29/11/2016

Après Alep, Poutine veut reprendre l'Ukraine

L'islamisme est un projet politique fort dangereux, mais il n'a pas le rapport de forces nécessaire à sa réalisation dans nos pays et ne l'aura jamais. Le robinet du pétrole sera tari bien avant qu'il n'en ait les moyens militaires, donc matériels. Idem des moyens humains: si le nombre de musulmans d'origine et convertis atteint les 10% en France, il est plus de cinq fois inférieur en moyenne européenne ou américaine, ce qui laisse une grosse marge...
Même avec la démographie nettement plus forte des milieux islamistes, il faudrait plusieurs générations pour inverser la tendance, or l'islamisme est aussi un phénomène générationnel de mode et à ce titre n'est pas appelé à durer ad vitam eternam. D'autant moins qu'on note un fort mouvement de jeunes musulmans vers l'agnosticisme et l'athéisme, sur le modèle de nos sociétés, mouvement épris de liberté qui s'accélère et qui donc devrait bientôt dépasser l'islamisation des consciences. C'est tendanciel, tant dans nos pays (en fait, en Suisse, il l'a déjà dépassé: le nombre d'athées y augmente plus vite que le nombre de musulmans) que dans les pays d'Islam.
Ce ne sont pas les attentats tragiques, qui font autant de morts qu'un week end d'accidents de la route qui détruiront nos sociétés. Sinon les accidents de la route l'auraient déjà fait. Cela fait plus d'un siècle que le terrorisme est utilisé par des mouvements politiques extrémistes en Europe, en Russie, au Maghreb ou au Moyen Orient et même en Amérique, dans le but d'arriver au pouvoir. Mais aucun n'y est jamais parvenu, malgré les morts accumulés.
Par contre, le terrorisme a très souvent été manipulé par des services secrets de puissances étrangères pour désorganiser un pays ennemi (et parfois officiellement "ami") ou tout simplement lui faire mener la politique qui arrange le pays manipulateur. Nous n'en ferons pas la liste ici, c'est le sujet d'un film en cours ...
Le projet politique qui nous menace aujourd'hui, beaucoup plus dangereux, vous le savez si vous me lisez de temps à autre, c'est celui de l'amicale des despotes milliardaires, dirigée par Vladimir Poutine.
Comme l'islamisme, le projet de Poutine est une théocratie conservatrice, dans laquelle la religion est sciemment utilisée comme opium d'un peuple abandonné au bon vouloir des puissants. Avec ni plus ni moins de mépris pour le petit peuple et ses croyances que n'en montrent les souverains wahabites lorsqu'ils se vautrent dans l'alcool et la fornication, loin de Ryadh.
Il est plus dangereux ce projet, parce que Poutine possède l'arme absolue, le nucléaire capable de tout détruire et lui avec. Il le sait. Donc il préfère utiliser l'arme de la guerre secrète: la propagande et la manipulation. Ce qui inclut le terrorisme, en instrumentalisant évidemment celui qui est présenté comme l'ennemi commun: l'islamisme.
C'est très efficace et pernicieux, car masqué. L'outil islamique de l'amicale des despotes milliardaires, c'est Daesh. Qui n'est que l'avatar moderne d'une vieille idéologie panarabe, nationale et socialiste, le baasisme. Créée par des déçus du marxisme, anciens compagnons de route du parti communiste, dans les années 30, MIchel Aflak et Saladin Bittar. Alliés aux nazis durant la seconde guerre mondiale contre l'impérialisme franco-britannique, ils furent récupérés par les soviétiques après la création de l'Etat d'Israël. Leurs descendants spirituels, Hafez el Assad et Saddam Hussein, tous deux très proches du KGB, prirent leurs pouvoirs dans leurs pays respectifs, devenant le fer de lance de l'action de Moscou au Proche Orient.
Sauf qu'ils se mirent aussi à se détester cordialement. Mais à la chute de Saddam, en 2003, les baasistes syriens de Bachar, le fils de Hafez, offrirent l'asile à leurs ex-condisciples irakiens. L'asile et quelques facilités, comme des camps d'entraînement au Djihad, dans l'est désertique syrien. Ce fut la matrice de Daesh, et les baasistes restent liés entre eux par une opposition indéfectible aux pétromonarchies traditionnelles, alliées de l'occident, qui financent l'autre versant du terrorisme, ainsi que les rebelles démocrates de l'Armée syrienne libre, qui furent les premières victimes de Daesh.
Le problème avec Poutine, c'est qu'il est dans une logique de guerre de conquête et que ce genre de délire ne s'arrête que par la défaite cuisante et définitive du conquérant. Ceux qui espèrent qu'il s'arrêtera pour digérer, une fois repu, se trompent lourdement. Son ambassadeur à l'ONU vient de reconnaître officiellement l'intervention des troupes russes en Ukraine, mais "à la demande du Président Ianoukovich". Ce que Ianoukovich, ressorti du formol à Moscou, s'est empressé de confirmer.
Or l'argument massue de Poutine en Syrie, c'est que c'est le gouvernement légitime qui lui a demandé d'intervenir, ce que la communauté internationale avale. Avec des hauts le coeur, mais elle avale. Un Trump et un Fillon ne légitimeront jamais une révolution, c'est le contraire absolu de leurs valeurs: même si leurs Républiques sont issues de Révolutions, eux sont issus de Restaurations. Comme Poutine lui-même. Et c'est toute la stratégie et l'argumentaire de Poutine de rendre inacceptables le renversement de gouvernements en place. Quel que soit le niveau de leurs exactions et l'exaspération de leurs peuples.
Du coup, tout ce qui s'est passé après le départ de Ianoukovich en Ukraine devient illégitime et il importe de remettre ce dernier au pouvoir, lui ou son héritier spirituel, à la solde de Moscou. Je le vois venir gros comme une maison. Puisque l'abandon des sanctions est déjà dans le gazoduc, cela devient l'objectif suivant...
Et à chaque fois que Poutine marquera un point, il n'aura de cesse de passer au suivant. C'est ça ou l'effondrement.
La seule bonne nouvelle pourrait être, paradoxalement, la nomination par Trump de Petraeus au Département d'Etat, si elle se confirme. L'ancien patron de la CIA semble être parfaitement lucide à l'égard du Kremlin et avoir très bien compris que la main de fer dans un gant de velours était la seule attitude possible en face d'un comportement immature. Sauf que si c'est dans une logique de confrontation nationale, plutôt que de perspective de coordination globale, on va dans le mur...

