25/03/2017

Les démocrates, les islamistes et les nationaux-socialistes

Trois grands courants traversent le monde arabo-musulman sunnite. Ils se recoupent et se chevauchent parfois et sont eux-mêmes divisés en sous, voire sous-sous-chapelles, mais en gros on peut identifier :

A - les progressistes démocrates, laïcs croyants ou pas mais tolérants en tout cas, qui veulent vivre dans un monde libre. Où l'on respecte les libertés fondamentales de pensée, de croyance, de commerce, d'expression, d'entreprise, de déplacement, de moeurs et les droits de la femme bien sûr. Plutôt jeunes, dynamiques et éduqués, issus de la bourgeoisie souvent, ce sont eux qui sont à la base des révolutions de Jasmin et du printemps arabe. Parmi eux il y a des gens plutôt de gauche et d'autres plutôt de droite ou du centre. Les démocraties occidentales les aiment bien, mais ne sont pas vraiment prêtes à se mouiller pour eux. Or les deux autres courants – quoique violemment opposés entre eux - font tout pour empêcher ce rapprochement naturel et plus généralement pour empêcher l'avènement d'une démocratie laïque et stable à l'occidentale, qui ruinerait leurs plans de domination.

B - Les islamistes pas forcément violents et même parfois démocrates, du moins cas tant que le vote peut les rapprocher du pouvoir. Ils se divisent en plusieurs tendances. Les Frères Musulmans, les plus politiques, plutôt modernistes et enclins à la démocratie, sont soutenus par le Qatar (et historiquement par les Etats-Unis aussi, au prétexte qu'In God we trust et que des croyants valent mieux que des communistes...).
Les salafistes piétistes (à priori pacifiques mais rejetant la démocratie car toute décision politique doit venir d'Allah) d'inspiration wahabite sont souvent soutenus par les saoudiens.
Et bien sûr les islamistes violents façon Al Qaïda, Al Nosra & co qui ont été soutenus par les saoudiens à différentes époques. Ce courant compte de nombreux intellectuels, mais plutôt moins que les laïcs modernistes. Par contre, il est très bien implanté dans les milieux populaires et paysans plus conservateurs. Il est au pouvoir en Turquie et bien sûr dans les pays du Golfe. A noter que Daech est un cas à part, traité plus bas.

C - Les nationalistes socialistes à vocation despotique issus d'une longue tradition du nationalisme pan-arabe qui a hésité entre le marxisme et le nazisme dans les années trente, profité du savoir faire d'anciens responsables nazis allemands (convertis à l'Islam pour la plupart) entre 1945 et 80, tout en basculant clairement dans le camp soviétique au nom de la lutte contre Israël.
Divisé en une multitude de variantes nationales, parfois violemment rivales entre elles, ce courant est au pouvoir en Algérie, en Syrie, en Egypte avec Sissi et il tente de s'emparer du pouvoir partout ailleurs, y compris par les armes, comme en Libye (Maréchal Haftar) ou au Yémen (derrière les houtis). Ce courant "social nationaliste" est ouvertement soutenu par la Russie de Poutine et plus discrètement par l'Iran chiite, qui tente – notamment par le biais du soufisme – de faire avancer son agenda, à savoir supplanter le grand rival wahabbite.
Ce courant a ses partisans, persuadés qu'il est le plus à même d'éloigner le danger islamiste et il en joue. Y compris en ruinant les pays qu'il gère, au profit exclusif de la clique au pouvoir.

Il faut distinguer encore les cas particuliers des nationalistes pan-arabes islamistes qui cumulent les pires aspects des courants B et C:
Daech, ou l'Etat Islamique, dont l'islamisme est surtout de façade, destiné aux gogos fous de dieu susceptibles de se faire sauter et aux occidentaux qu'il s'agit de terroriser. En fait, Daech est dirigé par des officiers baasistes nationaux socialistes irakiens et ce sont les officiers baasistes syriens laïcs des services secrets de Bachar el Assad qui tirent les ficelles. Daech est un outil qui aurait pu avoir un rôle géopolitique important de tampon baasiste pro-russe sur les terres sunnites d'Irak et de Syrie. Toutefois, le déchaînement de violence accompagnant leur conquête de ces territoires et les attentats commis plus tard en Europe, rendent cette idée impossible. A noter que les-dits territoires leur ont été abandonnés quasiment sans combattre par les armées irakienne et syrienne en 2013.
Khadyrov et ses tchétchennes sont eux aussi des nationalistes islamistes. Objectivement plus islamistes que ne l'était l'ancien gouvernement indépendantiste que Moscou a écrasé dans le sang. Ils sont le pilier islamiste du Kremlin, leur antenne dans le monde arano-musulman. A noter que Khadyrov se rêve carrèment en alternance au wahabbisme. A noter que la petite Tchétchénie d'un million d'habitants – l'équivalent de la Suisse romande - a fournit le plus gros contingent étranger de Daech et ce n'est très certainement pas un hasard. Plutôt le fruit d'une volonté partagée des sunnites formés par le KGB de faire maison commune, qu'ils soient irakiens ou tchétchènes.

