26/11/2007

La fièvre monte à la Guajira

La Guajira, c'est une péninsule de la Mer des Caraïbes marquant la frontière entre le Venezuela et la Colombie, deux pays frères et potentiellement puissants, issus tous deux de la Gran Colombia, créée par Simon Bolivar, un Colombien né au Venezuela…
Deux pays très proches et interdépendants: 6 milliards de dollars d'échanges commerciaux annuels, très largement en faveur de la Colombie qui exporte tous les produits de première nécessité que les Vénézueliens ne produisent plus.
Ils ne les produisent plus pour deux raisons, qui sont la manne pétrolière et le néo-socialisme de Chavez.
1)         Le pétrole dope artificiellement l'économie vénézuelienne, exactement comme l'or des Amériques a brutalement enrichi puis assoupi pour longtemps la Péninsule ibérique à la Renaissance.
2)         Chavez répète malheureusement toutes les erreurs des gouvernements socialistes depuis 1917. Il développe l'instruction et la santé, ce qui est bien, mais sans se préoccuper des infrastructures.
Ainsi il a laissé s'effondrer le pont autoroutier qui reliait sa capitale à l'aéroport. Résultat 4 heures de 4x4 dans les fondrières des favelas, au lieu d'une demie-heure auparavant. Bonjour la pollution. 
Alimentée par le pétrole, la corruption bat son plein et la gabegie règne.
Chavez a décidé que l'eau et le lait seraient partagés par tous, ce qui est bien, mais sans parvenir à augmenter la production ! Il y a donc désormais des coupures d'eau à toute heure du jour à Caracas et le lait est acheté aux Colombiens. Qui pendant ce temps là, connaissent un taux de croissance de 8%.
La brusque remontée des tensions entre les deux présidents, pendant que le nain frénétique se promène en Chine, aboutit à un gel que l'on espère momentané des relations. Il est clair que sur le plan économique, la Colombie perd des débouchés importants, mais le Venezuela se retrouve avec une crise d'approvisionnements.
Des magasins vides, ce n'est pas l'idéal lorsque l'on demande au peuple l'approbation d'un référendum constitutionnel qui donnerait à Chavez les pleins pouvoirs à vie… Quand à utiliser l'arme traditionnelle des dictateurs, à savoir déclarer la guerre à l'étranger pour détourner l'attention des crises intérieures, on espère que Chavez n'en est pas réduit à ces extrémités.
Reste la question des otages, cause initiale de l'incident. On voit là les limites de la politique spectacle, chère à Chavez autant qu'à Sarkozy (qui entre parenthèses, pour son ouverture, ne choisit jamais les meilleurs, mais toujours les plus médiatiques ou les mieux médiatisables).
Chavez a brassé beaucoup d'air, fait beaucoup d'annonces, mis en difficultés à plusieurs reprises le gouvernement colombien, mais sans jamais ramener rien de concret. Aucune avancée réelle dans le processus de négociation. Par contre il a en permanence cherché à asseoir sa crédibilité et celle des FARC, qui de bourreaux, c'est-à-dire de ravisseurs finissent par apparaître victimes.
Toute l'opération ressemble non plus à une médiation, mais à une tentative de manipulation de l'opinion publique, dans laquelle le Gouvernement démocratiquement élu d'un pays devient le méchant parce qu'il refuse de céder une partie de son territoire à des racketteurs assassins et trafiquants de drogue.      

Or la question N°1 en Colombie n'est pas de libérer les otages actuels, aussi célèbres soient-ils mais de faire en sorte qu'il n'y ait plus d'enlèvements. Ce qui signifie que la libération des otages actuels, certes éminemment souhaitable, ne peut pas se payer au prix d'un renforcement des capacités militaires ou territoriales des FARC. Chavez aurait gagné la partie s'il était parvenu à sortir les FARC du jeu en les accueillant au Venezuela, mais visiblement, Marulanda et ses guérilleros ne l'entendaient pas ainsi.

Dommage pour la paix. 

25/11/2007

ZH + SG + VD + NE = 0 UDC

Zurich et Saint-Gall, après Lausanne et Neuchâtel, viennent d'en faire la démonstration éclatante. L'UDC, tant qu'elle persistera dans la provocation blochérienne,  n'a aucune place dans une élection majoritaire. Et pour ceux qui en doutaient encore, s'allier avec un épouvantail apparaît clairement comme le meilleur moyen de perdre et donc de repousser les réformes nécessaires. La démocratie helvétique, qui laisse une large place à la proportionnelle, digère mal un système de blocs et d'alternance.

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DU CENTRE & DEMOCRATIQUE ?

Un parti qui s'intitule "du centre " tout en insultant le concept et en lui déniant tout avenir politique ne peut pas séduire la majorité des électeurs. Quand à s'appeler démocratique cela reste à prouver, tant il est vrai que leur nouveau président genevois, par exemple, exige à longueur de blog que ses ennemis politiques ou les journalistes rendent des comptes devant la justice. On frémit à l'idée de ce que cela donnerait si d'aventure ils arrivaient au pouvoir.

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Tabler comme ils le font sur la peur du communisme pour faire avancer les choses est juste une attitude dépassée par les faits et la réalité. Personne ne parviendra à faire croire à la majorité des Suisses que Cramer ou Calmy-Rey sont des communistes. N'en déplaise à ceux qui se pâment à l'évocation des affrontements virils des années 30, il n'y a plus, il n'y a jamais eu de solution miracle de gauche ou de droite.

 PRAGMATISME vs IDEOLOGIE

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Le libéralisme seul et sans entrave est une jungle et l'étatisme à tous crins a amplement prouvé son inefficacité. C'est avec des solutions concrètes bâties sur le pragmatisme plutôt qu'avec des remèdes théoriques basés sur l'idéologie que l'on résoudra les problèmes. Ce qui implique de travailler avec tous les démocrates de bonne volonté.

Les votations cantonales pour lesquelles je viens de recevoir mon enveloppe en sont la preuve.

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La loi sur le chômage, par exemple rassemble le Conseil d'Etat autour d'un consensus fort. C'est la meilleure solution pour enrayer les pièges du chômage de longue durée et pour continuer d'accompagner les cas à problème, en dépit de la suppression imposée par Berne des emplois temporaires. Il n'y a pas d'autre solution si Genève veut continuer à respecter les lois fédérales… Seuls des extrémistes peuvent s'y opposer, et le seul parti du Grand Conseil qui soit dans ce cas (contre la volonté de ses Conseillers d'Etat) est très divisé sur la question. A tel point qu'ils ont changé d'avis plusieurs fois.

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CLASSES MOYENNES & MILLIARDAIRES

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De même, seuls des extrémistes peuvent défendre les initiatives fiscales 130 et 131 dans le contexte actuel. D'abord parce que les classes moyennes paient trop d'impôt, et par classes moyennes j'entends tous ceux qui vivent des revenus de leur travail, même avec des salaires de 200 ou 300 000 francs annuels par foyer. Dans cet ordre de grandeur, la différence d'avec les plus bas revenus est en effet généralement justifiée par des niveaux d'étude ou des investissements en temps et en responsabilités qui sont considérables.

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On peut, on doit discuter en revanche des revenus des hyper riches, les milliardaires et assimilés, qui sont les seuls dont les revenus explosent et qui profitent à plein des différents plafonnements. Tout en disposant des pouvoirs occultes considérables que leur assurent leurs revenus immenses. Mais tant qu'il n'y aura pas d'accord international unanime sur la question, toute tentative de les imposer davantage est malheureusement vouée à l'échec. Dès lors, le canton doit tirer son épingle du jeu dans un contexte de concurrence intercantonale et internationale. Et donc leur offrir une fiscalité avantageuse qui nous rapporte (très) gros, même si pour eux, ce n'est qu'une petite partie de ce qu'ils gagnent.

