Général - Page 5

  • Vous pensez ? Donc votez !

     

    Vous pensez que les PME forment le tissu social de ce pays et que ce tissu a besoin d’air pour respirer, payer des salaires, conquérir de nouveaux marchés, s’adapter au développement durable ?

    Vous êtes radical

    Vous pensez qu’il y a des cons et des gens bien partout, dans tous les pays, dans toutes les classes sociales, sous toutes les couleurs de peau et dans toutes les religions ?

    Tout comme les radicaux

    Vous savez bien que l’ordre et la justice sont nécessaires à la société et qu’il faut inculquer le respect aux jeunes, mais vous avez le racisme en horreur ?

    Vous pensez radical

    Vous pensez que le travail doit être rétribué à sa juste valeur et que la paresse ne doit pas être encouragée, mais que les faibles, les vrais, doivent être protégés ?

    Cela fait de vous un radical

    Vous pensez que la Suisse doit ses succès à ses institutions, que le respect des cantons et des minorités linguistiques en est un point essentiel,

    Vous n’êtes pas UDC…

    Vous pensez qu’il faut envoyer à Berne des élus capable de défendre pied à pied les intérêts de Genève face à la volonté d’hégémonie zurichoise, en bärntütsch s’il le faut ?

    C’est chez les radicaux que vous les trouverez

    Vous avez compris qu’à Genève, les deux tiers des travailleurs qui cotisent à l’AVS et qui donc paient les retraites de nos vieux sont des étrangers.

    Et vous voulez les faire partir ?

    Vous savez que si les étrangers écoutaient l’UDC et s’en allaient, on pourrait faire une croix sur l’AVS, parce qu’il n’y aurait plus assez de cotisants pour payer les retraites  ?

    Vous pensez que l’Etat a sa raison d’être, mais que la raison commande de le limiter au minimum ?

    Voilà une belle pensée radicale

    Vous pensez vraiment que c’est très malin de se faire une ennemie de l’Union Européenne, comme cherche à le faire l’UDC ?

    Non bien sûr

    Vous pensez vraiment qu’insulter l’ONU, qui fait ce qu’elle peut dans un monde difficile, pour empêcher qu’une bombe atomique ne nous tombe sur la tête, cela grandit la Suisse ?

    Bien sûr que non !

    Vous ne croyez pas qu’un parti financé par des milliardaires, des vrais, qui possèdent des milliers de millions, puisse être le parti du peuple ?

    Nous non plus.

    Vous n’aimez pas qu’on se moque des électeurs en lançant à l’approche des élections une initiative réclamant l’expulsion des étrangers criminels, alors que c’est déjà dans la loi ?

    Juste pour faire une affiche ?

    Vous pensez que le socialisme a échoué, mais que le capitalisme doit être encadré, sinon c’est la loi de la jungle ?

    Nous aussi

    Vous pensez que la démocratie helvétique, cela n’a rien à voir avec une campagne à l’américaine et que chez nous on élit les gens dans les cantons, pas un Président national…

    Vous en avez assez que Zurich cherche à imposer ses méthodes au reste de la Suisse à coups de millions et vous pensez que la capitale du pays doit rester à Berne ?

    Vous n’êtes pas seul(e).

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    Pour mettre vos idées en pratique, il ne vous reste qu’un geste à faire, d’ici dimanche : votez ! Liste N°2 !

  • Genève a reçu le prix Nobel

    Le chômage est en baisse notable, le nombre de personnes à l'aide sociale aussi, pour la première fois depuis des années. On le doit bien sûr à la conjoncture, mais aussi et surtout au travail efficace du Conseil d'Etat, notamment du Conseiller d'Etat en charge de ces dossiers, le radical François Longchamp.  Genève gagne, mais les oiseaux de mauvaise augure à la solde du milliardaire zuricois préfèrent afficher des moutons noirs sur nos murailles. Nous venons même d'obtenir le prix Nobel de la Paix, dans l'indifférence générale ! Pas un journaliste ne l'a relevé !

    Eh oui, Al Gore a du partager son prix avec le GIEC, le Groupe International d'Etudes sur le Climat. Et devinez où le GIEC a son siège ? A Genève bien sûr, dans les bâtiments de  l'OMM, l'organisation mondiale de la météorologie. Un immeuble magnifique au demeurant, vaste ovale de verre bleu, sans doute le plus moderne de la ville en matière d'environnement et de développement durable. Un immeuble dont la constructuon a été dirigée par un jeune architecte local, Hughes Hiltpold, aujourd'hui président des radicaux genevois.

    Il y a des gens qui construisent la prospérité de ce pays et d'autres qui dépensent des dizaines de millions juste pour consolider leur pouvoir. Le chiffre de 15 millions a été avancé pour la campagne publicitaire de l'UDC, mais c'était il y a un mois. Depuis la campagne d'affichage a continué, elle a même redoublé d'intensité. On voit des têtes de Blocher partout. Oû ce qu'il en reste... C'est l'irruption des campagnes à l'américaine, véritable déni de démocratie, puisqu'il s'agit de répéter toujours le même message, jusqu'à saturation, le plus simple possible. Beaucoup de gens finissent par s'y laisser prendre. Une autre manière d'acheter leurs voix.

    L'UDC est aujourd'hui le parti le mieux représenté dans les classes les plus désheritées. Une escroquerie particulièrement réussie, car enfin, d'où viennent ces dizaines de millions, si ce n'est des quelques personnes suffisamment riches pour en faire cadeau au parti sans se priver?

    Comment peut-on penser une seconde que ces gens qui financent ce parti, donc qui le dirigent (qui paie commande, ce n'est certainement pas M. Blocher qui nous contredira) comment ces gens pourraient-ils chercher à défendre les intérêts des plus humbles, de leur exact contraire ? La seule chose qui les intéresse, c'est leur argent et leur pouvoir à eux.

    Blocher n'aime pas les gens. Sinon, il ne mépriserait pas autant ses propres candidats dans les cantons et saurait les mettre en valeur. Blocher n'aime que Blocher. Apparamment, comme pour Bush aux Etats-Unis, il faudra pourtant plus d'une législature au peuple suisse pour découvrir l'étendue des dégâts causés par le zuricois sur nos institutions et notre image internationale.  