20/11/2016

Faire entrer le loup Poutine pour éradiquer le virus Daech

Bon, on résume:

voter Juppé c'est essayer de préserver des équilibres humanistes, ethniques, religieux et progressistes, mais aussi géopolitiques, qui peuvent faire la grandeur de l'Europe et assurer demain son avenir, dans un monde menacé par la dérégulation.

Voter Fillon, c'est ouvrir la porte de la bergerie européenne au grand méchant loup Poutine qui n'a de cesse de la réduire en miettes pour pouvoir tranquillement imposer sa loi et dévorer ses moutons un à un. Le tout pour éradiquer le virus daech de la grippe islamiste.

Très probablement sorti des laboratoires de Moscou.

C'est la première fois depuis fort longtemps, peut-être la première tout court, qu'une élection présidentielle française va se jouer sur une question de géopolitique !
Avec l'un des papables qui se présente clairement en favori d'une chancellerie étrangère que l'on sait hostile

18/11/2016

Le populisme et les conservateurs contre le peuple et la démocratie

Résumons: Hillary a engrangé un million de voix de plus que Trump. Le peuple américain n'a donc pas davantage choisi Trump que le fils Bush en 2000. C'est la perversion du système électoral qui s'en est chargé, en favorisant les régions rurales conservatrices au détriment des mégapoles modernistes. Ce que certains appellent « le pays profond » contre la mondialisation cosmopolite
La perdante, c'est la démocratie, parce que la voix d'un rat des villes vaut moins que celle d'un redneck des campagnes. Le hic, c'est que cette tendance est mondiale. Partout, la démocratie recule et les gagnants de l'heure sont les despotes, avérés ou potentiels, qui exploitent la peur des sociétés traditionnelles devant le changement accéléré de leurs habitudes.
Les dictatures ont toujours échoué à imposer la modernisation à marches forcées. L'Iran du Shah a laissé place aux mollahs, la Russie retourne à l'époque tsariste et l'héritage d'Ataturk est grignoté implacablement, d'Istanbul à Ankara.
Il y a 12 ans, une star de la télévision turque me faisait découvrir Istanbul. Comme je m'étonnais de l'aspect incroyablement moderne et européen de la ville et de ses habitant(e)s, elle éclata de rire : « Mais ça c'est Istanbul ! L'Anatolie est peuplée de femmes voilées de noir et d'hommes du XIXème siècle... ».
C'est la même chose en Inde, où le gouvernement Modi est d'abord un régime conservateur et religieux. Idem de la Pologne ou de la Hongrie.

Le problème, c'est que le progrès plus "progressif" de nos démocraties mécontente tout autant les campagnes. On sait qu'en Suisse, le fossé villes-campagnes remplace le Röstigraben. En France, également, l'éruption populiste est d'abord celle des campagnes et bourgades traditionnalistes contre les gros centres urbains progressistes. En Allemagne itou, Pegida n'est pas né à Berlin et Londres a voté contre le Brexit.
Dans ce terme de populiste, il y a peuple, et c'est inconvenant. Parce que le peuple, ce n'est pas forcément les gens des campagnes. Les citadins aussi sont le peuple. Et souvent, ils sont plus nombreux. Sur le fond, personne ne veut voir disparaître les traditions. Mais beaucoup de jeunes et aussi de moins jeunes, n'ont aucune envie de se laisser emprisonner par elles. Et surtout pas de devoir abandonner leur mode de vie et leur ouverture au monde à cause des peurs de quelques uns. Qui ne sont définitivement pas la majorité.

