24/05/2013

Le jaune, le noir et la croix blanche

Alors que la Suisse signe avec la Chine un traité de libre-échange, je referme l’excellent ouvrage de l’écrivain sénégalais Tidiane N’Diaye : le Jaune et le Noir.  Auteur d’essais fondamentaux sur la traite arabo-musulmane ou les peuples d’Afrique du Sud, n’hésitant jamais à défendre la justice et l’amitié entre les peuples plutôt que la vengeance et le repli identitaire, il livre une analyse troublante de la pénétration chinoise en Afrique. Sans nier les avantages que l’Afrique en reçoit à court terme, c’est bel et bien d’une re-colonisation dont il parle et l’on n’est pas loin du transfert de souveraineté.

L’Afrique a plus que jamais besoin, et vite, d’une vraie introspection – puisqu’on parle chinois, osons le mot d’autocritique – pour interroger les causes endogènes d’un tel abandon de souveraineté. Il serait trop facile de rejeter l’entier de la faute, à nouveau, sur le méchant toubab, blanc devenu jaune, comme trop d’intellectuels africains tendent à le faire, au point de nier l’évidence. Il y a aussi des causes autochtones, découlant d’habitudes culturelles africaines, qui facilitent l’abandon des rênes de sa propre destinée… Les identifier est le premier stade permettant de les dépasser. Pourquoi les grossistes africains mais aussi afro-américains ou caribéens, se font-ils systématiquement doubler, par exemple, par des asiatiques qui s’approvisionnent aux mêmes sources, mais parviennent à vivre, au même endroit, en se satisfaisant de marges inférieures ? Il n’est pas ici question de se révolter sans autre but que de prendre la place du maître, mais de construire méthodiquement l’avenir. L’Afrique est championne du monde de l’improvisation. Mais patience et longueur de temps font plus que force ni que rage… Et là ce sont les Chinois qui sont champions du monde !

La Chine tisse sa toile et raisonne à long terme. Dans quinze ans, la Chine, l’Inde et l’Afrique représenteront ensemble 45% du PIB mondial et plus de la moitié de la population. Partis de rien, il y a dix ans, les Chinois forment aujourd’hui la deuxième communauté étrangère en Afrique derrière… Les Indiens ! Mais progressant beaucoup plus vite qu’eux et éjectant systématiquement les Européens de tous leurs bastions, systématiquement dans les zones les plus riches en matière première. Il n’y a aucune dimension humanitaire ou solidaire dans la politique de coopération chinoise : juste du business et rien que le besoin de s’assurer des ressources à long terme.

Tidiane N’Diaye décrit par le menu le processus d’intrusion dans l’ensemble africain d’une Chine qui ne rechigne ni à se salir les mains, ni à pratiquer le double langage. Amitié entre les peuples, respect de leur souveraineté, allusions lourdes – et malheureusement fondées – au lourd passif colonial des européens, c’est la base du discours officiel chinois. Qui arrange énormément les dictateurs africains, car le système chinois à parti unique ne veut rien savoir du processus politique interne d’un pays. Du moins officiellement, car lorsqu’un candidat d’opposition, en passe de l’emporter, promet de renégocier tous les contrats avec la Chine, Bei-Jin n’hésite pas à affirmer que s’il gagne les élections, elle cesse immédiatement le versement de l’aide et quitte le pays. Evidemment, le brillant candidat perd les élections, car l’aide chinoise se déverse par centaines de millions, voire par milliards et se crée son lots d’obligés, au détriment évident des intérêts vitaux du pays qu’elle contamine…

Selon Tidiane N’Diaye, les Chinois ne font pas mieux que les Européens ou les Américains (du Brésil, du Canada ou des Etats-Unis, gros intervenants en Afrique), ils font nettement pire. Ils ont amélioré les plus détestables pratiques de corruption politique, de monopolisation des marchés et d’accaparement des matières premières, voire des terres… Sans aucune des barrières morales qui tendaient tout de même à contenir les errements des politiques occidentales. Il devient évident que dans le grand jeu d’échecs mondial (ou de go), la Chine place ses pions et s’empare purement et simplement de l’Afrique, enjeu stratégique majeur des prochaines décennies, tant en termes de marché de consommation en pleine croissance que de ressources naturelles gigantesques. Et même, si les choses devaient tourner vraiment mal, réservoir de chair à canon…

Certes, il parait préférable de voir les jeunes africains désoeuvrés s’enrôler dans les plans de développement chinois plutôt que de finir kamikazes chez AQMI ou Boko Haram, mais le problème est que la Chine laisse en plan les populations autochtones et détourne ses propres programmes au profit exclusif de ses entreprises, qui importent même la main d’œuvre, ne laissant aux locaux que les pires tâches, dans les pires conditions.

