26/08/2018

En Ukraine et/ou en Syrie, Poutine repasse à l'offensive

Depuis une semaine, les combats ont repris dans l'est de l'Ukraine, à la suite d'un fort regain d'agressivité des troupes russes et assimilées. Les ports ukrainiens de la Mer d'Azov, dont Marioupol, sont soumis à un blocus complet, Moscou empêchant tout passage de navire par le nouveau pont de Ketch qui vient d'être construit en barrant l'accès à la Mer d'Azov. Cela ressemble à la préparation d'une prochaine offensive, alors même que la situation en Syrie est plus explosive que jamais.
Je ne croyais pas à l'offensive des troupes de Bachar sur Idleb, alors qu'Erdogan se rapproche ostensiblement de Moscou. Je me trompais. Chancelleries et hiérarchies militaires se menacent d'interventions massives et de représailles aériennes, tandis que leurs services "secrets" cherchent à influencer l'opinion. Tout le monde joue au billard à trois bandes, l'intérêt pour Poutine étant de ne pas prévenir à l'avance de l'endroit où il va frapper, en laissant entendre qu'il pourrait frapper aussi bien en Ukraine qu'en Syrie. Ce qui oblige les occidentaux à prévoir des ripostes dans deux cas de figures bien différents et géographiquement distants.
Au final où le Kremlin va-t-il porter son attaque ? S'il attaque...

Erdogan menace de quitter l'OTAN, mais a besoin de l'OTAN pour protéger la zone d'Idleb dans laquelle sont entassés 3 millions de sunnites définitivement hostiles à Bachar qui a massacré des centaines de milliers d'entre eux dans des conditions atroces, femmes et enfants d'abord… Erdogan les a toujours soutenus et les lâcher maintenant serait une trahison infâmante aux yeux de tout le monde sunnite. En plus la Turquie considère cette partie de la Syrie comme turque et en l'occupant, Erdogan se protège des Kurdes. Rien n'est jamais écrit à l'avance, mais il serait étonnant que le sultan abandonne ce terrain sans combattre.
De son côté, Bachar veut en découdre et ses généraux aussi, peu soucieux de laisser vivre un foyer rebelle armé sur leur flanc nord. C'est dans ce contexte qu'il faut voir l'aveu, il y a quelques jours, par le président de la commission du renseignement du parlement syrien, du fait que la direction militaire de daech est infiltrée et manipulée par les services secrets de Bachar el Assad. Ce qui est un secret de polichinelle (j'ai personnellement fait un film de 28' qui l'explique) mais qui est reconnu officiellement pour la 1ère fois, sous la forme d'une menace peu voilée à la Turquie: si vous nous embêtez quand nous attaquerons à Idleb, nos cellules de Daech en Turquie vont tout faire péter… Une telle menace, faite aux Européens par le Grand mufti de Damas, homme lige du régime, avait été suivie deux mois plus tard, par la cavale sanglante de Merah à Toulouse.
Curieusement, alors qu'il était en mesure de jouer les parrains conciliateurs en Syrie, Poutine semble décidé à protéger l'offensive syrienne. Ce qui a causé l'échec des conversations de Genève et menace celles d'Astana. Quelle autre explication qu'un besoin de faire monter les enchères face aux pressions occidentales? Poutine est en effet persuadé que sur le terrain militaire, les occidentaux n'oseront jamais le suivre pour de vrai. A moins qu'il ne tente de pousser ses pions avant le naufrage de Trump… En tout cas, cela entraîne d'étranges gesticulations, comme le raconte l'excellente Cécile Vaissié.
Ce 22 août, les chancelleries occidentales ont prévenu que l'armée syrienne (soit des Syriens, mais surtout beaucoup d'Iraniens, de Libanais, d'Afghans, de Tchétchènes et de Russes) se préparait à utiliser des armes chimiques, dans le cadre de son offensive sur Idleb. Un journaliste d'opposition russe a repris la chose en précisant que les occidentaux avaient menacé de tirer directement au missile de croisière sur l'armée de Bachar en pareil cas.
Aujourd'hui 26, c'est le ministère russe de la Défense qui met en garde contre une possible mise en scène d'attaque chimique qui pourrait se produire en Syrie «dans les deux jours». Des «experts étrangers anglophones» pourraient y participer, a-t-il ajouté.
L'info est rediffusée par les ambassades de Russie et par les relais habituels de la propagande russe, qui préparent ainsi le terrain pour nier le rôle de Damas et de ses alliés, en cas d'attaque effective. Comme ils l'ont déjà fait par le passé. Pourquoi se gêner puisque ça marche. Il suffit de balancer avec de très gros moyens de diffusion un rapport pondu par une journaliste payée par le Kremlin, avec la collaboration d'un scientifique qui a bossé un temps avec le MIT mais n'y est plus, en prétendant que c'est un rapport du MIT et le tour est joué. Le rapport des experts de l'ONU devient inaudible, d'autant que le veto Russe a interdit que le réel coupable y soit désigné...

On vit vraiment une drôle d'époque me disait ce soir l'un des financiers les plus expérimentés de la planète, banquier privé de son état. De fait, là  par exemple, 
on ne sait toujours pas ce qui est la vraie maskirowka ? L'attaque en Ukraine pour laisser le champ libre en Syrie ? Ou l'inverse ?

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