    A noter que la Suisse est quasiment le dernier pays de tradition démocratique au monde où le financement des partis reste entièrement secret. Même au pays de Heïdi, tout est loin d'être parfait. Il est encore temps d'envoyer un message clair à Heïdi et à Blocher, dans les urnes dimanche : votez ! Et votez liste N° 2, c'est encore mieux.

  • Qui vote quoi ?

    Pour une fois, les sondeurs ont fait du bon boulot. L'enquête gfs dévoilée ce matin dans le Temps détaille, parti par parti, les intentions de vote en fonction du profil socio-économique, du sexe, de l'âge, etc…Il n'y manque que les variations d'un canton à l'autre, pourtant essentielles dans les élections en cours, mais il est vrai que cela coûterait très cher de les évaluer.
    Pas de grosses surprises, dans ces résultats, mais la confirmation scientifique d'intuitions élémentaires. L'UDC par exemple parvient à être surreprésentée dans les couches les plus populaires (moins de 3000 Francs par mois), les moins bien éduquées et les plus âgées (plus de 65 ans). C'est paradoxal pour un parti qui s'en prend tous les jours aux acquis sociaux, mais le discours sur la sécurité fait mouche auprès de cet auditoire là, qui apparemment se paie de mots et de symboles davantage que de réalité.
    Le PS est hyper-représenté chez les fonctionnaires universitaires, les radicaux chez les cadres bien éduqués dans la tranche de revenus supérieure, le PDC chez les employés qualifiés et à la campagne etc…
    En fait on peut dresser des portraits robots:
    Retraité modeste, voire très modeste, plutôt campagnard, peut-être aigri par une dure vie de labeur et frappé de plein fouet par les phénomènes de paliers qui pénalisent le travail dans les catégories de revenu inférieures, vous votez UDC.
    Femme universitaire de moins de 40 ans, travaillant à temps partiel dans la fonction publique ou au chômage, disposant de revenus moyens, vous votez PS.
    Paysan catholique ou employé qualifié d'une petite ville, disposant de revenus moyens inférieurs, vous votez PDC.
    Cadre masculin, profitant de l'aura et des revenus que vous assurent vos responsabilités, mieux informés que la moyenne, vous votez radical.

     

    Il ne manque que les verts, dans ce tableau, dont on peut supposer qu'ils mordent essentiellement sur l'électorat des socialistes, des radicaux et des démocrates chrétiens, selon qu'ils sont fonctionnaires, cadres et indépendants ou paysans. L'UDC ayant également largement pioché, ces dernières années, dans l'électorat populaire du PS et des partis du centre.

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    Le plus intéressant dans ce tableau, c'est de constater que si pour les partis du centre et dans les couches les mieux éduquées de la population, les choix politiques correspondent objectivement aux intérêts de la catégorie sociale concernée, ce n'est pas vrai pour tout le monde:
    Le PS défend effectivement les intérêts des fonctionnaires, contre ceux des travailleurs du privé, qui ploient sous le poids des coûts de l'Etat.
    Les radicaux et le PDC défendent les intérêts des classes moyennes (surtout les radicaux ;-)), qui d'ailleurs se confondent avec ceux de la société en général.

    Pour l'UDC en revanche il y a une déconnection totale, e parti de M. Blocher n'ayant jamais été le défenseur des pauvres, fussent-ils retraités. Tout au plus peut-on s'attendre à ce que les ex-agrariens diminuent les dépenses d'assistance dont bénéficient d'autres catégories que celles des petits retraités ayant trimé toute leur vie. Cela réduira une injustice flagrante, certes, mais sans augmenter forcément la sécurité (surtout si cette politique est menée sans discernement) et surtout sans améliorer d'un iota le sort des dits retraités qui n'en toucheront pas davantage pour autant.

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    C'est ce que l'on appelle de la démagogie, tout comme le refus de l'UDC d'entrer en matière sur l'allongement de la durée du travail, alors que le problème du financement de l'AVS va se poser tôt ou tard…  Mais M. Blocher, contrairement à M. Couchepin,  n'a pas le souci de l'intérêt du pays à long terme. Il a juste celui de sa réélection à lui, parce que cela seul l'intéresse et qu'il se fait vieux. Tout comme ses électeurs d'ailleurs, l'UDC étant sous-représentée chez les jeunes.

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    Le paradoxe blocherien prouve cependant qu'une bonne communication peut permettre de sortir du cadre strict de ses électeurs légitimes. Le problème, pour le centre aujourd'hui et demain, c'est de parvenir à communiquer efficacement, y compris auprès des couches les moins favorisées de la population, sans pour autant renier ses valeurs essentielles. Sacré challenge !     
  • Idolâtres ou candidats ?

    Passant devant une affiche, impeccable, de Martine Brunschwig Graf entourée de ce qu'il reste de deux posters maculés et déchirés de Blocher, je me disais que cela doit quand même faire un effet bizarre, d'être un candidat UDC à la députation...

    Je n'aimerais pas avoir le sentiment d'être nié en tant qu'individu, de servir de chèvre à mon chef bien-aimé dont seule la photo s'étale sur tous les murs, alors même qu'il n'est pas candidat dans le canton...

    Le terme de chèvre ici n'est pas à prendre au pied de la lettre, c'est juste pour reprendre l'expression d'un député français qui au soir du 1er tour des législatives suivant l'élection de Sarkozy, remarquait que ce soir là, avec une étiquette UMP, même une chèvre aurait été élue...

    Donc, pour devenir conseiller national UDC, nul besoin de faire étalage de ses talents et qualités. Brandir l'étendard suffit. Drôle de conception de la politique, qui n'a rien à voir avec la démocratie directe et l'autonomie des pouvoirs locaux que prétendent défendre les Freysinger, Blocher et consorts.  C'est même tout le contraire. Pour préserver la force de notre système, il faut des responsables politiques locaux compétents, élus sur leurs qualités personnelles, pas des faire valoir en position d'idolâtres.

     

  • Politique spectacle et téléréalité

    Décidemment, les tabous sautent les uns après les autres, dans cette campagne électorale que d’aucuns s’évertuent désespérément à rendre « plus sexy ». D’aucuns signifie ici un regroupement contre nature, entre les provocateurs populistes de l’UDC ou de l’extrême-gauche et les professionnels de la communication, genre plus Bobo tu meurs, dont le scandale et le spectaculaire forment le pain quotidien.

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    On les retrouve aussi bien chez le géant orange, où l’on fait poser les politiciens en sous-vêtements – enfin ceux qui acceptent – qu’à la Tour de la Télévision, où l’on est parvenu, grande première, à transformer le débat politique national en émission de téléréalité. Tout aussi populaire et tout autant bidonnée.