22/11/2007

On leur tend la main, ils vous coupent le bras

Etonnant, ce retour en vogue des roitelets en tous genres.

Celui d'Espagne a sans doute eu raison d'apostropher Chavez qui n'est guère un modèle de démocratie. Contrairement à Juan Carlos, qui à deux reprises, par son engagement direct, a permis à son pays de s'affranchir du franquisme et de ses nostalgiques.
Le Prince de Savoie se sent pousser des ailes et réclame un sacré paquet d'argent à l'Italie de ses ancêtres. Qui rappelons-le avait banni sa famille pour sa proximité avec le fascisme de Mussolini et les risques que sa seule présence entraînait pour la stabilité du pays. Les démocrates italiens ont cru bon de faire une croix sur le passé, jugeant le retour des Savoie désormais sans danger. Apparemment ils se sont trompés, puisque le Prince a trouvé une manière fort originale de s'assurer d'une liste civile aux frais de la princesse…
Sarko 1er , lui double carrément la sienne, ce qui lui évitera d'avoir à quémander des vacances chez ses copains milliardaires. Ou d'engager ses assistants personnels (dont le nombre a triplé à l'Elysée) sur des budgets d'emplois fictifs. Chose pour laquelle il encourage les les poursuites à l'encontre de son prédécesseur. Ce qui ne changera rien au fait que l'un entrera dans l'Histoire avec la stature d'un seigneur de la scène internationale et l'autre en tant que caniche nain hyperactif.
Le roitelet de l'OMPI, dont j'évoquais les aléas de date de naissance dans mon livre, a fini par être limogé. Tout en conservant son salaire, d'au moins 20 000 par mois après impôt, jusqu'en 2009. Je n'ai rien personnellement contre des salaires annuels de plusieurs centaines de milliers de Francs lorsqu'ils sont justifiés. Mais là, cela ne fait pas honneur au système onusien, qui mérite mieux…
Mon livre, justement, ça fait un moment que je ne vous en ai pas parlé. Demain vendredi, je dédicace l'Utopie Urgente (éd. Slatkine) de 12h à 19h, à l'Athénée dans le cadre d'une Journée portes ouvertes de la Société des Arts. Il y aura moi et d'autres auteurs Genevois, plus des musiciens, des petits fours, l'apéro, des peintres et des visites guidées. Bienvenue.

20/11/2007

Bureaucratie à la sauce helvétique

Dans le blog juste en dessous, l'excellent Pascal Décaillet s'en prend à l'Union européenne en opposant deux choses, la démocratie et la bureaucratie, qui ne sont pourtant en rien liées par une quelconque relation de cause à effet.

D'ailleurs, si l'UE cherche à réduire sa bureaucratie, ce qui est tout à son honneur, ce n'est pas qu'elle en a trop. Bien sûr, on en a toujours trop, mais des études comparatives internationales ont prouvé que le coût de la machine adminisrative européenne, en regard des prestations fournies au citoyen, était le plus favorable au monde, et ce en dépit du boulet que représente les frais de traduction dans plus d'une vingtaine de langues. Aucun pays ne fait mieux et surtout pas la Suisse, dont la superposition des administrations communales cantonales, intercantonales et fédérales n'est pas toujours optimale.

Il se trouve que c'est précisément le coût de la démocratie. Pour être proche du peuple, il faut décentraliser, donc multiplier les guichets et les administrations. Mais encore une fois, il est toujours possible d'optimiser et c'est ce que cherche à faire l'UE. La Suisse aussi, et le Canton de Genève, qui devrait redéfinir les contours de ses administrations à travers la constituante.

Si vous le souhaitez. M. Décaillet, je peux vous donner les coordonéées genevoises de quelques anciens très hauts fonctionnaires européens qui pourrront éclairer votre lanterne sur ce sujet. peut-être dans l'une de vos émissions ? 

16/11/2007

Le Goût de Bouchon des Verts

Etonnante, la lettre ouverte d'Antonio Hodgers ce matin dans la Tribune. D'abord il commence par expliquer que les automobilistes sont bloqués dans les bouchons par d'autres automobilistes et pas par des écologistes. Sauf que ce sont bel et bien des écologistes, ou leurs alliés, qui font en sorte depuis vingt ans
1) de restreindre systématiquement l'espace public à disposition des véhicules 
2) d'entraver la fluidité du trafic par toutes sortes de mesures
3) d'empêcher toute construction de route nouvelle (ou de parking souterrain) y compris à Genève la traversée de la Rade ce qui rabat au centre ville des flots de véhicule qui n'ont rien à y faire.
Un peu plus loin il explique : "Un investissement massif dans les infrastructures adéquates est nécessaire". Il ne parle évidemment toujours pas de Traversée de la Rade (ne rêvons pas), mais de développement des Transports en Commun. Pas de problème, j'approuve. je suis d'ailleurs pour une Traversée incluant les transports publics.
Puis Hodgers détaille "l'instrument le plus efficace pour parvenir à ce résultat". On s'attend à une recette miracle permettant de financer ces investissements lourds ou de lever les oppositions prévisibles, mais non il se limite à exiger "la réduction du nombre de places de parking disponibles"... Que voilà un bel investissement massif ! 
Ce faisant, il rappelle qu'au delà du discours sur le réchauffement climatique, les verts en veulent à la voiture en tant que telle, qu'elle pollue ou non, en tant qu'outil de liberté individuelle et probablement, surtout en tant que signe extérieur de réussite sociale.
Je ne les suivrai pas sur ce terrain. Autant je pense que la voiture doit être conçue de la manière la moins polluante possible, tandis que la population sans voiture doit pouvoir disposer de transports publics efficaces, autant je crois que le libre choix doit rester une option fondamentale.
Mieux vaudrait encore un péage urbain qu'une limitation accrue du nombre de parkings qui accroit la pollution et la suroccupation artificielle de l'espace public: les véhicules tournent en vain en quête de places, alors qu'il vaudrait bien mieux les sortir des rues dès qu'ils ne servent plus.   

14/11/2007

Mère de 10 000 enfants

J'ai fait la connaissance hier soir d'une femme remarquable, comme on en voit peu dans sa vie.
Marguerite Barankitse donnait une conférence dans le cadre des dialogues de Genève menés par Jean Freymond.
Cette burundaise d'origine tutsie a sauvé 10 000 enfants au cours des massacres qui ont ensanglanté son pays et les Etats voisins depuis 14 ans. Avec des recettes toutes simples, elle est même parvenue à faire de chacun d'eux des ambassadeurs de la paix et de l'amitié entre les peuples.
Son credo tient en quelques mots: amour, équilibre, justice et bonté.
Elle est chrétienne, mais à sa manière et sans la moindre once de sectarisme. Comme elle le dit elle-même, on n'a que faire de paradis au ciel, c'est sur terre qu'il faut construire une vie meilleure. Un langage qu'un athée tel que moi ne peut qu'approuver. Surtout lorsqu'il s'accompagne de réalisations hors du commun.
Nul doute que c'est sa foi qui lui a permis de déplacer les collines de son Burundi natal pour y construire plus de 500 maisons afin d'y abriter ces enfants. Sa foi, assortie d'un caractère et d'une intelligence d'une trempe exceptionnelle. Responsabiliser les bourreaux pour qu'ils prennent en charge les enfants de leurs victimes, il fallait oser. Or apparemment ça marche et toujours dans le respect de l'ethnie et des croyances de l'autre.

Il existe un livre sur elle, paru chez Albin Michel :  "La haine n'aura pas le dernier mot, Maggy, la femme aux 10.000 enfants" de Christel Martin.