15/11/2016

Chaque élection d'un(e) populiste nous rapproche davantage de la guerre !

Depuis 3 générations, la construction de l'Union européenne et la démocratie nous ont apporté la paix et des conditions de vie que le reste du monde nous envie. La paix, ce n'est pas seulement l'absence de guerre, mais le remplacement de la conscription obligatoire (18 mois de service national sous l'uniforme en France quand j'étais jeune) par une armée de métier et la baisse sensible du budget militaire. Ce qui permet à l'Etat de faire des choses plus utiles que d'acheter des armes avec nos impôts.
Mais comme nous n'avons plus guère la possibilité de comparer, nous avons pris l'habitude de critiquer les mauvais côtés du système, sans jamais voir les bons.
Même en Suisse, qui reste le pays le plus militarisé d'Europe occidentale, la durée du service n'a cessé de reculer, tandis que le nombre de réformés « médicaux » augmentait.
Quand j'étais jeune, la majorité des pays du monde étaient des dictatures. Même en Europe. Communistes ou fascistes, mais dictatoriales, avec un grand nombre de points communs en fait, à commencer par la restriction des libertés. Politiques, individuelles et aussi économiques. L'Etat y dirigeait tout et il y était interdit de se plaindre ou de critiquer le régime. Au point que l'une des caractéristiques de ces régimes était la rareté, voire l'absence des bistrots : puisqu'on ne pouvait pas s'exprimer librement dans les lieux publics où l'on courait le risque d'être espionné et jeté en prison, les gens se réunissaient chez eux. Où l'on n'était d'ailleurs jamais à l'abri d'un traître dans la famille.
Nous pouvions voyager dans ces pays. C'était un peu compliqué, il fallait faire la queue des heures aux frontières, mais c'était possible. Et la misère tant matérielle qu'intellectuelle, le sentiment oppressant de pays-prisons nous sautait aux yeux.
Les choses ont commencé à changer à la fin des années 70, avec la fin des dictatures fascistes du sud de l'Europe. Au Portugal, en Grèce, en Espagne, on avait de nouveau le droit de se retrouver dehors, et de faire la fête, que les madrilènes ont nommé « movida ». La libération des moeurs et des idées s'est accompagné d'une libéralisation de l'économie qui, avec l'entrée dans l'UE, a considérablement augmenté le niveau de vie des gens et modernisé ces pays.
Ceux de l'Est ont suivi dix ans plus tard, avec la chute du mur de Berlin. Là aussi, la liberté d'expression et le libéralisme économique ont fait des miracles. Mais ce fut plus dur, notamment en Russie, qui reçu moins d'aide que les anciens pays de l'Est et qui n'avait pas autant le sentiment d'une libération. Les anciens pays de l'Est se libéraient à la fois du communisme et de l'oppression nationale du pays colonisateur, la Russie. Tandis que la Russie se libérait du communisme en perdant son statut de pays dominant.

Il y a deux façons de faire changer un pays.

1) La voie réformiste : en gros, on garde les institutions et le système, que l'on change par petites touches, ce qui prend du temps, mais permet de faire les choses en douceur

2) La voie révolutionnaire : on fait table rase du passé, et l'on reconstruit. Ce qui cause énormément de dégâts et permet d'abattre très vite les anciens symboles, mais prend beaucoup de temps aussi à reconstruire. Parfois plus que la réforme et surtout avec beaucoup plus de violence.

Dans les anciens pays fascistes comme dans les anciens pays de l'Est, l'aide européenne et américaine a permis de changer les choses en mixant réformes et révolution, sans trop de dégats. En Russie ce fut une vraie révolution.

Aujourd'hui, ce que les populistes veulent mettre en place un peu partout, c'est de fait un retour aux régimes fascistes du XXème siècle, qu'ils soient de gauche ou de droite : un sentiment national fort, une économie nationale et dirigée, la fermeture des frontières, des armées solides... Ce que préparent ces gens, en fait c'est la guerre. Pas seulement parce que quand les marchandises cessent de passer les frontières, ce sont les armées qui les passent, mais parce qu'ils s'attaquent à l'ordre mondial qui est celui des organisations internationales et des abandons de souveraineté au profit d'institutions de médiation, les organisations internationales, qui ont vocation à résoudre les différents entre Etats.
Si l'on restaure la pleine souveraineté des Etats, on restaure la loi de la Jungle. Chacun maître chez soi et personne pour juger et trancher en cas de conflits entre Etats souverains. Qui n'ont d'autre solution, du coup, que la guerre et la loi du plus fort pour dire ce qui est juste. Ou injuste...
Un peu comme si dans une cour d'école ou une prison, on enlève toute surveillance... Actuellement, nous avons des organismes internationaux, qui essaient de dire qui a raison et qui a tort et un pays, les Etats-Unis, qui fait office de gendarme. Le fait qu'il soit là peut paraître embêtant, mais en attendant, cela permet aux pays d'Europe de ne consacrer que très peu d'argent à leur défense nationale et de se passer de la conscription.
Du coup, seuls ceux qui en ont vraiment envie vont faire l'armée et le cas échéant la guerre, limitée à des interventions de maintien de l'ordre dans des pays en difficulté, pour ce qui concerne les armées européennes.

