05/08/2014

Rester neutre, ce n’est pas permettre au Kremlin de contourner l’embargo

La neutralité helvétique n’a jamais été un long fleuve tranquille.  On en lira plus loin le résumé historique, riche d’évènements qui ont pu changer le sort des armes et parfois la face du monde. Dans le conflit économique qui s’installe entre l’occident et la Russie, le rôle de la Suisse pourrait être essentiel. En matière de bons offices, ce qui serait apprécié par tout le monde, mais aussi en transformant l’offensive occidentale en coup d’épée dans l’eau, ce qui le serait beaucoup moins.


Pour l’heure, hormis sur les confins ukrainiens et en Syrie, le conflit reste circonscrit à l’économie, ce qui fait tout de même moins de morts et reste plus aisément réparable qu’une vraie guerre. Dans ce domaine, la Suisse est en première ligne, en tant que place financière internationale. Genève en particulier, qui abrite une communauté russe de plus de 5000 personnes, fruit d’une longue tradition d’échanges remontant à Pierre le Grand, en passant par Lénine et Capo d’Istria.

L’offensive occidentale consiste à priver les banques russes de financement, particulièrement celles qui dépendent directement du Kremlin. Pour l’heure, derrière un discours revendicatif visant à remplacer le dollar par une monnaie issue des BRICS – Pourrait-elle être autre chose que le Reminbi ? – le développement de la Russie est largement financé par l’Occident. Ce que Vladimir Poutine tend un peu trop à oublier, plus enclin à décrypter les hiéroglyphes de la géopolitique que les rouages de l’économie. Le but de l’opération est de faire comprendre au peuple russe que la politique d’isolement agressif de ses dirigeants mène le pays à la régression économique et pourrait bien ramener la Russie 25 ans en arrière, aux temps des queues et des pénuries.

Dans cette guerre économique, remplacer les investissements euro-étasuniens par des investissements suisses, ou permettre aux premiers de passer discrètement par Genève ou Zürich ne serait pas rester neutre, mais au contraire prendre une part active au conflit. Un peu comme si, dans une vraie guerre, on envoyait des troupes fraîches à la citadelle encerclée Cela pourrait avoir des conséquences imprévisibles, allant de la prolongation de la guerre à la fermeture des marchés européens aux industries financières suisses.

L’exécutif dispose d’informations privilégiées nécessairement plus fiables que celles qui abreuvent l’opinion publique, surtout lorsque celle-ci est grossièrement influencée par une puissance étrangère, ici russe, qui dépense des sommes considérables pour sa propagande, sur internet et ailleurs. La dernière attaque à gros sabots explique la destruction du Boeing malaisien par une rafale de mitrailleuse d’un chasseur ukrainien sur le cockpit, qui aurait tué les pilotes. « On » aurait trouvé des traces de balles sur le cockpit.
Sauf que, si ces traces existent, il est plus facile de tirer une rafale sur les éléments de cockpit retrouvés au sol qu’en plein vol... Depuis quelques décennies, les combats aériens ne se déroulent plus vraiment à la mitrailleuse et surtout, des balles dans le cockpit ne font pas exploser un avion en vol. Or c’est ce qui est arrivé au Boeing, contrairement à l’appareil affrété par Air Algérie, qui lui s’est écrasé entier au sol…
L’hypothèse du missile pro-russe fourni par Moscou reste donc de loin la plus probable, mais cette regrettable affaire n’est pas en soi un casus belli. Plutôt une (énorme) bévue, du genre de celles que toutes les armées du monde peuvent commettre par inadvertance. Par contre, tenter de noyer le poisson en rejetant la faute sur l’adversaire est des plus incorrects. Comme de s’immiscer dans les affaires intérieures d’un pays pour s’y tailler des dominions. Or c'est que fait Moscou en Crimée et en Ukraine de l'Est, après l'avoir fait en Géorgie, en Tchetchénie, en Moldavie...
La démocratie la plus aboutie du monde peut-elle couvrir le travail de sape d’autocrates qui réduisent à petit feu tous les concepts démocratiques ?

En résumé, rester neutre serait au plus maintenir un flux d’échanges financiers avec le Kremlin mais sans l’augmenter. Investir en Russie reste d’ailleurs un pari audacieux, à l’heure où les capitaux russes et étrangers fuient le pays. Au grand dam de Vladimir Poutine, qui a pris des mesures drastiques pour enrayer l’exfiltration de la richesse accumulée en Russie. Si les Etats-Unis ont pesé très lourd, avec leurs gros sabots, sur la Suisse et le reste du monde pour éradiquer l’évasion fiscale, ils n’ont jamais interdit l’exportation de capitaux, du moment qu’ils sont déclarés.

Le Kremlin, lui, va beaucoup plus loin, car dans l’entourage de Poutine, on considère l’étranger comme l’ennemi à abattre et l’on voit ressurgir les envolées sur le cosmopolitisme financier que l’on croyait disparues avec la guerre froide. S’ils veulent conserver leur citoyenneté russe et le droit de faire des affaires en Russie en tant que citoyen russe, les businessmen (ou women) de la Grande Russie doivent redomicilier leurs avoirs en Russie. C’est l’une des causes de la réduction drastique du volume d’échanges avec la Russie ces dernières semaines.

