fils de François 1er, tout comme son épouse et cousine, fille de Philippe II d'Espagne (Françoise Chevrot),

Ils apprenent la mort de leur autre cousin Henry III de France tandis qu'ils se préparent à attaquer Genève, alors mal défendue, quelques mois avant l'Escalade.

A découvrir, le trailer du film :

http://www.youtube.com/watch?v=ndhIyI9gApo

 

17/06/2012

Maudet gagne haut la main, Stauffer recule et la gauche est restée à la maison.

La 1ère bonne nouvelle, c’est que Pierre Maudet est élu haut la main.

La 2ème c’est que Stauffer, malgré l’appui officiel de la direction de l’UDC (mais visiblement pas celui des électeurs), fait pile mille voix de moins qu’en 2009. Ce qui éloigne définitivement le risque de le voir élu en 2013, où l’élection devrait se jouer à 10 000 voix de plus…

D’autant plus qu’il parait évident que ses électeurs potentiels se sont fortement mobilisés et sont allés voter massivement, tout comme ceux du centre-droit d’ailleurs, qui ont assuré à Maudet une fort belle élection. Si l’on observe les taux de participation commune par commune, quartier par quartier, ce sont clairement les électeurs de gauche qui sont restés à la maison. En 2013, l’Entente et la gauche continueront probablement à se partager les sièges du Conseil d’Etat dans les mêmes proportions. L’inconnue étant le nom du PDC. Parti au sein duquel les bons candidats ne manquent pas. Comme le conseiller administratif de Bernex Serge Dal-Busco.

Qu’en est-il de la ville ? Je n’y vote pas, mais si le PDC a un(e) bon(ne) candidat(e), je trouverais sport que mes amis du PLR lui laissent la place. Genecand ou Fiumelli sont encore jeunes. A condition bien évidemment que la candidature PDC ait vraiment du poids et s’impose naturellement comme s’imposait celle de Pierre Maudet. Sinon, l’Entente aurait le temps d’organiser un genre de primaires. Ce serait une première et me paraîtrait une excellente idée.

Mais, chers lecteurs et fans trasis, ce sera sans moi. J'ai un livre à terminer et un scénario sur le gaz, donc plus de blogs durant les mois qui viennent, au moins jusqu'à l'année prochaine. Bon été à tous. :-)

16/06/2012

Il vous reste deux heures demain pour éviter la cata!

Si vous voulez

- Bétonner le monopole socialiste sur la culture et l’instruction publique

- Voir des (-e) partout

- Payer des cours aux fonctionnaires pour leur apprendre à ne pas oublier les (-e)

- Payer 6 milliards de votre poche pour la retraite des fonctionnaires (soit 10 fois la part cantonale sur une traversée du lac nationale ou internationale)

- Persécuter les transports privés en les contraignant à passer par le centre ville

- Régler les feux pour qu’ils y restent plus longtemps, dans l’espoir idiot qu’ils n’y reviennent plus.

- Bloquer les surélévations en ville

- Attribuer les chouettes apparts à la nomenklatura des copains.

- Payer 60 000 balles l’installation d’un lave-vaisselle

- Construire des logements assistés plus confortables que ceux de la classe moyenne qui les paie (et encore, quand ils en trouvent)

- Bloquer le canton en pleine crise, avec une majorité opposée au Conseil d’Etat et au Grand Conseil.

- Chasser les emplois qui rapportent et dont les impôts paient le social

Votez qui vous voulez, le résultat sera le même, sauf si c’est Pierre Maudet: la socialiste sera élue. Vous pourrez déguster votre victoire et la défaite de vos intérêts. Pierre Maudet est le seul qui soit en mesure de battre la candidate socialiste. Pour faire avancer Genève.

13/06/2012

Eric Stauffer et la planche à clous

Nous vivons dans un environnement de culture chrétienne. Ce qui signifie que tout le monde a droit au pardon. Pas forcément à l’oubli. L’absolution des pêchés, c’est quelque chose de très profondément enraciné dans notre région, à cause d'un Roi Burgonde, Sigismond, qui vécut au début du Moyen-âge.

De Genève, sa capitale, il régnait sur la Bourgogne, la Franche-Comté, la Romandie, la Savoie et une partie de la Provence. Il était le fils de Gondebaud, dont on peut voir la statuette dans une niche d’une maison du Bourg-de-Four. Sauf qu’il eût la très mauvaise idée, pour complaire à sa deuxième épouse, de faire assassiner son aîné, fils de sa première épouse. En ce temps-là, les turpitudes dynastiques et les règlements de compte entre premières meufs, c’était du sérieux.

Cependant, Sigismond était un brave type en dehors de son penchant à se laisser entraîner par de perfides hétaïres à commettre les pires méfaits. Il se rendit compte de son erreur et rongé par le remords, cessa de s’occuper de son royaume. A la place, il fit construire l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune (en Valais), qu’il couvrit de joyaux, débauchant les meilleurs moines et les plus jolis chanteurs dans les abbayes voisines, jusqu’aux Iles de Lérins, à Cannes, pour que soit chantées en permanence des mélopées de contrition.

L’une des conséquences, c’est que le royaume burgonde, décapité, tomba dans l’escarcelle des cousins mérovingiens, les fils de Clovis. C’en était fini de de Genève capitale d’un royaume digne de ce nom. L’autre conséquence, c’est que Sigismond racheta ses pêchés de manière tellement spectaculaire, qu’il fut fait saint par l’église catholique ! Après avoir occis son fils, donc...

Reste que comme le disait mon père, qui avait été élevé chez les jésuites, lorsqu’on fait une bêtise (ou qu’on commet un crime ou un délit) c’est un peu comme si on plantait un clou dans une planche.

Le clou est là, et si l’on répare sa faute, que l’on demande pardon, que l’on paie ses dettes à la société (ou à ses créanciers), on peut obtenir le retrait du clou. Plus de clou, et hop, on repart à zéro. Enfin pas tout à fait, car il reste le trou dans la planche. La marque de l’infamie ou tout simplement le souvenir de ses fautes passées.