Selon Tidiane, les Chinois pillent les réserves naturelles, fournissent en armes les rébellions, vendent à vil prix des produits toxiques, étranglent les producteurs locaux, s’emparent même du marché de la prostitution, tolèrent et encouragent la dictature et les méthodes les plus musclées en matière de conflits sociaux. Leurs contremaîtres n’hésitent pas à assassiner les meneurs. En plus, ils font montre d’un racisme affligeant dès qu’ils croient avoir verrouillé le pouvoir. Même les bons côtés de l’invasion chinoise – il y en a toujours – pourraient devenir franchement catastrophiques, si l’on n’y prend garde. Le boom du prix d’achat des matières premières, généré par l’intrusion chinoise sur le marché (excellente nouvelle pour l’Afrique), pourrait ainsi repartir à la baisse si la Chine parvient à mettre en place un monopole. Ce qu’elle organise par une politique d’exclusivité à très long terme (plusieurs décades) en échange de ses prêts généreux… Comme les européens du temps du néo-colonialisme, mais en pire. Un livre à lire absolument (éditions Gallimard).

En Suisse, l’attitude chinoise en Afrique doit nous interpeller. Certes, ce que la Chine dit venir chercher chez nous, la culture de l’excellence et de formations de haut niveau, c’est bien spécifique.  Et l’amélioration d’un partenariat avec la Chine, déjà de qualité, peut nous être d’un précieux secours dans les démêlés qui nous opposent à nos grands voisins, par la géographie et la culture, que sont l’UE et les Etats-Unis. Mais de ceux-là, nous partageons les valeurs, au contraire de la Chine, encore très loin d’une transition vers un régime démocratique. Comme le relève N’Diaye, la démocratie fut brièvement expérimentée, avec des conséquences catastrophiques, au début du XXème siècle. Depuis, elle reste un très mauvais souvenir dans l’inconscient chinois !

Il serait irresponsable de se fier sans précautions au discours lénifiant du gouvernement de Bei-jin. La Chine est l’antithèse de la démocratie semi-directe et de la prise de décision par le peuple. Les experts du parti communiste y ont remplacé les mandarins et les eunuques du confucianisme, mais c’est toujours le même système : une caste d’administrateurs ethnicistes et corrompus qui fait la pluie et le beau temps. Ceux qui sont attachés à la concorde entre les peuples le savent bien : elle ne peut s’établir qu’entre  populations partageant une certaine idée de fraternité de l’humanité. Ce qui ne semble pas pour l’heure être le cas de la Chine. Si les escarmouches larvées, encore strictement économiques, auxquelles on assiste de par le monde, dégénéraient en conflit ouvert, je vois mal la Suisse être le cheval de Troie de la Chine en Europe… Déjà l’accord de libre-échange avec la Chine n’a de sens que si la Chine en signe également avec l’UE, sous peine de servir de plate-forme de réexportation, comme pour les cigarettes de contrebande… Lors du récent exercice franco-suisse de grande ampleur à Epeisses, les attachés militaires à Berne étaient conviés. Il y avait là une demi-douzaine d’officiers européens : italien, allemand, polonais et bien sûr français, un fringant aviateur, expert en avions de chasse… Mais aussi un non-européen. Un chinois.

Les concepts de gouvernance mondiale devront forcément englober la Chine, pour l’heure sous-représentée dans les instances internationales. C’est la voie de l’avenir, pour l’humanité entière, que de bâtir sa concorde sur des bases saines et confiantes. Mais défions nous tout de même de ne pas tomber de Charybde en Scylla, pour embêter nos partenaires naturels. Nous jeter dans les bras de dictatures peu fréquentables n’est pas forcément anodin lorsqu’elles sont de taille à devenir maîtresses du monde. Même si c’est une vieille tradition genevoise que de faire alliance avec de lointaines puissances pour s’émanciper d’un voisinage trop pressant : Rome et César contre les Helvètes, Henri III et IV et la France contre la Savoie, sa très gracieuse majesté de Londres contre le petit caporal, le Tsar contre les Habsbourg et Talleyrand… Le jeu est habile, mais gardons-nous de mettre tous nos oeufs dans le même panier. D’autant que comme le rapporte N’Diaye, un vieux dicton chinois rapporte que si la membrane isolant le jaune est percée, c’est toujours le jaune qui l’emporte sur le blanc.

