17/10/2013

Qui ne surtout pas élire au Conseil d’Etat…

Si vous me lisez, vous le savez déjà : le MCG ! Le désir démocratique de  tenir compte de toutes les sensibilités n’a aucun sens les concernant, puisque leur programme se résume à l’exclusion : le tiers des travailleurs du marché du travail et la gauche du Gouvernement. Une gauche qu’ils détestent, en parfaite formation d’extrême-droite qu’ils sont. « Durcir les fronts », disent-ils. Très bien, durcissons-les, mais au bon endroit : d’un côté les tenants d’un modus vivendi gauche-droite qui a fait ses preuves depuis des décennies à Genève… et de l’autre, les tenants d’un retour aux années trente par la virulente opposition gauche-droite que les populistes – comme la droite dure - veulent ressusciter.

Depuis ces funestes années trente et les sinistres événements qui ont suivi, le consensus a permis des avancées extrêmement spectaculaires en termes de qualité de vie et de lubrifiant social. La gestion de Genève est loi d'être parfaite, mais ses problèmes sont des problèmes de surchauffe et de trop bonne santé. Le monde entier nous envie et moi, je préfère faire envie que pitié. Pas vous ? Cette éclatante santé nous a soudainement fait grandir trop vite, mais elle n’est ni miraculeuse, ni éternelle : juste la conséquence de notre ouverture au monde. Ce dont les populistes voudraient pendre le contrepied, en appliquant des remèdes protectionnistes dont on sait bien qu’ils sont pires que le mal.

L’emploi, par exemple : Isabel Rochat s’est fait moquer par un gang de journalistes et de politiciens, pour avoir rappelé que le meilleur moyen de résorber le chômage était de créer des emplois. C’est une évidence, c’est même une lapalissade. Sauf qu'elle est niée par le MCG. Réclamer l’arrêt de l’invasion frontalière, c'est nier l'évidence. Le MCG ne veut pas créer d’emplois, il veut réduire l’accès à l’emploi pour une catégorie d’habitants de la région. Ce qui évidemment réduirait le nombre d’emplois disponibles. Toutes les études le confirment : l’afflux de frontaliers n’a pas de conséquence sur le chômage et la seule qu’il a sur l’emploi, c’est d’en créer !

Depuis dix ans, le nombre de frontaliers a doublé, passant de 40 à 80 000, pendant que dans le même temps, le nombre de chômeurs continuaient de tourner autour de 20 000… C’est dire s’il n’y a aucun lien de causalité. D’ailleurs, les racontars sur « la copine de mon cousin » ou « l’époux de la tante de mon oncle », mis à la porte pour être remplacé par un frontalier s’effondrent lorsqu’on les examine de près. On attend toujours les vrais cas, publiés avec les noms des entreprises et des personnes virées. Avec aussi les jugements des prudhommes, s’il n’y avait pas de bonnes raisons au licenciement ! Plus la preuve que le remplaçant indus était frontalier. Si l’on en croit la rumeur, ils doivent avoir des centaines, des milliers de cas au MCG, non ? Curieusement, on n’en a pas vu un seul… Leur communication est vraiment défaillante…

Pour les employeurs genevois, PME, multinationales ou organisations internationales, disposer d’un vaste réservoir de main d’œuvre qualifiée est une aubaine. Gage de bonne santé et de performances à l’international, donc d’emploi. Même pour les services publics, cela permet d’assurer le meilleur service possible. Au meilleur prix, puisqu’il n’est pas nécessaire de loger tout ce monde à l’intérieur du canton, d’éduquer leurs enfants, etc… Tout ceci génère de la prospérité, dont nous profitons tous et aussi des encombrements, dont nous pâtissons également. Il importe de réduire ces derniers au plus vite, par  la construction du CEVA (que le MCG a retardé plus d’un an !), la construction d’immeubles en zone villas proches du centre (que le MCG veut retarder), la construction de P+R en France voisine où ils sont moins chers et plus efficaces (que le MCG veut retarder),  etc. 

Problème, l’afflux de frontaliers ne crée pas forcément d’emplois pour les chômeurs résidents, qui n’ont pas toujours les qualifications requises. C’est là où l’on rejoint l’évidence mentionnée par Isabel Rochat : il faut créer des emplois, qui soient adaptés aux personnes qui en manquent. C’est probablement du ressort de l’Etat, car le privé se heurte à la réalité des faits : les emplois sans qualification (en dehors des services à la personne qu’on ne peut délocaliser), seront toujours infiniment moins chers ailleurs qu’à Genève. Il serait dès lors suicidaire de réimplanter des usines pour du personnel non qualifié.

Après on peut discuter des conditions des EDS ou inventer autre chose, mais le principe est connu depuis 1789 ! Il faisait l’essentiel du débat public genevois après la Révolution: comment employer les sans travail dont certains perturbent la tranquillité publique, mais surtout qui paie combien ? Un impôt spécial avait alors été créé…

Aujourd’hui nous avons le choix. Pour une Genève efficace, responsable et solidaire, il faut voter l’Entente en bloc, sans rien biffer. Si votre sensibilité porte à gauche, vous pouvez rajouter deux noms, dont au moins une femme à mon avis. Au contraire, si vous êtes vraiment de droite-droite, vous pouvez toujours rajouter la blonde de l’UDC. Je suis certain qu’en cas d’élection, ses petits camarades CE pourraient lui confier la mobilité, avec une mission claire : traverser ! Mais surtout, surtout, vous ne votez pas pour le duo de hâbleurs incompétents. Rien qu’à la vue, à l’ouïe et à l'odeur de leurs diverses casseroles, aucun autre parti n’aurait voulu les présenter, même pour la députation. C’est pourquoi ils ont tous deux changé plusieurs fois de casaque avant d’atterrir au MCG…

 

 

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