Nous avons tous planté des clous dans notre planche, qui y sont toujours ou que l’on a pu enlever. Mais il reste les trous. Plus ou moins gros, plus ou moins nombreux. Pour certains, la planche paraît lisse à première vue : il faut vraiment bien chercher pour trouver des traces des épingles ou des punaises qui y ont été brièvement plantées. Pour d’autres, on a l’impression, en regardant leur planche, qu’un fakir pachyderme s’est vautré dessus…

Dans des rapports normaux entre gens normaux, on ne demande pas à voir la planche de l’autre. Dans certaines circonstances, en revanche, il est sain d’exiger d’en savoir davantage. C’est le cas lorsqu’on élit un Président par exemple, parce que même si lui est « normal », la fonction ne l’est pas. Idem d’un Conseiller d’Etat.

Lorsque quelqu’un de très riche demande à mettre son argent dans une banque en Suisse, aujourd’hui, l’origine des fonds est examinée à la loupe. Pour éviter « le risque réputationnel » (en clair, les emmerdes potentielles en cas de blanchiment avéré), on ne se contente pas de détailler les clous, on ausculte aussi les trous. Et dans le doute, une banque sérieuse refusera les fonds suspects, par précaution. Cela devrait être pareil en politique. Les gens ont le droit d'élire qui ils veulent, mais en connaissance de cause. Ce ne sont pas les candidats qui manquent pour le poste, alors pourquoi prendre le risque d’élire la planche la plus trouée ?

Lorsque vous faites faillite, à la tête d’une entreprise, vous perdez ce que vous y avez investi, mais vos créanciers, ceux qui vous ont fait confiance, perdent souvent bien davantage. Et vous avez ensuite le droit de repartir de zéro, même si votre défaillance a causé d'autres faillites en chaîne, de gens qui vous avaient fait confiance. Au besoin, pour repartir plus discrètement, vous pouvez utiliser un homme de paille, si le trou dans votre planche est un peu trop béant… Vous n’êtes plus officiellement le patron, juste le directeur par exemple.

Faire faillite une fois, cela peut arriver à quiconque se lance dans les affaires, qui ne sont pas un monde de bisounours. En revanche, être impliqué dans 9 faillites, comme responsable ou à des postes de direction c’est un genre de record du monde. Sans aller jusqu’à se poser des questions sur l’honnêteté du personnage, on peut légitimement s’interroger sur ses qualités de gestionnaire, son ego et son sens du bien commun. Parce qu'à chaque faillite, il y a des créanciers qui restent sur le carreau.

A partir de là, les arguments du genre « les braconniers font les meilleurs garde-chasses », je n’y crois pas. Les affaires financières et la délinquance de rue n'ont rien à voir. Le Shériff ne va pas courir lui-même dans la rue à la poursuite des méchants. C'est bien de qualités de gestion, des hommes des femmes et des matériels dont il sera question. Un domaine où le candidat semble particulièrement mauvais si l'on en croit sa planche, ses vaines menaces, ses éclats de voix, ses faillites et ses actes de défaut de bien.

12/06/2012

Maudet à la Tour Baudet pour respirer un air pur en ville et faire sauter les bouchons

Tous les matins et tous les soirs, des milliers de véhicules, des bus et des trams franchissent rapidement l’un des ouvrages d’art les plus importants du Canton, au Petit-Lancy : la Route du Pont-Butin y passe sous la Route d’Onex.

Sans cette tranchée couverte, nous aurions un carrefour classique, des feux de signalisation et un bon quart d’heure de perdu chaque matin et chaque soir pour des milliers de personnes. Plus toute la pollution supplémentaire engendrée par des bouchons quotidiens. Depuis 25 ans, date de construction de l’ouvrage, cela aurait représenté plusieurs dizaines de millions d’heures perdues par nos concitoyens dans leur vie quotidienne. Et des dizaines de milliers de mètres cubes de gaz toxique en plus dans l’atmosphère.

Pourtant, cette tranchée couverte a bien failli ne jamais voir le jour. Un couple et quelques militants s’opposaient farouchement à sa construction. Pour une raison idiote : l’idéologie. La conviction que la voiture c’était mal. Sauf que cela n’aurait strictement rien changé au nombre de voitures circulant à Genève. Durant ces 25 années, les gens auraient dû de toute manière se rendre à leur travail chaque matin.  Sans cette tranchée, même les trams et les bus qui passent dessus ou dessous tous les jours seraient plus lents et moins efficaces.

Le couple, c’était le patron du service des magazines de la TSR et son épouse, députée socialiste au Grand Conseil. Elle voulait obtenir du Grand Conseil le refus du budget de construction, il avait décidé de l’y aider en produisant un Temps Présent qui serait un violent réquisitoire anti-bagnoles. Pour cela, il alla débaucher un jeune journaliste du service des actualités, qui avait quelques enquêtes spectaculaires à son actif et surtout une réputation, disons « progressiste ».

Dès le 2ème entretien, Claude Torracinta expliqua ouvertement son intention au jeune journaliste, enfin plus si jeune que ça : déjà 9 ans de carrière en presse écrite, mais depuis 2 ans seulement à la TSR. Celui-ci ne savait pas ce qui l’étonnait le plus : la collusion avérée des intérêts privés, professionnels et politiques, ou leur aveu sans fausse pudeur. On n’est jamais suffisamment bien informé. Claude Torracinta ignorait que le jeune journaliste avait pour habitude de dire ce qu’il pensait, et qu’en matière de transports, il n’était pas forcément un ennemi irréductible de la bagnole, qu’il jugeait complémentaire au transports publics. A fortiori en l’absence de transports publics dignes de ce nom.

Pour résumer, le Temps Présent fut très suivi, obtint les meilleurs taux d’écoute de l’année, mais n’aboutit pas du tout aux conclusions escomptées par le patron des magazines. Tout au contraire, il montrait bien l’évidence : mettre en place des transports en commun était une priorité, mais les transports privés restaient indispensables et complémentaires et l’on devait aussi améliorer l’infrastructure les concernant. L’épouse fut balayée au Grand Conseil et la tranchée fut construite. La vengeance se dégustant glacée, le jeune journaliste félon, qui refusait de marcher dans les combines, fut bouté hors de la Tour.

Il n’en garda pas rancune. Juste le souvenir. Grâce à cet épisode fâcheux, il fit plein de choses mille fois plus passionnantes. Du cinéma entre autres et des voyages dans le monde entier. Surtout, il est assez fier d’avoir permis à des milliers de genevois, tous les jours depuis 25 ans, de gagner une demi-heure par jour de temps de vie, au lieu de la gaspiller dans les files d’attente. Sans compter l’air tout de même moins pollué.

