29/10/2016

Paix, démocratie et commerce

Pour beaucoup aujourd'hui, notre société est un échec. Le capitalisme est à bout de souffle... Mais les modèles alternatifs passent au capitalisme les uns après les autres. L'occident et la Maison Blanche sont l'incarnation du mal... mais des millions de gens sont prêts à mourir pour s'y réfugier. L'argent corrompt tout... Mais quand on le supprime, plus rien ne marche. Le chômage augmente, mais ce sont les jobs les moins intéressants qui disparaissent en premier. Nous travaillons trop intensément... Mais c'est l'ambition personnelle qui mène au burn out. L'Europe n'est pas assez démocratique, mais 0,6% de la population peut bloquer l'UE. La démocratie bat de l'aile et pour la corriger, il faudrait prendre exemple sur un pays mené à la baguette par son chef à torse nu...

Bref, avant de jeter le bébé avec l'eau du bain, il serait peut être temps de faire le bilan de nos réussites et de nos avantages, au lieu de ressasser sans fin nos échecs et nos insatisfactions. Parce que ce ne sont pas seulement les médias pour qui un train qui arrive à l'heure n'est pas une info. C'est la société toute entière qui s'intéresse infiniment plus à ce qui va mal qu'à ce qui marche bien.

En résumé et en vrac, nous avons un taux d'espérance de vie trois fois supérieur à celui de nos ancêtres. Nos concitoyens de plus de 70 ans n'ont jamais connu la guerre en Europe, à l'exception de l'ex-Yougoslavie et aujourd'hui, de l'Ukraine (dans lesquels, les deux fois, la main de Moscou fut fort pesante, y compris sous forme de soldats russes au sol).
Notre niveau de vie est inégalé dans l'histoire et les plus pauvres d'entre nous, hormis peut être une poignée de SDF, vivent mieux que des châtelains du moyen âge.
Personne ne nous oblige à croire à qui que ce soit, ni à obéir à quiconque, à partir à la guerre, ou même à travailler. Nous pouvons coucher avec qui nous voulons ou presque,du moment que c'est réciproque, nous habiller comme nous le souhaitons, écouter de la musique, voire des films, aller au concert...
Nous avons le droit de nous exprimer, de dire et écrire à peu près tout ce que l'on veut, même parfois (souvent) les pires âneries. Nous pouvons partir en vacances, mettre nos enfants à l'école et à l'université si ils bossent assez bien, manger à notre faim, nous réchauffer l'hiver, téléphoner quasi à l'oeil, nous connecter au monde entier pour presque rien...

Toutes ces choses nous semblent habituelles, mais aucune d'entre elles n'allait de soi, il y a seulement un siècle. De plus, nous ne sommes plus les seuls dont le sort s'améliore. En 25 ans, le taux d'extrême pauvreté est passé de près de 40% des habitants de cette planète à moins de 10%.
Cela, mine de rien, c'est le système qui l'a rendu possible. Un mélange subtil et dialectique d'économie de marché et de revendications syndicales, de démocratie et de mondialisation, d'organisations internationales et de rééquilibrage des richesses. Mais bien sûr c'est comme le climat : ce n'est pas parce qu'il fait un froid de canard un matin qu'on ne va pas vers l'été ou le réchauffement... Ou vice versa.
Dans l'ensemble, la situation de l'humanité s'améliore à grande vitesse. Ce qui ne signifie pas que tout danger soit écarté. Des forces réactionnaires tentent de nous ramener en arrière, à l'époque des pays aux frontières fermées, du coup contraints d'envahir leurs voisins proches ou lointains pour s'emparer de ses ressources. Il est temps de leur faire comprendre que le passé est passé et que l'ère nouvelle passe par la paix, la démocratie et le commerce.

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