Son message m'a fait réfléchir à la vanité de nos petites haines politiques si confortablement genevoises. J'étais prêt à pardonner même à ceux qui coupent dans les budgets de l'aide au développement...

Ceci dit, il n'y avait que des représentants de la Genève Internationale à cette conférence et aucun vrai Genevois, hormis trois journalistes. C'est grand dommage, cette dichotomie entre deux mondes, car "Maggy" est sans doute la personne la plus lumineuse et originale qui se soit exprimée à Genève cette année.
Il y a tout de même un organisme qui tente de faire le lien entre ces deux parties de notre ville, c'est le Mouvement pour Genève, qui tient ce soir conférence avec Walter Fust, le patron de la DDC pour questionner l'avenir de l'aide au développement, à 20 heures à la salle Point-Favre, à Chêne-Bourg. J'y serai.      

12/11/2007

La leçon vaudoise

Une fois de plus, l'alliance contre-nature de la droite avec la droite extrême s'est soldée par un échec cuisant dans le canton de Vaud.
Cela devrait faire réfléchir ceux qui prônent ce type d'alliances. Non seulement au sein de la droite, mais aussi au sein de la droite extrême.
Le problème est simple.
La droite extrême représente aujourd'hui 20% de l'électorat dans nos cantons lémaniques. Même en admettant qu'elle parvienne à grignoter encore quelques pour cent au sein des libéraux, voire des PDC (parmi les radicaux, à Genève, il semble que cela soit terminé) elle atteindra péniblement la moyenne suisse soit 30%. Mais en phagocytant les voix de la droite classique, pas en en gagnant un nouvel électorat.
Tout au contraire, au sein de la droite classique, un certain nombre d'électeurs préféreront toujours voter avec le centre gauche, les verts et la gauche pour barrer la route à l'aventure de la droite extrême. C'est ainsi et toutes les consignes de vote des partis n'y changeront rien.
A chaque fois qu'elle s'aligne sur les positions de l'UDC, la droite classique perd des électeurs. Parce que les positions spécifiques à la droite extrême déplaisent à la majorité de l'électorat et parce que la droite extrême s'ingénie à entretenir une image qui lui assure l'adhésion de son électorat, mais qui sert de repoussoir à la majorité des citoyens de ce pays.
Parce que la concordance avec une gauche raisonnable, on en connaît et l'on en mesure les inconvénients, mais on n'a pas du tout envie de connaître les inconvénients d'une gouvernance pilotée par la droite extrême.   
En jouant comme elle le fait avec la machine à perdre, l'UDC joue donc contre la mise en pratique de ces idées les plus raisonnables, celles qu'elle partage avec la droite classique. Elle fait le pari du jusqu'auboutisme, ce qui ne fait qu'entretenir la peur à son égard.
C'est son droit, mais à droite et au centre droit genevois, ceux qui n'ont pas encore ouvert les yeux feraient bien de se réveiller. Ce n'est pas dans un affrontement de blocs, droite contre gauche que l'on fera avancer les choses et le pays. C'est contraire à la tradition helvétique et de toute manière, ce type d'alliances offre la majorité au camp d'en face !
C'est en coopérant au centre avec les pragmatiques, au sein des partis de gauche et des écologistes, que l'on résoudra les problèmes concrets. Nous devons travailler avec ceux qui ont en ligne de mire l'intérêt commun et le sens de l'état en bandoulière. Pas avec ceux qui n'ont que la gloire de leur parti en tête et l'idéologie de l'extrême pour bagage.   

09/11/2007

Cauchemar inquisitorial

Je dis assez souvent du mal de la TSR pour en dire du bien quand elle fait au mieux ce qu'elle sait faire: du reportage intelligent, pointant du doigt les vrais problèmes. Le Temps Présent d'hier soir, rappelait que les affiches ont un impact sur les jeunes générations. Cet impact peut être extrêmement négatif.

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C'est le monde de demain que nous préparons aujourd'hui. J'ai beau me dire que de parler de la droite extrême leur fait de la pub, je ne peux m'empêcher de penser que le monde vu par eux me fait peur. Sur son blog ici même, M. Pardo explique benoîtement comment il a pisté l'adresse IP d'une personne qui l'insultait anonymement en lui envoyant des messages sur son adresse de la Tribune de Genève. Il est tombé sur un ordinateur professionnel et s'est arrangé pour savoir qui l'utilisait, avec des complicités à l'intérieur de l'entreprise. Une démarche inquisitoriale tout à fait désagréable. Le pire, c'est qu'il ne s'en rend même pas compte, puisqu'il s'en vante !
Sans publier le nom de la personne, car il est avocat et sait ce qu'il risquerait, il lui fait savoir publiquement qu'elle est identifiée, et qu'elle risque des ennuis en dévoyant ainsi l'usage d'un matériel professionnel sur son lieu de travail.

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De fait, ce n'est pas bien d'insulter ou de menacer les gens. Mais quand on est politicien et en plus d'un parti qui utilise volontiers la provocation, on peut s'y attendre… Mieux vaut avoir le cuir solide. Internet sert aujourd'hui de soupape à la pression populaire. je n'aime pas les propos haineux qui s'y développement, mais de là à les pourchassrr ainsi... Les blogueurs de l'UDC ne se sont d'ailleurs pas privés ici même d'utiliser des termes assez peu courtois à l'égard des partis de l'entente ("trou noir", quelle finesse M. Nydegger!) voire d'user de menaces voilées à l'égard de ma petite personne. Accessoirement, les propos adressés à M. Pardo n'étaient pas publics.

Les méthodes utilisées pour pister la coupable me paraissent en revamche révélatrices d'une mentalité totalitaire. Elles ressemblent à celles de la Stasi en Allemagne de l'Est, ou des "Sociales" de Franco. De gauche ou de droite, elles se ressemblent. Des méthodes fort dangereuses pour la démocratie. La droite extrême n'est pas encore au pouvoir. J'ai heureusement assez confiance en l'esprit de Guillaume Tell, le vrai, pour savoir que je ne serai pas seul à tenter de l'empêcher d'y accéder. Démocratiquement.

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Il serait temps que les tenants de l'économie libérale qui soutiennent ce parti se rendent compte qu'ils sont en train de se tirer une rafale dans le pied. Le parti radical genevois, éclairé notamment par Gilles Petitpierre s'est en tout cas nettement positionné à cet égard. Nous nous battrons pour nos valeurs, une concordance basée sur le soutien à l'Europe, le développement des énergies alternatives, l'abaissement de la fiscalité sur le travail et le financement de la recherche.

06/11/2007

Mère tolérance

Vu hier soir un excellent film sur TPS : In my country, de John Boorman avec Samuel Jackson et Juliette Binoche. L’Histoire qu’il raconte est universelle. C’est l’impossibilité d’assurer la domination d’une minorité sur une majorité sans recourir à des moyens d’une violence extrême, qui finissent rapidement par déshumaniser tortionnaires et victimes.

Le moment choisi, les auditions de la commission "Vérité et Réconciliation" en Afrique du Sud, illustrent la complexité des rapports humains dans des situations de violence que l’on voudrait ne jamais avoir à vivre. Las, elles existent. L’Afrique du Sud a tourné la page, la Colombie est en train d’essayer de le faire. Sa loi Justice et Paix fonctionne sur le modèle sud-africain.

On lui souhaite un succès au moins aussi équivalent. La chose devrait être facilitée par la relative absence de racisme en Colombie mais pour l’heure, la moitié des acteurs concernés refusent toujours de participer. Espérons que la médiation de Chavez aille dans le bon sens. Contrairement à l'Afrique du Sud, il n’y a pas encore eu de vainqueur clair en Colombie même si la guérilla recule. Rien ne prouve encore que toutes les parties finiront autour d’une table ou dans un prétoire.