Ce jeune journaliste, c’était moi. Si je vous raconte cela aujourd’hui, ce n’est pas pour rappeler les méthodes détestables du père – et de la mère - de l’actuelle candidate au Conseil d’Etat, car concernant le père, il y eut bien pire. Non, l’important, c’est qu’en matière d’infrastructure et de transports, qui restent l’un des problèmes clés des Genevois, avec l’emploi, le logement et la sécurité, Mme Emery-Torracinta est clairement sur la ligne anti-bagnole de ses parents, et que c’est une ligne stupide.

Avec Mme Torracinta et une majorité de gauche au Conseil d‘Etat, nous pouvons dire adieu à toute forme de Traversée avant fort longtemps, quand bien même cela contraint des dizaines de milliers d’habitants de la région à passer par le Centre-ville tous les jours alors qu’ils n’ont rien à y faire. D’où pollutions, embouteillages, pertes de temps, énervements, dégradations de la qualité de vie.

Cela, n’importe quel urbaniste, dans n’importe quelle ville du monde vous le dira. Mais à Genève, il existe des baronnies dont certaines ont bâti leur prestige sur ce type d’absurdité. Qu’il s’agisse des privilèges de l’argent ou de ceux de la fonction publique, le résultat est le même. Il aboutit à tenir le calvaire quotidien de nos concitoyens pour quantité négligeable.

Voler une demi-heure, voire une heure du temps des gens, chaque jour dans les embouteillages, c’est comme de leur voler un huitième de leur salaire, ou une demi-heure tous les jours de leur vie de famille ou de leurs loisirs. Cela devait être inadmissible et pourtant, cela risque fort d’arriver. Pour l’éviter, une seule solution, envoyer Maudet à la Tour Baudet. Il est le seul des candidats à avoir déjà réfléchi sérieusement à la question, pris des contacts, rencontré des spécialistes et des financiers potentiels de ce genre d’ouvrage. Avec lui au Conseil d’Etat, la traversée se fera.

10/06/2012

La victoire des appareils

On s'en doutait un peu, après les résultats du 1er tour dans la circonscription "suisse", le poids des appareils partisans est tel en France qu'il élimine systématiquement toute candidature alternative. Qu'elle soit de gauche, de droite ou du centre d'ailleurs. De fait aucun des candidats qui se présentaient contre les appareils ne sera au 2ème tour en Haute-Savoie. Ce sera donc partout une finale UMP-PS (avec une exception Verte, là où le PS n'a pas présenté de candidat) qui sera, dans toutes les circonscriptions de Haute-Savoie, remporté par l'UMP.

Astrid Baud-Roche, sur Thonon-Evian-Douvaine sort la mieux placée, à 15%, score qui est aussi celui, cumulé de Claude Deffaugt (6,3%) et d'Antoine Vielliard (8,8%). Deffaugt sortant premier des deux à Annemasse, tandis que Vielliard cartonne à Saint-Julien. Le FHaine étant à peu près à 14% dans chacune des six circonscriptions.

Hors des deux grands partis, de leurs blocages idéologiques et de leur marketing national, point de salut. Ce qui est mauvais signe pour l'avenir. On va continuer à s'invectiver parmi, sans oser pour autant remettre en cause certains des fondamentaux qui nous mènent dans le mur, donc certains dpendent précisément de la logique d'omnipotence de ces deux grands partis. Bayrou a échoué. Le Front National, comme le MCG ou l'UDC de ce côté-ci de la frontière sont les seuls  tirer leur épingle du jeu, non qu'ils soient en position d'accéder à une majorité, mais en étant suffisament présent pour influencer le jeu politique et lui dicter au moins une partie de l'agenda.

Il y a un vrai divorce entre l'intelligentsia et le landernau politique ancré localement d'un côté, la majorité de la population de l'autre, qui vote essentiellement en fonction de ce qu'elle voit à la télé. Principalement la télé de Paris d'ailleurs. Le FHaine l'a très bien compris qui place avec succès, dans ses circonscriptions les plus favorales, les rares personnalités médiatiques qu'il possède, qui parviennent à quasimment doubler localement le score national. Tout ceci est assez décourageant quand aux perspectives d'avenir de la France qui risque fort de ne pas oser se réformer véritablement avant longtemps.

09/06/2012

Suisses du Grand Genève, artisans, PME: votez Maudet

Ce vendredi soir, Pierre Maudet s’en est allé faire campagne auprès d’un électorat qui représente à lui seul près de 15% des voix habituellement rentrées dans les scrutins cantonaux : les Suisses de l’Ain et de la Haute-Savoie. Un gros morceau, presque autant que Meyrin, Vernier et Onex ensemble ! 18 000 de ces électeurs (environ la moitié) peuvent voter par correspondance, tandis que les autres peuvent choisir entre leur commune d’origine et leur dernière commune de résidence, pour voter dans le canton. Mon fils et moi avons choisi notre commune d’origine : Bellevue et ce sera donc, le 17, l’occasion d’aller y faire un tour en voisins.

Il est à ma connaissance le seul à le faire. Les autres n’ayant pas pris conscience de l’importance de ce vote, hésitant à se mouiller avec des « frontaliers » ou attisant même la haine envers tout ce qui vient de l’autre côté de la frontière. Ils ont tort, ces autres, car le débat qui s’est tenu avec la salle était de haute tenue. Tout le monde reconnait l’importance d’un développement concerté, pour utiliser plus efficacement les opportunités qu’offre notre magnifique région, et résoudre les problèmes posés par l’existence de deux systèmes législatifs différents dans un même bassin de vie.

Pierre Maudet s’est fait le porte-parole des petits entrepreneurs et patrons de pme genevois qui à chaque fois qu’ils veulent aller travailler sur France de l’autre côté de la frontière, se heurtent à un mur administratif… Qu’ils interprètent souvent comme une volonté de les exclure du marché, alors qu’il est très simple pour un patron français de débarquer en Suisse. Or c’est le même mur, souvent kafkaïen et fortement décourageant que doivent affronter tous les entrepreneurs et petits patrons français pour pouvoir simplement bosser chez eux. L’administration helvétique étant bien moins tatillonne et procédurière, du moins tant que le PS n’y met pas trop son nez. Tandis qu’à l’inverse, l’exigence suisse de devoir payer un salaire suisse parait totalement absurde aux petits patrons français, qui non seulement y perdent leur principal avantage comparatif, mais en plus doivent lui ajouter des charges sociales astronomiques, deux fois plus élevées en France qu’en Suisse !