Cette part du budget de l'Etat qui part en armement (plutôt qu'en éducation, culture, construction de routes ou de tramways) s'exprime en pourcentage du PIB. Autour de 4 aux Etats-Unis, 2 en France, 1 dans la plupart des pays d'Europe et officiellement plus de 6 en Russie. En fait probablement actuellement près de 10 car des fonds très importants y sont alloués secrètement, pour ne pas révéler la manière dont ils sont utilisés.

Le premier point d'accord de Trump et Poutine, c'est que les Etats-Unis doivent cesser d'être le gendarme du monde. Cela leur coûte cher et il se trouve que les Russes seraient ravis de prendre le relais sur le Moyen Orient d'une part, l'Europe de l'autre. Un peu le schéma de l'accord sino-américain qui avait permis de mettre fin à la guerre du Vietnam sous Nixon et Kissinger : on laisse la responsabilité de l'Asie du Sud-Est à la Chine et tant pis pour les vietnamiens ou les chinois de Hong Kong ou de Taïwan, qu'on livre implicitement à la Chine "populaire". De même qu'à terme, la Corée, les Philippines, le Japon, la Malaisie...

Cette vision du monde, c'est celle d'une poignée de grands ensembles rivaux maîtres chez eux et se réunissant au sommet pour régler leurs problèmes. Ou se tapant dessus pour les régler, en l'absence d'organisme de médiation supranational. Parce que cette vision du monde, c'est aussi, vu de Washington, considérer que la montée en puissance de la Chine est un réel danger et que tout le reste mérite d'être sacrifié à la guerre sino-américaine que Trump a lui-même annoncée. Sous forme économique plus que militaire, certes, mais on peut affirmer sans se tromper qu'en ce bas monde, tous les conflits qui n'ont pas des bases religieuses ont des bases économiques... Sur cet objectif avoué de la bagarre ultime contre la Chine les républicains de Trump rejoignent les néo-cons républicains de Bush Jr. Avec pour objectif de se rallier la Russie, ses ressources et ses bombes atomiques.

Pour l'Europe, les conséquences sont énormes. Soit l'UE se prend en mains, renforce ses structures et construit, au plus vite, une armée commune digne de ce nom, soit la première puissance économique de la planète sera découpée en tranches et livrée aux intérêts étrangers. Ce qui semble être le plan sur lequel s'accordent Poutine et Trump. Poutine travaille de longue date à saper les bases de l'unité européenne, non sans succès. Face à l'UE, il est un nain économique et même militaire, bombes atomiques mises à part. Mais face à chacun des pays d'Europe séparément, il est un géant. Le raisonnement semble le même dans l'entourage de Trump et dans les milieux nationaux populistes européens, qui réclament un nouveau Yalta. Soit un partage de l'Europe et des sphères d'influence entre la Russie et les Etats-Unis. Ce qui en clair, signifie d'abandonner l'Est à la Russie et de casser l'UE, première puissance économique mondiale, pour ne laisser que des petis pays souverains.

C'est ce qu'il faut comprendre de l'offre faite par Stephen Bannon, principal conseiller de Trump, aux héritières Le Pen et plus généralement aux extrêmes droites souverainistes européennes, de les aider à prendre le pouvoir pour mieux tuer l'Europe. Renforcer les souverainetés nationales, c'est réduire la force de l'ensemble européen, démultiplier encore les dépenses d'armements, désormais plus nationales que jamais, réintroduire à coup sûr la conscription et bien évidemment livrer des pays plus petits et moins forts individuellement à l'appétit des dominants que sont Moscou et Washington sous les couleurs républicaines.

Au final, on vend aux gens le mythe de démocraties va-t-en guerre – alors que pas un de nos jeunes aujourd'hui ne risque d'y aller s'il n'en a pas l'envie -, pour mieux leur fourguer un enchaînement inéluctable qui va les mener à la guerre, la vraie, avec mobilisation générale et destructions massives.
Avec des années de restriction des libertés et d'augmentation des budgets militaires et donc dégradation des conditions de vie civile dans l'intervalle.
Peut-être qu'au lieu de se plaindre de la « société post-apocalyptique », terme employé pour définir notre société sur des blogs de jeunes aujourd'hui en France, les-dits jeunes feraient mieux de s'interroger sur ce qui les attend pour de bon s'ils ne se réveillent pas et laissent les populistes nous ramener au XXème siècle !