En tant que dépositaire des conventions de Genève, la Suisse n’est pas non plus censée rester muette lorsque des forces armées régulières ou irrégulières, ou supposées irrégulières, mais en fait régulières, torturent et exécutent leurs prisonniers. Ou prennent des civils en otage en se cachant derrière eux…
La Suisse doit-elle rester muette lorsqu’on craint la dissolution des accords de Genève, Reagan-Gorbachev qui mirent fin à la guerre froide et à « l’équilibre de la terreur » ? Que ces accords aient été vécus comme une tragédie personnelle par Vladimir Poutine ne devrait pas nous faire oublier que le sort de la planète en dépend.

 

L’histoire mouvementée de la neutralité

La neutralité suisse a été reconnue officiellement au Congrès de Vienne en 1815, à l’initiative du Genevois Pictet de Rochemont, avec l’appui du Tsar et de son maître espion Capo d’Istria. Elle n’a cependant jamais été absolue. En 1815 déjà, elle s’exerçait au détriment de la France des Cent Jours et de son alliée la Savoie, dont le peuple s’étaient rallié au petit caporal. Drôle de neutralité qui arrachait à la France et à la Savoie plus de 30 communes composant aujourd’hui la plus grande partie du territoire genevois.
La Suisse ne fut guère plus neutre, en nouant des liens privilégiés avec le dernier Empereur des Français, qui se trouvait posséder un passeport suisse et avoir été Capitaine d’artillerie des Régiments Bernois.  La Suisse fournit l’encadrement et l’essentiel des troupes de la Légion étrangère, fer de lance de la conquête coloniale française. L’annexion de la Savoie par la France reçoit même la bénédiction de Berne, en dépit des 15 000 pétitionnaires du Chablais, du Faucigny et du Genevois qui réclamaient le rattachement à la Suisse. Lors de la guerre de 1870, la Suisse offre à l’armée française de Bourbaki un abri sûr, permettant à 100 000 soldats en armes de rompre l’encerclement des troupes prussiennes pour éviter de finir prisonniers de guerre.
En 14-18, la neutralité est mise à mal par le Général Wille, chef des armées de la Confédération et familier du Kaiser, qui oeuvre ouvertement pour l’Allemagne, pendant que des dizaines de milliers de Romands meurent pour la France sous l’uniforme de la Légion, faisant de l’un de ses régiments le plus décoré de toute l’histoire de l’armée française. La Russie fait les frais des agissements de Wille à deux  reprises : lorsque deux officiers de son état-major fournissent aux services allemands les codes secrets de l’armée russe (écopant pour cela de quinze jours d’arrêts de rigueur seulement) et lorsque les services suisses facilitent le départ de Lénine et d’une vingtaine de révolutionnaires russes dans un wagon plombé traversant l’Allemagne. Ces révolutionnaires avaient promis de négocier une paix séparée qui devait permettre au Kaiser de gagner la guerre…     

En 1939, les accords militaires franco-suisses prévoyaient une défense commune en cas d’attaque du territoire helvétique. Ils furent découverts par la Wermacht à Lyon durant la débâcle. Berne offrit alors des gages substantiels aux nazis, tout en travaillant en sous-main, très efficacement, à la victoire des Alliés. Si la bataille de Stalingrad fut le tournant de la guerre et la défaite cinglante que l’on sait pour la Wermacht, qui y laissa un million d’hommes, c’est aussi parce que les services suisses ont transmis aux soviétiques, par l’intermédiaire du réseau Rado à Genève, les plans de la contre-attaque allemande, qui fut du coup brisée dans l’œuf…

Pendant la guerre froide, la neutralité n’empêchait nullement l’armée suisse d’avoir clairement identifié son ennemi comme venant de l’Est, ce qui était largement pris en compte par les plans de l’Otan. Ce qui n’empêchait pas davantage certaines banques de couvrir les montages financiers des mouvements de libération nationale ou même ceux des services secrets soviétiques ou est-allemands. Pendant que les services suisses – et parfois les organes de justice et police - travaillaient en étroite collaboration avec les services occidentaux, notamment français.
De même, dans la guerre contre le terrorisme et contre le narcotrafic, qui passent largement par des escarmouches financières, la Suisse a su offrir toute la coopération nécessaire aux fins d’identifier les flux des réseaux maffieux. La Suisse fait partie du monde occidental, elle en est même l’un des fleurons. Elle en partage toutes les valeurs, en matière d’équité et de démocratie, qu’elle porte particulièrement haut. Dès lors, elle ne peut rester sans réagir lorsque ces valeurs sont foulées aux pieds.
Bien sûr, il faut agir avec tact, pour préserver les possibilités de dialogue et de bons offices, mais lorsque quelqu’un détonne, dans le concert des nations, la Suisse neutre a le droit d’en penser ce qu’elle en pense et de l’exprimer. Cela fait partie de son rôle international. N’en déplaise aux partisans locaux du despote du Kremlin.

 

Pour mieux comprendre l’enjeu de ce qui se joue à Moscou et dans l’est de l’Ukraine, rien de tel que de se renseigner sur l’état d’esprit qui règne dans l’entourage de Poutine :

http://www.courrierinternational.com/article/2014/08/01/f...

