05/02/2014

La démocratie helvétique est elle soluble dans l'UE ou vice versa ? L'avis d'un grand européen: Pascal Lamy

Avant d'être Directeur Général de l'OMC, Pascal Lamy fut longtemps chef de cabinet de Jacques Delors à Bruxelles, puis Commissaire Européen. Aujourd'hui, il est entre autres Président d'Honneur de la Fondation Notre Europe.

Lamy.jpgEn Préface de mon dernier livre "Ces Romands qui ont fait l'Histoire", il s'exprime sur les joies et les devoirs de la démocratie directe et du référendum.

Propos qu'il a développé en décembre dernier, lors d'une conférence donnée à l'Ambassade suisse à Paris, devant un parterre de diplomates, de journalistes et de politiciens français et européens. En voici ici un extrait significatif. D'autres suivront.

Bien loin de "l'euro-fascisme" décrit par l'extrême-droite et l'extrême-gauche souverainiste, Pascal Lamy explique combien la démocratie et la gestion décentralisée sont des préoccupations essentielles de la construction européenne. 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

" La démocratie helvétique est elle soluble dans l'UE ou vice versa ? "

Depuis un certains temps je me pose surtout la question de savoir jusqu'où la démocratie est-elle soluble dans une société libre?

D.J

Écrit par : D.J | 06/02/2014

Bonjour Philippe,

On le sent très prudent, très mesuré, Pascal Lamy dans cette interview sur l'usage de la démocratie directe et de son expérience vécue. Sans doute la crainte de trop s'exposer mais aussi celle de froisser aussi bien les Suisses que les Français. Sa retenue est-elle due à la caméra ? Aurait-il eu, lui l'homme rompu à la négociation, une expression plus libre hors caméra ?

Merci et cordiales salutations !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 06/02/2014

Pascal Lamy a été secrétaire d'Etat, commissaire européen, directeur général de l'OMC. C'est un homme qui a l'habitude de peser ses mots, excellent communicateur sans être un tribun populiste... Il me semble au contraire qu'il donne un point de vue extrêmement clair: il est favorable au référendum et à l'initiative sur un plan local, qu'il lie à une décentralisation qu'il appelle de ses voeux.
Sur un plan national, il y est moins favorable et il en explique les raisons dans une vidéo que je mettrai en ligne avec d'autres ces jours prochains. Il rejoint là des propos fréquemment entendus ici ou là, selon laquelle les décisions populaires auraient un peu trop facilement tendance à virer au populisme, à prendre des allures de plébiscite ou au contraire à embêter les autorités plutôt qu'à répondre aux questions posées.
Même Géo semble de cet avis, sur un blog voisin et d'ailleurs ce n'est pas un hasard si les populistes et l'extrême-droite en Autriche, en France et en Italie, réclament des référendums à hauts cris: ils sont persuadés que cela leur servira.
Je ne suis pas d'accord. Si les exemples de référendum dévoyés abondent, à commencer par la Constitution européenne, c'est aussi parce qu'ils sont rares. Lorsque vous pouvez voter quatre fois par an ou plus, comme en Suisse, vous prenez l'habitude de répondre à la question qu'on vous pose et d'écouter les arguments de fond, au lieu de répondre de manière épidermique pour embêter le gouvernement.
Mais il est fort heureux que ce débat ait lieu et que des gens de l'envergure de Pascal Lamy s'en emparent. Injecter davantage de démocratie dans l'Europe devient urgent si l'on veut la réconcilier avec ses peuples.

Écrit par : Philippe Souaille | 06/02/2014

Merci de ces précisions Philippe !

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 07/02/2014

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