Ce serait pourtant la solution idéale, pour mettre fin aux décennies de guérilla qui ont ensanglanté le pays. Mais il est rare qu'une vraie paix puisse s'installer sans un vrai vainqueur... et malheureusement des combats qui aient fini par lasser vraiment les deux parties. C'est pourquoi, le mieux avec la guerre, c'est de ne jamais la commencer.

Il y avait tout de même de beaux motifs d'optimisme dans le film: la poètesse afrikaneer qui combat le racisme apprend sur le tard que sa mère a eu des amis poètes sud américains et afros-américains durant ses études à Paris. Chaque génération pousse ainsi un peu plus loin le combat contre la bêtise en apprenant très tôt à respecter l'autre.

Ma mère a moi, à Normale Sup dans le Paris de la guerre, c'est Jacques Rabemananjara poète et indépendantiste malgache et Behanzin petit fils du roy du Bénin mort dans les geôles françaises, qui furent ses condisciples et amis. Merci à elle et à eux d'avoir fait montre de cette ouverture d'esprit.

PS: j'ai bien ri en découvrant l'affiche qu'expose aujourd'hui sur son blog M. Pardo, en se plaignant de ce que les médias n'en aient pas parlé avant, au lieu de se concenter méchamment sur celle des moutons. Pauvre Calimero. Le problème, c'est que cette affiche, personne ne l'avait vue avant aujourd'hui. En tout cas pas moi. Et vous ? J'attends vos réponses. 

 

05/11/2007

L'ADN de Zoé

On entrevoit aujourd'hui le déroulement des évènements dans l'affaire de l'Arche de Zoé:
Alors que le Darfour a été l'un des thèmes secondaires de la campagne présidentielle française, une ONG dont les membres se disent volontiers sarkozystes contacte l'Elysée juste après l'élection pour exposer son projet: faire venir en France, pour adoption, 1000 enfants du Darfour.
Les conseillers de Sarkozy ne sont pas très chauds. Pourquoi ? A l'époque des boat people, Jacques Chirac avait adopté une petite vietnamienne, devenue depuis une femme brillante et respectée, mais les temps ont changé. Faire débarquer un millier de petits africains alors que l'on expulse plusieurs dizaines d'adultes par mois et que l'on en refoule dix fois plus aux frontières de Schengen, parait effectivement paradoxal.
Par ailleurs, Terre des Hommes à Lausanne, consultée, se prononce de manière très critique pour des motifs qui lui appartiennent. Il est vrai que l'argent dépensé pour aller chercher les enfants pourrait être utilisé de manière beaucoup plus efficace su place, pour davantage d'enfants, mais il n'est pas dit que les mêmes sommes seraient récoltées…
Tête brûlée, le patron de l'ONG décide de continuer malgré tout, avec les moyens du bord et des relations de fortune. Qui lui permettent d'être véhiculés avec son équipe au Tchad par des avions militaires français. Ce qui n'a rien d'étonnant. Mon cameraman, malade, était lui aussi rentré d'Abéché à N'Djamena dans un Transall de l'Armée de l'Air… en compagnie de tchadiens avec leurs chèvres, vu que les avions sont parfois vides et que c'est le moyen de transport le plus pratique.
Le patron de Zoé se prépare même à aller en prison à son retour en France pour cette opération d'immigration clandestine. Il contacte et rencontre le Président du Tchad, avec qui est négociée la réhabilitation de l'orphelinat d'Abéché, dans la région du Président, où seront pris en charge et scolarisés les orphelins de sa propre ethnie, les Zaghaouas.
C'est là que le responsable de l'Arche de Zoé se retrouve coincé par son jusqu'auboutisme. Il est parvenu à se mettre en situation de récupérer les enfants et de les envoyer en France, où des familles ont déjà payé pour les frais occasionnés (et engagés par les différentes démarches) mais s'il va au bout, il contrevient à la fois aux lois françaises et aux engagements négociés avec les tchadiens.  
Il choisit l'escalade en trompant les responsables locaux à qui il n'est pas dit clairement que les enfants partent en Europe – s'il l'avait fait, sans doute aurait-il eu droit à une émeute de milliers de candidats au départ -  et en déguisant les enfants en blessés pour permettre une évacuation sanitaire. Un double mensonge clairement répréhensible, d'autant que ce n'était pas intrinsèquement la situation des enfants qui le rendait nécessaire, mais l'engrenage dans lequel il était pris, lui.
Cela justifie un procès, mais cela n'a rien à voir avec de la pédophilie, du trafic d'organes ou la traite des noirs comme cela a été avancé de part et d'autre. Ces enfants étaient destinés à des familles aimantes qui leur aurait apporté un avenir dans ce qui vu du Darfour, parait être le Paradis. Il se trouve que j'ai travaillé sur l'abolition. Les africains qui vendaient leurs frères aux blancs sur les côtes ont leur part de responsabilité et ne sauraient être absout. Mais les conditions faites aux esclaves dans les plantations étaient innommables. Il ne faut pas tout mélanger.
Surtout pas de la part d'un parti qui après avoir introduit les tests ADN facultatifs en catimini à la frontière propose maintenant de les rendre obligatoires. Doit-on leur rappeler qu'il existe des familles recomposées et que dans nos sociétés occidentales, on estime qu'un enfant sur 20 n'est pas de son père supposé ? Souvent avec l'assentiment du dit père. Sans parler des adoptions justement. L'important, c'est la famille dans laquelle vit l'enfant. Le reste c'est de l'intrusion inadmissible dans la vie privée des gens.  

04/11/2007

Aboyer contre les loups

Il y a quelques jours, j’ai écrit à chaud dans ce blog, mes impressions sur l’affaire de l’Arche de Zoé, en précisant clairement ce que j’en savais et ce que je ne savais pas. Ce n’était pas un article, juste un blog, l’une des différences essentielles étant qu’écrire un article est une activité professionnelle et rétribuée, qui fait intervenir toute une chaîne de production, en fonction d’une clientèle, tandis qu’un blog est personnel, gratuit, et lâché au hasard sur le net.

Plusieurs jours après, mon analyse à chaud est en grande partie confirmée, notamment par plusieurs journalistes africains, qui du Mali au Burkina Faso et même au Tchad, ce qui est particulièrement courageux, vont dans le même sens que moi. Certes il y a eu magouille, mais crime pas forcément, et en tout cas pas de la part des reporters. le gars de Capa a fait son boulot d'observateur critique. Il ramènene les images qui permettront de juger sur pièce.

Qui va s'intéresser maintenent au sort de ces enfants à moyen terme ? Certainement pas le gouvernement tchadien, qui n'a pas le début de la moindre structure pour, ni le gouvernement de Sarkozy, dont le but est atteint: ils restent au Tchad.

PARIS A ALERTE D'DJAMENA 

Cette affaire est d’abord une affaire de racisme, du genre de racisme qui fait que les gens d’une couleur qui adoptent ou prennent en charge des enfants d’une autre couleur sont mal vus par les racistes de leur propre communauté. Au courant depuis le mois de  mai, des responsables français ont jugé qu’ils ne voulaient pas voir entrer en France une centaine de bambins noirs sous prétexte d’aide humanitaire et ils ont alerté les autorités tchadiennes, qui jusque là n’y avaient vu que du feu.

Il est vrai que les responsables de l’Arche de Zoé, n'obtenant pas les autorisations officielles françaises,  n’avaient pas joué franc jeu. Ils ont répandu un regrettable écran de fumée, même si celui-ci n’était pas très épais, l’opération se déroulant aux yeux de tous.