Si l’on part du principe qu’il y a malignité de part ou d’autre, et volonté de nuire, on ne s’en sortira pas et l’on n’apprendra pas à profiter au mieux des fantastiques opportunités qu’offre l’existence à nos portes de vastes marchés dynamiques. Des entreprises suisses qui passent la frontière avec succès, il y en a et de nombreuses mêmes. Des très grosses, comme Migros France, devenu l’un des principaux employeurs des départements voisins, avec des activités très diversifiées, ou des PME, comme celle de Thomas Buchi, qui parvient à emporter des marchés prestigieux, comme le toit en « vagues » de bois du Vitam Parc de Saint-Julien, où la construction (par hélicoptère) du plus haut refuge du Mont-Blanc. Pour cela, ils ont créé des structures en France, ce qui évidemment coûte ce que coûtent les procédures administratives françaises.

Pourrait-on parvenir à faire plus simple ? Oui sans doute. C’est le rôle des politiques et des responsables d’associations économiques de s’y employer. De mettre en place des formalités simplifiées, de chercher à aiguiller au plus simple dans le dédale des procédures, tout en respectant les susceptibilités et les intérêts de chacun. Il y a là un vrai chantier. La MED, la Maison de l’Economie et du Développement, à Annemasse, active sur tout le secteur savoyard du Grand Genève peut être un relais sérieux. Elle conseille, forme, offre des structures d’accueil et ouvre grand les bras aux entreprises suisses qui veulent s’établir en France. Mais cela n’est pas suffisant. Pour une petite PME, il n devrait pas y avoir à créer une filiale. On pourrait imaginer des sociétés de portage, ou mieux des services dédiés, étant entendu que s’il y a bien un terrain sur lequel les entreprises françaises n’ont pas à craindre la concurrence helvétique, c’est en matière de dumping salarial !

Des problèmes de cet ordre, dans la région, il y en a des dizaines, qu’il s’agit d’identifier et de résoudre. Les taxis genevois, qui sont taxés de manière arbitraire par les douanes françaises, lorsqu’ils passent la frontière. Les malades d’Annemasse qui doivent aller se faire soigner à Findrol à 15km par l’autoroute, parce qu’un député UMP d’une circonscription voisine a voulu punir Annemasse la rose, mais ne sont remboursés qu’en cas d’extrême urgence s’ils viennent à Genève. La fin probable de la possibilité de recourir à des assurances privées françaises qui va lourdement ponctionner le revenu des salariés frontaliers et donc toute l’économie régionale.

Pour parvenir à résoudre ces problèmes concrets, il faut des personnalités pragmatiques et ouvertes, sans à priori, qui connaissent bien les deux côtés. Tout le monde, loin de là, ne correspond pas à ce profil parmi les candidats qui s’affrontent d’ici dimanche 17, des deux côtés de la frontière. Certains, la grande majorité, méconnaissent totalement la réalité de la moitié de l’agglomération ou ne veulent pas la connaître, d’autres la connaissent mais se posent en défenseurs de la patrie, d’un côté ou de l’autre. Or Genève n’est pas la Suisse, et la Savoie ou le Pays de Gex ne sont pas la France. Il n’est pas ici question de patriotisme, ce n’est pas la bonne échelle, mais tout simplement d’intérêts communs à exploiter de manière optimale. Pour le bien de tous. Nous formons un sous-ensemble commun, rattaché à deux ensembles. Avec ppcd (plus petit commun démoninateur) et pgcd (plus grand commun dénominateur) comme on dit en maths « modernes ».

Travailler intelligemment ensemble amène incontestablement un surcroit de prospérité. Il faut apprendre à résoudre, ensemble et de manière résolue, les problèmes qui en découlent.

08/06/2012

Toute la région vote... et mes films passent juste après :-)

C’est vaste la politique. Depuis plus d’une quarantaine d’années que j’y participe (j’ai commencé à 13 ans, en mai 68), j’ai acquis passablement de recul. Ce qui aide.

L’impact d’un blog, par exemple, est très relatif. J’ai une audience régulière de quelques milliers de lecteurs par mois, quelques centaines par jour. Ce qui ne signifie pas qu’ils sont tous d’accord avec moi. Je fais mes plus gros scores lorsque je tape fort sur le MCG, mais la moitié de mes lecteurs sont alors… des militants du MCG! Parce qu’ils sont accros ou masos... Alors que si je tape sur la gauche, celle-ci ne se précipite pas pour me lire. Dommage, ça ferait plus de monde :-)

La force du MCG c’est d’être le parti des chômeurs de longue durée. Une base sociologique extrêmement disponible, qui peut squatter les stands publics tous les jours et déferler par vagues sur la Julie électronique, commentant, votant et revotant à qui mieux mieux. Après, les sondages et autres prévisions, on peut leur faire dire ce qu’on veut. Que les lecteurs de la TdG préfèrent Maudet, que ceux du Courier préfèrent Torracinta, où que si l’on prend juste le nombre de militants (comme le fait le vert’lib Charly Schwarz dans son blog du jour) en ne comptant que les bulletins compacts, les extrêmes sont aussi forts voire plus que les majorités centrales. Mais précisément, il n’y a pas que les militants qui votent et heureusement. Il y a aussi les gens qui travaillent au lieu de passer leut temps à vitupérer.

Dimanche dernier, j’ai pris une leçon de modestie. La candidate que je soutenais s’est ramassé une veste, appelons les choses par leur nom. Veste qui s’explique : après avoir soutenu Bayrou aux Présidentielles, en parvenant à être appuyée à la fois par Bayrou et par Borloo, Mme de Tassigny a laissé tomber le Modem après que Bayrou ait appelé à voter Hollande au 2è tour. Elle a eu tort. Elle aurait dû persévérer dans son grand écart au centre, même si cela rendait les choses compliquées au vu du financement des partis politiques en France: il y a un moment où il faut dire à quel parti on apporte ses voix, qui rapportent des subventions ! Du coup, le MODEM a présenté au dernier moment un candidat sorti de nulle part (ancien Ambassadeur de France en Suisse) qui lui a siphonné le tiers de ses voix potentielles. En ajoutant celles du PSDE, quasiment sur la même ligne, Mme de Tassigny aurait dû être la bonne troisième qui est la place solidement enracinée de Bayrou en Suisse. Et sans les autres candidatures du centre, l’UMPS était en danger. On est toujours plus intelligent après, mais c’était son choix, le choix d’une femme de droite, ouverte, mais historiquement de droite qui n’a pas osé aller jusqu’au bout du grand écart sur la voie de la modernité.

