30/09/2015

Prendre le Chemin de Damas ou affronter la menace nucléaire

La dernière nouvelle, qui parait sortir tout droit des officines du Kremlin, met en scène un journaliste allemand, qui revient, à ce qu'il prétend, sain et sauf, de chez Daesh. Selon lui, repris par quelques grands médias et les habituels sites propagandistes d'extrême-droite, les islamistes fous se prépareraient à nous atomiser. Ils prévoient, dit-il, de réduire l'occident en cendres radioactives avec 500 millions de victimes à la clé. Où ? Comment ? Avec quelles bombes et quelles quantités d'uranium ? Transportées comment ?
Autant de questions qui resteront sans réponse, car jusqu'à preuve du contraire, le seul être au monde qui dispose de tels moyens de destruction massive et soit en mesure de nous les envoyer sur le coin de la figure réside au Kremlin...
En fait après avoir roulé des mécaniques et fait prendre l'air à ces lance-missiles nucléaires un peu partout sur ses frontières de l'Ouest et sur la côte pacifique, Poutine semble vouloir se faire plus discret. On ne peut pas quémander une alliance en menaçant d'atomiser ses partenaires... Et de fait, certains observateurs - dont moi - rappellent volontiers que le risque nucléaire est autrement plus dangereux que les 50 000 tarés de Daesh...
Bingo, c'est là que surgit pile à propos cet allemand qui prétend que Daees est tout d'un coup devenue puissance nucléaire de premier plan... Ce qui évidemment justifierait toutes les actions conjointes internationales. Les gars de Daesh, qui sont donc les derniers des crétins, auraient ainsi dévoilé leurs plans les plus secrets et fondamentaux (on parle de la conquête du monde par l'Islam le plus rigoriste) au premier journaliste occidental venu les interviewer... Le moyen le plus sûr de se retrouver avec le monde entier sur le dos, avant même d'avoir pu apprendre comment envoyer le moindre missile...
En matière de propagande, Poutine est prêt à tout, on le sait. Il a aujourd'hui un besoin vital de se trouver des alliés dans son opération syrienne. Pour se repositionner dans le concert des nations, mais aussi parce que s'il y va seul avec le Hezbollah et les Alaouites déjà à bout de souffle (les Iraniens étant passablement occupés en Irak), il a toute les chances de se retrouver avec un nouvel Afghanistan sur les bras...
Eradiquer Daesh serait une excellente idée. Mais pas avec l'Armée Russe, qui va commencer par raser toutes les villes du soi-disant état islamique, sans le moindre égard pour les populations civiles. C'est la seule méthode qu'elle connaisse, largement utilisée en Tchétchenie. Depuis Staline, l'Armée Rouge l'appliquait même à sa propre population en cas de besoin. Ce n'est certainement pas ce qui va tarir le flot de réfugiés, bien au contraire, ni réduire le nombre des victimes innocentes.
Par contre on pourrait s'attendre, si les occidentaux ne mordent pas à l'hameçon de la coalition voulue par le Kremlin, à ce que des agents provocateurs manipulés depuis une ancienne république socialiste soviétique, par exemple, fournissent à Daesh une petite tête nucléaire à faire exploser quelque part en Europe. Histoire d'enfoncer le clou et d'amener l'Occident à prendre son Chemin de Damas, là où Poutine veut qu'il aille... Le seul rempart contre ce genre d'action clandestine, c'est la rigueur des contrôles de l'AIEA, l'Agence Internationale de l'Energie atomique. Souhaitons qu'ils soient vraiment efficaces.

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