Commentaires

Bien évidemment, il n'est pas question qu'apparaisse ici la pétition de Freysinger qui n'a de neutre que le nom. Un torchon de basse propagande en faveur du despote du Kremlin, qui ne rêve que d'une chose: qu'on le laisse mener tranquillement ses opérations de conquête territoriale sans réagir. Même la référence aux enchaînement de 1914 est curieuse et n'a de fait pas grand chose à voir avec la situation présente. Tous les observateurs établissent au contraire un parallèle avec 1939... Sauf que le reconnaître incriminerait directement Moscou, ce que la plume despotique de Freysinger ne saurait reconnaître.
Au contraire, il dénonce l'éventuel envoi sur le terrain de conseillers de l'OTAN, mais oublie de signaler la participation active "d'experts étrangers" russes, qui vont des trois chefs principaux de l'insurrection pro-russe à la présence de soldats de l'armée régulière, révélée par la géolocalisation de leurs "selfies".

Écrit par : Philippe Souaille | 05/08/2014

Toc, toc ... mais à qui parlez vous donc ?

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 05/08/2014

Rester neutre c'est aussi se positionner au-dehors, voir au-dessus des points vue partisans, bien plus que vous ne le faîtes. Occident über allem Verdacht est une constante dans vos analyses.

Vos dénonciations incessantes de la volonté d'expansionnisme de Poutine semble relever d'une interprétation très amplificatrice d'une crainte viscérale.
Affirmer que les accords de Genève en 1985 aient été perçu comme une catastrophe par Poutine est une hyperbole de propagande.
Décrire la chute de l'URSS, comme une catastrophe peut être interprété. Car objectivement, l'anarchie qui a suivie en termes d'effondrement d'infrastructures, du droit, l'atomisation entropique d'une multitude de territoires, émergence de pouvoirs mafieux, accompagnés de retour de maladies n'existant que dans des pays du tiers monde ; typhus, diphtérie, choléra , typhoïde et tuberculose. Explosion de syphilis et du sida. Effondrement de la démographie et j'en passe. + Eltsine, l'ivrogne.
Oui on peut dire que cela a représenté une véritable catastrophe sans que cela représente un programme de reconquête d'un empire dans le sens guerrier du terme.
Poutine est peut être un ancien du KGB étant jeune, mais ce n'est pas un nostalgique du communisme. Il est fascisant pour certain, au minimum très autoritaire . On le traite surtout de fasciste par qu'il entend défendre des valeurs qui paraissent dépassées. Par exemple la diplomatie qui semble si désuète aujourd'hui ... ! La mort de la journaliste Anna Politkovskaïa semble être la tache la plus significative et dérangeante à mes yeux. Mais franchement je crois qu'il évolue dans le temps quelqu'en soient les raisons.

Dans les faits, la dynamique d'éclatement était telle, à l'époque, qu'un dessin de presse montrait un paysan avec un fusil, avec au coin de sa barrière une pancarte qui disait "République d'Ivan".
Dans cette débâcle, la course à l'indépendance à fait ressurgir des vocations d'autonomie de minorité russophone dans des nouvelles républiques comme en Géorgie ou en Moldavie.

Je n'arrive pas à voir dans le fait, d'aider et protéger ces minorités avec l'assentiment de ces populations, comme un acte de reconquête pour reformer l'empire dans les frontières de l'ex URSS.
En Ukraine, il n'on pas cherché à renverser le nouveau gouvernement, seule les minorités russophone ont fait l'objet d'attention directe. Ce qui est plutôt cohérent.

En tout cas on est très loin de l'invasion de la Grenade par les GI's en 83, avec une occupation qui a duré plus d'une année. Et qui a sanctionné économiquement les américains pour cela ?

Comme les médias, comme l'UE vous faîtes de la promotion de la propagande états-unienne, qui ne supporte pas d'avoir un rebelle qui ne plie pas à tous ses projets ou diktat.
Pourtant votre vision d'effacement des nations au profit des régions devraient soutenir l'autonomie de ces régions.
Après on peut toujours discuter du droit international par rapport à la Crimée, mais alors d'une manière dépassionnée pour tenir compte du contexte présent et de l'histoire. Personnellement, cela ne m'a pas choqué suite à l'ingérence occidentale dans le renversement de Ianoukovytch.

Pour le moins, si les nazis de Lviv avaient été tenus à l'écart, peut être que les russes de l'Est ne se seraient pas senti menacés d'emblée.