14/11/2016

Servir la soupe aux dictateurs

Magnifique manipulation du camarade Mettan dans ces pages. D'abord il reprend à son compte la thèse très controversée d'un professeur d'histoire de Harvard, spécialiste du XVIIème siècle, qui a commis un ouvrage sur les origines de la russophobie en Grande-Bretagne dans l'immédiat après-guerre.

En clair, selon cet intellectuel que le Kremlin adore, les démocraties mentent, parce qu'elles y sont contraintes pour obtenir la majorité dans la conduite de leurs actions, de leurs guerres en particulier. Tandis que les dictatures n'en ont pas besoin.

Il écrit ça au début de la guerre froide, au moment où "les 5 de Cambridge" universitaires britanniques d'excellente famille - qu'il connaît apparemment - s'avèrent être des agents soviétiques infiltrés au plus haut niveau du renseignement britannique. Kim Philby affichant même un anticommunisme tellement marqué qu'il est nommé à la tête de la section "URSS" du MI6. Avant de faire défection et de se réfugier à Moscou. Entretemps, il a couvert les espions soviétiques qui ont livré les secrets de la bombe atomique à Moscou et fait exécuter, pendant des années, des dizaines d'agents occidentaux infiltrés en URSS, en Albanie ou ailleurs, dont il communiquait les noms au KGB avant même leur arrivée... 

Chacun aura donc l'appréciation qui convient sur le sens des mots mensonge et tromperie.

Ceci corrobore l'étonnante constante des thèses complotistes actuelles, amplifiée par la propagande officielle des médias russes... L'amicale occidentale des camarades et adorateurs du Kremlin n'est pas en reste. Selon ce club des fans de despotes milliardaires, seule la CIA et les services occidentaux agissent dans l'ombre et se livrent aux pires exactions. 
Bien que le budget des services russes ait décuplé depuis l'arrivée au pouvoir d'un colonel du KGB, ceux-ci se tournent les pouces et sont d'une inactivité criante, puisqu'on n'entend jamais parler d'eux dans la presse complotiste et sur Wikileaks. Bon dans la presse du Kremlin, c'est normal. Mais même les médias mainstream n'en parlent jamais... Comme ils parlent peu des méfaits des services occidentaux. Et si, concernant les médias mainstream c'était justement parce qu'ils ont des règles déontologiques qui les empêchent de raconter n'importe quoi sans preuves et recoupements, que ce soit pour nuire à Washington, Bruxelles ou Moscou ? Mais que par contre, lorsqu'ils ont du biscuit, ils ne se gênent jamais pour critiquer, y compris leur propre camp ?

Du coup, la question qui me turlupine, c'est de savoir ce que voulait dire au fond le camarade Mettan ? Puisqu'apparemment, pour lui, la Russie de Poutine ne ment pas c'est donc qu'elle est une dictature ? Nous on le savait, mais on est ravi d'apprendre que la révélation a enfin daigné nimbé ses yeux de lumière divine... 

Et surtout, quel effet ça fait de servir la soupe à une dictature ?

09/11/2016

9/11 La Revanche : le jour où le Kremlin a conquis la Maison Blanche

Ce 9 novembre 2016 restera dans l'Histoire comme celui où le Kremlin a conquis la Maison Blanche, 26 ans jours pour jour après la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989.
Les petits malins qui pensaient qu'Hillary Clinton préparait la guerre vont comprendre ce que c'est que d'avoir au pouvoir le meilleur copain des pires dictateurs de la planète, à qui il va laisser les clés de l'armoire à munitions pendant quatre ans.
On touche là les limites de la démocratie et du libéralisme, face à des dirigeants multimilliardaires qui font de la politique avant tout pour acquérir et préserver leurs privilèges. Parce que le point commun entre Trump, Poutine, Blocher, Le Pen, Berlusconi, Kadhafi, Xi Jiping, Bachar el Assad, Obiang Nguema et quelques autres, c'est d'abord d'être très riches et très menteurs.
Il faut quand même être assez stupide, quand on est très pauvre pour les élire en croyant qu'ils vont améliorer votre sort... 

Bien des commentateurs mettent ça sur le dos de la paupérisation de la classe moyenne et de la finance mondiale... Sauf que personne ne veut tuer la classe moyenne, qui est le moteur même de la consommation...  Par contre le niveau de vie relatif des classes moyennes occidentales baisse pendant que celui des pays émergents augmente et c'est un rééquilibrage naturel (les économistes de jadis parleraient de la main invisible), parce que les limites écologiques de la planète ne permettraient pas 8 milliards d'individus consommant comme des européens moyens. 
Il n'y a pas de remède à ça, et en tout cas pas en élisant des milliardaires.
Je lis ce matin des partisans de Trump, au sein de la droite populiste européenne, qui se félicitent de leur victoire... Ils espérent la fin de la mondialisation, le retour des frontières et avec elles de la prospérité perdue des classes moyennes occcidentales. C'est une arnaque monstrueuse !
Parce que la prospérité occidentale d'avant la mondialisation était basée sur la colonisation, et la colonisation sur la conquête militaire.
En plus de l'aspect profondément injuste et immoral du truc, qui peut prétendre aujourd'hui vouloir recoloniser l'Afrique et l'Asie ou l'Amérique latine et en avoir les moyens militaires ?

