22/10/2013

P+R : les gros mensonges du MCG

J’adore le référendum du MCG contre la participation genevoise à la construction de P+R à la frontière, côté français. Enfin, les Genevois vont pouvoir voter et le MCG se retrouve pris à son propre piège: ses mensonges et son incapacité à gouverner éclatent au grand jour. D’abord c’est la preuve que le MCG est bien « contre » les frontaliers, contre TOUS les frontaliers. Qu’ils soient suisses, français ou polonais. Parce la logique du MCG est simple : pas question de payer quoi que ce soit pour ces gens là... c'est àd dire ceux qui habitent de l’autre côté de la frontière, quel que soit leur passeport, même s’ils laissent plus de 800 millions par année dans les caisses du canton et de Berne, en plus des 200 millions rétrocédés au  Genevois français.

En tout, c’est 10% du budget du canton que les frontaliers mettent dans la caisse, et 20% du total de l’impôt sur le revenu et la fortune. Un franc sur cinq de nos impôts en tant que citoyens est payé par un frontalier. C’est considérable, surtout si l’on songe qu’une bonne partie des « résidents » brandis en étendard par le MCG ne paient eux pas d’impôt et au contraire coûtent  très cher à la collectivité ! Alors que les frontaliers paient plein pot leur écot aux finances du canton, bien qu’ils n’y scolarisent pas leurs enfants, n’y profitent pas de l’aide publique et assez peu des infrastructures. Sans parler de l’assurance chômage, à laquelle ils cotisent également sans en bénéficier, ce qui fait qu’elle coûte moins cher à tous les cotisants résidents.

Pour obtenir leurs signatures, les militants du MCG ont raconté des craques plus grosses qu’eux. Parlant de couts de plusieurs centaines de millions, payés par la Suisse à 90 %. C’est faux. Les parkings sont payés à 50% par la France, l’argent français est déjà sur la table et dans certains cas, ils ont même avancé la part suisse, comme à Veigy, où le P+R est quasi terminé. Cela coûte à la Suisse, en tout et pour tout 3 millions de Francs. Pour ce prix à Genève, tu n’as même pas le terrain… Là nous aurons cinq parkings idéalement situés, moins chers à la construction, à l’entretien et en frais de personnel, bref c’est tout bénéf.

Cela va aussi économiser des terres agricoles en Suisse ou en libérer pour la construction. Cela va surtout réduire la pollution et le trafic sur les routes cantonales et au centre-ville, ce qui est le but premier. Parce que si les frontaliers parquent leurs bagnoles à la frontière et prennent les TPG ou les CFF, tout le monde y gagne : moins de bouchons, moins de pollution, plus de places de parc disponibles, bref une meilleure qualité de vie, pour un coût modique.

Franchement, le MCG pouvait difficilement choisir plus mauvais cheval de bataille. Alors pourquoi l’ont-ils fait ?  Trois hypothèses et je ne sais laquelle est la pire :

Ils détestent tellement les frontaliers qu’ils en sont aveuglés et ne parviennent plus à calculer. Ils sont réellement convaincus de devoir lutter contre tout ce qui peut leur faciliter la vie, même si cela facilite aussi la vie des résidents. C’est juste de la haine banale.

Ils ont bien compris que ces parkings seraient avantageux, mais ils s’en fichent et n’y voient que l’occasion d’une opération promotionnelle, partant du principe que le peuple se laissera aveugler par la haine du frouze, au lieu d’évaluer objectivement le rapport coût/bénéfice.  En clair, ils prennent leurs électeurs pour des crétins.

Ils ont compris que ces P+R, en réduisant les embouteillages, les norias matin et soir traversant les villages et en augmentant la disponibilité des parkings en ville, allaient leur coûter des voix. Donc ils font des pieds et des mains pour les retarder, comme ils l’ont fait déjà, par l’entremise de Me Poggia, pour le CEVA, ce qui a coûté des dizaines de millions en frais de retard et un an d’embouteillages supplémentaires à l’économie et à tous les Genevois. 20 fois plus que le prix des parkings en France, au bas mot. Et c’est ce même Poggia, qui travaille contre l’intérêt des Genevois, que certains veulent placer au Conseil d’Etat ???