Écrit par : aoki | 05/08/2014

Aoki, je n'ai jamais écrit que j'étais neutre. J'essaie d'être objectif, ce qui est différent, mais perso, je souhaiterai que la Suisse intègre l'Union Européenne et dans le cas présent, participe pleinement aux sanctions. Mais si elle doit rester neutre, alors qu'elle le reste vraiment et n'abuse pas de sa neutralité pour se tailler des part de marché dans le dos de ses principaux clients et partenaires.
Maintenant, sur la qualification du régime de Poutine, soyons sérieux. Je n'avais aucun à priori envers lui lors de ses deux premiers mandats. Je le pensais bien un peu autoritaire, mais comme tout le monde, je le considérais comme le meilleur rempart contre l'extrême-droite nationaliste russe et les fanatiques genre Jirinokski.
Mais depuis il a évolué, et de fait il est juste en train de mettre en place le programme de Jirinovki. Point par point. Ce n'est pas un hasard si toute l'extrême-droite européenne le soutient si fort ! Relents d'anti-sémitisme, fanatisme orthodoxe et lutte contre les francs-maçons inclus. Evidemment qu'il n'est pas communiste, le programme qu'il met en place est du fascisme pur et dur, et plus que du nouveau tsar, c'est nouveau Duce, ou du nouveau Caudillo que l'on pourra bientôt parler.
Le fait qu'il ait été colonel du KGB, et pas que dans sa jeunesse (il a aussi été le chef suprême du FSB, sous Eltsine et pendant la guerre en Tchetchénie) est loin, très loin d'être anodin. Pourquoi croyez-vous que selon les services français, l'activité des agents russes en Europe est aujourd'hui nettement plus importante qu'au temps de la Guerre froide et ce depuis deux ou trois ans au moins ? Il en a également conservé l'habitude du double langage et de la dissimulation, qui sont comme une seconde nature chez les agents de renseignement.
L'exemple caricatural de son hypocrisie et de son ego hypertrophié, c'est l'affaire Depardieu. Alors qu'il édicte les lois les plus sévères possibles en matière d'évasion fiscale pour les citoyens russes et que l'OCDE mène une campagne planétaire en vue d'éradiquer les paradis fiscaux, il abrite Depardieu, qui a des ennuis avec le fisc français. Si ce n'est pas se moquer du monde...
En quelques heures, il lui offre même un vrai vrai passeport russe. Bonjour le passe-droit administratif et judiciaire !
La diplomatie au XXIème siècle, pour moi, ce n'est pas celle du XIXème et de Talleyrand. Il ne s'agit pas de se mettre au service des intérêts égoîstes des nations, mais au contraire du bien commun global, tel qu'il peut résulter d'une gouvernance mondiale équitable. On en est loin, mais ce qui s'en rapproche le plus, pour l'heure, ce sont les institutions internationales, de l'ONU au G20 en passant par l'OCDE, l'OMC... et bien sûr l'UE à l'échelle continentale. Tout ce que les fachos nationalistes de Russie, d'Europe et d'ailleurs souhaitent faire disparaître.
Moi je suis d'un avis diamétralement opposé, parce que la diplomatie de papa a montré son incapacité à gérer les conflits. Celle de demain, mondiale, n'est pas encore vraiment opérationnel. laissons-lui une chance.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/08/2014

Monsieur

Je prends la liberté de remettre le lien correct à la fin de votre article.

http://www.courrierinternational.com/article/2014/08/01/face-aux-sanctions-la-dangereuse-faiblesse-de-nos-elites?page=all

Écrit par : Keren Dispa | 06/08/2014

Merci Mme Dispa, mais apparemment, votre lien ne fonctionne pas mieux que le mien, étant retenu par le robot du site tdg, si j'ai bien compris.
Je me permets donc de recopier ci-dessous l'article intégral du Courrier International, lui-même repris d'un média russe, l'auteur et le média étant cités en fin d'article, considérant que c'est ici de l'information pure et simple que de savoir ce que pensent et comment agissent et réagissent les cercles au pouvoir actuellement au Kremlin.

"Face aux sanctions, la dangereuse faiblesse de nos élites

Une nouvelle étape dans les sanctions économiques contre la Russie a été officiellement franchie [fin juillet]. Tandis que la fracture entre la Russie et l’Occident après l’épisode de la Crimée était une évidence, il restait pourtant quelques incertitudes : la guerre économique et politique qui commençait allait-elle rester cantonnée aux Etats-Unis ou bien allait-elle s’étendre à tout le bloc occidental ? Et à quelle vitesse nos relations allaient-elles se dégrader ?

Ces incertitudes donnaient à une partie des élites économiques et politiques russes l’espoir de pouvoir limiter, à défaut de l’arrêter, la prise d’indépendance de la Russie et d’éviter ainsi que ce processus devienne irréversible. Aujourd’hui, ils ont perdu leurs illusions.

Il est absolument avéré que le renversement du pouvoir en Russie est l’un des principaux objectifs des Etats-Unis, ce qui explique ces sanctions, cette isolation et ce blocus. Comment doit se matérialiser ce changement de pouvoir ? Pour les Américains, peu importe que Poutine parte après un complot au sommet de l’Etat ou après un soulèvement populaire fomenté par une partie des élites libérales et provoqué par la chute du niveau de vie. Il doit partir, car sa progression représente un danger pour l’hégémonie américaine.

Dans nos élites, des esclaves idéologiques de l'Occident

Cela n’a rien de nouveau pour Poutine, il construit depuis longtemps sa politique non pas en fonction du regard porté sur lui par les Etats-Unis mais en les ayant juste à l’esprit. De même, il connaît toutes les failles de la politique intérieure russe qui sont la cible des Anglo-Saxons. La première d’entre elles : une élite faible, corrompue, consumériste et excessivement bigarrée idéologiquement, une élite que les Américains cherchent à soulever en durcissant les sanctions et en augmentant la pression sur la Russie.

