16/10/2014

Prise d’otages au bac à sable : une impunité coupable

En résumé :

En refusant de rejoindre sa place puis de quitter la salle du Grand Conseil pour permettre un vote, en s’y opposant physiquement, Eric Stauffer a pris le parlement en otage. Il a tenté d’empêcher l'entrée en vigueur d’une loi qu’il savait majoritaire mais qui le desservait lui personnellement. Elle risque en effet de lui coûter son job de conseiller administratif d’Onex aux prochaines élections. Il n’y est en effet pas majoritaire et ne risque pas de le devenir, au vu d’un bilan des plus maigres : rien des choses merveilleuses qu’il avait promis n’est arrivé. Parce qu'il a promis des choses irréalistes, comme d'hab et qu'en plus il était seul pour essayer de les mettre en oeuvre. En Suisse, on ne gouverne pas seul.

Justement, la loi qu’il voulait empêcher de passer permet aux partis de s’unir entre le 1er et le 2ème tour pour former des majorités susceptibles de gouverner. C’est l’essence même de la politique, dans tous les parlements du monde. Problème, il n’y a pas grand monde qui ait envie de s’unir avec les fauteurs de désordre du MCG, qui n’ont pour programme que de réduire les impôts tout en augmentant les prestations, ce qui est impossible à tenir.

Constituer des majorités pour gouverner, par-delà les divergences, sur la base de ce qui vous unit, c’est la base même de la démocratie. Tandis que l’inverse de la démocratie, jadis on appelait cela le fascisme, c’est imposer par la force les décisions d’une minorité. Ce qu’a tenté de faire Stauffer, qui avait déjà perdu le vote.

Le MCG qui se prétend ni de gauche ni de droite, mais qui est bel et bien d’extrême-droite, hurle à l’attentat lorsque la gauche et la droite démocratique, précisément, s’entendent pour faire avancer les choses, moderniser le canton et résoudre les crises.

Une partie de l’extrême-gauche partage au moins une chose avec le MCG, c’est l’envie qu’elle a de voir la situation empirer puisque, comme le MCG, elle rassemble les mécontents. Plus il y en a, mieux elle se porte et le blocage de la démocratie, c’est dans les gênes de certains nostalgiques de la Révolution. Après tout, qu’elle soit nationale ou communiste, c’est toujours une révolution.

L’extrême-gauche a donc voté avec l’extrême-droite – en compagnie d'Eric Stauffer lui-même, on n'est jamais mieux servi que par soi-même - au bureau du Grand Conseil pour empêcher que Stauffer et sa prise en otage du débat parlementaire ne soit sanctionnée comme elle l’aurait du. Aujourd'hui, on apprend en plus que l'extrême-gauche rejoint le MCG dans son opposition à la future loi sur la police. Même si c'est pour des raisons différentes, voire parfois opposées, ils se rejoignent sur l'essentiel: le rôle des syndicats dans la police et surtout le fait que les signatures recueillies s'additionneront. De même que les voix, dans les urnes. 

Les extrêmes réunies pour contrecarrer la mise en ordre de marche du bras régalien de l'Etat.   

 

On en est là.

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