08/11/2013

Antonio Hodgers, tu dois traverser !

Tu le sais, Antonio, j’ai voté pour toi. Comme pour les 5 candidats de l’Entente et pour ta colistière socialiste. Voilà c’est dit. Parce que je te sais pragmatique et fin connaisseur des questions de mobilité. Assez ouvert d’esprit aussi pour admettre qu’une agglomération qui se développe en croissant doit pouvoir relier ses deux extrémités en direct, sans avoir à passer par le centre. Pour d’évidentes raisons écologiques : des trajets moins longs et moins d’embouteillages c’est moins de pollution et plus de qualité de vie.  

Sur le fond, nous en avons parlé, tu es d’accord, mais à condition que les riches communes de la rive gauche acceptent de densifier. Tu fais même du Golfe de Cologny un symbole. Tu as tort. C’est un poumon vert remarquablement placé à proximité du centre-ville et c’est une chance pour Genève, de même que les zones villas de Vandoeuvres ou Cologny, qu’il serait suicidaire de sacrifier sur l’autel de l’équité sociale. On peut discuter de l’imposition des superriches, si l’on arrive à des accords mondiaux en la matière, mais dilapider nos atouts « géographiques » serait idiot. La féroce concurrence internationale qui rêve de nous prendre nos organisations internationales et nos multis exploserait de joie. Des atouts que l’on peut résumer en quelques mots : une échelle humaine et une proximité immédiate des principaux pôles, bien reliés entre eux : aéroport, lieux de vie, de travail et de villégiature…

La rive gauche se densifie de toute façon et se densifiera encore, côté français. Une donnée mal prise en compte par Berne et par l’OFROU dont les considérations tendent à s’arrêter à la frontière. D’Annemasse à Thonon c’est plus de 150 000 habitants qui habitent derrière ces zones villas, mais aussi des zones d’activités intenses, entreprises et commerces, qui attendent tous d’être mieux reliés à la Suisse. Cela passera aussi par des transports publics efficaces (le RER Thonon-Annemasse complétant CEVA en est un) qui d’une manière ou d’une autre devront traverser. A minima en bus…  

Ton idée de densifier Cologny Vandoeuvres & Co n’est pas idiote, mais elle est moins pertinente que celle qui consiste au contraire à considérer cette zone comme un vaste tampon de verdure, mis en réserve pour les générations futures. Comme Central Park à New York, les bois de Vincennes et de Boulogne à Paris, quelque chose d’envergure qui dépasse la simple notion de parc public au centre-ville, dont Genève est déjà bien pourvue. J’entends déjà ton objection : ces zones sont libres d’accès au public, ce qui n’est pas le cas du golf de Cologny. Certes, mais laissons du temps au temps. En attendant, il reste zone verte tandis que si on construit dessus, il deviendra impossible de revenir en arrière. Peut-être qu’un jour on déplacera le golf à Jussy et qu’on fera de l'actuel un espace public, mais les environs resteront des quartiers chics, particulièrement bien situés, comme il y en a nécessairement dans toutes les grandes villes. Leur valeur ne sera que renforcée par une amélioration de l’accessibilité, surtout si celle-ci est bien conçue d’un point de vue environnemental. Je compte sur toi sur ce point. 

Tu es le mieux à même de parvenir à jeter les ponts politiques qu'il faut pour y arriver. Parce que cette traversée, il faut la financer. Berne rechigne, car on lui a mal expliqué le problème. Mais Zurich n’a jamais attendu sur Berne pour faire avancer les choses. Maman Helvetia fut mise devant le fait accompli et a payé. L’Union Européenne est concernée à travers la France voisine et les fonds Interreg destinés à l’amélioration des relations transfrontalières ont financé des dizaines d’ouvrages d’art prestigieux à cheval sur deux pays… Enfin, l’économie privée et les automobilistes peuvent et doivent être mis à contribution. C’est possible de différentes manières. L’idée d’une vignette permettant de circuler en certains lieux du canton est envisageable, autant qu’un impôt spécial ou un péage. L’idée étant quand même que ce soit aux utilisateurs de payer, y compris frontaliers, même si de fait, tout le monde bénéficiera d’un allègement des conditions au centre-ville.