Car les Etats-Unis croient vraiment qu’il sera facile de faire pression sur nos "notables", puisque les fonds et les enfants de ces derniers se trouvent en Occident. Du reste, ils s’étaient déjà fourvoyés en 2011-2012 [préparatifs puis retour de Vladimir Poutine au pouvoir pour un troisième mandat présidentiel en 2012] en pariant là-dessus. La tentative d’arrêter Poutine n’a rien donné, et celui-ci a entamé une épuration des élites cosmopolites en rébellion contre lui, estimant avec raison qu’elles agissaient sur ordre de l’étranger. Dans la perspective d’une confrontation directe avec les Etats-Unis, son objectif premier fut alors de protéger le pays de la "cinquième colonne", de ceux qui vous frappent dans le dos.

Il a amorcé le travail, mais c’est loin d’être fini. La nationalisation des élites ne fait que commencer. Poutine a à peine eu le temps d’annoncer qu’un tournant patriotique était indispensable dans l’idéologie, la culture et l’éducation et qu’il était nécessaire de mettre en place une nouvelle politique des effectifs au service de l’Etat… Même si Poutine arrivait à se débarrasser à la fois de cette cinquième colonne ostentatoire et des corrompus, cela ne réglerait pas le problème principal : dans nos élites, il y a un pourcentage excessivement élevé d’esclaves idéologiques de l’Occident, de cosmopolites convaincus, pétrifiés à l’idée même d’une fracture avec l’Occident.

Une nouvelle classe militante : les poutinistes

En vérité, l’occidentalisme d’une grande partie des élites russes n’est que l’expression d’une profonde méconnaissance de leur propre pays, de leur peuple, de nos traditions, de notre culture et de notre histoire. Cet occidentalisme, c’est celui d’une élite colonisée dont le cerveau est bourré de théories occidentales "en vue" qui dictent la "bonne organisation du monde", et ce n’est pas la première fois dans l’histoire russe que cette élite voit dans son peuple un ramassis d’idiots et considère son pays juste comme un terrain de chasse.

Au début des années 2000, il est devenu clair que la Russie ne veut pas rejoindre le monde occidental. Et les élites ont décidé de "faire de l’argent en Russie pour le dépenser en Occident". Cependant, une nouvelle classe militante a émergé : les poutinistes, la colonne vertébrale du pouvoir, aux commandes du pays, pour la plupart profondément patriotes et désirant sincèrement servir la Patrie. Ils viennent généralement des services secrets. Mais même parmi eux, beaucoup n’ont pas su résister aux tentations du capitalisme consumériste globalisé, oubliant que nul ne peut servir deux maîtres.

Le reste du cercle rapproché de Poutine proposait avec insistance (bien qu’en privé), de chercher un nouveau modèle économique et social pour la Russie, conscient que le modèle actuel étatique-oligarchique et dépendant du monde de la finance occidental et, plus encore, dépendant de l’éthique occidentale de marché libre et de société de consommation, que ce modèle n’est pas viable, qu’il est simplement dévastateur pour la Russie.

Rassembler des patriotes

On attend d’un Poutine plus que jamais soutenu par son peuple, non seulement la victoire sur le front extérieur mais aussi un tournant sur le front intérieur. Sur fond de la confrontation directe [avec l’Occident], l’épuration et l’idéologisation des élites sont le gage de la survie de la Russie. Non pas parce que ces élites risquent de nous frapper dans le dos mais parce qu’elles ne seront pas capables de relever les défis.

Seule une équipe partageant les mêmes idées peut formuler et mettre en marche un programme national de développement, d’avancer ses pions sur l’échiquier mondial sur tous les continents et sur tous les fronts. Il ne s’agit pas de se ranger derrière une pensée unique mais de rassembler des patriotes connaissant de la Russie, et également au fait des systèmes de pensée et les idéologies de combat des autres civilisations.

Plus important encore, ces patriotes doivent sans faux-semblants partager les valeurs traditionnelles russes et placer l’intérêt de la Patrie au-dessus de leurs intérêts personnels. Les grandes causes appellent les grands hommes. Sinon nous serons purement et simplement anéantis.

VZGLIAD | PIOTR AKOPOV"

Écrit par : Philippe Souaille | 06/08/2014

"L'épuration et l'idéologisation des élites". C'est très exactement ce que Poutine tente de faire aujourd'hui. Mettre son peuple en ordre de bataille derrière son fanion de guerre et c'est pour cela qu'il perdra. Pour les défendre aussi qu'il ne faut pas abandonner le terrain au feu roulant de la propagande du Kremlin. S'attacher à dénoncer les mensonges et les élucubrations, inlassablement
Créativité et inventivité ne sont pas du côté du fascisme, qui n'est qu'une forme militarisée du conservatisme.
Ceux que Poutine et ses sbires de NovaRussia veulent mettre au pas sont précisément les Russes qui nous ont fait aimer la Russie ces dernières années: ouverts, cosmopolites, attentifs aux courants d'air soufflants du monde entier. A cent lieues du bunker obnubilé par son nombril que le Kremlin semble vouloir rebâtir au prix du sang ukrainien et demain peut-être européen.