Commentaires

A l'issue de la visite hier du premier ministre chinois à Berne, il s'avère que ce qui intérèsse le plus les dirigeants chinois en Suisse, et ce qu'ils veulent y apprendre, ce sont les recettes de notre excellence et de la qualité de nos formations.
En conséquence, je donnerai deux conseils aux conseillers fédéraux chargés de mettre en oeuvre cet accord de libre-échange et à leurs staffs:
1) lisez le bouquin de Tidiane N'Diaye, et gardez-en le contenu à l'esprit de même que cet adage de la Fontaine: "Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute".
2) essayez de faire comprendre à vos homologues chinois que cette excellence dont ils viennent chercher les secrets en Suisse dépend largement d'une pratique étendue de la démocratie.
Parce que le jour où la Chine aura intégré nos principes démocratiques, la paix mondiale et la solution des problèmes de la planète aura fait un grand bond en avant.

Écrit par : Philippe Souaille | 25/05/2013

"il s'avère que ce qui intérèsse le plus les dirigeants chinois en Suisse, et ce qu'ils veulent y apprendre, ce sont les recettes de notre excellence et de la qualité de nos formations." On a plutôt compris que ce qui les intéressait, c'étaient les qualités de manipulateurs de la phynance des banquiers helvétiques. Le Pirée pour les marchandises les plus pourries et Genève pour les produits financiers les plus faisandés, les Chinois savent trouver les compétences là où elles se trouvent.
Quant à la démocratie, vous rêvez. C'est une question de masse critique. Un droit d'initiative et de référendum pour 1300 millions de citoyens ??? Quand on est trop nombreux, il faut en accepter le prix. Il suffit de voir les restrictions qui nous pleuvent dessus ici...
PS. votre emploi de "avèrer" est incorrect. Avérer signifie "se rendre vrai"(ad verum) et non "se révéler".

Écrit par : Géo | 25/05/2013

Pourquoi tant de haine, Géo ? Les défenseurs de la place financière ancien style sont davantage Vaudois ou Valaisans que Genevois, par les temps qui courent. Parce que leurs structures, plus petites, mettent davantage de temps à prendre le virage de l'argent propre, apparement.
Je ne vois pas pourquoi la démocratie ne serait réservée qu'à de petits états ? L'Inde fait bientôt autant d'habitants que la Chine et parvient très bien à les faire voter. Ce qui serait déjà un bon début pour les Chinois.
Enfin j'écris en français. Pas en latin.

Voici donc la définition de "s'avérer", verbe pronominal :
Sens: Se révéler vrai, apparaître.
Synonyme: se révéler, se montrer
Equivalent en anglais: to prove to be

Il s'avère ainsi que mon utilisation du terme était correct.

Sur ce, n'ayant pas de temps à perdre à ces enfantillages, je referme les commentaires.

Écrit par : Philippe Souaille | 25/05/2013

"je referme les commentaires."

Quel dommage!

Parce que votre prose anti-chinoise est fort intéressante. Vous reconnaissez que les Chinois pillent l'Afrique. C'est bien. C'est vrai. Je n'ai pas souvenir - mais ma mémoire doit être très mauvaise - que vous en ayez dit autant des occidentaux qui ont mis l'Afrique en coupe réglée depuis bien plus longtemps. La traite des Noirs, les occidentaux, pas les Chinois. Les guerres de tout genre, les massacres, les occidentaux, notamment par leur découpage des frontières, pas les Chinois. L'assassinat de dirigeants ou d'hommes politiques africains, les occidentaux, pas les Chinois. La corruption, une pratique initiée par les occidentaux à une très large échelle. Oui, les Chinois ont encore beaucoup à apprendre des pratiques des occidentaux pour être à la hauteur. Pourquoi voulez-vous que les Chinois soient plus vertueux que les occidentaux? Vous voulez que les occidentaux gardent le monopole du pillage de l'Afrique, qui grâce à eux n'est "pas entrée dans l'Histoire". Vous avez remarqué le sous-équipement de l'Afrique? Les occidentaux, et tiens les Chinois sont en train d'équiper l'Afrique, de combler le vide que les occidentaux ont laissé en ce domaine. Vous avez vu les lignes de chemin de fer en Afrique? Toutes dirigées vers les ports pour exporter les fruits du pillage occidental. Le racisme? Vous voulez que les occidentaux donnent des leçons sur ce chapitre? C'est vrai qu'ils en connaissent un rayon. Quant à la démocratie et à la paix, vous me faites bien rire. Les guerres de l'opium, cela ne vous dit rien? Les excuses, les compensations, en avez-vous entendu parler? Qui a mené ou mène encore des guerres depuis une trentaine d'année? Depuis un siècle?

L'impérialisme chinois, c'est du pipi de chat à côté de l'impérialisme yankee. A se demander si cette propagande anti-chinoise ne contient pas des relents de racisme.