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    Hier soir, à l'enseigne d’Infrarouge, la TSR nous a offert six faux vrais sondages téléphoniques, réalisés à chaud, sur le principe de l’élimination chère à ses émissions favorites. Rappelons tout de même que ce qui fait la pertinence d’un sondage, c’est moins le nombre des répondants que leur représentativité. En clair, si vous n’interrogez que des catholiques, ou que des skieurs, ou que des paysans, vous n’obtiendrez pas les mêmes réponses sur un certain nombre de questions, même si vous en interrogez beaucoup.

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    Or que fait la TSR? Elle n’interroge que les gens qui regardent TSR1 à ce moment là, et encore, sans les appeler mais en leur demandant d’appeler eux-mêmes, sur un numéro payant qui plus est. Il n’y a pas de petit profit.

    Les questions sont simplifiées au maximum,  sur des thèmes d’une grande complexité liés – ou non – à la campagne en cours.

    Or qui regarde la TSR à cette heure là, sinon ceux qui n’ont rien d‘autre de mieux à faire (concert, cinéma, boulot, théâtre, dîner au restau, bière au bistrot, bowling, partie fine sous la couette ou chaînes françaises et étrangères) et ceux qui sont vraiment accros à la politique, comme moi ?

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    On le sait, dans ce pays, la moitié des gens ne votent jamais et un tiers de ceux qui votent le font très rarement. Ce sous-ensemble, les votants, ne colle pas forcément, heureusement, avec le sous-ensemble de ceux qui regardent la télé à ce moment et décrochent leur téléphone. Sans compter qu’on peut s’organiser pour truquer les résultats, si l’on passe le mot aux militants.

    Même si j’aurais plusieurs fois voté dans le même sens, considérées en bloc, ces réponses font froid dans le dos. Gauche et droite extrémistes s'y retrouvent réunies par la peur, la grande peur millénariste attisée par les médias devant les bouleversements considérables de notre monde moderne. L’effet de serre, la bombe atomique, l’intégrisme islamique…

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    Ces problèmes existent et ils peuvent être gravissimes, je viens même de leur consacrer un bouquin entier, mais les réponses à apporter ne tiennent pas dans une question en 3 mots.
    Les minarets par exemple. C’est vrai que c’est le symbole de l’expansion d’un Islam conquerrant, et que ce n’est pas habituel dans nos paysages urbains ou bucoliques. Je ne suis personnellement pas enclin à laisser un ou deux minarets s’élever dans chaque village, dès lors qu’il s’y trouve quelques musulmans au milieu de majorités d’autres religions, comme on le voit en Afrique, ou dans les Balkans. Mais il existe chez nous des lois très efficaces sur les constructions et la protection des sites, qui suffisent amplement à régler ce problème.
    Je n’aimerais pas non plus qu’il s’élève partout des cheminées d’usine, ou des pylônes de remontées mécaniques, même si j’adore le ski. Ou des temples raéliens ou des statues géantes de boudha, pas plus que des flèches de cathédrale ou des pyramides maçonniques… Mais il ne sert à rien d’inscrire dans la constitution un précepte discriminatoire à l’égard d’une religion en particulier, alors que nos lois actuelles parviennent à régler ce qui n'est pas un problème.
    Sur d’autres points, sans doute serait-il utile de concevoir de nouvelles lois ou de renforcer des lois existantes, par exemple sur les mariages forcés, mais là curieusement, on n’entend guère l’UDC, qui préfère s’attacher aux symboles qu’au fond. C’est plus facile et ça paie mieux, électoralement.

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    On a pu le constater en matière de sécurité où, durant quatre années de législature, ses deux conseillers fédéraux ont été aux manettes, freinant plutôt qu’activant des réformes nécessaires. La raison est toute simple : l’insécurité, à fortiori lorsqu’elle implique des étrangers, c’est le pain quotidien des populistes, le thème qui rapporte le plus de voix. Il serait suicidaire pour eux d’y apporter des réponses efficaces.

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    Mieux vaut garder le chancre ouvert. C’est là que les chantres de la démagogie rejoignent les têtes pensantes du petit écran : tous ensemble se nourrissent du scandale et des peurs du peuple. C’est leur business et ils n’ont aucun intérêt à ce que ces angoisses s’apaisent.
    Imaginez une campagne électorale toute calme, sans intérêt ? Un drame pour la TSR car la concession lui ferait obligation d’en parler, tout en connaissant l’hémorragie que cela déclencherait sur ses taux d’écoute. Il est bon de se le rappeler.   
  • Attachez vos ceintures

    Notre planète traverse en ce moment une période de fortes turbulences : instabilité moyen-orientale, terrorisme, bombe iranienne, montée en puissance de la Chine, de l’Inde, des dragons asiatiques et de l’Amérique latine, raréfaction des ressources énergétiques et des matières premières, CO2… Les causes de trous d’air sont multiples et n’apportent qu’une seule certitude : ça va secouer grave et pas seulement dans les mois qui viennent, mais dans les prochaines années.

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    Pour tous ces problèmes, la gauche et l’UDC n’avancent aucune solution. La seule chose qui les intéresse, c’est leur accès ou leur maintien au pouvoir. Le nez dans le guidon, ils flattent les peurs populaires (ce qui paie cash au plan électoral) et se contentent de propositions conservatrices, voire réactionnaires. La gauche ne rêve plus que de figer les acquis. Quand à la droite extrême, UDC comprise, elle n’a qu’un mot en tête : boucler les frontières et surtout, surtout, ne pas se mêler des affaires du monde. Comme si cela pouvait suffire ?

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    Qu’il s’agisse de CO2, de rivalité économique, de partage des ressources ou d’affrontement nord sud, le cas échéant par terrorisme interposé, les trous d’air qui nous guettent se rient des frontières. Pire, nous sommes clairement dans un camp. En matière de répartition des richesses, brandir notre neutralité n’a aucun sens…

    Pour différentes raisons, qui tiennent d’abord à son pragmatisme, le centre seul est porteur des réformes nécessaires à ce pays pour affronter la modernité.

