06/08/2013

Caméras de surveillance: souriez, vous êtes déjà photographiés...

L'implantation de caméras de surveillance fait des vagues. Surtout aux Pâquis. Certains politiques affirment même avoir peur de ce qu'un parti mal intentionné pourrait faire de ces images "exclusives". C'est vrai, l'utilisation de données policières par les sbires d'un parti disons extrême dans ses habitudes au quotidien (et néanmoins fort bien implanté dans la grande maison) est un vrai sujet de préoccupation. 
Pour le reste, je crois que les inquiets font fausse route. La police détient déjà potentiellement suffisament d'informations et de moyens d'informations sur chacun de nous pour que le risque d'utilisation d'une image de caméra ne change rien à la situation présente. Elle laisserait des traces évidentes et celui qui s'y risquerait prendrait de très gros risques d'être identifié. Ce qui, en plus des poursuites pénales aggravées, serait aussi nuisible à l'utilisateur qu'à l'utilisé dans le cas d'une utilisation politique...
Pour ce qui est des Pâquis, n'importe quel politicien - ou personnage connu de la République - s'y rendant pour fréquenter des belles de nuit court le risque d'y être reconnu par quelqu'un en train d'entrer dans un hôtel ou un salon. A fortiori de jour...
En tant que journaliste, je connais quelques cas célèbres, dont les gens m'ont parlé. Y compris la prostituée que j'avais interviewé pour la Tribune il y a trente ans, et qui sans me dire le nom du personnage, m'avait fait une description saisissante des pratiques SM d'un conseiller d'Etat de l'époque. Description que j'avais évidemment gardée pour moi. 
En tant que politique, j'en connais d'autres, qui se racontent entre initiés de mon parti. Par exemple sur les goûts d'un politicien suisse de la droite xénophobe pour les filles de joie exotiques...
Aujourd'hui, n'importe qui a un appareil photo de la taille d'un téléphone dans la poche... Qui prend le risque de fréquenter les dames (ou les garçons) qui attendent l'autobus, même quand il n'y a pas d'autobus (en Afrique, on dit "faire boutique son cul", ce qui est au moins aussi imagé...) prend aussi celui de voir sa trombine en facheuse posture circuler plus ou moins discrêtement. Avec ou sans intermédiaire policier.
Le fait que les films soient réalisés par des caméras en mains de la police n'est pas signifiant. En plus, ces caméras, c'est un peu comme les radars, il ne pourra pas y en avoir partout, tandis que les contrôles volant et aléatoires.... 
Les Pâquis sont truffés de flics de longue date. C'est normal et c'est justifié, c'est une part essentielle de leur boulot que de savoir ce qui se passe dans le quartier chaud, où, dans toutes les villes du monde, la proximité entre malfrats et clients lambda est nettement plus élevée qu'ailleurs. L'argent de la prostitution alimente notoirement le grand banditisme, même si la police nous assure que les macs ne sont pas les bienvenus à Genève. Pour le savoir, encore faut-il être sur place. Y compris avec des appareils photos...

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