Écrit par : Philippe Souaille | 06/08/2014

Il n'y a qu'un seul point, Aoki, où je vous rejoins, c'est que la solution est évidemment dans une régionalisation. Cela cependant ne peut se faire à la va-vite et sous la pression d'un état étranger qui masse ses troupes à la frontière et vient déjà de vous arracher un gros morceau de territoire.
C'est d'autant plus vrai que si les russophones sont fort nombreux dans l'est, ils ne sont de loin pas toutes la population. De plus de très nombreux russophones ont participé à Maidan et porté la révolution. Ceux d'entre eux qui étaient revenus dans leurs villes d'origine ont d'ailleurs payé un lourd tribut à la liberté, en étant torturé, puis souvent assassiné dans les geôles pro-russes, les pires étant apparemment celles qui étaient dirigées directement par des agents russes, vétérans des guerres de Tchétchénie et d'ailleurs.
Bien sûr que l'Ukraine doit se décentraliser et accorder davantage d'autonomie à ses territoires de l'est. Bien sûr que l'Europe et la Russie n'ont aucun intérêt à se battre. Mais pour gérer les problèmes de manière raisonnable, il faut être entre gens raisonnables et franchement les sécessionnistes, aujourd'hui entièrement dirigés par des agents quasi officiels du Kremlin, n'ont franchement pas l'air de l'être.
A croire que Poutine, précisément, ne veut pas d'une paix honorable qui permettrait à chacun de faire valoir ses vues démocratiquement. Et aux populations de se compter. Ce qu'il veut c'est faire de l'Est ukrainien un dominion, pour écarter l'OTAN, qu'il considère comme une menace. Il veut aussi ridiculiser les Etats-Unis et l'Union européenne à la face du monde, pour se positionner définitivement en leader des forces opposées à l'Empire. Quand bien même les autres pôles d'opposition à l'Empire, l'intégrisme sunnite et la puissance chinoise sont bien davantage ses ennemis mortels que l'Empire occidental lui-même.
Non décidément, il y a eu bien trop de mensonges habiles et de contournement de la vérité dans les promesses de Poutine pour lui accorder crédit. Qu'il commence à agir dans le sens de la paix, pour de vrai et je serai le premier à le féliciter

Écrit par : Philippe Souaille | 06/08/2014

"Nous ne voyons pas le monde tel qu'il est réellement, mais tel que nous sommes"

Cette citation pour rappeler combien notre appréhension du monde contient plusieurs vérités potentielles à la fois.

Ainsi, n'est-ce pas la pression de l'OTAN sur les frontières de l'est, dès la fin de l'URSS et contrairement à la parole donnée qui induit le comportement de Poutine ?

Pourquoi cet empressement ? Pourquoi cette attitude agressive dès cette époque ? Pas dans un processus amical en tous cas.

Chacun son point de vue.

Pour rappel , un article qui va dans le mien:

http://www.courrierinternational.com/article/2014/03/20/les-russes-bernes-par-l-otan

Écrit par : aoki | 06/08/2014

La pression de l'OTAN sur les frontières de l'Est, à mon avis, c'est bien davantage quelque chose qui ressemble à la pression des boat people africains ou moyen-orientaux qui, désespérés, tentent de gagner l'occident par tous les moyens.
Le fait est que dans les anciennes marches soviétiques, les gens ont très majoritairement envie d'occident et aspirent à intégrer l'Union européenne et à se placer sous le parapluie de l'OTAN. D'autant que le régime moscovite d'aujourd'hui ne leur inspire pas la plus grande confiance. Ils pensent qu'ils seront plus heureux comme ça et c'est exactement la base de la révolution de Maidan.
Que devrions nous faire ? Les renvoyer subir le joug du maître russe en s'en lavant les mains, pour ne pas froisser l'ours aux poches remplies de têtes nucléaires ? Ou tenter de faire comprendre au peuple russe (voire à ses dirigeants, s'ils acceptent d'ouvrir les yeux) que leur place est dans le concert des nations. Qu'ils y ont toute leur place ?
Au sein de l'Empire, nous serons plus forts ensemble pour faire pièce aux volontés impériales des néo-cons de Washington, mais il n'est pas question d'échanger un maître étasunien pour un maître russe. Surtout qu'il passe son temps à soutenir tous les despotes de la planète, affolé à l'idée qu'une révolution le détrône à son tour...
Quant à revenir en arrière au temps du chacun pour soi des nations, ce serait pire encore.

Écrit par : Philippe Souaille | 06/08/2014

Aoki, je ne passerai pas votre dernier commentaire parce qu'il contient des informations fausses, de la propagande et de la désinformation.
Je ne détaillerai que le cas de votre lien sur une brève du Figaro, qui déforme honteusement une dépêche du HCR. Manque de bol, il est extrêmement simple d'aller vérifier l'info à la source, à savoir le HCR, qui publie in extenso ses communiqués et textes officiels.
La manip ici est habile, car le HCR a bien mentionné le chiffre de 730 000 ukrainiens présents en Russie (toutes catégories confondues: touristes, criméens, résidents permanents et hommes d'affaires de passage inclus), mais sans le valider, en l'attribuant explicitement aux autorités russes et sans possibilité de vérification, contrairement aux 160 000 dûment enregistrés administrativement.
Donc on a un chiffre non vérifiable avancé par les autorités russes, cité en tant que tel par le HCR, repris ensuite comme constaté par le HCR par un journaliste crétin ou vendu au Kremlin et ce dans le Figaro. Les petites mains propagandistes du monde entier peuvent ensuite le faire circuler sur les blogs comme un chiffre officiel...