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    Comment un banquier privé que l’on dit intelligent, disposant des moyens de s’informer sur l’Etat du monde peut-il apporter le moindre crédit aux velléités d’un Blocher? A moins qu'il soit séduit par l’aspect « homme fort » du personnage : le discours sur le moins d’Etat (sauf quand ça arrange sa clientèle électorale, paysanne par exemple), la marche sur Berne et l’autorité retrouvée que son impact sur les classes populaires permettrait de faire passer, en force au besoin ? Comme l’a dit Couchepin, la Suisse n’a nul besoin d’un Duce, pire ce serait une faute grave de croire qu’elle pourrait s’en sortir mieux ainsi.

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    Il nous faut des réformes, des vraies, mais des réformes qui pensent l’avenir en fonction de l’avenir et pas du passé. Le temps des frontières fermées est révolu. La planète est globale, c’est un fait et c’est à l’échelle globale que se règleront les problèmes. Si par malheur les frontières devaient ressurgir de terre, c’est à coup de bombes atomiques que l’on finirait, car plus d’une soixantaine de pays détiennent aujourd’hui les capacités économiques, scientifiques et technologiques de les produire. Le fait d'y avoir renoncé ne protégerait en rien la Suisse.

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    Plus de la moitié du PIB helvétique dépend de l’extérieur, et davantage encore si l’on inclut les matières premières nécessaires. A Genève, c’est plus des ¾. Nous détenons en revanche un savoir-faire unique à apporter au monde en matière de démocratie directe, de subsidiarité des responsabilités locales et de vivre ensemble en dépit de cultures différentes. C’est dans le dialogue et la concertation, au niveau des organisations internationales, sytème onusien et OMC, que se règleront les problèmes. Et si tel ne devait pas être le cas, c’est dans l’Union Européenne que nous trouverons protection.

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    Penser que nous pourrions être un ilôt fermé (sans matière première et sans flux de capitaux étrangers…) ou pire encore un cheval de Troie des autres grandes économies au sein de l’Europe (dans le cas, loin d’être improbable d’une sérieuse aggravation des tensions), c’est juste une grossière erreur de stratégie.

     

  • L'erreur est humaine

    Cette fois ça y est, mon livre l'Utopie Urgente arrive dans les librairies. Je suis passablement ému tout de même. L'occasion de recevoir les premiers commentaires... Plutôt élogieux. Les gens apprécient l'analyse, la volonté d'embrasser les problèmes du monde dans leur infinie diversité, tout en étant terriblement (malheureusement) d'actualité.

    Je reçois les premières remarques aussi : en dépit de relectures multiples, il reste une ou deux broutilles comme à la page 36, un "de" et un "à" de conjonction entre lesquels j'ai hésité, laissant finalement les deux par inadvertance...

    Plus grave, Kofi Anann est affublé de deux f, parce qu'au Togo, qui est l'un de mes pays et voisin du sien, on écrit Koffi... Ou le trust financier Carlyle, spécialisé dans l'armement, que j'écris Carlisle... comme un autre trust financier, qui n'a rien à voir avec le premier et bien moins en vue des feux de l'actualité... Bon, je me console en lisant un excellent bouquin sur l'Iran et la bombe, tellement d'actualité qu'il est parsemé de fautes d'innattention, Irak à la place d'Iran par exemple... Errare humanum est et personne n'est à l'abri.

     

  • Censure et médisances

    Le candidat Nydegger a relancé ici un débat intéressant : faut-il ouvrir son blog à tous les commentaires sans contrôle ou au contraire les modérer ?
    Ce terme désigne la censure sur internet, qui consiste à filtrer les interventions du public pour en élaguer les propositions sans intérêt, redondantes ou injurieuses. Jean-François Mabut, le grand manitou de ce blog – qui fut longtemps responsable du courrier des lecteurs pour la Tribune - a décidé de laisser chacun d’entre nous agir à sa guise. Libre notamment de filtrer ou non et selon les critères qui lui conviennent. Qu’il en soit ici remercié. Nous avons même la possibilité de corriger les propos qui nous sont adressés.
    Pour ma part, je filtre, ce qui évidemment prends du temps. Suis-je toujours objectif dans l’application de mes critères ? Je le crois. Même si je dois confesser avoir amélioré l’orthographe d’une lettre qui m’était favorable et en avoir laissé d’autres, plus agressives, telles quelles… C’est de bonne guerre…
    Je suis d’autant plus certain d’avoir raison de filtrer que les contributions les plus agressives et véhémentes, qui dégagent assez systématiquement un fort parfum de MCG, ne sont pas signées… ou plutôt sont signées de pseudonymes évocateurs dont rien ne prouve la véracité. Qui me dit que le « travailleur honnête » n’est pas un patron voyou ou que le « père de famille nombreuse » n’est pas un leader politique ? Je pense que J.-F. Mabut doit pouvoir retrouver au minimum les adresses IP et sans doute aussi plus directement les adresses couriel de tous les signataires, mais à moins d’entorse caractérisée à la loi, cela m’étonnerait qu’il nous les communique, cela fait partie des règles du jeu implicite. 

    L’un de ces contributeurs assimilait récemment ce blog au forum athénien, lui attribuant ainsi la plus grande valeur démocratique. De fait, c’est un outil nouveau et important. Mais à Athènes, les interventions sur le forum étaient à visage découvert, ce qui était tout de même plus franc. Il est bon d’avoir le courage de ses opinions. D’un autre côté, pour des raisons de discrétion professionnelle ou autre, chacun doit pouvoir s’exprimer sans risque de perdre sa place… sauf s’il dit des énormités ou pratique la calomnie.

    La démocratie, ce n’est pas forcément le droit de dire tout et n’importe quoi…
    Je me souviens des clameurs des conducteurs de moto-taxis au Togo, lors de l'introduction mouvementée du pluralisme dans leur pays. Ils hurlaient « C’est la démocratie » en brûlant les priorités et les rares feux-rouges de la capitale, après avoir sans abandonné le casque, assez désagréable à deux pas de l'équateur.  Ils n’avaient pas tout compris. Privés toute leur vie de la démocratie, ils avaient tout à en apprendre. Apparemment, nous aussi avons à apprendre de ce qu’est ou pourrait être la démocratie sur internet…

    N'étant jamais si bien servi que par soi-même, je me permets de recopier ici mon intervention sur le blog de M. Pardo, qu'il n'a pour l'instant pas encore validée :

    M. Pardo,

    Vous enfoncez des portes ouvertes. Toutes les personnes normalement cultivées devraient savoir que Mussolini était militant socialiste à l'origine (y compris à Lausanne), que Doriot était communiste avant de devenir le N° 2 du régime pétainiste en France, que Nazi désigne les initiales de national socialisme en allemand et que donc en Suisse aussi, certains socialistes (mais pas tous) ont sérieusement dérapé, comme en témoignent les articles du journal bernois que vous citez.