Ce week-end, c’est le premier tour en France voisine. Je suis impatient de connaître les résultats de mes favoris. En dehors d’Etienne-Blanc, dans le Pays-de-Gex, UMP éclairé, ils sont pour la plupart centristes, dissidents de l’UMP, foncièrement favorables à la construction d’une région transfrontalière pour consolider notre avenir commun. Jean-Luc Arcade sur Bonneville La Roche, Astrid Baud-Roche à Thonon-Evian Douvaine et Claude Deffaugt sur Annemasse Saint-Julien, qui tient meeting ce soir à 20h30 à Ambilly, à la Maison de verre. Dommage qu’il n’y ait pu avoir d’entente sur le long terme avec Antoine Vielliard. Cela aurait probablement assuré l’élection du binôme et pour longtemps un député centriste dans la circonscription. Les positions politiques sont proches et le plus ouvert des deux n’est pas le candidat du Modem. Ce pourquoi je soutiens Deffaugt. Mais quand aux résultats attendus, c’est le grand mystère. Deffaugt a pour lui le monde de l’entreprise, Duby-Muller l’UMP d’Annecy, Vielliard des années d’investissement… Espérons que cet affrontement fratricide au centre-droit ne disperse pas les voix au point d’avoir un 2ème tour FN vs PS. Seule chance pour Guillaume Mathelier de passer…

Mais la politique, pour moi, c’est aussi d’expliquer les problèmes, d’envisager des solutions et pour cela, le film et la télévision sont des médias exceptionnels. Les deux films que j’ai réalisé ces deux dernières années sur la région seront diffusés sur Léman Bleu juste après les élections, histoire de lancer le débat sur la région en connaissant l’état des forces en présence.

Soit mardi 19 juin à 20.30 (après un débat sur la région animé par Pascal Décaillet) pour la partie historique « Comment l’Esprit vint à Genève ». Voir la bande annonce ici.

Laurent Deshusses en Duc de Savoie claire.jpg

 

 

Et mercredi 20, à 20.30 toujours pour la partie contemporaine « La Ville-Frontière » sur les problèmes du « Grand Genève ». La bande annonce est à voir ici.

 

A Morat les Romands sont massacrés.png

Le tout rediffusé sur une semaine.

07/06/2012

Petites imprécisions et gros mensonges des candidats en campagne

J’étais hier soir, en voisin, au débat réunissant à Thônex les candidats au Conseil d’Etat. Où j’ai pu entendre, avec stupéfaction, quelques énormités. Les plus grosses, assénées avec un aplomb déconcertant venait évidemment du candidat MCG et, normal dans une commune frontière, concernaient… les frontaliers ! Mais la candidate socialiste émit également son lot d’idioties, prouvant s’il en était besoin qu’au cœur même de sa campagne, elle ne maîtrise pas ses dossiers principaux. Qu’au contraire, elle agit et réagit en idéologue, rouée et maligne certes, mais vouée à faire avancer sa cause et son parti plus qu’à assurer le bien des gens.

Des exemples ? Après avoir évoqué la constituante, le débat tourne sur l’aménagement, crucial dans la commune des communaux d’Ambilly. Un consensus se dégage, pour répondre aux interrogations de la salle, sur l’importance d’une meilleure concertation avec les communes, assortie de la nécessité de prévoir les aménagements d’infrastructure en amont de la construction… et non des années après la pose de nouveaux habitants dans les infrastructures anciennes ou inexistantes.

Mme Torracinta en convient et veut citer des exemples d’infrastructures à prévoir… Et là, surprise surprise, tout ce qu’elle trouve à dire, c’est:

« construire des habitations à loyer contrôlé », détaillant ensuite longuement le pourquoi du comment de l’utilité première d’avoir des logements assistés.

Mais Mme Torracinta, les infrastructures, ce sont des routes, des transports publics, des crèches, des écoles, des centres commerciaux, bref tout ce qui rend un quartier viable et facilite l’intégration de ses habitants dans l’environnement. Des aménagements à prévoir de toute manière, que les logements prévus soient des LUP ou de la PPE, si l’on veut éviter de planter des gens en rase campagne ou au contraire de les coincer dans des zones dépourvues d’accès.

Elle s’enferre ensuite lorsque les responsables de la commune s’étonnent qu’elle se dise favorable à la concertation, alors qu’au Grand Conseil elle a voté contre l’audition des élus de Thônex par la commission d’aménagement. Une duplicité assumée. Après avoir affirmé qu’elle défendait la très coûteuse hypothèse d’un aménagement souterrain de la gare, elle se dit prête à discuter d’une Traversée (vitale pour tous les habitants de la Rive Gauche, ce qui fait du monde) mais à condition (sourire en coin de la candidate ravie de sa bonne farce)

a) que Berne participe, finances du canton oblige

b) que le bord du lac soit densifié, puisqu’il sera proche de l’autoroute et qu’il faut construire près des infrastructures.

Or chère Mme Torracinta, en matière d’autoroute, ce qui compte, ce sont les accès. Sans accès, il n’y a aucune raison de construire davantage. Et les accès sont précisément prévus du côté de la Pallanterie et des Communaux d'Ambilly, là où une densification est sur les rails. Au bord du lac, il n’y aura pas d’accès et en plus le terrain y est hors de prix. Ce serait un horrible gouffre financier de vouloir y construire des LUP. Quand à Berne, on sait que si l’on attend la manne fédérale, on repousse la réalisation du projet. Alors qu’il est fort possible d’anticiper, d’envisager un financement mixte avec le privé (il y a des pistes avec ATMB) et d’obtenir la manne fédérale dans un deuxième temps, comme l’ont fait les alémaniques en diverses occasions. D’autant que le principal obstacle à nos projets à Berne, c’est l’indécision.

