27/11/2015

Circulation : Un bon accord, mais…

Il y a quinze ans, quand je publiais la revue du TCS, j’avais très vite été convaincu de la nécessité d’organiser un grand pow wow réunissant toutes les parties pour convenir d’un plan permettant d’améliorer le problème des transports à Genève. Quinze ans plus tard, on y est et le plan proposé est un bon plan. Assurer la mise en place de deux rocades concentriques où la circulation motorisée sera prioritaire est une bonne chose. Offrir la priorité aux transports publics en centre ville aussi. Faire payer les deux roues motorisés me semble inutile, mais s’il ne s’agit que d’une vignette à 20 francs par an, ce n’est pas la mer à boire. Après tout, ils occupent aussi de l’espace public, même si c’est bien moins qu’une auto et guère plus qu’un vélo.

Le problème, c’est que la Traversée autoroutière n’y figure pas vraiment. Or elle est absolument indispensable à l’amélioration de la fluidité autant qu’à la lutte contre la pollution au centre ville. Les véhicules devant se rendre d’une rive à l’autre ne doivent pas avoir à faire une cinquantaine de kilomètres de détour, pour un trajet de 5, 10 ou même 50 km à vol d’oiseau, s’ils veulent éviter de venir polluer le centre ville. La Traversée est tout aussi nécessaire pour permettre la pacification des quais des Eaux-vives et des Paquis…

C’est d’ailleurs à ce sujet que la Traversée est mentionnée, en ricochet… La formulation retenue lie la pacification des quais à la construction de la Traversée. C’est une excellente chose. Mais elle n’inscrit pas expressément cette construction dans la loi. Ce qui serait d’ailleurs idiot, puisqu’on va voter sur le sujet en 2016. Or la formulation retenue n’engage pas vraiment les opposants à la Traversée, qui peuvent fort bien changer d’avis après coup. Ce ne serait certainement pas la première fois. A l’époque par exemple, il avait été exprimé que si la droite soutenait le CEVA, la gauche admettrait la Traversée… On a vu ce qu’il en a été.

Il est clair qu’on ne va pas attendre 2030 et l’inauguration de la Traversée pour faire ce qu’il faut pour améliorer les conditions de transports dans le canton là où c’est possible. Par contre, on n’est plus à quelques mois près... Je serais à la place des députés, j’essaierai de lier davantage l’acceptation et la mise en place de ce compromis, dans sa globalité, aux résultats de la votation sur la Traversée. L’attitude des partis qui pourraient y être opposés sera primordiale. S’ils sont vent debout et font tout ce qu’ils peuvent pour torpiller le projet, cela démontrera leur mauvaise foi dans la formulation du compromis.
Si par contre quelques grandes voix à gauche et même chez les verts reconnaissent l’utilité d’une telle traversée – David Hiler en son temps l’avait fait - alors tout est possible. Sachant que cette traversée permettra d’améliorer la qualité de vie et de diminuer la pollution au centre-ville, tout en permettant le passage d’un axe de transport public fort, le deal serait honorable, non ?  reste à savoir si les verts et l'extrême gauche, sur ce coup, sont raisonnables ou arc-boutés sur leur refus conservateur.
Rappelons au passage que même si le pétrole disparaissait dans les années à venir, il y aurait toujours des véhicules alimentés par des panneaux solaires ou autres, qui auront toujours besoin de se déplacer... 

26/11/2015

Filière syrienne: de qui se moque-t-on ?

Quel terroriste massacre son peuple depuis 2011 en balançant des barils d'explosif sur les immeubles civils depuis des hélicoptères ?
Bachar el Assad. Soutenu par Poutine.
A noter que personne n'utiliserait cette méthode sur des gens armés: le risque de se faire descendre serait bien trop grand et ça vaut cher un hélico et son pilote...
Par contre la vie de plus de 200 000 syriens tués par les troupes de leur Président ne vaut visiblement pas grand chose...

Qui reçoit, depuis 2004, dans son pays, la Syrie, les apprentis djihadistes que lui envoient les filières liées entre elles de l'Artigat (dirigée par "l'Emir Blanc", un Syrien) et de Möllenbeck ?
Bachar el Assad. Soutenu par Poutine.
Des djihadistes qui s'entraînaient quelques mois dans les camps syriens, avant d'être envoyés combattre ou se faire péter en Irak, sous les ordres de ceux qui ont fondé l'Etat Islamique.
Qui leur ouvrait sa frontière ?
Bachar el Assad. Soutenu par Poutine.
A noter que l'émir blanc, qui a francisé son nom, ce que ne fait pas un musulman en principe (il s'appelait Abdoulila Qorel au départ, devenu Julien Corel, le Rouge et le Noir...), pharmacien et chimiste de formation est fortement soupçonné d'avoir organisé l'explosion de l'usine chimique AZT de Toulouse (31 morts,le 21 septembre 2011) dans laquelle il avait travaillé auparavant.