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AUCUN ENFANT N'A ETE ENLEVE

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Les enfants ont été remis par les responsables des villages et par les parents qui s’occupaient d’eux. Non pas vendus, mais placés dans l’espoir d’une vie meilleure. Comme dans le cas de Madonna. Comme dans la chanson de France Gall ou le film israélien "Va, vis et deviens". Deviens quelqu'un là-bas, parce qu'ici, tu ne seras jamais que rien. 

Ce n’est pas un crime et je ne disais pas autre chose.

Ces enfants sont même apparemment de vrais orphelins, selon la définition du dictionnaire. La plupart ont encore quelqu’un « qu’ils considèrent comme un parent » ce qui dans un village africain désigne aussi bien un oncle qu’un cousin éloigné ou même la maman d’un copain. Mieux vaudrait parler de parentèle. On ne laisse pas tomber un orphelin, dans un village africain, et l’on partage le peu que l’on a. Mais si un symbole vivant de la fortune vient à passer, animé semble-t-il des meilleures intentions, on lui laisse volontiers le fardeau. Ici on laisse faire les services sociaux, mais là bas, il n’y a pas de services sociaux.

Involontairement, en utilisant la crise du Darfour pour tenter de faire entrer en Europe des orphelins d’Afrique, les gens de l’Arche de Zoé ont mis le doigt sur le lancinant problème des gigantesques écarts de standard de vie entre ici et là-bas, même quand les conditions de vie sont normales pour là-bas. Pour y remédier, il faudrait augmenter drastiquement l’aide au développement, celle-là même que certains partis ici s’ingénient à réduire. Les mêmes que ceux qui voudraient réduire le nombre d’étrangers. Des partis dont les membres se présentent volontiers comme défenseurs de la vraie foi, chrétienne cela va sans dire… Apparemment sans en avoir très bien compris tous les enseignements.

Les cris d'orfraie de quelques manifestants tchadiens ne s'expliquent que par la haine du blanc, que des siècles de racisme blanc en Afrique ont engendré. La dernière manifestation de ce racisme se déroule tous les jours dans les consulats: c'est la quasi impossibilité pour un Africain, même chef d'entreprise dans son pays, d'obtenir un visa  pour l'Europe, même de court séjour.

Sur la frontière du Tchad et du Darfour, parentèle et chefs de village ont remis à l'ONG 80% de garçons, dans une société hypermachiste où les filles sont dévalorisées. Parce qu'ils jugeaient ce placement comme une grande chance. Du point de vue africain, le seul vrai obstacle, c'est la religion. Dans cette région, les enfants sont musulmans. Les élever dans la religion chrétienne est perçu comme un pêché gravissime. Malgré cela, malgré le risque couru ils les ont remis à l'ONG. Parce que vivre à la frontière du Tchad et du Darfour, même sans guerre, c'est le purgatoire sur Terre et que l'ONG leur offrait l'espoir.

Certains disent qu'on leur a fait croire que les enfants partaient à Abéché, dans une école coranique. Emmenés par des blancs chrétiens, dont plusieurs femmes non voilées? Une telle crédulité étonne mais n'est pas impossible.  Ce qu'il y a de certain, c'est que recconaître que l'on a pris le risque de faire abjurer des enfants musulmans, dans l'ambiance islamiste des confins du Soudan, c'est risquer sa vie.   

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FRACTURE NORD-SUD

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Alors bien sûr l’Arche de Zoé a dérapé. Particulièrement si les gens qui ont confié les enfants n'étaient pas informés de leur destination finale. Dans tous les cas, mieux vaut effectivement chercher à améliorer le sort des gens sur place. Le déracinement des enfants est parfois difficile à supporter… J’ai au moins deux amis dans ce cas, noirs dans la quarantaine, adoptés tous bébés par des familles françaises, qui se posent des questions sur leur identité. Ils ne sont parfaitement à l’aise ni ici, avec la montée du racisme, ni là-bas car leur culture est d’ici. Mais au moins ils sont vivants, ce qui si l’on en croit l’espérance de vie à la naissance dans leurs villages d’origine est déjà en soi une performance. Ils disposent de bons métiers et de revenus confortables et agissent pour leurs communautés d’origine.  Là-bas, ils auraient connu une existence misérable tout au long de leur vie. Non pas sans joie, mais misérable et extrêmement difficile. Difficile à un point que l’on ne sait même plus imaginer en Europe de l’Ouest.

Un individu qui ne connaît que son monde n’est pas plus malheureux qu’un autre. Quel que soit ce monde. Mais un individu qui voit passer dans son village des extraterrestres dotés de moyens extraordinaires et qui découvre à la télé (au village d’à côté, où il y a une éolienne), l’opulence dans laquelle ils vivent, tandis que lui crève la faim, cet individu là se sent misérable. Pourquoi croyez-vous que des dizaines de milliers de jeunes venus justement de ces villages de l’intérieur (comme à l’époque de l’esclavage, mais cette fois de leur plein gré), risquent leur vie chaque année sur des radeaux de fortune ? Or ceux qui partent dans ces conditions ne sont que les plus courageux. Si l’ONG du coin offre le choix d’un aller confortable en avion, tous partent sans demander leur reste. Surtout quand il n’y a pas de reste. 

Je n’ai pas le détail des comptes de cette ONG là. Les sommes demandées aux parents adoptants ne me semblent à priori pas exorbitantes en regard des frais engagés. D'autant qu'il était prévu que le surplus soit versé aux enfants. Comme toutes les ONG, l’Arche de Zoé a des frais, de gros frais. Affréter un 747 n’est pas gratuit. En revanche, comme beaucoup d’employés d’ONG et même de fonctionnaires de l’action humanitaire officielle, les responsables de l’Arche de Zoé ont apparemment tendance à considérer leur action comme un but en soi. J'aimerais être sûr que les autres ONG qui ont tiré dans le dos de l'ambulance de Zoé ne l'ont pas fait pour éliminer un concurrent qui prenait de la place. Donc des budgets.  

L’humanitaire est devenu un métier, il y a même des écoles pour ça. Les salaires versés aux occidentaux des ONG sont des salaires occidentaux, ce qui grêve lourdement les frais de fonctionnement. Heureusement, certaines organisations cherchent à utiliser davantage les compétences locales et chaque franc versé aux autochtones est un pas dans la bonne direction.

MOINS D'HUMANITAIRES, PLUS D'INVESTISSEMENTS 

L’Afrique a de moins en moins l’usage de nos humanitaires européens et de plus en plus besoin d’investissements sonnants et trébuchants. Il faut bien sûr faire le maximum sur place pour éviter le coulage et les détournements, mais il faut, coûte que coûte, parvenir à injecter du cash dans les économies locales. Il faut chercher par tous les moyens à réduire cette fracture ouverte de plus en plus béante entre eux et nous. C’est une question de morale et de tranquillité d’esprit, c’est aussi une question de sécurité pour tous à moyen terme. On n’y parviendra pas en continuant sur le mode de la charité. Il faut prendre le problème à son échelle globale. Cela implique la mise en place d’une gouvernance mondiale digne de ce nom, par dessus les états-nations.

C’est précisément ce que j’explique en détails dans l’Utopie Urgente, livre qui vient de paraître chez Slatkine.  Grand merci à mes fervents admirateurs pour leur généreuse publicité :-)   

02/11/2007

Rendons l'aménagement à Mûller

Robert Cramer part à Berne, mais reste à Genève. Rien à dire, il a été élu sur cette base, sans jamais déclarer qu'il renoncerait à son job au canton. Par ailleurs, il n'est pas dans l'intérêt de ce même canton de remettre en cause, en milieu de législature, le travail commencé par une équipe qui fonctionne, à défaut de gagner à tous les coups…
Il y a des urgences, qui sont en train d'être traitées, notamment le très lancinant problème du logement. Il faut d'abord finir le travail entamé. Seulement, M. Cramer n'a pas le don d'ubiquité et il ne peut prétendre gérer en même temps l'un des plus gros départements de la République et sa charge bernoise.
Il se trouve que les solutions aux problèmes du logement pâtissent des lenteurs causées par le fait de dépendre de deux départements, l'aménagement du territoire relevant de Robert Cramer, et les constructions de Mark Müller. Comme si l'urbanisme et la construction proprement dite étaient indépendants. Il y a là une incohérence grave qui a échappé au Conseil d'Etat lors de la répartition des fonctions.
Remettons aujourd'hui l'église au milieu du village et l'aménagement à Mark Müller. Tout le canton en profitera. Robert Cramer pourra ainsi se consacrer le cœur léger à une tâche tout aussi essentielle: représenter Genève à Berne, en menant le combat qui convient au niveau fédéral pour l'adaptation de nos infrastructures.  

