25/04/2014

Un barbu, faux barbouze (?) mais vrai combattant russe...

J’ai bien ri à la lecture du texte de la Tribune, reprenant des articles anglo-saxons au sujet du barbu d’Ukraine…
D’abord, ce n’est pas parce qu’ils ont menti à l’époque des armes chimiques irakiennes que les étasuniens mentent à chaque fois. Et puis si l’une des missions des services secrets est d’essayer de nous faire avaler des couleuvres, c’est au moins aussi vrai pour les russes que pour les yankees.
Enfin, ces photos ont été ramenées par des observateurs de l’OSCE, l’organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, qui est censée être neutre et dont notre Didier Burkhalter est le Président en exercice.
Ce qui est drôle, c’est la naïveté du journaliste britannique repris tel quel par celle de la Tribune. Le barbu reconnait être un combattant russe, mais nie avoir été en Géorgie ou être membre des forces spéciales qui dépendent du FSB.
Depuis quand un membre des Forces spéciales, qu’il soit russe, français ou papou avoue comme ça, en opération qu’il est un agent ? Même sous la torture, ils sont entraînés pour ne pas le dire, alors à un simple journaliste… S’ils sont la plupart du temps cagoulés, ce n’est pas pour des prunes.

Par ailleurs, d’où sort-il ? Comment les journalistes ont-ils mis la main dessus ? Qui le leur a amené, parce que pour avoir été plus d’une fois sur le terrain avec mes confrères, je sais combien la soif du scoop mondial les rend manipulables. Quelle assurance ont-ils que ce type ne leur a pas été tout simplement envoyé dans les pattes par le FSB ?
Enfin, le plus cocasse, c’est que le gars crache quand même le morceau. Il est donc bien russe, de Russie, et ses potes avec lui : une bande de cosaques qui passent leur temps à guerroyer depuis la nuit des temps. Des supplétifs et des irréguliers, en temps normal, mais aussi des bêtes de guerre redoutées de tous et un vrai vivier de recrutement pour les bataillons d’élite de l’armée russe. Il est venu en Crimée à la demande de l’Etat. Tiens donc, quel Etat ? Sans doute pas l’Etat ukrainien en tout cas.  Et de là, ses potes et lui, avec tout leur arsenal militaire, ils ont décidé d’aller continuer leur petite guerre dans l’est de l’Ukraine. En rangs serrés, avec leurs munitions de guerre, donc…
Etonnant comme les bagarreurs russes peuvent franchir aisément des frontières que l’on imagine intensément gardées…
Ah oui et il est recherché en Russie, pour des faits de violence. L’engagement des bagarreurs condamnables dans des troupes de choc ou des actions commandos, c’est un grand classique des troupes d’assauts, là encore. Les étasuniens en ont fait des dizaines de films et en France, on appelle ça la Légion Etrangère. Cela existe au moins depuis les croisades en fait, puisque une bonne partie des chevaliers croisés partait en échange de la promesse d’absolution de leurs pêchés…
Reste que troupes de choc ou pas, la réalité est bien là : des russes avec un passé militaire chargé sont à la manœuvre sur le sol même de l’Ukraine et apparemment en service commandé. CQFD.
Dès lors le titre du papier de la Tribune me semble assez mal choisi…

Les commentaires sont fermés.