Qui était un agent soviétique, pilote breveté de l'Armée Rouge, soutien le plus actif du terrorisme palestinien dans la région, notamment de Carlos qu'il a hébergé plusieurs années avec tous ses potes terroristes, jusqu'à la chute de l'Union soviétique? Carlos qui avait commis de très nombreux attentats en Europe de l'Ouest, utilisant des membres de la RAF et le Tessinois Brunot Bréguet ?
Carlos, lui-même agent du KGB, formé à Cuba et à Moscou, ce même KGB dont Poutine était colonel... Carlos qui s'est converti à l'Islam et vit à l'ombre des prisons françaises depuis 1994, auréolé d'une gloire de "parrain des parrains"...
Hafez el Assad. Le père. Soutenu par l'Union Soviétique...

25/11/2015

Terrorisme, avion abattu : A qui profite le crime ?

Doit-on forcément aller là où Poutine veut qu'on aille ?
Un avion russe viole l'espace aérien turc. C'est le 4ème incident du même genre depuis un mois et les Turcs ont prévenu que la prochaine fois, ils tiraient. Selon eux, l'avion a été prévenu dix fois en cinq minutes. Quand finalement, ils l'abattent, tout le monde ou presque parle de provocation turque...
Du pétrole de Daesh passe par la Turquie, certes. Mais la plus grande partie, passe par Mossoul, l'Irak gouverné par les chiites pro-iraniens et le Kurdistan irakien... C'est Ian Hamel, excellent journaliste rentrant d'Irak qui le dit dans Bilan.
La Pravda révélait il y a quelques jours que le Kremlin réfléchissait à des frappes au Qatar et en Arabie Saoudite, voire en Turquie. Alors qui veut la guerre au juste ?
Qui veut se venger de la défaite soviétique en Afghanistan, causée effectivement par l'alliance des Saoud, du Pakistan et des USA ? Sauf que si l'URSS n'avait pas envahi l'Afghanistan, rien ne se serait passé. Cela fait 250 ans, que les empires russes successifs lorgnent sur les mers chaudes et cherchent à descendre vers le Sud.
Pendant toute la guerre froide, ils ont nourri et financé le terrorisme pro-palestinien depuis leur base de Damas, où l'on retrouvait aussi bien Carlos que les anciens nazis...
Après le 11 septembre, les 2/3 de la planète se sont demandés si Bush n'avait pas laissé faire pour pouvoir justifier ensuite sa guerre en Irak... Non sans raison, semble-t-il...
Mais si les Américains, et les néo-cons en particulier sont les méchants, cela signifie-t-il forcément que Poutine soit le gentil ? Il est tout de même soupçonné d'avoir laissé organiser des attentats pour lequel des officiers du FSB qu'il dirigeait ont été mis sous enquête, attentats meurtriers, en Russie même, qui lui ont ensuite permis de justifier les 200 000 morts de la répression sanglante en Tchétchénie. Un tchétchène sur 5 passé de vie à trépas pour mettre au pouvoir Khadyrov, l'islamiste pro-soviétique...
Bachar a fait tuer plus de 200 000 Syriens, pour rester au pouvoir. On sait que ses services ont infiltré et ou manipulent les dirigeants de Daesh. Qui sont comme lui des baasistes laïcs, formés en URSS au départ...
Est-il vraiment si farfelu de penser que les sibires de Bachar et/ou Poutine pourraient avoir incité quelques jeunes tarés croyant œuvrer pour la gloire d'Allah ? Est-ce si inconcevable de penser qu'un gras comme Poutine pourrait être derrière tout ça ?
Lui qui a fait tuer 200 000 citoyens russes tchétchènes parce que leur chef, héros de l'Union soviétique et colonel de l'Armée de l'Air, laïc et pas islamiste voulait l'indépendance ? Lui qui soutient mordicus Bachar qui a tué plus de 200 000 Syriens parce qu'ils voulaient un régime démocratique ?
Je n'ai aucune preuve de ce que j'avance et je crains que l'on n'en ait jamais. Par contre, je demande qu'on applique le principe de précaution et qu'on y réfléchisse à deux fois avant de se précipiter à l'assaut des insurgés Syriens (car c'est eux que combat la Russie, bien plus que Daesh), des Saoud, du Qatar et de la Turquie, qui n'avaient aucune raison objective de vouloir tuer des innocents à Paris. Contrairement à Bachar et à ses alliés.
Tous les services secrets vous le diront: il est bien plus compliqué de manipuler des intellectuels réfléchissant par eux-mêmes et dotés d'une solide culture politique que des crétins délinquants de droit commun qui ne savent même pas eux-mêmes pourquoi ils combattent.
Or aujourd'hui, les 3/4 des islamistes sont plutôt issus des classes moyennes et 40% d'entre eux ont une formation d'ingénieurs. Là dans les attentats de Paris, on n'a qu'un ramassis de dingues aux parcours chaotiques issus du lumpen prolétariat...
Et comme par hasard, tous les sites complotistes, qui sont pour la plupart financés par Damas, Moscou ou Téhéran laissent entendre que si manipulation il y a, elle serait le fait de services occidentaux. Mais bien sûr. Dans quel but ? A qui profite le crime ?

