27/06/2013

L’échange automatique d’informations : Un atout maître pour la place financière

Je participais l’autre soir, à l’un de ces dîners où l’on saute de l’anglais à l’espagnol, du genre qui donne des boutons aux nostalgiques du réduit national. Cadres bancaires, de multinationales et d’organisations internationales devisaient de l’avenir et du présent du monde en général et de Genève en particulier. Discours informés, lardés de pointes d’humour décapant. J’adore, même si mon anglais et mon espagnol laissent parfois à désirer :-(

Tout le monde est rapidement tombé d’accord pour estimer que le mouvement vers davantage de transparence financière était inéluctable et en plus plutôt positif pour la maîtrise de nos sociétés. Un soupçon de schadenfreude planait à l’égard des banquiers présents, obligés de revoir leur business model. Ce que l’un d’entre eux » balaya d’un revers de main :

« Nous avons fait notre deuil du secret et nos banques sont déjà en possession de la potion magique de demain. Grâce au renforcement pointilleux de notre législation anti-blanchiment depuis quinze ans, nous avons un coup d’avance sur le reste du monde. Nos banques sont déjà armées pour pratiquer l'échange automatique d'informations, l'identification de l'ayant droit ultime, la vérification de la provenance des fonds... Ce qui n’est pas le cas des places financières concurrentes, très loin de là.

Ailleurs dans le monde, ils commencent à peine à s'y coller ce qui leur met un petchi considérable. Dans les paradis fiscaux exotiques ou dans les grands centres économiques comme Londres ou New York, ils ont des années de travail et d'adaptation devant eux, alors que nous avons déjà franchi ces étapes et développé le savoir-faire ! En termes d'efficacité du service à la clientèle, notamment de la clientèle fortunée, cela nous donne un avantage considérable. A nous de l'utiliser et d'en profiter, et vite ! » 

Evidemment, pour ça, il faut accepter le mouvement en cours et même y participer comme moteur. Tirer un trait sur le discours de repli défensif et surtout timoré. La meilleure défense, c'est l'attaque et pour conquérir le Monde, il faut commencer par sortir de chez soi. Croire que la Suisse pourrait résister seule au reste du monde parait de toute façon aussi idiot qu’inutile ! Résister isolés, à quoi ça sert, à part mourir de faim ? Même le plan Wahlen serait inapplicable avec deux fois plus d’habitants et deux fois moins de surfaces cultivables  qu'en 1940... Par ailleurs, en face nous avons simplement nos partenaires de toujours, avec qui il s'agit juste de trouver le bon moyen de continuer à faire des affaires. Parce que c'est de cela que nous vivons tous.

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