Par ailleurs, l’argument financier n’est pas recevable de la part d’une personne qui envisage sérieusement un surcoût de 500 millions au moins à la Gare pour sauver 150 logements (chiffre des CFF, Pagani en rajoutant 200 suite à des aménagements anti-bagnoles de son crû). 500 millions, pour 300 habitants à déplacer une fois et c’est déjà le ¼ du budget de la traversée routière et ferroviaire, qui elle va concerner des dizaines de milliers de gens, tous les jours pendant des dizaines d’années. Sans doute des siècles ! A tout prendre, avec ces 500 millions de surcoût, soit plus d'un million par famille, pourquoi ne pas construire 300 villas jumelles ailleurs dans le canton et leur offirer carrément ? Cela coûterait moins cher !

500 millions, c’est aussi ce qu’apporte au budget cantonal les frontaliers par leurs impôts, du moins la partie de ces impôts qui ne repart ni vers la France, ni vers Berne. De quoi justifier un peu de respect, sauf bien sûr dans les vitupérations de Stauffer, qui veut avant toute chose leur apprendre à respecter « le leadership genevois ». Leadership que d’ailleurs les élus français du Grand Genève ne contestent aucunement, mais tout est dans la manière. Celle qui consiste à vouloir parler du dominant au dominé, comme entre gorilles, n’est certainement pas la bonne entre voisins et égaux.

Voyons donc les principaux griefs de Stauffer à l’égard des Français.

1) Nous avons, dit-il construit de HUG extrêmement performants et surdimensionnés et au lieu de venir s’y faire soigner, les Français construisent un hôpital à côté d’Annemasse.

Si l’on comprend bien, les Français devraient venir payer chez nous 2 ou 3 fois plus chers que chez eux leurs soins de santé pour nous aider à corriger nos erreurs d’évaluation. Ne pas le faire ferait d’eux des félons. Comment justifier ce surcoût aux yeux de la sécu, M. Stauffer n’en a cure ! Par ailleurs les Français ont au contraire fermer leur hôpital public d’Ambilly pour le déplacer près de Bonneville, à 25 km plus loin de la frontière. Ce qui ne peut que favoriser les HUG. Au point qu’il se construit du coup un hôpital privé à Etrembières. Exactement comme il en existe à Meyrin (la Tour) ou à Chêne-Bougeries (les Grangettes). Qui font concurrence aux HUG… Donc si l’on comprend bien le « leadership » de M. Stauffer consiste à exiger des autres, au prix fort, ce que l’on n’est même pas capable d’obtenir chez soi.

2) M. Mathelier, le maire socialiste d’Ambilly, qui fait sa fortune en Suisse où il est enseignant, s’est transformé en promoteur immobilier en ponctionnant les Genevois de plus de 70 millions sur la vente des terrains des Communaux d’Ambilly

M. Mathelier n’est pas de mon bord politique, mais j’habite sa commune. Qui était le propriétaire légitime de ces terrains depuis la nuit des temps et l’est resté après 1814 et le rattachement à la Suisse d’une bonne partie de ses territoires qui sont devenus les communes des trois Chênes. Le propriétaire a vendu ses terrains au prix du marché, ce qui est son droit le plus strict. M. Mathelier ne s’est pas transformé en promoteur immobilier, il a transformé ce qui avait été convenu par son prédécesseur, soit une vente flat (en une fois), en une vente assortie d’un paiement différé sur 20 ans sur 25% de la somme. Le (mauvais) calcul étant qu’il valait mieux pour sa commune disposer de rentrées régulières que d’une fortune subite. Mauvais calcul parce que le traitement fiscal en France était bien plus favorable pour une vente flat que pour une vente saucissonnée. Lorsqu’il s’en est (tardivement) aperçu, M. Mathelier a préféré ne renégocier que le 25% du montant total. Mais nulle arnaque, ni spéculation immobilière, juste le respect de la loi.

3) Les Français nous arnaquent avec le CEVA, qui ne servira pas aux habitants de Saint-Julien ou d’Annecy et en plus ils remplacent les parkings de la Gare d’Annemasse par des bureaux.

Le CEVA ne servira pas non plus aux habitants de Lausanne ou de Belfort. C’est une ligne, qui dessert les points qu’elle relie. Pas Saint-Julien, mais Annemasse et aussi Thonon, Bonneville, Saint-Gervais… et Annecy, car il y aura des extensions ! C’est d’ailleurs pourquoi les PR seront construits en amont d’Annemasse et non pas au centre-ville, qui n’a, pas plus que Genève ou n’importe quelle commune suisse, vocation à être transformée en voie rapide. Ceci dit, il y aura des parkings au cœur du quartier de l’étoile (gare d’Annemasse) lorsque les travaux en cours seront terminés, mais en attendant, le train vers les Eaux-Vives lui-même est partiellement interrompu du fait des travaux du CEVA et les parkings de la Gare ne se justifient plus. Accessoirement les frontaliers (dont 40% de suisses ou anciens résidents suisses) laissent dans la caisse cantonale, chaque année, ce que met Berne pour le CEVA, soit plus de 500 millions.

PS: à noter, pour les lecteurs concernés par ces problèmes transfrontaliers, la réunion électorale de Claude Deffaugt, candidat franco-suisse divers droite aux élections législatives dans la circonscrition d'Annemase Saint-Julien qui se tiendra vendredi 8 à 20h à la maison de verre d'Ambilly (Clos Babuty)

 

04/06/2012

C'est le moment de voter utile

J'ai l'impression qu'en politique, trop de gens ont tendance à prendre leurs rêves pour la réalité. Moi le premier. Cela se traduit notamment par le fait d'espérer que son candidat préféré ait le don de faire des miracles. Dans des élections majoritaires à la française, avec un vrai premier tour et un vrai deuxième tour, cela ne porte pas à conséquence: vous pouvez multiplier les candidatures, comme dans le cas des législatives françaises en Suisse (21 candidats pour un taux de participation de... 22%) cela ne porte pas à conséquence: au 2ème tour, les deux candidats attendus seront encore là, à départager. Et les 19 autres auront disparu. Dont celle que je soutenais, en l'occurrence :-(. Mais cela ne remet pas en cause la possibilité de choix décisif, qui reste à faire

Dans l'élection complémentaire à Genève, il en va tout autrement. D'abord je dois confesser avoir cru, parce que je pensais l'avoir lu quelque part que le quorum était à 35%, or ce n'est pas le cas. Il est à 33%.  Ce qui signifie en clair que celui qui est devant est élu dès le 1er tour, s'il atteint le seuil de 33%. Et bien évidemment, si le celui est une celle, ça marche aussi.