15/11/2015

Hey, toi, le nationaliste : c’est la France qu’on assassine !

Je n’accuse pas. Ce serait si monstrueux que je n’ose y croire et puis il n'y pas de preuve. Sans doute n’en aura-t-on jamais, même si mon hypothèse est la bonne. Il faudra vivre avec le soupçon, comme on vit en sachant que la CIA a financé l’essor d’Al Qaïda, sans se rendre compte de ce qu’elle faisait. Il en va ainsi de la raison d’Etat qui plane à mille lieues de nos considérations éthiques et de nos principes humanistes. Par contre, il faut y réfléchir, parce qu’il existe un lourd faisceau de présomptions suggérant un lien entre les services secrets russes et le brusque essor de Daesh. Suffisamment consistant pour ne pas se précipiter sans réfléchir dans les bras de Moscou. Ce serait une trahison. Mauvais karma, quand on se dit nationaliste…

Il est évident que les pétro-monarchies, l’ISIS pakistanais et les services occidentaux ont soutenu et armé Al Qaïda puis Al Nosra & Co. Mais Daesh est une toute autre affaire. Il y a divergence de personnes, d’idéologie et d’Histoire. C’est une véritable guerre que se livrent ces organisations et à travers elle leurs parrains. Les dirigeants militaires de Daesh, anciens baasistes, officiers des renseignements de Saddam, sont liés historiquement aux Russes. Ils détestent et ont toujours détesté les Américains et les pétromonarchies, à qui ils font la guerre. Ils la font même à la Turquie, y faisant régulièrement exploser des bombes.

A l’inverse, Daesh n’a rien fait qui nuise aux intérêts russes, jusqu'à l'explosion de l'avion, revendiquée par leur filiale du Sinaï, pas forcément bien contrôlée. C’est le danger pour un parrain de l’ombre si étranger aux motivations de la base. Sans compter qu’on ne peut exclure l’hypothèse d’une provocation sanglante, une « maskirovska », susceptible d’écarter les suspicions de plus en plus ouvertes tout en justifiant l’écrasement des « terroristes ». C'est à dire, taper encore plus fort sur Al Nosra et les démocrates… Qui condamnent expressément l’attentat !

Cherche à qui le crime profite ? C’est le seul adage qui vaille en géopolitique, pour les actions de l’ombre des services secrets.
Il se trouve qu'après ces explosions, Poutine doit voir sa position singulièrement renforcée. Pile poil à la veille de l’ouverture du sommet du G20 contre le terrorisme à Antalya. D’un côté, il peut plus que jamais rêver d’une union sacrée contre le terrorisme, ce qui lui permettrait de rentrer dans le concert des nations en faisant oublier la Crimée… De l’autre, le Front National qu’il finance (comme toute l’extrême-droite européenne) devrait se rapprocher du pouvoir. Un précieux renversement d’alliance offert sur un plateau d’argent. Un vrai paquet cadeau... Sauf si les Français, malins, refusent l’amalgame et l’islamophobie qu’attisent la plupart des amis de Moscou.

Après avoir écrasé les forces sunnites qui lui sont hostiles dans la région, principalement Al Nosra et les nébuleuses démocratiques de l’ALS, Poutine peut même rêver d’y maintenir la mainmise de ses alliés bassistes en tant qu’entité sunnite, au gré d’une paix mettant fin au terrorisme… Entourée des Chiites en Irak, des Kurdes au nord et des Alaouites convertis en masse au chiisme à l’Ouest, une telle entité ferait tampon, face aux wahabites des pétromonarchies et aux pro-occidentaux de Jordanie ou du Liban au lieu d’être inféodée à ces ennemis séculaires. C’est la volonté affichée de l’impérialisme russe, l’idée de la « 3ème Rome »: être reconnu en tant que gendarme de la région. Comme la Chine le fut pour l’Asie du Sud-Est, ce qui permit de mettre fin à la Guerre du Vietnam.