Écrit par : Johann | 26/05/2013

Vous démarrez au quart de tour, Johann ce qui vous rend parfois très très simpliste.
Ce blog commente à priori l'actualité. Qui n'est heureusement plus celle du colonialisme européen. Cela fait bientôt un demi-siècle que je condamne le colonialisme puis le néocolonialisme dans des termes aussi clairs que vigoureux. Dans mes écrits militants, dans ma thèse d'ethno, dans mes films, à commencer par Ashakara, dans l'Utopie urgente et en filigrane, toujours.
Non l'esclavage n'est pas une invention occidentale. La traite triangulaire l'est. Mais la traite arabo-musulmane a enlevé encore bien plus de fils à l'Afrique que les occidentaux, comme le dénonce d'ailleurs Tidiane N'diaye et durant 5 fois plus longtemps. La principale différence étant qu'ils ne se reproduisaient pas, car ils étaient systématiquement castrés. Un certain nombre d'entre eux aboutissant d'ailleurs... en Chine, depuis la nuit des temps.
Vous devriez lire le bouquin de mon ami N'diaye. J'étais plutôt du même avis que vous avant de le lire. A savoir que la Chine, après tout, peut aider l'Afrique.
Il s'avère qu'apparemment, il n'en est rien et qu'alors que les contre-pouvoirs et les ONG font pression sur les intérêts occidentaux pour humaniser leur attitude, il n'est rien de tel en Chine.
Ceci dit, je poursuis une discussion avec N'diaye à ce sujet, car il ne m'a pas entièrement convaincu.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/05/2013

Curieuse réaction, Johann. Pourquoi tout ramener à la haine de l'Homme blanc ? Les autres ethnies auraient tous les droits de mal faire parce que les Occidentaux se sont mal comporté aux 19ème siècle ? Votre conception de l'Histoire est totalement orientée, et il n'y a pas de race supérieure qui mériterait un respect particulier...

Philippe Souaille@ N'oubliez pas que les Chinois amènent leur main d'oeuvre en Afrique. Le petit ouvrier avec une brouette à côté des grands ingénieurs qui dirigent les grands projets. Le rôle des Africains : tenir une ombrelle pour protéger le Grand Ingénieur Jaune (on aurait dit Blanc, alors pourquoi se gêner ?)

Je reste sur ma position sur "avérer". Mais la langue évolue, c'est évident. Je supporte maintenant "implémenter" ou "monitorer", mais l'usage l'autre jour par un médecin sur RTS du mot "adresser" au sens strictement anglais commence à faire peur.

PS. Rien ne vous oblige de répondre aux commentaires...

Écrit par : Géo | 26/05/2013

Bien.
Je n'ai pas dit que les occidentaux avaient inventé la traite des Noirs, seulement qu'ils l'avaient pratiquée.
Pour le reste, et notamment votre dénonciation du colonialisme et du néo-colonialisme, dont acte!

Tiens, Le Monde du 11 mai dernier nous parle de l'escroquerie ENRC sous le titre "Tartufe à la City". Info sur un autre site :

http://www.ft.com/cms/s/0/e486f064-b8c0-11e2-869f-00144feabdc0.html#axzz2UOboNo9H

Je ne suis pas assez naïf pour croire une seconde que les Chinois font dans l'humanitaire par idéalisme. Ils ont observé comment "ça" marche. Et ils apprennent très vite. De qui apprennent-ils? Vous connaissez la réponse.

De plus ils s'engouffrent dans des pays où les occidentaux ont développé une culture de la corruption et de l'absence de démocratie. Alors qui est responsable de cet état de fait? Qui avait la possibilité de former ces pays à la démocratie? Et qui s'est bien gardé de le faire?

Il est pour moi aussi très clair que le dénigrement systématique de la présence chinoise en Afrique est de la propagande et nous savons à qui cette propagande profite. En attendant, les Chinois y investissent des milliards et aident à la construction d'infrastructures qui auraient dues êtres construites il y a des lustres, mais qui ne l'ont pas été parce que les colonisateurs étaient trop occupés à seulement pomper tout ce qu'ils pouvaient sans contrepartie. Au moins avec les Chinois, il y a une contrepartie. Sans occupation ou intervention militaire. Et N'diaye prétend que c'est pire? Toujours ce même problème de la paille et de la poutre. La corruption est décidément partout.

Voici un point de vue plus nuancé, et non, la source n'est pas chinoise, ni africaine, mais étatsunienne:

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/non-la-chine-ne-pille-pas-l-135244

Et je ne vous ai pas entendu sur la "démocratie" et les guerres de l'opium...

