23/04/2016

Racisme anti-frouze ou animosité stupidement entretenue ?

Dans un livre récent, la correspondante du Monde en Suisse se penche sur le racisme "anti-frouze" qu'elle ressent en Suisse romande. Le terme de racisme me parait largement usurpé. Par contre, il y a une vraie animosité, qui a toujours existé quoiqu'elle en dise, sur laquelle l'UDC et le MCG n'ont fait que surfer. Mais cette animosité concerne n'importe quel voisin. Y compris les Suisses en France...
Enfant à Neuchâtel, dans les années 60, j'étais traité de "francillon qui cause en raffinant", ce qui était tout de même mieux que le "sale tchink" qui qualifiait les enfants d'italiens. D'ailleurs dans les bagarres rangées de cours d'école primaire, qui opposaient neuchâtelois "de souche" et les "tchinks" donc, particulièrement nombreux, l'unique "staubirn" et moi avions le droit de rester neutres...
Par la suite, quand je me suis retrouvé interne au lycée de Pontarlier, j'étais devenu ""Le p'tit suisse" et l'on moquait mon accent neuchâtelois, avec un solide accent du haut-Doubs. C'est à ce moment, je crois que je suis devenu internationaliste. Pour la vie.
A noter qu'aujourd'hui, les plus virulents à l'égard des français en Suisse sont très souvent des "secundos", nés de parents étrangers, plus facilement affligés d'un complexe d'infériorité/supériorité à l'égard des fils du Grand Voisin que les autochtones de longue date, qui savent mieux tout ce qu'il peut y avoir de commun et d'indélébile dans les relations séculaires.
Dernière chose: j'ai écrit un bouquin "ces Ces Romand-es qui ont fait l'Histoire, vendu en France sous le titre "Ces Romands qui ont fait l'Histoire de France". parce que nos deux histoires s'entremêlent plus qu'étroitement et que si les Belges sont souvent identifiés en tant que tels à Paris, les Suisses y sont souvent pris pour des Français. Peut-être parce que précisément, ils peuvent s'y fondre comme des poissons dans l'eau. 
Lors de la présentation du livre à Paris, les émissaires d'une députée représentant les Français de Suisse m'ont proposé un soutien financier conséquent pour écrire "les Français de l'Histoire suisse". Proposition que j'ai déclinée après réflexion. Parce que je ne voulais pas me lier politiquement à la dame en question, sarkozyste, et parce que j'ai le sentiment qu'autant l'action des Romands en France et dans le monde est largement méconnue en France, notamment des intellectuels - et méritait donc un éclairage - autant l'action des Français en Suisse me parait une évidence que les Suisses éduqués connaissent parfaitement. Les autres ne risquant de toute manière pas d'être éduqués par un livre qu'ils n'auraient jamais lu.

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