Résumons les indices d’un lien entre la tête pensante de Daesh et le SVR :

Autour du « khalife » Bagdhadi, Daesh est dirigé par d'anciens officiers des services secrets de Saddam. Des baasistes laïcs formés par le KGB à l'époque de la très prestigieuse école des langues orientales, dirigée par Evgeni Primakov. Parfait arabophone, il a dirigé la thèse de Mahmoud Abbas, avant de prendre la tête du SVR (le successeur du KGB extérieur) puis de devenir le 1er ministre d'Eltsine, nommant Poutine à la tête du FSB (le successeur du KGB intérieur). Puis en 2003, le voilà à Bagdad, dont il repart avec l’organigramme du mukhabarat, les dossiers sensibles (= ceux mouillant la Russie) et les fiches personnelles des-dits officiers, une semaine avant l'attaque américaine.

Organisation souterraine, recrutant partiellement chez Al Qaida, et s’implantant discrètement mais en profondeur dans les zones sunnites d’Irak et de Syrie, Daesh sort brutalement de terre au printemps 2014. Au moment opportun pour ramener l'attention de l'OTAN sur l'Irak, dont Obama se croyait sorti, alors qu’on se demandait s'il fallait intervenir en Ukraine. Ou pas. L'ouverture brutale d'un nouveau front en Syrie et en Irak induisait évidemment la réponse: Non ! Impossible pour l’OTAN de détourner le regard d’une entrée en scène tellement spectaculaire, à base d’esclavage, de crucifixion et de têtes coupées ! Les victimes étant les minorités religieuses, dont les chrétiens (laissés en paix par les factions démocrates syriennes), l’occident devait se manifester. Quitte à ce que l’extrême-droite attise les braises, y compris le responsable des oeuvres d’orient de l’Eglise catholique, qui se trouve être le frère de Bruno Gollnish, tête de file de la tendance dure du FN.

C'est une tradition des polices secrètes russes, depuis l’Okhrana des tsars, de perpétrer ou laisser perpétrer des attentats meurtriers contre son propre camp. Ce qui justifie ensuite les répressions les plus aveugles. En Russie on appelle ça maskirovska, ou mascarade. En Tchétchénie, elles ont permis 200 000 morts sur 1 million d'habitants, pour mater ce qui n’était au départ qu’une volonté indépendantiste d’un ancien héros de l’armée de l’air soviétique, bien moins islamiste que ne l'est Khadyrov aujourd'hui. Deux officiers du SVR, alors dirigé par Poutine, ont été inculpés dans des attentats qui avaient été attribués aux Tchétchènes… Depuis, l'assassinat de Nemtsov a été officiellement imputé à des officiers de la police tchétchène, soi-disant choqués par le soutien de Nemtsov aux blasphèmes anti-musulmans de Charlie Hebdo... Comme c'est pratique.
Rebelote en Syrie où dès 2011, face aux manifestations démocratiques, Bachar a sorti de ses prisons tous les islamistes, comme l’idéologue Abou Moussad Al Souri. Ancien étudiant en France, il est le théoricien du djihad terroriste 3.0 dont on a vu les effets à Paris. Al Souri avait été livré à Bachar par les Américains, qui le tenaient de l'ISIS pakistanais. L'idée, en libérant les fous de dieu, c'était de pouvoir ensuite accuser la révolution, purement laïque au départ, d'être devenue islamiste. 

Enfin, au rayon de l’anecdote, la drogue de Daesh, le captagon fut d'abord produite en Allemagne de l'Est et en Bulgarie. Elle était utilisée de façon notoire par le KGB jusqu’en 1990. Puis la Libye de Kadhafi était devenue le principal lieu de production. Tout le monde sait bien sûr que la CIA et le Mossad y avaient leur labos...

Bref, j'aimerais me tromper. Mais clairement, depuis quelques années, la Russie montre qu'elle tient à revenir sur le devant de la scène et l'action des services secrets en fait indéniablement partie. Or si les révélations ne cessent de se succéder sur ce que manigance la CIA et la NSA, on n'entend jamais rien sur les services russes. Alors qu'un ancien du KGB, qui fut ambassadeur au Maghreb, m'assure qu'ils ont forcément des hommes dans tous les réseaux islamistes. Pour se tenir au courant et/ou pour effectuer des opérations de manipulation...