Voilà, j’espère que tu seras élu dimanche et que tes collègues accepteront de te confier la mobilité. Parce que tu pourrais y exceller, si tu entreprends ta mission en entrepreneur, avec un objectif clair : améliorer le quotidien des gens, donc réduire le temps perdu en transports et faciliter la fluidité en mettant en place des solutions innovantes. Téléphériques, tunnels, P+R, métro léger aérien, rien ne doit être interdit à priori. Le coût et l’efficacité doivent primer, pour réduire les nuisances au service de tous. 

Commentaires

De grâce, pas un vert à la mobilité !
Je suis étonné que tu ne connaisses pas ce dossier. Le préavis négatif de l'OFROU se basait sur un simple constat, il n'y a pas de plan de développement à la Pallanterie alors que c'est un des échangeurs autoroutiers.
En discutant avec Mme Künzler, je me suis rendu compte que rien n'avançait sur ce front. A croire que personne ne veut de cette traversée.
Mais surtout ce qui me désole, c'est que l'entente n'entre pas en matière sur la traversée de la rade. C'est une grosse erreur. Et j'en suis à espérer que la nouvelle force passe pour combler ce manque.
Bartassat a confirmé son attachement à la traversée autoroutière et donc par défaut son opposition à celle de la rade. Mme Rochat s'est profilée à la dernière minute sur ce dossier, en opposition avec son groupe. Ce sera peut-être sa dernière chance.
La traversée de la rade est presque devenue le symbole de l'inertie genevoise. C'est La Genferei par excellence. Les premiers projets datent de la fin du 19ème... Le pont du Mont-Blanc a aussi fait l'objet des mêmes réticences à l'époque.

Écrit par : Pierre Jenni | 08/11/2013

Cher M. Souaille, vous êtes un doux rêveur ! Confier la mobilité à M.Hodgers c'est lui laisser poursuivre le travail destructeur débuté par ses collègues verts Cramer et Künzler. On ne circule plus à Genève entre 06.00 et 21.00 !! Toutes les pénétrantes (et sortantes) ont été rétrécies, et freinées ; les feux rouges ont été désynchronisés. Les bus empiètent sur la chaussée pour presque tous leurs arrêts, etc.
Il y aurait des milliers d'exemples d'illogismes créés uniquement par le dogmatisme des ayatollahs verts.
De plus, les compétences personnelles et professionnelles de M. Hodgers me laissent quelques doutes, pour rester poli...
Qu'il reste à Berne où il ne peut pas trop nuire à l'économie de Genève et à l'emploi et qu'il continue à y faire la promotion de la naturalisation automatique pour tous !

Écrit par : A. Piller | 08/11/2013

Entre le dogmatisme de la gauche et des verts, puis l'arrogance d'une certaine droite il est difficile de choisir...
Je n'ai voté que pour quatre candidats. Hodgers n'en fait pas partie.

En lisant votre dernier paragraphe, j'ai le sentiment - j'espère me tromper - que vous souhaitez l'élection de Hodgers en lui demandant de mettre en place des solutions innovantes tout en sachant que les verts et leur candidat ne sont pas vraiment ouverts aux solutions innovantes telles que vous les décrivez. Elire pour mieux enfoncer ?

Écrit par : Michel Sommer | 08/11/2013

M. Sommer, tous les Verts ne sont pas ouverts aux solutions innovantes, vous avez raison. Mais certains verts sont des pragmatiques éveillés, comme mon excellent et très vieil ami David Hiler. Il me fait le plaisir de débattre avec moi, le 30 novembre prochain, sur le thème "Histoire et Politique", pour la sortie de mon livre "Ces Romands qui ont fait l'Histoire".
J'ai la faiblesse de penser qu'Hodgers fait partie des Verts ouverts... et pragmatiques.
Pierre, pour ce qui est du refus de l'OFROU, j'ai d'autres éléments que les tiens. La Pallanterie est déjà en train de se développer, par contre l'argumentaire complet envoyé par les services de Mark Müller à Berne comportait un grossier travestissement des chiffres concernant l'évolution des trafics sur les ponts de la ville en fonction de l'ouverture ou non de la Traversée. Tellement grossier qu'il a sauté aux yeux des fonctionnaires de l'OFROU qui ont recalé l'étude.
Ces chiffres étaient de toute manière déjà extrapolés de données fausses, car ne tenant pas compte de l'évolution logique de l'urbanisation induite par la construction d'un tel ouvrage. Bref un boulot cochonné, dont on peut se demander s'il n'a pas été saboté sciemment par certains fossiles de l'ère Grobet...

Écrit par : Philippe Souaille | 10/11/2013

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