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    Vous confirmez ainsi, comme le souligne un précédent correspondant, que les extrêmes se rejoignent et c'est à nouveau vrai, dès lors que nationalisme et socialisme se donnent la main. Le grand capital y a d'ailleurs pris sa part, contrairement à ce qu'affirme ces articles, tant au travers des grosses firmes allemandes (Krupp et autres) que des intérêts étasuniens dans certaines firmes allemandes. Le grand père de l'actuel Bush a ainsi été condamné aux Etats-Unis, en 46, pour intelligence avec l'ennemi de ce fait...

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    A l'inverse, quelques responsables de droite, et même d'extrême droite se sont élevés contre la tyrannle nazie et sont entrés en résistance, à l'époque. Mon père engagé volontaire avant ses 18 ans, en tant que pilote (mais dans la recconaissance aérienne, parce que en tant que trotskyste, il refusait de porter les armes pour une armée nationale), a ensuite été espion en Allemagne (mais sans jamais porter d'arme) sous couvert de la commission d'armistice pour un réseau (le 2ème bureau de l'air) qui était dirigé par des officiers supérieurs franchement à droite et officiellement pétainistes, qui travaillaient en sous-main pour Londres. Des activités qui lui valurent d'être condamé à mort deux fois sous deux identités différentes par les nazis, de connaître le camp de concentration du Struthof... et d'être sauvé in extremis du peloton d'exécution auquel il avait été condamné dans une forêt champenoise par un groupe de résistants locaux de la dernière heure, qui ne connaisaient de lui que le fait qu'il se rendait régulièrement et officiellement en Allemagne ! Il était déjé attaché auu poteau quand un ordre venu d'en haut l'en a heureusement sauvé.

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    Rien n'est donc jamais simple et je ne doute pas que certains d'entre vous, pas tous, se lèveraient contre la barabarie si elle survenait. D'autres rejoignant certainement des gens venus de tous les horizons politiques pour servir le nouveau maître.

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    Le problème, actuellement, c'est d'éviter qu'une oppression totalitaire survienne à nouveau et franchement, le rapprochement de l'extrême gauche et de l'extrême droite (au sein de laquelle je classe votre parti) sur les thèmes du protectionnisme populiste et de l'anti-mondialisation me fait présager le pire. Ce mélange de haine de l'étranger différent ou voleur d'emploi et d'asssitance démonstratrice à l'égard des malheureux d'ici, afin de les enrôler, est extrêmement préoccupant. Surtout lorsqu'il se double d'une adoration quasi mystique pour le chef charismatique tellement proche du petit peuple.

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    Franchement, le fait que vos affiches aient étét reprises telles quelles par le NPD ne vous pose-t-il aucun problème, à vous qui je crois,venez d'une civilisation stambouliote si heureusement cosmopolite ?

     

    J'ajoute que j'approuve la plainte déposée aujourd'hui à Genève contre un jeu en ligne sur le site de l'UDC qui prouve, s'il le fallait, votre mauvaise foi dans l'affaire des moutons:

    Le bouc de l'UDC doit repousser les moutons noirs qui sont à l'extérieur du pays et tentent d'y pénétrer. On voit bien là que l'apellation de mouton noir que vous mentionnez pour votre défense ne s'applique pas: les moutons noirs sur vos affiches et dans vos jeux ne sont pas des membres dévoyés de la famille mais bel et bien des étrangers. De couleur noire.  

  • Et gauche et droite: au centre !

    Quelques chauds partisans de M. Stauffer m’ont qualifié hier de commentateur de gauche… Rigolo, quand on connaît mes positions en matière d’économie, de subventions ou de poids de l’Etat, seuls étalons encore pertinents sur une échelle gauche droite, de plus en plus floue. Voire carrément illisible lorsque les considérations annexes (mais pas forcément moins importantes) prennent le dessus dans la confusion : racisme, nationalisme, religion, protectionnisme, dénonciation de scandales et de complots réels ou supposés… Les partis n’arrangent rien, en cette période électorale où tout le monde souhaiterait à la fois séduire les siens et rassembler le plus largement possible.

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    On m’a aussi traité de M. Jesaistout… Je passe pourtant beaucoup de temps à essayer d'en apprendre davantage… Quand je ne compile pas des notes, comme je l'ai fait durant quatre ans, pour finalement accoucher d’une trilogie, après deux années supplémentaires consacrées à l'écriture. Trois bouquins pour faire le point sur la politique, l’économie mondiale, l’environnement, la croyance, la morale et les mœurs… Bref de la philosophie tout-terrain, lisible par tout un chacun. Ou presque… Disons tout un chacun qui sait lire, ce qui par les temps qui courent devient de plus en plus rare, n’en déplaise à M. Baud et ses compères de l’école sans note.

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    Nul ne peut prétendre détenir aujourd'hui tous les savoirs du monde, ils sont bien trop complexes… Ce qui paradoxalement concourre au problème : nous manquons de généralistes, de gens curieux de tout et ouverts, capable d’oser des synthèses ou de lancer des pistes à la réflexion de manière transversale, en essayant de tenir compte d’un maximum de facteurs et pas seulement de ceux que l’on a immédiatement sous le nez.

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    Pourquoi je vous raconte ça ?

    1) Pour me faire de la pub. Le premier tome de cette trilogie, l’Utopie Urgente, sera en librairie à la fin de la semaine.

    2) Parce que j’ai reçu hier, de Californie, un très gros et luxueux dossier de  l’Eglise de Scientologie ! Leurs cours de développement personnel ne m’intéressent pas du tout, parce que si je devais devenir quelque chose, ce serait Ron Hubbard à la place de Ron Hubbard, du moins sur le plan théorique. Parce qu'en pratique, je prône exactement l'inverse de Ron Hubbard (qui aurait mieux fait de rester romancier), soit la fin des embrigadements de toute nature…

    Ce qui jusqu’à preuve du contraire est parfaitement compatible avec mon engagement chez les Radicaux, parti d’individus libres et égaux, alors que l'on retrouve régulièrement, tant à gauche qu'à l'extrême droite, des attitudes de secte.

