08/09/2018

Faut-il guillotiner nos meilleurs politiciens à la première pecadille ?

Lorsque j'avais 15 ans mon père, qui voulait me vacciner contre l'extrémisme, m'a expliqué que certains trotskistes étaient devenus des responsables de la collaboration. Je lui rétorquais que Krivine, lui, était un pur. « Ce sont les pires, dit-il, parce que lorsque la réalité ne colle plus avec leurs théories, ce qui arrive fatalement, ils vont tenter de tordre la réalité pour la faire coller malgré tout. Ce qui se solde généralement par des tombereaux de morts... »
En plus des idéologues, il y a aussi tous ceux pour qui la loi s'applique à la lettre, sans chercher à en comprendre l'esprit, bien que les lois soient humaines et rarement parfaites. Enfin, il y a tous les jaloux, pour qui les têtes qui dépassent sont faites pour être coupées. Ce qui au final fait beaucoup de monde appliqué à crier haro sur le Maudet. Qui a fait une grosse bêtise et s'en mord les doigts jusqu'à l'os...
Cela ne devrait pas faire oublier son bilan : depuis que Maudet a pris la tête de la police, la criminalité a baissé, les Paquis sont apaisés, le bonneteau a disparu, Papyrus a résolu la situation de centaines de sans-papiers honnêtes. Perso, j'ai hâte de voir ce qu'il sera capable de faire à la tête du département présidentiel, pour pacifier les relations dans l'agglomération, soutenir l'action de la Genève Internationale, promouvoir les conditions cadres les meilleures possibles pour l'économie et l'emploi. Ne pas lui laisser l'opportunité de se décarcasser pour Genève, marquerait un auto-goal qui serait la genferei du siècle, quand d'autres qui l'accusent, à droite, vivent de la dissimulation fiscale quand ils ne mélangent pas allègrement fonction publique et intérêts privés.
L'honnêteté et la droiture sont des vertus cardinales, l'humilité aussi. Maudet a plus souvent manqué de la troisième que des deux premières, mais le fait d'avoir – comme quasiment tout le monde , en politique - fini par jouer avec la ligne et s'être fait prendre devrait le rendre un peu plus humain, ce qui lui manquait.
En religion comme en morale, il est des pêchés véniels et d'autres capitaux. Les confondre revient à se priver de compétences reconnues au profit de l'inconnu qui aura toutes les chances d'être moins compétent, moins courageux et aussi moins sensible aux questions éthiques que ne le sera Maudet après cette expérience désastreuse.
La dernière fois que programme et compétence ont commencé à compter moins que le dernier scandale monté en épingle, ce sont les dictatures qui en ont profité. Sachons raison garder, mais avec vigilance, parce que le vent mauvais qui vient de l'est et des dictatures milliardaires, c'est bien celui de la corruption. A tous les étages : lorsque des journalistes reçoivent en cadeau des infos sur telle ou telle personnalité, ce n'est jamais sans arrière-pensée. Si Maudet s'est toujours montré fervent défenseur de la liberté de la presse et des libertés en général, je ne suis pas certain qu'il en aille de même de tous ceux qui l'accusent aujourd'hui. Or par les temps qui courent, la République a besoin de politiques droits dans leurs bottes et munis d'une colonne vertébrale solide. Je peux me tromper, mais j'ai le sentiment que celle de Maudet ressortira rigidifiée de ce coupable épisode.