25/10/2012

Les TPG moins importants que le foot ou le hockey ?

Si Bertarelli avait du se contenter du savoir-faire lémanique, jamais la Nautique n'aurait remporté la Coupe de l'America. Non pas que nous n'avons pas de bons marins, nous en avons d'excellents. Mais pas suffisamment et pas suffisamment pointus dans le domaine concerné. Organiser un réseau de transports publics à l'échelle régionale c'est un job tout aussi spécifique et qui en tout cas concerne au premier chef la vie quotidienne de centaines de milliers de Genevois. Ce n'est pas juste une planque pour échapper au chômage. Lire comme je l'ai lu dans les commentaires des blogs entre une invitation à fusiller Mme Kunzler et une insulte envers "les Frouzes" qu'il suffisait de former un Genevois, est d'une débilité fondamentale. Qui l'aurait formé ? En combien de temps ? Le candidat sélectionné a l'expérience d'un tel job, et elle est unique. Par ailleurs, pour couper court à la rumeur insistante selon laquelle la France n'engage pas de Suisses, j'aimerais rappeler qu'au milieu des années 2000, le responsable genevois de la mobilité, suisse formé à l'EPFL sauf erreur, a été engagé pour s'occuper de l'implantation du tram dans  des grandes villes françaises. C'est comme au foot, il y a un marché des compétences, et ça tourne. Il y a quelque chose de schyzophrénique et de masochiste à accepter de prendre "le meilleur" pour courir après un ballon ou un puck, mais pas pour organiser nos transports au mieux !

12/10/2012

Toute ressemblance etc etc...

Découvre avec ravissement ce texte historique décrivant Genève en 1526, en pleine ébullition après que le Conseil Général ait voté la combourgeoisie avec Fribourg et Berne, qui chasse virtuellement le Duc de Savoie de la Ville. 

"Ce parti (si l'on peut lui donner ce nom) dont les principaux ne rêvaient que désordre, plaie et bosse, se grossit bientôt de tous les fainéants et mauvais sujets endettés de la ville, prêts à se jeter à corps perdu dans toute entreprise qui pouvait amener un changement dans leur position. D'autres avaient leurs antécédents au sein de cette canaille que les agents ducaux ameutaient naguère contre les magistrats eydguenots. 

Aucun d'eux n'avait fait le moindre sacrifice pour la cause de la liberté. La plupart eussent été trop lâches pour se compromettre individuellement, alors qu'il y avait quelque danger à le faire. Enfoncer les portes, escalader et piller de nuit les maisons des émigrés, lesquelles n'étaient gardées que par des femmes et des enfants; assaillir des citoyens inoffensifs, surtout les ecclésiastiques, en se mettant naturellement toujours vingt contre un; en traiter d'autres de mamelucs pour les forcer à émigrer et s'emparer de leurs biens.... telles élaient pour le moment, en l'absence du capitaine général, les prouesses de ces bandits de carrefours, surtout lorsqu'ils avaient leur tour de garde.

Puis, dès qu'ils sentirent leur force numérique, ils entreprirent, sous la direction de Baudichon de la Maisonneuve, qui, jeune encore, avait inauguré sa carrière par un meurtre, d'agir sur les affaires publiques par l'intimidation et la violence, comme le font tous les partis ainsi composés, en envahissant en masse les séances du Conseil aux fins de lui dicter leurs volontés, pour donner par leurs vociférations une apparence d'impopularité aux magistrats ou aux propositions qui ne leur plaisaient pas, et pour appuyer leurs amis dans tout ce que ceux-ci proposeraient de violent.

Malheur aux magistrats qui basent leur influence et leur popularité sur des éléments aussi méprisables! ils en sont tôt ou tard les victimes; et honte aux républiques qui tolèrent de pareils scandales ! Elles marchent par le chemin le plus court à la guerre civile ou à l'anarchie et au despotisme."