Écrit par : Philippe Souaille | 07/08/2014

Bonjour M. Souaille,

Vous énoncez volontiers l'hypothèse selon laquelle toute l'extrême-droite européenne soutiendrait Poutine.

Pourtant, à lire l'article suivant, il semblerait qu'un certain nombre de néo-fascistes européens parmi les plus extrêmes (notamment un Français admirateur de la Division Charlemagne) se porteraient volontaires aux côtés des forces ukrainiennes:

http://www.eurasianet.org/node/69401

Je précise que le site d'information Eurasianet.org, émanation du réseau des Fondations Soros, est peu suspect de sympathies poutiniennes...

Cordialement

Mikhaïl

Écrit par : Mikhail Ivanovic | 07/08/2014

M. Ivanovic, l'immense majorité de l'extrême droite européenne et même étasunienne à l'image de Craig Paul Roberts est vent debout contre les sanctions à l'égard de la Russie et défend becs et ongles la politique nationaliste de Poutine.
Ce qui est logique, c'est surtout une guerre entre deux visions du monde qui se profile: ceux - dont je suis - qui pensent que l'humanité doit apprendre à se gérer collégialement, au niveau mondial, et ceux qui préfèrent l'ancien système, des nations souveraines.
A ce niveau, 12 fachos chiens de guerre qui s'engagent aux côtés des Ukrainiens, c'est plutôt l'exception qui confirme la règle qu'autre chose. D'ailleurs, dans la Résistance française, par exemple, on trouvait de tout, du gauchiste à l'ancien Croix-de-Feu, bien facho.
Cela étant, je n'ai pas trouvé dans votre lien de "français nostalgique de la Division Charlemagne". L'ancien para interviewé dans l'article compare au contraire leur action aux Brigades Internationales de la Guerre d'Espagne. Qui étaient anti-fascistes donc.

Écrit par : Philippe Souaille | 08/08/2014

Une chose encore Aoki, si je suis toujours ouvert à vos analyses personnelles, vos liens sur les sites et-ou déclarations de personnalités pro-russes ne m'intérèssent pas. Je les lis aussi, je ne suis généralement pas d'accord et surtout, je ne tiens pas à les voir s'étaler sur mon mur. Ils ont assez d'espace ailleurs pour ça...
Sur votre analyse personnelle, donc vous affirmez que nous ne sommes pas en prison pour avoir besoin d'un protecteur "ethnique", blanc, noir ou latino. Exact. C'est tout à fait ça. Sauf que le protecteur ethnique comme en prison, c'est justement la vision Poutine du monde. Celle d'une guerre de gangs où les gangs sont à la fois la famille et la patrie.
En revanche, il est clair que la vie civile a besoin d'un gendarme qui soit au-dessus de la mêlée. C'est imparfaitement le cas, les flics ont souvent des à-priori, voire des préjugés, comme tout le monde, mais enfin les lois sont là pour les encadrer et pour être respectées. C'est exactement cela dont nous avons besoin à l'échelle internationale: un corps de police au-dessus de la mêlée.
Le gendarme actuel, étasunien, n'est clairement pas assez au-dessus de la mêlée et trop pénétré de ses intérêts nationaux. Mais c'est aussi pourquoi, dans l'ensemble, il nous flanque une paix royale, sauf lorsque l'on commence à faciliter l'évasion fiscale de ses deniers personnels. Clairement, je le préfère à un gendarme russe, ou chinois, qui viendra bien assez tôt. Sauf à ce que nous nous mettions tous d'accord auparavant pour un corps de gendarmerie vraiment international, intègre et neutre, soumis aux lois mondiales décidées démocratiquement.
Ce n'est pas demain la veille ? Possible. Il y a 10 ans, j'écrivais que nous y viendrions forcément avant ou après la 3ème guerre mondiale, si l'humanité restait debout après cette dernière. Parce que les efforts de gouvernance mondiale ont fait à chaque fois de substantiels progrès après 14-18 et 39-45. Les évènements confirment mon analyse. J'aurais préféré éviter le conflit. Mais si 3ème guerre mondiale il doit y avoir, je préfère avoir les Ukrainiens et les pays baltes, voire la Pologne de notre côté plutôt que conquis et soumis par les excités du Kremlin.
Et je préfère évidemment un conflit économique que militaire. Le problème est qu'il risque fort de ne pas rester économique, parce que sur le plan économique, la Russie a perdu d'avance, même avec le soutien des BRICS. Un exemple, les produits agricoles. 10% des exportations (pas de la production) de l'UE allaient en Russie. C'est considérable, mais gérable. Nous aurons probablement une baisse de prix de certains produits et nous devrons "manger des pommes" qui seront donc moins chères. Tant mieux, c'est excellent pour la santé.
La Russie importe elle 35% de ses besoins alimentaires, essentiellement de l'UE. On n'est pas du tout dans le même cas de figure, et celui qui se tire une balle dans le pied, c'est, la Russie. Parce que l'importation depuis l'Amérique latine au lieu de la Pologne va lui coûter un saladier, que les latinos ne vont pas pouvoir se substituer si facilement et parce que la célèbre organisation russe impulsée depuis le haut de la pyramide a largement montré par le passé sa capacité à organiser des réseaux de production et de distribution qui tiennent la route. Il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir et en attendant, les Russes vont manquer de beaucoup de choses. Les anciens ont l'habitude, mais pour les jeunes, ça va faire drôle.
Idem pour le gaz. Certes la Chine va se substituer, mais cela prendra 2 à 3 ans et d'ici là, énormément de choses peuvent se passer. Quant à l'occident, j'ai comme l'impression que les éoliennes vont fleurir et que les centrales nucléaires ne vont peut-être pas fermer si vite que prévu. La France devrait d'ailleurs tirer son épingle du jeu, tout comme la Suisse à court terme.