Stauffer nous menace, sur Facebook: "Si nous ne rentrons pas au Conseil d'Etat, nous aurons 40% du parlement dans 5 ans et 4 conseillers d'Etat !" Dès lors, je ne comprends pas bien sa précipitation, s'il lui suffit d'attendre pour  en avoir plus ? Mais ce que je sais, en revanche, c'est que si les P+R sont refusés, par le peuple, ce que je ne crois pas un seul instant, il y a de fortes chances pour que dans cinq ans, ce ne soient pas quelques frontaliers éparpillées dans les partis qui se présentent à la députation, mais bel et un bien un parti des suisses frontaliers, en ordre de marche, passablement las de constater que bien qu'apportant 20% de l'impôt sur le revenu et la fortune cantonal (soit deux ou trois fois plus que tous les électeurs du MCG réunis !), ils soient considérés comme quantité négligeable et sans voix sur la manière d'utiliser "leurs" impôts. 

 

Commentaires

J'aime bien votre billet. Par contre, il y a une évidence qui ne peut être évitée. Depuis la construction des P+R, ils sont toujours vides.... En tant qu'habitant de Genève, je ne peux avoir un macaron de parcage sur mon lieu de travail, car j'habite trop près. Cela n'est pas le cas pour les personnes habitants en France. Donc pourquoi payer un abonnement P+R alors qu'ils peuvent aller se garer devant leur travail ?

Écrit par : david | 22/10/2013

Merci Monsieur, mais de nombreux P+R sont pleins: Nautique, Sous-Moulins, Tuileries, Satigny... Tous ceux qui sont bien situés au carrefour de transports en commun efficaces et de pénétrantes, reliant zones d'habitat et de labeur. A Genève, certains ont parfois été construits là où on pouvait les coincer plutôt que là où il aurait fallu, mais où il n'y avait pas de place. Ce ne sera évidement pas le cas en France, où ils seront bien situés sur des terrains libres et pas trop chers.
Quant aux macarons, le site de la fondation des parkings vous renseignera. Vous semblez vous tromper: Les macarons privés sont faits pour se garer près de son domicile. Les macarons d'entreprise, limités à deux véhicules par entreprise, sont réservés aux véhicules utilisés professionnellement, preuves à l'appui. Si vous parlez de parkings privés d'entreprises, alors bien sûr elles sont libres de faire ce qu'elles veulent, encore que beaucoup participent à des programmes d'amélioration de la mobilité qui mettront les P+R français en valeur.

Écrit par : Philippe Souaille | 22/10/2013

Deca prop devenu monsieur Décapropre, se lâche contre ses confrères dans sa dernière livraison sur son site, devenu avec le MCGHI l'agent de promotion de l'extrême droite à Genève, il ne supporte pas les investigations qui mettent à nu les populistes ,Capétiens , de café du commerce "qui t'as fait roi" ou l'expérience Stauffer.

Écrit par : briand | 22/10/2013

Voilà un bel article qui vient contrarier le bla bla bla du MCG qui a des leaders opportunistes et qui ne voient pas grand pour l'avenir de Genève. Est-ce qu'un journaliste courageux et objectif pourrait au moins poser la question à Eric Stauffer s' 'il n'a engagé aucun frontalier dans ses affaires commerciales, et pourquoi Mauro Poggia (parmi les plus mauvais Conseillers Nationaux à Berne) heurte t-il un véhicule, et n'a daigné s'arrêter comme l'exige les règles élémentaires de bonne conduite. L'Entente présentant 5 candidats de valeur, la population genevoise doit voter compact pour barrer la route à tous ces candidats qui ne savent appréhender la réalité et la spécificité de Genève qu'on ne saurait gouverner comme une simple commune. Les candidats MCG sont bons pour brailler au Parlement et non participer au Gouvernement genevois, sinon ce sera le pavé de l'ours.

Écrit par : Alban Kouango | 22/10/2013

Parlons chiffres !

Le coût moyen global pour la construction d'une place de stationnement pour ces cinq P+R sera de l'ordre de 8 000 CHF, pris en charge pour moitié par le canton de Genève au titre de contribution spécifique genevoise, soit 4 000 CHF pour une place de P+R.
La participation genevoise à la construction de ces P+R est de 50%, sauf pour le P+R de Valleiry qui est de 21%.
Cette participation constitue ainsi une bonne opération pour le canton de Genève.
A titre de comparaison, les coûts de construction sur sol genevois d'une place de P+R s'échelonnent de 5 000 à 10 000 CHF en surface (type Bernex ou Tuileries) et de 40 000 à 60 000 CFF en souterrain (type Sécheron).

(extrait de la loi PL 11115)

Écrit par : Michel Pomatto | 25/10/2013

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