08/11/2016

Quand l'extrême-droite change de stratégie

Mais quelle mouche a donc piqué le porte-voix de l’extrême-droite genevoise ? Pendant des années,  il nous a rebattu les oreilles avec la théorie du « front contre front », droite contre gauche, vouant aux gémonies le consensus helvétique qui avait fait le succès de ce pays. « A mort le centre », semblait son credo. Et puis soudain, il nous sort le vieux truc des corporations. En gros, suppression des syndicats, remplacés par des organismes regroupant patrons et ouvriers dans la même structure, par branches et même par entreprises.
Comme on lui fait remarquer que c’est un vieux truc, mais un vieux truc fasciste, il corrige le tir, et invoque les années trente, la paix sociale et le hérisson fédéral recroquevillé sur lui-même, pendant qu’au dehors, les grands d’Europe ferraillaient. Bla, bla, bla…
La situation d’aujourd’hui ressemble effectivement fâcheusement aux années trente, mais comporte des différences notables. Aucun de nos voisins d’Europe ne se fait la guerre. L’UE est constituée et même en cas de Brexit, le Royaume désuni restera dans l’OTAN. Si risque de guerre il y a, c’est bien plus à l’est. Le rôle du vindicatif qui veut étendre son lebensraum à minima sur toutes les zones où des gens parlent sa langue (ou pratiquent sa religion), et probablement au-delà, ce n’est plus l’Allemagne, mais la Russie. Dont un certain nombre de Romands se font les complices objectifs, comme dans les années trente, quelques Romands travaillaient ouvertement pour l’Allemagne nazie. Et quelques autres pour l’URSS stalinienne.
L’autre point commun avec les années trente, c’est évidemment la nature despotique, populiste et structurée autour d’un pouvoir personnel des régimes qui nous menacent, nous, les démocraties. NOUS, LES DEMOCRATIES… C’est bien pourquoi, comme pendant la seconde guerre mondiale, en cas de conflit, la neutralité ne saurait être que de principe et soutenir en fait discrètement, en quelques actions décisives, la lutte des démocraties pour le progrès humain.

Le porte-voix de l’extrême-droite genevoise ne se place pas ouvertement dans cette logique de confrontation internationale. Seule l’intéresse vraiment la politique suisse et dans ce contexte, ce qu’il vise, c’est la conquête du pouvoir par les forces qu’il accompagne et promeut depuis plus de vingt ans. Au plan genevois, il en est même le démiurge. Qui dit prise de pouvoir, dans nos pays démocratiques, dit rapport de forces. D’où la longue campagne visant à radicaliser les fronts, pour tenter de mettre en place une alliance des droites qui serait évidemment dominée par la droite dure, sur le cadavre du centre.  Sauf que ça ne marche pas. Parce que sur la mère des batailles, l’ouverture des frontières, les libéraux, les centristes et les entrepreneurs font finalement cause commune et que la gauche de gouvernement, syndicaliste, partage leur vision : la fermeture des frontières, c’est la mort de l’économie. Donc de l’emploi.
Cette alliance de fait de la droite libérale et de la gauche syndicale, sur les principes démocratiques du système, représente la substantifique moelle du consensus helvétique et cela n’a rien à voir avec le corporatisme fasciste que l’on prône chez les populistes. L’alliance repose sur le constat qu’une économie forte et prospère est l’alpha et l’omega de toute répartition. Après, sur les clés de répartition, la lutte continue et se déroule sur la base de revendications syndicales et de rapports de force. Là où le corporatisme met l’ouvrier à disposition du patron. Avec de grandes claques paternalistes dans le dos.

Du genre de l’appel de notre porte-parole à constater que les mesures d’accompagnement et de protection de l’emploi restent minimales et peu efficaces face  la concurrence. En oubliant de dire que ce sont précisément les forces de la droite la plus dure, nationale et anti-européenne qui s’y opposent farouchement et en retardent la mise en place, au Tessin comme ailleurs.  