    3) Pour tenter de faire comprendre une chose à tous ceux qui se sont sincèrement laisser embringuer dans le populisme. On ne peut pas résumer en quelques lignes, sur un blog, encore moins dans un slogan, la complexité d’un monde qu’il est même prétentieux – je le confesse - de vouloir analyser en trois bouquins… Or c’est bien ce que prétendent faire vos leaders, si prompts à tout expliquer en trois mots…

    Un seul exemple : la prospérité suisse qui bat de l’aile ou la paupérisation de la classe moyenne, dont une lectrice attribue la responsabilité à M. Couchepin… Pauvre homme, comme s’il avait le dixième du quart du pouvoir que cela impliquerait ? Il s’agit en fait d’un phénomène qui concerne toute la société occidentale, depuis une décennie.

    C'est dû en partie au caractère fini des ressources de la planète : il va falloir apprendre à partager autrement l'énergie et le reste. L'autre cause majeure tient à à l’absence de régulation mondiale de l’économie et à la concurrence fiscale échevelée que cela autorise. Avec la bénédiction de l’UDC de Blocher, mais pas forcément celle des radicaux…

    Toutes les mesures protectionnistes telles que celles prônées par le MCG (ou les altermondialistes, là encore les extrêmes se rejoignent) sont particulièrement contre-productives en la matière, et ne profitent qu’aux hyper-riches qui se jouent des frontières.

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    On peut discuter des salaires des boss des SIG, mais pour ma part, je n’y vois pas matière à scandale. Qu’est-ce que 400 000 francs par an (dix fois le salaire d’une caissière), lorsque certains magnats, comme Ospel touchent 50 fois ça ? Une échelle de salaires réduite de 1 à 10, pour moi me paraîtrait fort équitable. Quand à savoir si le-dit salaire est mérité, je n’ai pas assez d’information pour en juger.

    En revanche, savoir que la fortune des 400 personnes les plus riches du monde se comptent en trillions, soit en millions de millions, ou encore qu'ils possèdent davantage que les 2 milliards les plus pauvres, cela me pose un problème… Même si ce n’est pas le problème principal… Tous ensemble, ces 400 n’ont qu’un impact très limité sur l’environnement, en revanche, ils détiennent un hyper-pouvoir héréditaire, inégalé depuis les empereurs de l’Antiquité !

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    Quand à la prospérité passée de la Suisse, elle est due essentiellement à la santé de la place financière. A l’ombre de la guerre froide, nos entreprises et nos salaires ont pu profiter d’un différentiel d’intérêts très favorable au Franc suisse, qui finançait les conventions collectives et le pacte social.  Tous les riches du monde plaçaient leur argent chez nous et nous en profitions tous, en dépit d’une productivité très comparable, voire inférieure, à celle de nos voisins. Pas en nombre d'heure de travail, mais en travail effectif.

    Cette époque est révolue. Finie. Elle ne reviendra plus, il faut donc s’adapter. Et vite. Cela ne se fera pas sans pleurs et grincements de dents, la gauche hurle déjà, mais ce qui est sûr, c’est que les velléités autarciques de l’extrême-droite, façon soft UDC ou hard MCG seraient pires que le mal, parce que en dehors de son rapport au monde, la prospérité suisse n’existe pas, et sans prospérité, c’est la Suisse, qui n’existe plus.

  • Petites et grande économies

    A ce qu'il parait on parle peu d'économie et de propositions concrêtes durant ces élections.

    Le fait est qu'il est beaucoup plus facile de jeter des slogans à la tête de l'adversaire que de parler de choses sérieuses. Par exemple M. Stauffer, du MCG, qui s'en prend ici même une fois de plus à M. Couchepin à qui il reproche l'envolée des primes d'assurance maladie depuis... 11 ans ! Or cela ne fait pas encore 4 ans que M. Couchepin est en charge de ce dossier.

    Ce qu'est parvenu à faire le Valaisan, au contraire, c'est que pour la première fois depuis que l'assurance maladie obligatoire existe, l'ascenseur s'est arrêté. Les primes ont été stabilisées, et ont même légèrement diminué. Trop légèrement, c'est vrai, mais ce n'est pas fini: les services de M. Couchepin travaillent sur de nouveaux chantiers, par exemple la négociation des tarifs des médicaments génériques.

    Dans les commentaires, toujours dans le blog de M. Stauffer, on peut lire l'avis d'un genevois résidant en France, qui relève que la formule la moins coûteuse et de loin, c'est celle de l'assurance privée volontaire française, dont les primes sont moins élevées qu'en Suisse et nettement moins chères que les prélèvements obligatoires de la sécu.

    Il a parfaitement raison, mais uniquement si l'on est un homme jeune et en bonne santé. Le système privé français n'est en effet que très peu mutualisé, il n'y a donc aucune solidarité entre les sexes et les générations et chaque compagnie est libre de sélectionner uniquement les bons risques et même de se débarasser des autres, lorsqu'ils ont fait leur temps. Si l'on est en pleine forme et célibataire, c'est sûr on y gagne, mais lorsque naissent les enfants et qu'on s'approche de la retraite, ou qu'une maladie de longue durée vous frappe, on change d'avis.

    Enfin, pour parler un peu d'économie, j'ai été très amusé de constater que l'UBS devait provisionner quelques milliards ce trimestre à cause des subprimes étasunienens. Ce qui réduit à néant son bénéfice, produisant même quelques centaines de millions de francs de perte. C'est la deuxième grosse plantée en quelques mois et comme pour la première, le chef du service confirmé est remercié. Avec ou sans parachute doré, l'histoire ne le dit pas.

    Etonnament, pas un mot sur les conséquences de ce désastre pour M.Ospel. Le patron tout puissant, responsable tout de même du choix de ses collaborateurs et de leurs options principales à ce stade, s'en tire apparemment sans problème. Son salaire tellement mirobolant, justifié par ses compétences hors normes, lui sera-t-il néanmoins versé ?

    La libre concurrence et le salaire au mérite, tout ça, je suis pour. Mais à condition que cela fonctionne dans les deux sens et que les boulettes soient sanctionnées, aussi chez les plus gros poissons.

  • Qui propose quoi, au fait ?