30/10/2007

Des radars démagogiques

M. Brunier monte au front pour protéger M. Moutinot, très attaqué sur sa politique sécuritaire et voit dans la sécurité routière le moyen de redorer son blason passablement terni. On aimerait le lire également sur les problèmes qui font que les jeunes adultes "normaux" (ni drogués, ni dealers, ni voyous, ni bagarreurs) ont aujourd'hui quelques raisons d'avoir peur de sortir en ville le soir, mais passons.

 

Augmenter le nombre de radars, disent-ils. Pourquoi pas. Cela dissuadera certainement quelques pères ou mères de famille tranquilles d'appuyer trop lourdement sur l'accélérateur. Le problème, c'est que cela n'aurait certainement pas sauvé les six vies disparues en une semaine.

 

Lorsque l'on circule à trois sur un scooter volé muni de fausses plaques, de plus avec un casier chargé, on n'en a rien à faire des radars. Où voulez vous que l'amende arrive ?

 

Quand aux trois jeunes tombés d'un pont, ils auraient sans doute été faire la course ailleurs. Encore que lorsqu'on dérobe la voiture familiale pour une virée sans permis, on ne semble pas très enclin à mesurer les risques. 

On ne va pas planter des radars tous les cent mètres dans tout le canton. Notamment pas dans les endroits, carrefours ou virages serrés où c'est techniquement impossible et néanmoins particulièrement dangereux à haute vitesse.

 

Il faut trouver le moyen de canaliser autrement l'énergie de ces jeunes mâles qui n'ont apparemment que la bagnole pour exprimer le surcroît d'adrénaline typique de leur âge. C'est malheureusement autrement plus compliqué que d'utiliser le choc émotionnel pour faire du racolage politique.

 

29/10/2007

Tchad: où est le crime ?

En présence d'évènements internationaux saugrenus, la première question à se poser, c'est "à qui profite le crime". Pas en apparence, car les provocations sont fréquentes, mais en réalité. Mais dans le cas des enfants du Tchad, la bonne question semble plutôt "Où est le crime ?".
Je ne sais rien de l'Arche de Zoé, en revanche je connais personnellement Hervé Chabalier, le patron de Capa, qui a envoyé une de ses équipes dans cette galère. C'est un grand humaniste, souvent prêt à aider et c'est aussi un grand connaisseur de l'Afrique où il a passé toute sa jeunesse.
Il n'aurait pas envoyé trois journalistes dans un coup foireux. Quand à l'ONG incriminée, si l'on veut commettre un acte délictueux, genre enlever une centaine d'enfants pour les livrer à l'esclavage (ce qui se pratique régulièrement dans cette région d'Afrique) ou à des réseaux pédophiles, on n'embarque pas une équipe de télévision…
Je connais bien le Tchad aussi et son président Idriss Déby, pour y avoir tourné un film sur les élections présidentielles il y a une dizaine d'années. Auxquelles son principal opposant, résident genevois car ancien directeur du BIT, avait finalement été empêché de se présenter. J'ai une interview du secrétaire général du parti de Déby qui me déclare, droit dans les yeux, face caméra, que oui, son Président a des caisses noires, comme tous les chefs d'Etat de la planète n'est-ce pas, et oui, il sort bien la nuit, mitraillette à la main, entouré de sa garde présidentielle, pour tirer de chez eux les opposants politiques et les exécuter… Car ce sont des bandits et qu'il faut bien que le bras de la justice passe…
Hervé, je tiens la cassette à ta disposition en cas de besoin.
Je ne sais pas si ces cent gamins sont des orphelins ou non. La vérité c'est qu'en Afrique, dans chaque village, vous trouvez des gens prêts à vous faire cadeau de leurs enfants, parce qu'ils peinent à les nourrir, ou au mieux parviennent à leur servir la pâte une fois par jour, avec un peu de sauce le dimanche. Ou le vendredi. Avoir un enfant "sauvé", exfiltré vers le pays des riches, ou même simplement la grande ville, c'est une chance inespérée pour un père ou une mère. Ce dont profite effectivement des margoulins pour les revendre à des bourgeois locaux qui les utilisent comme petit personnel taillable et corvéable à merci, ou même à des réseaux soudanais qui les transforment pour de bon en esclaves dans la péninsule arabique, parfois même mutilés comme au moyen-âge.
Je serai curieux de savoir combien de "petites bonnes" il y a à N'Djamena pour entretenir la concession familiale d'Idriss Déby. Les enfants de l'Arche de Zoé auraient très certainement connu une vie meilleure, bien meilleure dans des familles européennes. En Afrique, tout le monde s'en fiche, ou presque, c'est quasiment une tradition locale et la vie ne vaut rien. Sauf que l'opération a capoté pour de mystérieuses raisons. J'en vois deux possibles:
a)                 Un potentat local a senti passer l'occasion d'arrondir ses fins de mois. Il a exigé une dîme que l'ONG a refusé de payer et il a enclenché la machine. Cela peut même être un tout petit rouage qui a joué les grains de sable, si l'ONG n'a pas su payer à temps le chef du grain de sable. Et puis la machine s'est emballée
b)                 Il y avait sur place, parmi les militaires français en poste à Abéché ou parmi le personnel diplomatique à N'djamena un responsable, petit ou grand, que cela défrisait de voir ainsi introduit en France une centaine d'enfants noirs alors que lui passe son temps, avec toute sa conviction et même un peu plus, à refuser des visas pour tous ces africains crève la faim… Il a fait ce qu'il fallait pour enclencher la machine démoniaque de l'administration tchadienne.
Connaissant le poids de la France au Tchad, je penche plutôt pour la deuxième hypothèse, ou peut-être une combinaison des deux. Peut-être même avec une intervention politique de haut niveau venue de Paris, sur le thème, "halte à l'immigration déguisée…" La France fait ce qu'elle veut à N'Djamena. Déby n'est-il pas arrivé au pouvoir, flanqué d'un officier du SDECE français en guise d'ordonnance, parce que son prédécesseur, Hissène Habré, avait signé des contrats pétroliers avec les étasuniens ? L'après-midi du matin où Déby a pris N'djamena, il dénonçait les contrats pétroliers et signait avec les Français. Accessoirement, alors qu'il est du nord et que les puits sont au Sud, il s'est arrangé pour que les principaux dirigeants et ingénieurs du pétrole formés depuis son arrivée au pouvoir soient tous de son ethnie zaghaoua, plus réputée jusqu'alors pour la redoutable vaillance de ses guerriers que pour leur bosse du commerce ou des maths.  

28/10/2007

Adrénaline

Merci Marina Wutholen. Elle m’a invité sur son plateau de "Genève à chaud" pour parler de mon livre et m’a posé les bonnes questions. Normal, elle a fait sa thèse universitaire sur l’Etat mondial, sujet principal de mon bouquin, « L’Utopie Urgente ». Sauf que sa première question m’a désarçonné. L'idée de résumer quelques dizaines de pages en quelques secondes m'a scotché. J’aurais pu parler subsidiarité, répartition horizontale des compétences, autonomie des régions… J’ai bredouillé quelques banalités sur une assemblée démocratique. Heureusement, j’ai fini l’interview beaucoup mieux que je ne l’avais commencée.