Les causes du spectaculaire retournement de stratégie de l’extrême-droite sont claires : puisque le centre, la droite libérale et les entrepreneurs ne veulent pas rentrer dans son jeu, elle s'en va faire son marché à gauche. Où toute une partie souverainiste des classes travailleuses ne voit le problème que par le petit-bout de la lorgnette : l’ouverture des frontières augmente notablement la concurrence sur le marché de l’emploi. Sans voir l’autre côté des choses : elle l’augmente, oui, mais sur un marché de l’emploi en expansion. Si on referme les frontières, la concurrence sur le marché de l’emploi sera réduite, mais sur un marché en contraction. Voire en très forte contraction. Ce qui non seulement réduira les rentrées fiscales et donc les aides sociales et la qualité de vie globale, mais aussi réduira drastiquement le nombre d’annonces et de postes vacants…
Cette incompréhension des mécanismes de l'économie et de la démocratie ouvre un terrain propice aux populistes et autres complotistes qui s'y engouffrent et recrutent en nombre.
Au final, tout le monde y perd. Parce que le pays, en se refermant, périclite. Et que l'on ne vienne pas nous raconter qu'on va se refermer en restant ouverts. Les miracles ça n'existe pas et encore moins dans un monde concurrentiel où tout le monde est prêt à saisir la moindre défaillance du voisin.
La tradition ouvrière, en Suisse comme ailleurs, est d’unir les travailleurs de tous les pays. Pas de les opposer les uns aux autres, ce qui porte un nom : le nationalisme et la guerre. Ce nationalisme qui va de pair avec le populisme, la haine de l’étranger et le despotisme du pouvoir personnel de leaders charismatiques incompétents.

06/11/2016

C'est à ça qu'on les reconnait

Des corporations verticales plutôt que des syndicats, ça porte un nom: le fascisme.
C'en est même l'une des caractéristiques principales. 
Cela fait un moment qu'on s'en doutait, mais merci d'avoir craché le morceau. 

03/11/2016

Gouverner par référendum ? La bonne blague !

J'adore la mauvaise foi des Brexiters. Car enfin de quoi parle-t-on, à Londres ? De la nécessité de passer par le Parlement pour traiter d'une des questions les plus importantes qui puisse être pour le pays. Ce que l'on appelle usuellement la démocratie. Depuis plus de 2000 ans qu'elle existe, ce n'est clairement pas la première fois que des tribuns en appellent au peuple pour gouverner en son nom, en passant par dessus les parlements constitués, qui sont le meilleur rempart qu'on ait trouvé contre la dictature et le pouvoir personnel. Parce que c'est bien de cela qu'il s'agit quand d'aucuns nous parlent de brandir le référendum à tort et à travers comme mode de gouvernement.
Les 3/4 des gens ne comprennent déjà qu'à peine les questions qu'on leur pose en Suisse et arrivent aujourd'hui à saturation en termes de nombres de votes par année. Sans compter que résoudre toutes les questions à un Oui-Non tient de plus en plus souvent de l'équlibrisme sans filet...
Il n'est pas anodin qu'à Londres, ce soit le pouvoir judiciaire qui le dise et qui rappelle au passage que l'instance suprême du Royaume Uni n'est ni la royauté, ni "le peuple", encore moins le Premier Ministre, mais bel et bien le parlement. D'ailleurs, rien dans la constitution britannique ne prévoit ni ne décrit le rôle exécutif ou législatif qu'aurait un référendum, organisé à bien plaire par l'ancien Premier Ministre et qui de ce fait n'a malheureusement aucune valeur légale. Dès lors, s'en servir pour passer par dessus l'instance suprême du pays a quelque chose du Coup d'Etat. On peut discuter de changer les règles du jeu, et de modifier les usages de la démocratie, mais pas au milieu de la partie. 
Accessoirement, plusieurs ténors de l'UKIP et des comités pour le Brexit avaient annoncé que si le Non au Brexit faisait moins de 52%, ils feraient tout pour que le pays revote une deuxième fois... Or le Oui n'a fait que 51,9 % et de nombreux votants disaient avoir changé d'avis le lendemain...
Enfin, si l'on fait des référendums pour sortir de l'UE, il faut aussi en faire pour laisser la possibilité aux Ecossais et aux Irlandais du Nord de sortir du Royaume désuni. Et pourquoi pas aux Londoniens, tant qu'on y est ? Tant qu'à faire de mettre en avant la démocratie locale, autant y aller carrément.
La démocratie parlementaire, on sait comment ça marche, en Europe, depuis en gros un siècle et demi. La gouvernance par référendum, en revanche, tant vantée par le populisme et les extrêmes, on n'a aucun recul dessus. Même en Suisse, où le système reste à dominante parlementaire, dans les faits. On constate en revanche que les référendums sont de plus en plus souvent l'arme des partis extrémistes, ceux qui pensent arriver au pouvoir en déstabilisant la société. C'est excellent qu'il y ait des contrepouvoirs dans le système, mais leur accorder trop d'importance est forcément périlleux.
Dans les 50 premières années, jusqu'au début du XXème siècle, on n'a qu'un référendum par an, en moyenne. Inutile de rappeler que même à l'époque, c'est nettement insuffisant pour prendre l'incroyable quantité de décisions que requiert la gestion d'un pays. On monte ensuite en puissance progressivement pour arriver à une dizaine par ans actuellement. Ce qui pose un gros problème, déjà, dans un monde où tout va plus vite et s'accélère, c'est que cela ralentit considérablement la prise de décision.
Une dizaine de décisions par an sont donc tranchées par le peuple, qui certes a toujours raison, mais peut se tromper. C'est peu, c'est très peu, en regard des dizaines de décision prises CHAQUE JOUR, par n'importe quel membre d'un exécutif d'un pays occidental. Et des dizaines de décisions qui passent devant un parlement chaque mois.  
Réduire le rôle du parlement, c'est tout simplement renforcer les exécutifs. Le XXème siècle a fait quelques tentatives dans ce sens, du côté du stalinisme et du fascisme. Il n'y a aucun indice, aucun fait, qui permettrait de penser qu'il n'en irait pas de même aujourd'hui, que les dérives populistes ne se termineraient pas en aventurismes personnels douteux et autoritaires. Au nom du peuple et de la Nation. Ou du Prolétariat.