    Qui propose des solutions pour protéger les enfants sur internet ou en cas d'enlèvement ?
    Les radicaux et la genevoise Sara Giardina en particulier
    Qui les repousse ou les freine ? l'UDC (lire à ce sujet le blog de Bernard Favre dans ces pages)

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    Qui propose des solutions pour le logement à Genève et pour le logement écologique en particulier ?
    Les radicaux, notamment Hughes Hiltpold et Thomas Büchi (qui en plus parle couramment le schwyzerdütsch, tout en défendant une optique transfrontière)
    Qui n'a d'autre solution pour le logement que de virer les étrangers criminels ?
    L'UDC

    Qui propose des solutions pratiques pour les papas et les mamans qui travaillent et formatrices pour leurs enfants ?
    Les Radicaux
    Qui n'a d'autre solution que de demander aux femmes de rester à la maison ?
    L'UDC

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    Qui se préoccupe de financer la recherche et d'améliorer l'éducation ?
    Les Radicaux
    Qui préfère virer toute une famille lorsque l'un de ses enfants fait des bêtises ?
    L'UDC

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    Qui propose au Grand Conseil Genevois, en 2006 déjà, des mesures visant à faciliter l'éloignement des dealers des zones sensibles ?

    Les Radicaux

    Qui les refuse ?

    L'UDC. Comme globalement elle agit ou plutôt n'agit pas, par conseiller fédéral de Justice et Police interposé, comme si elle ne souhaitait pas vraiment améliorer la sécurité, comme si ça l'arrangeait de pouvoir piocher dans une clientèle électorale sensible à ces thèmes et qu'il valait donc mieux laisser pourir la situation... des méthodes employées pour arriver au pouvoir par tous les régimes totalitaires. 

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    Qui se préoccupe d'agriculture durable, de bio-carburant et de concilier l'économie et l'environnement  ?
    Les Radicaux (notamment François Haldemann, que l'on peut lire dans ces pages)
    Qui se contente de nier l'existence d'un problème ?
    L'UDC

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    Qui ose parler de l'Europe, de l'ONU, du multilatéralisme ?
    Les radicaux
    Qui se contente de tout refuser en bloc pour surtout, ne rien changer ?
    L'UDC

    On pourrait multiplier les exemples. A part dire non au reste du monde, l'UDC n'a pas émis le moindre début de la moindre proposition politique depuis des lustres.
    Ils ne font qu'appliquer avec succès les préceptes de la pire et très coûteuse communication politique à l'américaine : " Répétez sans cesse et toujours le même message simple, le plus simple possible, les gens vont finir par y croire et y adhérer. C'est pavlovien."
    Freysinger, leader romand de l'UDC le reconnaissait à la télé: "Nous réussissons, parce que nous répétons des messages simples".

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    Au parti radical, nous partons d'un autre point de vue. Nous pensons que les Suisses sont assez mûrs politiquement pour entendre un autre son de cloche, celui de propositions multiples et adaptées, parfois un peu difficiles à expliquer, mais au moins concrètes et réalistes.
    Nous préférons croire que les Suisses ont encore le goût de réfléchir et de juger par eux-mêmes. Pas seulement d'agir selon des réflexes pavloviens comme des chiens de laboratoire.
    Ecrivant cela, bien sûr, je ne dis pas que les électeurs de l'UDC sont des chiens de laboratoire, je dis que l'UDC prend les électeurs pour des chiens de laboratoire, et se comporte donc à leur égard de manière insultante.

    Ce qui est tout différent, n'est-ce pas ?

  • Le cadeau empoisonné de Sarko

    D’abord j’ai éclaté de rire. Mettez-vous à ma place. Cela fait six ans jour pour jour que je travaille à un bouquin expliquant l’urgente nécessité d’un gouvernement mondial. Le livre, édité par Slatkine, sort en Suisse dans une semaine. Inutile de vous précipiter chez le libraire, il n’y sera pas avant le 5 octobre. Et hier soir, sur un site internet, cette nouvelle datée de New York me saute aux yeux : Sarkozy appelle à la création d’un gouvernement mondial à l’ONU…

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    Il se trouve que je pense que Sar-KOO-zee est la plus grosse erreur de casting que la politique française ait éructé depuis fort longtemps. Je savais déjà que les grands esprits se rencontraient, mais apparemment les petits aussi.

    Notez, cette idée il ne l’a pas trouvée tout seul. D’abord elle ne m’appartient pas. Cela fait au moins depuis la fondation de la SDN, il y a 90 ans, que des gens y pensent, mais à l’époque, Woodrow Wilson avait du reculer devant l’opposition farouche des républicains étasuniens… Pas plus tard qu’hier, dans le Temps, quatre fonctionnaires onusiens signaient une tribune libre allant dans le même sens, en prenant la construction européenne pour modèle. Personnellement, je prône d’abord une étude très helvétique de la subsidiarité : savoir à quel échelon doivent se prendre quelles décisions, avec un maximum de démocratie et d’autonomie régionale.

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    Des versions antérieures de mon bouquin ont circulé à Paris, chez des copains journalistes, politiciens ou éditeurs depuis près de deux ans. Bayrou en a une, des éléphants du PS aussi, et j’en ai parlé avec une parisienne de Genève, qui fut un temps chef du cabinet de Sarkozy... Cela ne me gêne pas qu’il me pique une idée qui était dans l’air du temps ; le problème est ailleurs.

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    Après le réflexe bergsonien devant l’inattendu, je me suis dit : « Super, excellente publicité, le timing est presque parfait ! » Voilà qui devrait crédibiliser l’idée, donc doper les ventes et enrichir mon portefeuille. Mais tout de suite après : « Sauf que Sarkozy a justement un problème de crédibilité qui risque de devenir énorme sous peu, ce qui ruinerait tout ce qu’il touche ». L’Etat de grâce ne devrait plus durer longtemps. En dépit de son étonnante capacité à rebondir, les faits sont encore plus têtus que lui. Question ventes, cela nous laisse quelques semaines, mais je vais quand même essayer de convaincre mon éditeur de hâter la sortie en France, prévue pour février…

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    Le problème, c’est les conséquences éventuelles sur l’idée elle-même. J’y tiens, moi, parce que je pense que c’est une question de vie ou de mort pour mon fils, pour nos enfants, pour la planète. Si l’on ne parvient pas à établir une forme de gouvernement mondial démocratique et vraiment multilatéral, dans les quinze ans qui viennent, on va se taper dessus à coups de bombes atomiques. Or je crains qu’après avoir fait mousser l’idée, le petit Nicolas la laisse retomber comme un soufflé, pour passer à autre chose avec la boulimie hyperactive qui le caractérise. Ce qui nous renverrait aux oubliettes pour un bout de temps.