Il y a plus de trente ans, j’étais un honnête tribun. Je maîtrisais le verbe et les foules lycéennes. Puis je me suis spécialisé dans l’écrit. Notamment à la Tribune de Genève. Mes neurones se sont habitués à ces temps de réflexion qu’autorisent la plume et davantage encore le traitement de texte. Ce qu'il faut pour ordonner le flot de la complexité du monde, pour se relire et peaufiner. Sauf que dans ce monde de l’instant, je dois réapprendre à réagir instantanément, sinon je suis mort, médiatiquement parlant. Ce qui serait fort dommage pour les idées que je défends.

Durant trente ans, je me suis caché des objectifs, j’ai tout fait pour ne pas apparaître en photo, ni à l’écran. La petite renommée de ma signature suffisait à mon ego. Et encore, lors de la sortie en salles du film Ashakara que j’avais écrit et produit, je me suis même oublié sur l’affiche. Aujourd’hui, je suis passé de l’ombre à la lumière, parce que dans ce monde de l’image, il est impossible d’y échapper si l’on veut faire avancer les choses. Alors autant y aller carrément et se donner les moyens d’être efficace. Je l'ai fait par l'écrit, en m'attachant à rendre attrayant et même amusants des propos complexes. On me dit que j'y suis parvenu. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi savoir se vendre.

Devant un micro, cela signifie maîtriser son stress et son débit, ne pas hésiter à ramener la réponse là où on le souhaite, même lorsque la question ne s’y prête qu’à moitié. Cela implique d’avoir réfléchi à la manière de synthétiser son propos, d’aller à l’essentiel… Plus facile à écrire qu’à réaliser en direct, même pour un fan d'improvisation. Il faut connaître ses gammes sur le bout des doigts pour pouvoir s'y risquer, mais mon bouquin, j'en connais les idées par cœur. Le talent oratoire c'est autre chose.

Lorsque je travaillais à la télévision, j'en connaissais plus d'un qui s'envoyait systématiquement un whisky ou deux ballons de rouge avant de passer à l'antenne. Histoire de se désinhiber, de contrer le trac. Pour ceux dont c'était le métier quotidien, les conséquences à long terme étaient lourdes. C'était pareil à la radio, mais bien sûr, depuis quinze ans, les choses ont du s'améliorer. Du moins je le souhaite à mes jeunes collègues.

L'adrénaline qui monte, il faut apprendre à la maîtriser. C'est impératif, sinon vous n'existez plus dans ce monde de communication, qui comme tout le reste, profite à tous de manière très inégalitaire.

Pauvre Calimero

M. Bertinat, secrétaire général de l'UDC genevoise, se plaint en termes peu amènes, sur son blog, que l'UDC soit mon souffre-douleur depuis la création du mien. Pauvre Calimero. 

Pour en avoir le coeur net, je suis remonté tout au long des 46 textes que j'y ai posté. 21 parlent de tout autre chose que de politique suisse, ou alors strictement d'écologie. 16 parlent de politique, tous partis confondus, donc y compris de l'UDC, tapant assez généreusement et équitablement sur le PS et les extrêmes de part et d'autre. 9 enfin effectivement, parlent quasi exclusivement de l'UDC. Ce qui en fait c'est vrai premier parti sur ma liste.

Mais à tout seigneur tout honneur, n'est-ce pas logique, pour le premier parti du canton ? Accessoirement, ces neuf textes, assez incisifs je le reconnais (et j'en suis assez fier :-) ) sont tous postérieurs à l'apparition d'une certaine affiche sur nos murs. Qui sème le vent récolte la tempête. Plutôt que de s'en plaindre, il eut fallu y réfléchir avant.

Je leur avais d'ailleurs suggéré, en vain, de se démarquer de ce poster hérissant, comme ils avaient su le faire auparavant de leur affiche anti-homosexuelle. Mais cette fois les consignes de Zürich étaient trop fermes.     

26/10/2007

Désinformation

Et si on parlait d'ailleurs pour changer ? Encore que l'on en revienne toujours à la Suisse car tout est lié, en ce monde, plus personne ne peut vivre isolément.
En Colombie se déroule ce week-end des élections locales. Hier, plusieurs médias romands ont repris l'annonce du frère d'un journaliste colombien connu, que l'on dit proche des FARC. Il avait reçu des menaces de mort et partait se réfugier aux Etats-Unis. Il accusait les paramilitaires et le gouvernement bien que celui-ci ait déjà mis sous protection plusieurs centaines de syndicalistes et personnalités de gauche, comme le maire de Bogota.
L'article rappelait en conclusion qu'une vingtaine de candidats locaux ont été assassinés ces dernières semaines. Sous-entendu, c'est la faute aux paramilitaires ou au gouvernement… Sauf que ces 20 morts sont tous des candidats courageux du parti du président Uribe, qui se sont fait assassinés par les FARC!
Ces dernières sont décidément très fortes en communication et possèdent des relais jusqu'en Suisse. Etonnant comme l'excellence en communication semble l'apanage des forces extrêmes. Il est vrai que les idées simples sont plus faciles à comprendre… Ah oui, vous appelez ça la propagande ? Un mot qui vous fait froid dans le dos, à vous aussi ?
En l'occurrence il semble que je sois devenue la cible numéro un des extrémistes, dans ces blogs en tout cas. C'est un honneur. Merci de me faire de la pub et pensez à acheter mon livre au passage…  

 

25/10/2007

Faire quelle politique ?

Depuis dimanche, les ténors de l’UDC nous abreuvent d’appels du pied : « Laissez tomber votre ego et rejoignez-nous. Ensemble, ou sous-apparentés, du MCG au PDC, ou même sans le PDC, nous formerons un bloc majoritaire capable de faire échouer la gauche… »

Un bloc où évidemment, ils auraient le leadership, mais là n’est pas la question. La question c’est : « Pour faire quelle politique ? »

Nous ne sommes pas le Nouveau Centre français, constitués d’élus sans électeurs qui courent à la soupe et Blocher n’est pas Sarkozy.

Pour commencer, il faudrait que le MCG et l’UDC se mettent d’accord. Allez lire ici même les flots de haine raciste qu’ils se déversent parmi sur le blog de M. Stauffer.

En gros, les MCGistes veulent virer les frontaliers pour donner du travail aux résidents genevois et améliorer la situation des fonctionnaires en renforçant l’aide sociale, tandis que les UDCistes, eux-mêmes souvent frontaliers, veulent dégraisser le mammouth de la fonction publique et supprimer les allocations pour réduire le chômage, tout en laissant bosser la main d’oeuvre frontalière européenne, désireuse de travailler contrairement aux étrangers lointains fainéants. Ou criminels. Ou les deux.

Avec des perles genre : « pas question de laisser tous ces français, ces italiens ou ces allemands faire autre chose que des boulots dans la vente ou la restauration : réservons nos boulots de cadre à nos chômeurs genevois ! »

Et l’argent pour les payer, il pousse sur les arbres ?

Soyons sérieux, la seule chose qui réunit ces abrutis racistes en dehors de la haine, c’est la sécurité. C’est d’ailleurs pourquoi les MCGistes se sont mués en UDCistes, juste le temps d’un scrutin fédéral. Sauf que la sécurité, tout le monde est pour, même les socialistes royalistes. Le problème c’est d’y arriver sans que cela coûte trop cher et sans que les moyens déployés ne fassent de notre vie quotidienne un enfer policier.