La gauche l'a fort bien compris, qui ne présente aucun autre candidat que celle du PS, l'objectif étant d'atteindre les 33% du premier coup, à tout coup. Les candidatures du vert lib, du pirate, du prophète et même du MCG vont lui coûter quelques points, mais il y a peu de risques (ou de chances) que cela puisse l'empêcher d'atteindre le 1/3 des voix. Et s'ils sont deux à atteindre les 33%, c'est clairement celui (ou celle) qui est devant qui est élu(e).

Dès lors, il apparait clairement que la droite et le centre et plus généralement l'économie privée et les Indépendants, la classe moyenne et les entrepreneurs, mais aussi tous ceux qui pensent que la sécurité laisse à désirer et qu'il faut pouvoir avant tout y mettre des moyens, qu'il faut des logements, mais pas uniquement pour les personnes assistées... Et puis aussi tous les fonctionnaires qui en ont marre d'être bloqués dans leurs ambitions professionnelles parce qu'ils ne sont pas encartés chez les verts ou au PS, contrairement à leurs petits chefs, tous ceux-là, qui sont clairement la majorité à Genève, n'ont qu'un seul choix, une seule chance de voter d'une manière qui préserve leurs intérêts et l'avenir de Genève, c'est Maudet, dès le 1er tour. Tout de suite, maintenant.

Parce qu'il n'y aura pas de deuxième tour, contrairement à ce que j'ai pu écrire et que si Maudet n'est pas élu, ce sera la candidate socialiste qui le sera. Le Vert Lib n'a aucune chance et le MCG pas davantage. Le second fera certes cinq fois plus de voix que le premier, mais il restera loin en deça du quorum. Le MCG et l'UDC additionnés n'ont jamais atteint le 1/3 des voix à Genève, tout au plus le 1/4 et fusionnés, ils vont forcément faire moins. Parce qu'une bonne partie de l'UDC va voter Maudet (ou PS d'ailleurs) et que plusieurs personnalités du MCG vont également voter Maudet. Et pas que dans le secret des urnes, car cela se lit sur Facebook. D'ailleurs certaines étaient carrément présentes à la fête de Maudet à Carouge.

Dans cette affaire, l'intérêt du candidat Verts Lib' comme de celui du MCG est le même: strictement personnel et au détriment des idées et même des électeurs qu'ils prétendent défendre. Politiquement, il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarettes entre Maudet et les Verts Lib. C'est juste une question d'ego de Laurent Seydoux qui veut se faire reconnaître. Pourquoi pas, sauf que ce n'est pas le moment. le cas du MCG est plus complexe. Il y a certainement des différences dans l'approche des problèmes. D'abord parce que d'un côté, il y a une vraie réflexion sur "que faire une fois au pouvoir pour améliorer la situation de Genève et des Genevois ?". Tandis que de l'autre la réflexion se limite à "comment vais-je arriver au pouvoir?", quitte à se fendre de quelques slogans tapageurs et sans lendemain.

Et justement, dans la stratégie d'accès au pouvoir, il y a "faire schmir la droite et le centre un max, jusqu'à ce qu'ils soient obligés de me prendre à bord". Tant pis si entretemps, c'est la gauche qui en profite et que la situation continue de se dégrader. Après tout la dégradation de la situation ne peut que me profiter au bout du compte.

Mais alors, que font la droite et le centre ? Pourquoi ne pas partager le pouvoir et lui donner la part qu'il réclame, c'est à dire tout d'abord un bon salaire de Conseiller d'Etat pour quelques années et la retraite qui va avec ? Après tout, ce seraient les impôts qui paieraient - donc tout le monde - et ce serait l'assurance d'une majorité stable pour un moment ? Oui, pourquoi, hein, pourquoi ? La gauche en fait bien autant avec l'extrême gauche en Ville par exemple ?

D'abord il y a les casserolles et le comportement imprévisible, donc incontrôlable du personnage en société. La crainte de ridiculiser davantage encore la fonction politique, déjà bien assez affaiblie comme cela. Ensuite il y a les considérations économiques. La sécurité, c'est bien joli, mais c'est d'abord essentiellement une question de coûts. Pour désengorger les tuyaux, tant à la justice qu'à la police ou même à Chandolle... Et pour pouvoir payer ces coûts, il faut une économie qui marche. C'est à dire sans socialiste majoritaire, mais sans UDC ou MCG hostiles aux accords bilatéraux au Gouvenerment. A moins que ceux-ci se montrent plus raisonnables. Parce que l'économie de Genève est basée sur les échanges et qu'il ne saurait en être autrement, pas par idéologie mais parce que Genève n'est pas en état de produire quoi que ce soit sans avoir besoin d'acheter des composants et d'exporter le produit fini.

Genève est une plaque tournante, cela fait 2600 ans qu'il en est ainsi. Une plaque tournante qui s'arrête de tourner périclite. Et pour tourner, elle a besoin de hamsters qui font tourner la roue. Nous. Pas d'énergumènes prêts à mettre des batons dans les engrenages.

 

01/06/2012

Mme Torracinta va perdre car le PS ment

Il y a bien des gens que j’apprécie beaucoup au PS genevois et même si je pense qu’ils n’ont pas la bonne méthode, je respecte la volonté de la gauche de répartir équitablement les fruits du travail de tous. Mais il y a aussi des petits malins qui pensent que la fin justifie les moyens et qu’en politique tout est permis. Des hypocrites arrivistes prêts à tout pour arriver à leurs fins, c’est-à-dire le plus près possible du pouvoir. Qu’ils soient de droite ou de gauche, ou « ni gauche ni droite » ces gens sont ceux qui font le plus de tort à la politique et contribuent à rendre la république ingouvernable. Au moment même où, face à la crise et aux vrais problèmes qui s’annoncent, nous avons au contraire besoin de responsables intègres et honnêtes, qui inspirent confiance par leur probité personnelle et leur objectivité. Une denrée rare.

