13/04/2013

Danger: l'extrême-droite censure la vérité

Pour la première fois depuis bientôt huit ans que je tiens ce blog, suivi mensuellement par plusieurs milliers de lecteurs, même lorsque je n’écris plus qu’un texte par mois, j’ai été censuré par la Tribune de Genève. Le thème en était l’extrême droite et l’offshore. Plus spécialement la méthode consistant à obtenir un gros crédit, parfaitement légal, de banques habituellement très prudentes qui, à l’instar de la fourmi de la fable, sont peu prêteuses par nature. A moins de présenter de solides garanties.

Une garantie que les fourmis banquières adorent, c’est la mise en cautionnement, quelque part, d’une somme d’argent égale ou supérieure au prêt plus les intérêts. Pas nécessairement déclarée, la somme, sinon, à quoi bon payer des intérêts dessus ? La manip s’apparente donc à du blanchiment, en permettant d’utiliser des fonds de provenances diverses pour, par exemple, financer une campagne électorale.

Il n’y avait rien de faux ni de mensonger dans mon texte, qui ne citait que des faits publics et connus, disponibles sur Internet et pour l’essentiel même sur Wikipedia, et ce depuis des années. La seule valeur ajoutée de mon papier, en dehors d’une pointe de causticité, consistait au rapprochement de faits épars, qui prenaient ainsi un sens nouveau. J’y parlais d’une célèbre dynastie de l’extrême droite française, connue pour avoir obtenu un étonnant crédit de l’UBS pour sa toute petite PME active dans l’industrie du divertissement, un secteur habituellement fui comme la peste par cette institution bancaire qui connut jadis des jours meilleurs et des dirigeants d’une honorabilité au-dessus de tout soupçon.

J’y évoquais également un habitué des prétoires, politicien genevois collectionneur de casseroles, qui a obtenu de la Tribune, donc, le retrait de mon texte sur mon propre blog. Sous la menace non pas d’une plainte en diffamation ou pour calomnie, mais pour atteinte à l’honneur. Le détail a son importance, car dans l’atteinte à l’honneur, le fait rapporté peut être vrai et prouvé, cela n’empêche pas la condamnation, si le fait de le mentionner a pour but essentiel de nuire au plaignant. Une disposition très chrétienne du droit helvétique, ayant entre autres pour ambition de faciliter la réinsertion des personnes condamnées, en empêchant de rappeler sans cesse leur condamnation.

La Tribune, en tant qu’hébergeur, ayant été récemment condamnée conjointement avec Eric Stauffer, pour atteinte à l’honneur, suite à des propos tenus par ce dernier sur son blog, ne souhaitait pas remettre la compresse, en dépit de la valeur exemplaire et particulière de la situation. Il y avait en effet un détail d’importance, qui m’aurait protégé ainsi que la Tribune, selon la jurisprudence. Mon intention n’était nullement de nuire au politicien incriminé en tant que personne, mais simplement d’alerter l’électeur genevois sur les antécédents d’un candidat à de hautes responsabilités. Le fait d’avoir, par le passé, trempé dans des affaires du type de celles qui sont aujourd’hui sous les feux de l’actualité et conditionnent l’avenir du canton, en le contraignant à repenser des pans entiers de son économie, ce n’est pas anodin. La moindres des choses est que l’électeur en soit informé.

Que cette évocation soit censurée par crainte (heureusement discutable) d’une action judiciaire, c’est un fait plus grave qu’il n’y parait dans une République jusqu’ici réputée pour sa liberté de parole. Liberté de parole d’ailleurs largement usitée, jusqu’à fatiguer, par le politicien en question qui a conspué le ban et l’arrière-ban de la République à de réitérées reprises, sous couverture (transparente à force d’être élimée) de la défense du bien commun. C’est aussi la preuve éclatante de ce qui nous attend si par malheur nous commettons l’erreur d’élire de tels personnages, qui passent leur temps à insulter toute la République, mais ne tolèrent à leur égard que le lèche majesté, menaçant et censurant à la moindre égratignure d’un simple blogueur.

Un comportement totalitaire avant même d’être au pouvoir, il fallait oser.  Tant mieux, cela permet de le reconnaître plus facilement.

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