22/10/2013

Philippe Cohen et l'affrontement frontal des fronts...

Philippe Cohen est décédé. Le journaliste de Paris, pas l'auteur de théâtre genevois. On ne doit pas dire de mal des morts, mais je le dis, et je le lui avais dit, je n'aimais pas ce qu'était devenu mon ancien camarade, depuis plusieurs années, notamment à Marianne: le porte-flambeau du nationalisme de gauche.
 Je n'aime pas le nationalisme, même de gauche et de la part d'un ancien internationaliste, j'ai du mal à lui pardonner. J'avais bien connu Philippe lorsque j'étais lycéen à Cannes et lui étudiant à Nice, membres de la Ligue communiste puis de la Ligue communiste révolutionnaire. Nous nous étions revus à Lyon, où je rédigeais mon mémoire de diplôme, bien qu'étudiant à Paris, parce que ma copine était en pharmacie à Lyon. Philippe était alors infirmier en psychiatrie au Vinatier. La psychiatrie était l'un des champs d'intervention favori des trotskistes, allez savoir pourquoi.
Nous avions même vécu en communauté assez déjantée quelques temps, dans le vieux Lyon, partageant un très vieil appart bourgeois de 7 pièces, que l'on n'avait pas besoin de chauffer, car il était sis juste au-dessus d'une pizzeria. Par contre, ça donnait faim.
L'autre champ d'intervention favori des trotskistes, mais après qu'ils aient cessé de l'être, c'est le journalisme. Sans que nous en ayons parlé le moins du monde à l'époque, Philippe est devenu journaliste, je suis devenu journaliste, Robert Marmoz, qui signait le bail de notre appart commun est devenu journaliste, grand reporter à Libé et au Nouvel Obs. Michel Field est devenu journaliste et Edwy Plenel aussi. Field était alors mon chef de cellule à Paris et Plenel le chef du service d'ordre, dont je faisais partie à l'occasion.

Bref si le journalisme mène à tout, à condition d'en sortir le trotskisme est un bon moyen d'y entrer. Et ceux qui sont affligés d'une âme de leader, le restent qu'ils soient militants trotskistes ou journalistes. C'était le cas de Field et de Plenel, ce n'était pas celui de Cohen. 
Lui avait une âme torturée. A l'époque, il se tapait la tête contre un mur, dix fois chaque matin, en se demandant "Pourquoi je fais ça, pourquoi je fais ça ?" La folie peut-être fascinante parfois et surtout la solution, quand on n'en trouve pas. Philippe s'est ensuite violemment opposé à Plenel, il a même commis un livre démolissant sa gestion et sa déontologie en tant que réd en chef du Monde. Parce qu'il se voulait défenseur des idées du petit peuple, contre le discours dominant des intellectuels au pouvoir, qu'ils soient bourgeois de droite ou de gauche.


Une sale idée, que d'opposer le petit peuple aux intellectuels. Une idée qui fait le lit de tous les fascismes, de droite ou de gauche surtout lorsqu'elle conforte le nationalisme vitupérant des populistes. Philippe ne verra pas le résultat de la mayonnaise qu'il aura contribué à monter. Si elle prend cette mayonnaise, comme cela semble devoir être le cas - et je ne l'impute pas uniquement à Philippe, bien sûr, c'est un mouvement mondial, dont il n'a été que l'un des catalyseurs français - on peut, on doit se préparer au pire. Car au bout du nationalisme, forcément, il y a l'affrontement des nations. On ne peut sans cesse astiquer l'honneur national et le vindicatif qui sommeille en chacun sans que cela finisse par susciter des frottements, puis des explosions avec la nation d'à côté, soumises aux mêmes tensions.


C'est pourquoi le MCG est dangereux, comme le Front National en France. A force de vouloir la fin de l'Europe, le renforcement de l'idée nationale, la défense des intrérêts nationaux d'abord, ils conduisent fatalement à se heurter frontalement au nationalisme d'en face ou d'à côté, lui-même excité par ses propres populismes et soucieux de défendre ses propres intérêts. Un peu comme s'ils cherchaient l'affrontement. Les fronts, d'ailleurs désignent aussi bien les lignes d'attaques et de défenses à la guerre que les ligues politiques violentes, qu'elles soient rouges ou brunes... Ces fronts que l'on cogne contre les murs, lorsque l'on souffre de son ego.

Commentaires

Ouah, incroyable, vous ne passez pas mon commentaire ! Vive la démocratie et la transparence, pas vrai ?

Écrit par : Géo | 22/10/2013

Effectivement Géo, je ne le publie pas, parce que je trouve qu'il est limite et excessif et n'apporte rien de neuf au débat. Vous êtes en phase avec les positions de l'UDC sur l'UE, libre à vous. Mais merci d'aller le clamer ailleurs que sur mon blog. Je ne l'entretiens pas pour servir de passe-plat à vos opinions.
A part ça, il y avait 12 millions d'Algériens en 62. Même à 6 personnes par famille, ça fait 2 millions de familles. Pas 40 000... Soit un viol toutes les 50 familles. Ce qui est déjà infiniment trop.

Écrit par : Philippe Souaille | 22/10/2013

Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi vous ne laissez pas les lecteurs seuls juges.

Écrit par : Géo | 22/10/2013

1) Parce que c'est mon blog et qu'il ne me viendrait pas à l'idée de venir coller mes affiches de propagande dans votre salon.
2) Parce que la libération de la parole sur les blogs a permis l'expression publique et relayée électroniquement quasi à l'infini de toutes sortes d'opinions stupides et dégradantes qui auparavant seraient restées là d'où elles n'auraient jamais du sortir. Elles sont particulièrement nombreuses dans les blogs de la Tribune, où les pires opinions d'extrême-droite font un score inversement proportionnel à leur influence réelle sur la société.
Parce que vous et vos pareils squattez la parole sur Internet qui, sous cette forme est déserté par les gens normaux.

Écrit par : Philippe Souaille | 22/10/2013

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