Pour ceux qui ne les ont pas encore vu, deux applications concrète des conséquences du conflit entre ces trois grands courants.



https://www.youtube.com/watch?v=8ugrhLoov2Y

https://www.youtube.com/watch?v=u5kDl7eLMQQ

 

NB: ces films ne sont sponsorisés par aucune entité. Le scoop qu'ils représentent - sur le plan audiovisuel, parce qu'en presse écrite des médias allemands et américains s'en sont déjà fait l'écho - fait peur à tout le monde. Mais si vous pensez que le message qu'ils véhiculent est important, n'hésitez surtout pas à partager et à faire connaître. C'est important que les gens sachent !

 

24/03/2017

Comment Bachar el Assad a utilisé Daech et même un peu plus

Pour une fois, je ne vais pas écrire, mais montrer: deux films d'environ 28 minutes chacun. 
Le premier raconte la révolution syrienne, vue par ceux qui l'ont faite et la manière dont Bachar el Assad a transformé ce qui n'était qu'un Mai 68 en guerre civile confessionnelle au prix d'un demi million de morts. Pour conserver le pouvoir et les 60% de la richesse nationale qu'il accaparait.

https://www.youtube.com/watch?v=8ugrhLoov2Y

Le second explique et démontre comment Bachar el Assad a soutenu la création et le développement de Daech, après avoir lui et son père, utilisé déjà le terrorisme et l'islamisme à grande échelle depuis des décennies. Comment et pourquoi il nous a envoyé ses agents pour commettre des attentats meurtriers.
La complicité en tout cas passive de Poutine. Avec cette question qui n'est pas posée dans le film, lorsque V. Fedorovski, transmué en vibrant défenseur de Poutine depuis quelques mois, et spécialiste des services russes, reconnait que Poutine est forcément au courant. Mais dès lors, si ce n'est pas la politique officielle du Kremlin que d'utiliser les réseaux islamistes contre l'occident, qu'attend le Tsar pour exiger de son allié qu'il y mette fin ?  Parce que pour l'heure, on n'en prend pas le chemin...

https://youtu.be/u5kDl7eLMQQ

02/03/2017

Faire le choix du progrès et de la réforme pour la France

Et si l'on arrêtait de parler politicailleries et querelles d'appareils qui n'ont de conséquences que pour les intérêts personnels d'une poignée d'élus, pour s'occuper concrètement des problèmes des gens ? La droite, l'extrême-droite, la gauche de la gauche et l'extrême gauche ont tiré à boulets rouges sur François Hollande et son gouvernement pendant 5 ans.
Certes, il a pécloté, au début. Mais au final, il a fait passer des réformes sociales que Sarkozy n'avaient pas osé ou pas été en mesure de présenter. Des réformes classées plutôt de droite, oui, qui libéralisent l'économie, oui, mais sur lesquelles une majorité de Français raisonnables ne peuvent que s'accorder, si cela permet au pays de se redresser. Ce qu'il a timidement, mais indéniablement commencé à faire. La France n'est pas en faillite et le chômage a cessé de croître. Ce qui dix ans après la crise de 2007, n'est pas si mal. Pour mémoire, dix ans après celle de 29, on était en 1939...

Aujourd'hui il semble qu'une majorité de Français se retrouvent au centre, épris à la fois de solidarité et de libéralisme économique, ce qui est loin d'être incompatible. Tout est dans les dosages. Qu'il s'agisse de la droite du PS ou de la gauche des Républicains, il est évident que ces gens peuvent s'entendre et travailler ensemble à une société plus juste et plus efficace.
Sur les enjeux essentiels, ils sont d'accord : préserver la démocratie, construire et consolider l'Europe, renforcer l'euro, assurer la sécurité intérieure en donnant les moyens nécessaires à la police (que la droite lui avait enlevé...) protéger la sécurité extérieure en maintenant le libre échange... et en se montrant fermes à l'égard des voyous qui n'ont d'autres ambitions que de détruire l'Europe. Ce qui ne signifie pas qu'on arrête de parler avec eux, mais qu'on arrête de se laisser marcher dessus, en sacrifiant les peuples, comme en Ukraine ou en Syrie.

Si Fillon se maintient, son sort parait scellé. Il ne sera pas au 2ème tour, qui verra s'affronter Macron et Le Pen. L'Europe contre le nationalisme, l'ouverture contre la fermeture, le progrès contre la réaction, l'humanisme contre le repli sur soi, l'économie contre le protectionnisme, l'intelligence et l'expertise contre le populisme et la trumperie des masses. Alors certes, les valeurs de division et de repli sur soi ont le vent dans le dos, tandis que les valeurs de modernisme et de partage – au-delà de la nation- ne font plus recette. Mais il est plus que temps d'en découdre en jouant carte sur table.
La droite traditionnelle catholique et filloniste risque de renforcer Le Pen, de même qu'une partie des voix d'extrême gauche mélenchonistes, emportées par leur credo souverainiste et anti-européen.
Mais en face je reste persuadé que la majorité des gens raisonnables, ceux qui travaillent et font vivre le pays, ne se laisseront pas séduire par les sirènes de la haine. Que la majorité des votants se défiera de gens financés par le Kremlin, dont on sait qu'il n'a d'autre rêve que de casser l'Europe, pour étendre la mainmise de Moscou de Brest à Vladivostok. Ne laissons pas casser la France.


Pour ceux que cela intéresse de jeter un oeil sur le programme :
https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme