16/08/2013

Le front anti-MCG ne sera pas celui des partis, mais le parti-pris des électeurs

A nouveau, les cadors du MCG jouent les Calimero, dénonçant un accord imaginaire de la gauche et de l’Entente, pour le 2ème tour de l’élection au Conseil d’Etat. Un accord détestable aux yeux de l’extrême-droite, puisque toute sa stratégie repose sur l’alliance de la droite responsable avec sa droite, plutôt qu’avec sa gauche… Ce qui nie les lois de l’équilibre et de la géométrie, tout en soulignant le mensonge du discours MCG « ni de droite ni de gauche »…

Plus grave, à quoi servirait un accord entre la droite et l’extrême-droite ? Le gouvernement monocolore d’il y a 20 ans, à droite toute, fut honni de tous, y compris de la droite et se solda par une majorité de gauche aux élections suivantes… Le consensus fait la force de notre système politique et vouloir lui imposer la bipolarité serait suicidaire.

Cela étant, j’ai tenté vainement de réunir centre-droit et centre-gauche, pour faire élire des députés frontaliers indépendamment de leur couleur politique. Les appareils des partis n’y sont pas favorables, tant à droite qu’à gauche. Par conviction personnelle des dirigeants, ou pour préserver leur crédibilité, auprès d’électeurs qui vivent – à mon avis de manière complètement dépassée – la politique comme un affrontement stérile entre deux idéologies du XIXème siècle…

Ma démarche a donc tourné court, bien qu’elle corresponde aux choix d’un grand nombre d’électeurs et de citoyens, qui ne se reconnaissent pas dans la bipolarité. Cela explique d’ailleurs en partie le succès du MCG au travers du « ni gauche ni droite », malheureusement dévoyé par leur stigmatisation insupportable d’une catégorie de travailleurs et leur comportement aussi haineux que vulgaire… Les Genevois ont soif de décisions pragmatiques et optimales, prises dans l’intérêt des gens et de la société. Pas dans celui d’un parti, d’une idéologie ou d’un lobby, qu’il soit celui des patrons ou des locataires…

Transcender les conflits, c’est précisément ce qu’est censé faire un Gouvernement cantonal, par définition consensuel et trans-partis. Pour y siéger, les Genevois veulent naturellement les meilleurs, à la meilleure place. Les patrons de bar aux mœurs de corps de garde, collectionnant les faillites comme d’autres les diplômes, n’en font évidemment pas davantage partie que leurs égéries blondes. S’il fallait un exemple de ce que donnerait un gouvernement MCG, on en a eu l’avant-goût aux dernières fêtes de Genève : l’alcool coulant à flots sur des Genevois pressés comme des citrons, à qui l’on propose des abonnements de téléphonie mobile… La politique n’est pour eux qu’un moyen d’accumuler pouvoir et liquidités. Le bien commun, ils s’essuient les godasses dessus.

Ce qu’oublient toujours les dirigeants politiques, c’est que les partis ne sont pas propriétaires des voix de leurs électeurs. Pour ma part, membre du PLR, mais de loin pas toujours en accord avec les choix de mes représentants parlementaires, c’est avec un infini plaisir que je recommanderai et voterai, au 2ème tour, une liste de mon crû. Elle réunira les noms des plus compétents et compétentes parmi les candidats, indépendamment de leur couleur politique. Inutile de dire qu’il n’y aura pas de MCG, puisque compétence et générosité seront les critères essentiels.  

Je ne serai évidemment pas le seul dans ce cas et l’immense majorité des électeurs fera sa liste perso.  Les recommandations des partis vaudront ce qu’elles vaudront, mais il est certain que le MCG paiera au prix fort son agressivité perpétuelle et ses habitudes de secte familiale, lorsque c’est la capacité à rassembler et à convaincre l’autre bord qui sera décisive.

Les électeurs départageront

Pour les noms de ma liste, il faudra attendre les résultats du premier tour et donc l’avis des Genevois. Je sais déjà qu’elle comprendra  deux ou trois PLR, un ou deux PDC, autant de Verts et un(e) ou deux socialistes… Logiquement, la majorité du Conseil d’Etat devrait demeurer à l’Entente. L’ensemble PLR-PDC, uni, restant selon toute vraisemblance le premier du Grand Conseil. Et les femmes devront être correctement représentées dans le collège gouvernemental.  

Ma démarche déplaira au MCG, comme à la partie la plus psychorigide de la gauche. Mais si vous saviez ce que cela m’est égal. Bien des électeurs auront la même, naturellement. Suffisamment sans doute pour assurer des majorités.

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