Ce qui serait pire que le mal, parce qu’il serait beaucoup plus difficile d’en sortir. Là-dessus, personne n’a encore trouvé de solution miracle et surtout pas l’UDC, aux manettes sécuritaires fédérales depuis un bout de temps, sans résultat.

Par ailleurs, pour faire de la politique, il faut être élu et 70% des Suisses, 80% des Genevois, sans compter ceux qui ne votent pas (ils ont bien tort) ne veulent pas plus de l’UDC que du MCG. Pas facile de faire élire des épouvantails !

S’ils veulent voire le canton rompre avec la politique des petits copains chère à la gauche et chère tout court, les UDCistes doivent s’en remettre aux élus du centre. C’est ainsi qu’ils le veuillent ou non.
Quand à partager le pouvoir, on en revient à la question numéro 1 : pour en faire quoi ? Ce n’est pas une question d’ego, mais de valeurs. Nous n’avons pas les mêmes. Notre pensée ne s’arrête ni aux frontières du canton, ni à la ligne bénéfices de notre bilan financier.

Genève, comme la Suisse fait partie d’un monde qui bouge, et de plus en plus vite. On ne peut pas rester longtemps enfermés dans un aquarium. Pas plus que dans un coffre-fort. Sous peine de crever de faim. Donc il faut entretenir des relations avec l’extérieur et lorsque l’on est petits, tout petits même, il faut être malin et amical.

Si l’on joue sans cesse les matamores (littéralement en espagnol, les tueurs de maures) on récolte la tempête. Ce qui est fort mauvais pour les affaires et pour la santé en général… Ceci dit sans autre considération morale, à laquelle ces gens, qui pourtant se prétendent chrétiens, n’ont pas l’air d’attacher grande importance.   

24/10/2007

35 milliards d'incitation

Les premières nouvelles sur le Grenelle de l'Environnement viennent de tomber:

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A) Paris suspend la construction de toute nouvelle autoroute, hormis pour des contournements urbains, parmi lesquels se classerait notre traversée de la rade...

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B) Paris alloue 20 milliards d'euros (34 milliards de Francs tout de même) à des mesures d'incitation, pour améliorer l'isolation des bâtiments et les rendre aussi autonomes que possible, énergétiquement parlant.

Pour comparer avec Genève, ce genre de mesures, c'est ce qui fait la différence entre Sarkozy bouffant les voix de Le Pen, et l'UDC aspirant celles de la droite helvétique.

J'adore la bagnole, mais l'industrie automobile est dirigée par des as du marketing. Tout comme la politique apparemment, de plus en plus. Alors au lieu de nous fabriquer des autos super légères et limitées à 120, consommant deux litres au 100, ce qui serait tout à fait possible, il nous les surchargent de gadgets qui font bip bip et de débauches de puissance pour enlever ces centaines de kilogs en trop.  Parce que c'est ça qui se vend et qui rapporte.

D'un autre côté, on apprennait hier que la transformation de CO2 en oxgène diminuait beaucoup plus vite que prévu, du fait de plusieurs cycles vicieux et néanmoins parfaitement naturels. La preuve s'il le fallait qu'il ne suffit pas d'être un industriel hyperperformant ou un as du marketing pour prendre des décisions utiles à la survie de l'humanité.

Tiens d'ailleurs dans la pub de M. Bertinat pour son patron, j'en ai découvert une bien bonne. Celui-ci, à la fin de ses études, a été engagé comme assistant du propriétaire d'une petite usine grisonne qui battait de l'aile. Non seulement il n'a pas aidé à la remonter, mais il l'a laissé aller à la faillite, jusqu'au décès du légitime propriétaire, son patron, qui lui avait offert sa chance. Là soudain, comme s'il avait subitement été touché par la grâce divine, il rachète la boîte et s'en fait une affaire en or...  

C'est comme ça que certains font des affaires, sans trop de scrupules et apparemment c'est comme ça aussi que certains entendent faire de la politique. Laisser pourrir la situation, jusqu'à être en position de force pour racheter les meubles et en faire ce que l'on veut. Mais un pays n'est pas une entreprise, que l'on fait fructifier en pouvant mettre à la porte les employés indésirables. 

Ceci dit, si l'on va voir sur le site de l'entreprise ems.chemie, on s'aperçoit que l'histoire de la montée en puissance de M.Blocher dans l'entreprise est narrée par le menu, mais que nulle part il n'est question de faillite. La reprise y est présentée comme banale, à savoir que M. Blocher avait reçu mission de la vendre et que comme il ne trouvait pas preneur, il s'est gentiment porté volontaire. Business as usual. Ce qui signifie tout de même que soit le site de l'entreprise déforme la réalité, soit c'est la propagande reproduite par le secrétaire général du premier parti de Suisse, qui la mythifie. Quand à savoir à partir de quand les résultats de la boîte ont vraiment commencé à exploser, l'enquête reste à faire.   

19/10/2007

Je pense avec mes pieds

J’en ai marre de tous ces étrangers qui se croient tout permis avec leurs plaques diplomatiques… 

 

C’est simple, je vote UDC. Les organisations internationales n’ont qu’à aller se faire voire ailleurs, elles et les 7000 millions de Francs qu’elles injectent chaque année dans l’économie genevoise.

 

Pour aller d’une rive du lac à l’autre, les Genevois doivent passer par le Pont du Mont-Blanc, ce qui fait du centre ville le coin le plus pollué du canton.

Pour que ça continue je vote écologiste. Après tout, ils n’ont qu’à rester sur leurs rives ! Chacun chez soi !

 

J’en ai marre de tous ces frouzes qui se croient tout permis avec leurs plaques 74. En plus, maintenant avec l’Euro, c’est devenu tellement cher chez eux qu’on n’a même plus besoin d’aller y faire nos courses.

Je vote MCG, pour fermer la frontière. Comme ça on pourra faire venir des Fribourgeois à la place, on les logera dans le canton de Vaud, et Berne sera bien obligé de renégocier la péréquation cantonale, parce qu’on sera complètement ruinés !

 

Je hais les propriétaires. Surtout les petits. Partout en Europe et dans le monde, ils réussissent à acheter leurs petits logements, mais heureusement, chez nous grâce à l’Asloca, c’est impossible. Les socialistes suisses veillent au grain.

Il ne manquerait plus que l’on devienne un pays moderne. Comme ça chez nous, au moment de prendre sa retraite, on est obligé de continuer à payer des loyers hors de prix, au lieu d’avoir fini de rembourser son logement… Ou de ne payer que les intérêts. Au passage, ça fait des voix pour l’UDC, c’est vraiment une idée intelligente.

Votez PS !

 

Les bourgeois affament le peuple. Surtout à Genève où on meurt de faim.

C’est pourquoi je vote Vanek, parce que lui, c’est un vrai rebelle. Il soutient les FARC, des trafiquants de drogue colombiens qui travaillent avec la n’dranghetta calabraise, qui leur a appris à enlever des gens, comme la candidate écologiste Ingrid Betancourt. Il devrait faire pareil à Genève… Il pourrait enlever Hiler par exemple, ou Fabienne Bugnon, la compagne de son copain de parti Ferrazzino !

Il est même parvenu à faire signer une lettre de soutien au chef des FARC à Liliane Maury-Pasquier, candidate aux Etats. Trop fort le camarade !

 

Encore que, j’hésite:

entre les néo-bronsteiniens et les vrais communistes du PdT, mon cœur balance. Je les ai entendu chez Décaillet, sur Léman Bleu, ils ne font même plus la différence entre Lénine et Staline.

Ils ont tout compris. D’ailleurs leur financier historique à Genève, le fameux, Jack Yfar, a fini à l'UDC, c’est tout dire. Je crois qu’à mon concours de la plus belle pensée politique, c’est encore eux qui remportent la palme.