Écrit par : Johann | 26/05/2013

"Curieuse réaction, Johann. Pourquoi tout ramener à la haine de l'Homme blanc ? Les autres ethnies auraient tous les droits de mal faire parce que les Occidentaux se sont mal comporté aux 19ème siècle ? Votre conception de l'Histoire est totalement orientée, et il n'y a pas de race supérieure qui mériterait un respect particulier..."

Où voyez-vous de la haine*? Projection de votre part? Je dis simplement que les occidentaux ont montré l'exemple et que les Chinois ont appris très vite tout en ayant un comportement largement moins criminel. Dire qu'ils sont dépourvus d'éthique est une malhonnêteté. Pour exemple les réactions indignées en Chine face à des graffitis tracés sur un monument à Louxor. A comparer avec l'histoire du "caillou" ramassé sur le bord de la route en Turquie et les réactions pour le moins mitigées, si ce n'est condescendantes en Suisse. Pour le reste il est évident que les occidentaux se croient supérieurs. "Il n'y en a point comme nous." Maintenant je me pose de sérieuses questions sur votre manière d'interpréter mes propos...

* La haine de l'"homme blanc" pour les autres "couleurs" est un fait historique. Demandez aux Tasmaniens. Et "la haine de l'homme blanc" peut avoir deux sens différents.


"Quant à la démocratie, vous rêvez. C'est une question de masse critique. Un droit d'initiative et de référendum pour 1300 millions de citoyens ??? Quand on est trop nombreux, il faut en accepter le prix. Il suffit de voir les restrictions qui nous pleuvent dessus ici..."

Si "trop nombreux" commence à 8 millions... En Inde, pas de droits d'initiative ou de référendum. Et de toutes les façons, nous ne vivons pas en démocratie qui n'est que formelle (c'est blanc bonnet et bonnet blanc), mais en ploutocratie et oligarchie, avec le monde économique et en particulier celui de la finance qui détiennent les véritables pouvoirs. Quel est ce système qui ne peut pas se passer de la croissance? La nouvelle idole. La course vers l'abîme.

Écrit par : Johann | 27/05/2013

Johann@ "d'infrastructures qui auraient dues êtres construites il y a des lustres,"
Ces infrastructures ont été construites depuis les années 60 (les indépendances) à coups de milliards par les puissances occidentales. C'est ce qu'on appelle la dette africaine, qui a été annulée dans sa grande partie. Ces routes, ces hôpitaux, ces écoles ont été construites sur le dos des impôts des européens, et on en a fait cadeau aux Africains. Qui se révèlent évidemment totalement incapables de les maintenir en état.
Je l'ai écrit plusieurs fois, mais le n°1 de mars 2008 de la Revue de la DDC, "un seul monde" indiquait : " Entre 1990 et 2005, les guerres ont coûté à l'Afrique l'équivalent de quelque 353 milliards de francs.(...) (Ce montant) correspond à peu près au volume de l'aide internationale attribuée au continent noir durant cette même période"-
En d'autres termes, l'aide internationale permet aux Africains de mener leurs guerres sans problèmes...
Tous les expats ayant travaillé en Afrique se sont dit un jour ou l'autre que décidément, la seule solution pour le développement de ce continent serait une re-colonisation, évidemment impossible par l'Europe. Les Chinois s'y mettent et oui, à mon avis, c'est une chance pour les Africains. Mais cela aura des conséquences terrifiantes pour le reste du monde, la Chine (ou ses alliés) prenant possession de toutes les ressources de la planète.

Écrit par : Géo | 30/05/2013

" les massacres, les occidentaux, notamment par leur découpage des frontières, pas les Chinois ".

Allez dire cela aux dizaines de millions de chinois massacrés et affamés par Mao.

D.J

Écrit par : D.J | 08/06/2013

"Ces infrastructures ont été construites depuis les années 60 (les indépendances) à coups de milliards par les puissances occidentales."

Si c'était vrai que sont en train de construire les Chinois? Des souterrains dans le désert?

"En d'autres termes, l'aide internationale permet aux Africains de mener leurs guerres sans problèmes..."

Exactement. Et donc presque tous ces milliards ont fini dans la poche des marchands d'armes qui sont de quelle nationalité? Auriez-vous la diligence de nous le rappeler?


"Mais cela aura des conséquences terrifiantes pour le reste du monde, la Chine (ou ses alliés) prenant possession de toutes les ressources de la planète."

Quelles conséquences? Parce que ce qui s'est passé et ce qui est toujours en train de se passer n'était ou n'est pas "terrifiant"?

Écrit par : Johann | 08/06/2013

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