Tous les pays du monde ont leur extrême droite nationaliste (ou religieuse, souvent les deux à la fois) qui combat la mondialisation et la perte de souveraineté des états-nations. Mais ils ne les écoutent pas, sachant qu'ils représentent en temps normal entre 5 et 30% de l'opinion et que les écouter, c'est entretenir les risques de conflit.
Le drame de la Russie est d'avoir laissé ces milieux ultra-nationalistes se rapprocher dangereusement du pouvoir, qui s'est imbibé de leur idéologie. On se moquait d'Eltsine l'alcoolo, résultat on a maintenant Poutine le facho. Ce qui me fait penser à ce que j'écrivais des premiers intégristes dans les banlieues françaises, il y a 30 ans... Les barbus islamistes y chassaient les petits beurs dealers...
De charybde en scylla...

Écrit par : Philippe Souaille | 08/08/2014

Monsieur Souaille,

Si vous allez regarder la page Facebook de ce M. Besson (lien sur l'article), vous trouverez tout en bas dans les intérêts un lien sur une "33e division de grenadiers".

Curieusement, depuis hier, les termes "SS Charlemagne" ont été gommés. Mais ils apparaissent toujours sur la page, si vous suivez le lien. Et leur blason est le bon. Sans doute un nostalgique du "Drang nach Osten" qui n'assume pas totalement ses sympathies.

Cordialement.

Mikhaïl

Écrit par : Mikhaïl Ivanovic | 08/08/2014

Merci Mikhaïl. J'ai été voir la page FB, ce que je n'avais pas fait. Qui confirme ce que je disais sur l'exception confirmant la règle. Le gars est marié à une croate. Donc ennemi des serbes, qui sont alliés de la Russie... On est en plein dans le réflexe nationaliste de base, qui au final, bien que le gars affiche les couleurs du Front national, lui fait choisir d'aller se battre, les armes à la main, contre le meilleur pote de Marine le Pen, alias Poutine.
Pas étonnant dès lors qu'il reçoive aussi peu de soutien de ses anciens copains fachos français. La seule personne ayant voulu lui envoyer de l'argent l'ayant fait parce qu'elle croyait qu'il se battait du côté russe !!!
Au passage, il commence tout de même a trouver le temps long, depuis sept mois qu'il se bat dans les rangs de Pravy Sektor sans être payé, ce qui infirme les discours pro-russes sur le soi-disant mercenariat pro-américain. Les propos du tireur d'élite suédois sont également relevants, sur ce qui s'est probablement passé du côté de Maidan: des tireurs d'élite de Pravy Sektor répondant aux tireurs d'élite pro-russes de l'ancien régime.

Écrit par : Philippe Souaille | 08/08/2014

c’est aussi parce que les services suisses ont transmis aux soviétiques, par l’intermédiaire du réseau Rado à Genève, les plans de la contre-attaque allemande, qui fut du coup brisée dans l’œuf…

C'est une révélation ! Rado travaillait pour les Suisses ? vous pêchez ça où mon grand ?

Écrit par : Anastase | 12/08/2014

Dans mon livre, Anastase, dans mon livre: "Ces Romands qui ont fait l'Histoire", que je vous conseille ardemment de lire, si vous êtes bien la personne qu'on dit. Plusieurs passages devraient vous éclairer grandement. Sur la Suisse, la France, le Moyen-Orient et même la Russie.
Ceci dit, je m'étonne qu'un érudit tel que vous ne sache pas mieux lire. Je n'ai jamais dit ou écrit que Rado "travaillait pour les Suisses". En fait, il était informé, voire manipulé par eux, probablement sans en être conscient. Quant à mes sources, elles vont d'éléments de notoriété publique (l'excellent livre de mon collègue à la Tribune de Genève Drago Arsenievic, par exemple) à d'autres nettement moins publiques, que je ne révélerai donc pas ici.
Juste une, peut-être, un indice: deux appartements dans lesquels logeaient Rado et l'un de ses agents à Genève appartenaient... au frère d'un des officiers en charge du SR suisse, où il était responsable du secteur France et des contacts avec la Résistance française, entre autres. Ce que Rado ignorait bien sûr. De même qu'il ignorait que le SR suisse possédait une source au QG de Hitler, qui n'a jamais été identifiée, mais qui a transmis à plusieurs reprises des plans d'attaque ou de batailles stratégiques. Dont plusieurs, concernant l'URSS, furent transmis à Rado par la voie d'un cartographe qui était utilisé par les deux réseaux. Mais cela, c'est de l'Histoire, déjà connue et documentée.

Écrit par : Philippe Souaille | 13/08/2014

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