06/11/2012

CSG, TVA, COMPETITIVITE ET "TAXE DE SEJOUR"

Aujourd’hui, MM Hollande et Ayrault sont censés décider s’ils vont accorder à la France et à ses entreprises un choc de compétitivité. Il est affligeant de constater que nulle part je n’ai lu ou entendu d’analyse correcte. Même pas à « C dans l’air »… Oui, c’est possible d’abaisser les très lourdes charges qui pèsent en France sur les entreprises et pas seulement les charges sociales d’ailleurs : même le coût des transports publics est prélevé sur la masse salariale et plein d’autres petites choses, à coup de 1% là, 0,2% ici, qui tous additionnés finissent par peser pour plus de 60% de ce que coûte un employé à son patron. C’est unique au monde, à ce niveau. Du coup lorsque le chômage augmente, c’est toute l’économie qui tousse et les caisses publiques qui se vident. Il est tout à fait possible de transférer ces coûts sans que cela ait de conséquences néfastes sur les salariés. Ils devraient même y gagner du pouvoir d’achat, les salariés, si l’on contraint le patronat à leur reverser – sous forme d’augmentation de salaire - une part substantielle des prélèvements transférés ailleurs. Le transfert élargissant l’assiette jusqu’alors circonscrite aux seuls salariés.

En utilisant la CSG (qui sert à payer la sécurité sociale), on transfère sur l’ensemble des revenus, qu’ils soient du travail ou du capital. En utilisant la TVA, on transfère sur l’ensemble de la consommation, qu’elle soit le fait de salariés, de rentiers, ou d’assistés sociaux. C’est là où le bât blesse pour un gouvernement de gauche. Parce que si les salariés devraient s’y retrouver et même mieux qu’avant, les chômeurs, Rmistes et autres oisifs involontaires (ou parfois volontaires) vont eux voire leurs dépenses augmenter. Et qu’ils sont aussi des électeurs. C’est donc une décision difficile à prendre, mais c’est une décision nécessaire. Car autant on peut être, comme moi ennemi acharné du protectionnisme, autant l’avantage concédé volontairement à l’importateur parait une énorme absurdité. C’est pourtant ce qui se passe, en France, lorsqu’on fait peser autant de ressources publiques sur le seul travail des français, donc sur les entreprises locales. Cela étant, il est possible d’imaginer des mécanismes de redistribution aux assistés sociaux aussi, si nécessaire.

On voit combien les mécanismes qui régissent nos sociétés sont complexes. Il n’est pas de mesure miracle, ni même de mesure sans « dégâts collatéraux ». Ce qui fait toute la subtilité du jeu politique. On peut comprendre que les députés genevois soient déconcertés à l’idée de devoir passer au peigne fin plusieurs centaines de pages de lignes de budget, sans avoir vraiment de vue d’ensemble. De là à travailler à l’emporte-pièce, il y a une marge. Nous (= Genève, la Suisse, l’Europe, le Monde) sommes en crise, car nous sommes en train de changer de paradigmes et cela n’est jamais simple ni sans douleur. L’Etat Providence a du plomb dans l’aile, car nous n’en avons probablement plus les moyens et nous les aurons certainement moins encore à l’avenir. Cela ne signifie pas qu’il faut renoncer, mais au contraire innover.  Proposer une « flat tax » sur tous, certes minime pour les plus aisés, mais très importante pour les ménages dans le besoin – qu’ils travaillent ou non - ce n’est clairement pas une bonne idée. J’ose espérer qu’elle n’a été posée que pour pouvoir l’enlever prestement de la table des négociations afin de se concentrer sur l’essentiel et le raisonnable. Certains, au PLR, n’ont semble-t-il pas pris la mesure de l’animosité que peut susciter la richesse et l’ostentation, lorsqu’elles débordent sans vergogne et sans humilité. Un comble dans la cité de Calvin.

Après, que l’on réfléchisse aux moyens qui permettrait de faire participer l’ensemble de la société, y compris les oisifs volontaires ou involontaires à son développement, je suis pour. Mais en offrant aux gens la possibilité de donner un peu de ce qu’ils possèdent. Pas de ce dont ils manquent.

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