01/11/2016

Faire un procès à l'Etat, c'est normal et c'est la base de la démocratie

Je suis consterné par l'inculture et donc l'incompétence de nos classes politiques et médiatiques. En Suisse et dans les pays qui nous entourent, proches ou lointains. Axpo, la société (suisse) exploitant nos centrales annonce réclamer 4 milliards en cas de sortie du nucléaire et tout le monde monte au créneau, parlant d'attentat contre la démocratie ou de complot capitaliste inadmissible. Hors tout ceci est parfaitement normal et c'est l'essence même de la démocratie.
J'ai lu aussi un politique, de droite, qui s'indignait de ce qu'une grosse firme puisse faire ce que tout un chacun n'avait pas le droit de faire, à savoir attaquer l'Etat en justice. Comment peut-on écrire une bêtise pareille et comment le journaliste qui la rapporte peut-il ne pas la relever ? Comment ? Tout simplement parce que depuis des années, les propagandes verte et altermondialiste nous ont tellement bassiné les oreilles avec un mensonge qu'il est devenu vérité pour la plupart des gens, même ceux qui ont fait de la politique une occupation principale. Ce qui est d'ailleurs la définition même de la propagande : répéter un mensonge jusqu'à ce qu'il devienne vrai aux yeux des gens...
Le premier mensonge ici est que M Toulemonde n'aurait pas le droit d'attaquer l'Etat s'il s'estime lésé. Bien sûr que si. C'est la base de l'Etat de droit et de la démocratie. J'ai même fait un film sur un programme d'assistance au Vietnam, payé par les coopérations suisse et suédoise, qui mettait en place cet outil indispensable à la démocratie dans ce pays communiste : pouvoir contester une décision de l'autorité devant les tribunaux.
On peut contester une amende, le montant de ses impôts, de son expropriation ou même par exemple faire un procès à l'Etat qui pose des gendarmes couchés partout, ce qui nuit aux suspensions de votre véhicule et vous démolit le dos si vous avez une hernie discale. Cela c'est vu, et un tel procès avait été gagné à Genève il y a quelques années par un particulier. C'est normal et légitime et on avait pendant quelques temps cessé d'installer des gendarmes couchés. Ce qui n'est pas normal, c'est qu'on ait recommencé à en remettre, mais passons...
Dans le cas d'Axpo, l'entrepreneur à qui l'on ferme un établissement avant que celui-ci soit amorti, par décision démocratique ou non, est évidemment en droit d'exiger un dédommagement. De même que l'autorité publique est fondé à le refuser s'il estime que les conditions d'un dédommagement ne sont pas réunies, ou en tout cas pas du montant demandé. Par exemple parce que l'exploitation est déficitaire. Ou parce qu'il n'est pas d'accord sur le mode de calcul des coûts du démantèlement. Ou pour toutes sortes de raison. L'affaire va donc aller devant les tribunaux, qui trancheront. C'est à ça qu'ils servent.
Ils feront une enquête, entendront des experts, les arguments de chacun, et hop, tel Salomon, couperont la poire en deux. Parts égales. Ou pas... C'est une procédure coutumière, la seule chose qui ne l'est pas ici sont les montants colossaux en jeu.
Une entreprise, comme un particulier, sont parfaitement fondés à réclamer des indemnités à l'Etat. C'est vrai dans un cadre national, comme dans un cadre international. Si un étranger se fait maltraiter pour X raison en Suisse, il peut faire un procès à l'Etat suisse en Suisse. Mais s'il pense que la Suisse n'est pas un Etat de droit et qu'il n'y sera pas traité équitablement, parce qu'étranger ou résidant de l'autre côté de la frontière... Ou parce que l'affaire qui l'oppose à la Suisse est à cheval sur plusieurs législations, il peut aussi faire un procès à la Suisse ailleurs.
C'est très exactement pourquoi dans la plupart des contrats, on précise le for juridique. Le lieu où devra se traiter l'affaire en cas de litige. C'est pourquoi aussi on prévoit des tribunaux ad hoc dans les traités de commerce internationaux, qui auront par définition à traiter de problèmes à cheval sur deux ou plusieurs législations nationales.
Mais de grâce, que vous soyez politiciens ou journalistes, si vous pouviez réfléchir deux secondes avant de reprendre les clichés des propagandes en vogue, le monde irait quand même un peu moins de guingois.