Je ne sais pas dans quelle catégorie ranger la candidate socialiste. Je sais dans quelle catégorie ranger ses parents, son père en particulier, mais je ne pense pas que les enfants puissent être jugés responsables des fautes de leurs géniteurs. En revanche, il me semble qu’une candidate en campagne est responsable des choix de communication qu’elle fait. Ou qui sont faits en son nom, par son parti. Et là, je trouve juste inadmissible l’encart publicitaire affirmant que le PLR et le MCG sont égaux parce qu’ils sont du même avis sur 3 points de leurs projets politiques respectifs. On peut en trouver tout autant qui sont des points d’accord entre le PS et le MCG. Ou l’UDC !

Rien que dans l’actualité récente, le PS a voté aux chambres comme l’UDC contre les accords fiscaux avec l’Allemagne. Et les communistes appellent à voter pour l’initiative de l’ASIN, ce 17 juin. La politique suisse étant ce qu’elle est, démocratique et passant en votations populaires de nombreux points de détail chaque année, il est normal, naturel et sain que certains partis soient d’accord sur certains points avec d’autres et pas sur d’autres et pas sur tout, et pas toujours avec les mêmes. Il est affligeant de devoir le rappeler, mais les responsables de la communication du PS genevois le savent pertinemment, pour avoir voté avec le MCG à plusieurs reprises durant la dernière législature.

Ce qui est d'ailleurs normal. Le jeu démocratique sert entre autres à discuter les lois au parlement pour les améliorer. Il n'y a pas toujours cinquante mille bonnes solutions à un problème et le but du jeu politique est tout de même de tenter d'élaborer les meilleures. Pour le bien commun. Ensuite seulement de faire passer ses idées et son parti. C'est toute la beauté du système collégial helvétique de le favoriser.

C'est pourquoi cette manière de communiquer est malhonnête et anti-démocratique. Le PS genevois en a déjà fait preuve il y a quelques jours avec la candidate qu’il présente aux élections législatives françaises pour les français de Suisse. Cette ancienne député PS au Grand Conseil y accusait Mme de Lattre de Tassigny, ancienne présidente de ce même Grand Conseil, humaniste et fidèle adjointe de Manuel Tornare d’avoir failli au pacte républicain pour avoir appelé à voter Nicolas Sarkozy au 2ème tour de la Présidentielle. Ce sont là des pratiques inadmissibles. D’autant plus inadmissibles si l’on songe que la gauche genevoise, en dehors de quelques piques par ci par là, laisse la droite républicaine faire tout le boulot dans la lutte contre le danger que représente l’extrême-droite MCG.

Contrairement à un Mélenchon, qui ose aller affronter Le Pen (soutenue par les ténors de l'alliance MCG-UDC), on ne peut que constater l’hypocrisie de la gauche genevoise, qui préfère se souvenir que c’est d’abord la droite qui fait les frais de la montée en puissance du tribun d’Onex. Ce en quoi la gauche genevoise se tire une balle dans le pied, car si d’aventure l’extrême-droite parvenait à imposer ses idées, c’est la gauche et ses électeurs qui souffriraient le plus.

En tant que double-national et frontalier, je suis effaré de constater combien la gauche se fait discrète dans le combat pour l’égalité entre les travailleurs et la non-discrimination. D'ailleurs la seule liste "Suisses sans frontière" de ces prochaines élections appelle à voter Pierre Maudet. C'est tout dire.

En tant qu’entrepreneur indépendant, mais dépendant de la bonne santé de l’économie, je suis effaré de constater que l’avis d’une Mme Salerno sur le développement économique rejoint celui du MCG ou de l’UDC : repli sur soi et défiance à l’égard des internationaux, flattant quasiment la xénophobie ambiante. Qui pour s’exercer à l’égard d’étrangers riches, ou de frontaliers français de même culture que nous, n’en est pas moins de la xénophobie : désagréable, injuste et pour tout dire insupportable à l’odorat. Du moins quand on a des valeurs.

Alors bien sûr, on va me dire que la politique est affaire de coups bas, que nous ne sommes pas des télétubbies dans un monde de bisounours... Cest vrai, et c'est précisément pour cela qu'il faut en revenir d'urgence aux valeurs fondamentales de l'honnêteté et de la probité. Qui vont de pair avec l'Action responsable. A l'heure de la transparence et d'internet, au moment où la crise va nous imposer des choix déchirants, il est fondamental de commencer dès maintenant à oublier un peu nos intérêts personnels ou partisans pour penser d'abord en terme d'intérêt général. Parce que si on ne le fait pas, la réalité va se rappeler très vite à notre bon souvenir et nous ne serons pas de taille à affronter les gros grains qui s'amoncellent. Il nous faut des capitaines courageux qui inspirent confiance et qui savent la mériter, notre confiance. Pas des araignées prêtes à mentir pour attraper leur proie, ni des matamores, bonimenteurs de foire, qui n'ont que promesses à la bouche.

Des promesses qu'ils savent eux-mêmes impossibles à tenir. J'en veux pour preuve les excellents calculs faits sur son blog par Homme Libre pour évaluer le coût des fameux conteneurs du MCG: Cela coûterait, par récidiviste, 75 fois plus cher que le renvoi avec prime élaboré par Mme Rochat! Une solution certes pas très glorieuse mais pragmatique, rapide et surtout efficace. Question: veut-on être dirigé par des cerveaux, ou par des organes reproductifs ? Les belles promesses du candidat MCG me font penser à celles de ce vendeur d'abonnements téléphoniques qui propose à nos fonctionnaires les forfaits les moins chers du marché, mais vraiment beaucoup moins chers que les autres... et qui tout d'un coup, après quelques mois, après en avoir vendu des milliers, augmente les dits-forfaits de 40% en cours d'abonnement. Non sans avoir prévu, dans les petites lettres du contrat, de quoi rendre la chose légale. Jackpot: au minimum cent mille Francs, peut-être beaucoup plus. Chaque mois ! De quoi financer des tas de trucs amusants... Comme rembourser ses dettes ou faire de la politique.

Vous dites ? C'est le même ? Le candidat MCG aux promesses miraculeuses et le directeur de la société vendant des abonnements qui augmentent brutalement en cours de validité ? Mais quelle crédibilité accorder à ses promesses de campagne alors ? Aucune ? Ah bon...