17/09/2013

Comment diviser ses impôts par deux en prétendant défendre le peuple

Il est dans notre République un politicien qui s'époumone à raconter partout qu'il gagne 300 000 francs par an. Soit 25 000 francs par mois environ. Un politicien qui dit aussi soutenir le petit peuple et veiller à la bonne gestion des deniers publics. Un cumulard, ceci dit, qui enfile les fonctions et les métiers, publics ou privés, comme d'autre les perles.

Il a y une perle qui passe mal, pourtant, c’est qu’un patron, ou un dentiste, gagnant dans les 25 000 par mois, avec 2 enfants à charge, paie plus de 65000 francs d'impôt par an...
Soit près de 6000 francs d’impôt chaque mois, quasi le quart de son revenu. Tandis qu’en déclarant la même somme, un cumulard politique habile n’en paie que la moitié… Dénoncer les failles du système, c’est bien. A condition de n’être pas le premier à en profiter. Et la transparence, tout le monde est pour. Surtout si elle commence par soi-même…

Aujourd’hui, les magistrats communaux évitent l'impôt sur leur revenu jusqu'à concurrence de CHF 8000.- par an. De plus, les jetons de présence des élus du Grand Conseil sont complètement défiscalisés, ce qui va changer prochainement. En attendant, ni les séances plénières, ni les commissions, ni les conseils d'administration des différentes régies publiques ne donnent lieu au paiement d’un impôt.  Du coup, l’imposition tombe de moitié.

Pour un contribuable cumulant des fonctions municipales d’environ 6 à 7000 francs mensuels avec des revenus d’élu cantonal de même ampleur (ce qui est une performance quasi impossible dans les partis traditionnels, où les tâches et les prébendes sont équitablement réparties) ajoutés de revenus de source privée de 12 ou 13 000 mensuels, l’imposition dépasse à peine 30 000 Francs,  alors qu’on est toujours à 25 000 francs brut de revenu par mois. 
30 000 francs d’impôts en plus ou en moins chaque année, ce n’est pas rien, mais curieusement, on a peu entendu le MCG sur ces avantages discrets…

Défiscaliser les revenus d’un élu du peuple peut se comprendre, pour autant qu’il consacre toute son énergie à sa tâche.
Mais s’il passe son temps à écumer les commissions, arrivant souvent en retard, signant la feuille de présence et repartant aussitôt, comme n’oublie jamais de le faire un élu bien connu à l’emploi du temps particulièrement chargé, et s’il laisse retomber l’essentiel du poids de sa tâche sur ses subordonnés, on peut se demander si de tels privilèges sont bien justifiés?
Se goberger aux frais de la princesse, ou plutôt du Souverain, quand on prétend défendre le petit peuple, cela s’appelle se foutre du monde... 

Les commentaires sont fermés.