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    A moins que… coincé par la réalité de la politique et de l’économie française, Sarkozy 1er décide enfin de laisser les rênes à son premier ministre et qu’il se consacre alors à ce qu’il fait de mieux : conquérir le pouvoir. Ici il ne s’agirait pas de pouvoir, encore qu’on pourrait lui accorder la première présidence de l’assemblée mondiale, mais de stratégie pour construire une grande idée, « la » grande idée. Son énergie et son entregent sont tels qu’il parviendrait sans doute à des résultats spectaculaires. Je serai prêt alors à monter à genoux les marches de l’Elysée (ou du futur parlement mondial) pour me faire pardonner d’avoir tant calomnié le grand petit homme…

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    Mais là, je rêve éveillé, d’ailleurs il est 3h du matin. Parce qu’il est trop chauvin et habitué à la jouer perso pour mener à bien cette affaire, qui demande du tact et une vraie ouverture aux quatre vents du monde… D’un autre côté, peut-être que son côté Petit Caporal au Pont d’Arcole pourrait emporter le morceau… Les structures du monde ont souvent besoin d’être rudoyées pour avancer…  Et sans De Gaule, pourtant vestale de l’esprit national s’il en est, Schuman, de Rougemont et Adenauer n’auraient jamais pu faire l’Europe.

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    Sauf que le petit Nicolas est déjà grillé. Au matin,  les médias francophones ont davantage ironisé sur la grandiloquence de son discours que disserté du fond, sur lequel il était resté diablement imprécis. Il faudra que je lui envoie la dernière version de mon bouquin :-), pour nourrir ses harangues.

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    L’important, c’est que l’idée fasse son chemin.
    Le monde est pressé, oui, mais comme disait La Fontaine, un vrai champion de la communication: "Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage…"
  • Diplomatie Bling Bling

    Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy est à New York, à l’ONU, pour dit-il rencontrer le Président Alvaro Uribe de Colombie, afin d’y parler d’Ingrid Betancourt. On espère pour la grandeur de la France qu’il n’y fera pas que cela, d’autant qu’Ahmadinejad, entre autres, y est aussi. Micheline Calmy Rey, selon toute probabilité, rencontrera également le Colombien puisqu’elle se trouve aussi au sommet sur le climat des bords de l’Hudson. Elle n’en fait cependant pas tout un plat médiatique et ne l’annonce même pas officiellement. Différence de style tout à l’honneur de la Valaisanne. En matière de diplomatie, qu'il s'agisse de nucléaire iranien ou de prise d’otage, l’ombre est certainement préférable au méga-show bling bling.

    Les Colombiens ont d’ailleurs instamment prié la Confédération de bien vouloir continuer à agir discrètement, pour le cas où la médiation de Chavez terminerait en cul de sac. Personne ne l’espère, mais avec les FARC, il faut s’attendre à tout. N’ont-elles pas déclaré la guerre à l’ELN, l’autre guérilla colombienne, lorsque celle-ci a entamé avec le gouvernement des négociations de paix qui sont aujourd’hui, à Cuba, sur le point d’aboutir ? Il est d’ailleurs assez étonnant de constater qu’en Suisse, les trotskystes de Solidarités soutiennent les FARC, mouvement stalinien de la pire espèce, qui assassine les syndicalistes déviant de sa ligne et a déjà tué des dizaines de combattants de l’ELN (d’origine trotskyste !), pour prendre possession de son territoire. Créant au passage quelques milliers de nouveaux « Desplazados », les réfugiés internes chassés de leur terre, pour pouvoir y planter tranquillement la coca ?

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    Toute la question, pour Sarkozy, se résume à savoir si les marrons de la négociation sont suffisamment à point pour qu’il puisse les tirer du feu sous l’objectif des caméras. Un peu inquiet, BHL faisait remarquer la semaine dernière qu’il ne faudrait pas que la libération d’Ingrid se paie au prix d’une centrale nucléaire offerte à Chavez. Le philosophe, autre grande figure du bling bling à la française, a en effet noté des propos teintés d’anti-sémitisme dans les déclarations du bouillant Hugo. A vrai dire, je ne crois pas à l’anti-sémitisme du parachutiste de Caracas. C’est plutôt que les ennemis de ses amis sont ses ennemis, et qu’à force de lier son sort au pire des néo-conservatismes étasuniens, Israël finit par entraîner la confusion dans les esprits simples, qui en plus n’ont pas encore compris qu’Israël ne représentait pas tous les juifs, de même que bien des juifs ne se reconnaissent pas en Israël.

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    Il se trouve que Chavez est un esprit simple. Qui n’a pas encore compris que le socialisme consistait aussi à renforcer l’infrastructure de son pays (les soviets plus l'électricité disait Lénine), puisqu’il laisse tomber en ruines – et pas par manque d’argent - les plus importants ouvrages d’art du Venezuela. Quand bien même Sarkozy lui offrirait une centrale atomique, il n’est d'ailleurs pas certain que cela suffise à faire fléchir les FARC, qui ne sont pas si dépendantes de Chavez qu’on le dit. Grâce à l’argent de la coca, elles ont largement de quoi se financer et le gros de leurs approvisionnements passe par Lago Agrio, en Equateur.

    Un bled boueux de 9000 habitants et 15 assassinats par mois, où l'on confie tout naturellement son arme à l'hôtesse avant de prendre l'avion. L’Equateur, autre allié de Chavez, tout comme la Bolivie, où la dernière trouvaille du Président Moralès consiste à taxer les travailleurs et travailleuses émigrés (dont quelques centaines de femmes de ménage romandes, originaires de la région de Santa-Cruz, honnie par Moralès) qu’il accuse d’être des traîtres à la patrie. Ils et elles auront désormais besoin de visas coûteux pour pouvoir rentrer dans leur propre pays, exactement comme à Cuba.

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    Dans l’affaire des infirmières bulgares, Sarkozy était libre de ses mouvements. Face à la Lybie, la France a toujours été en première ligne. Mais avec les FARC, c’est différent, c’est le Président colombien qui négocie et l’intérêt du gouvernement colombien n’est en aucun cas de céder aux FARC la moindre parcelle du sol national. Quel pays accorderait l’indépendance et une partie de son territoire à des trafiquants de drogue ? Or c’est la seule chose qui intérèsse vraiment  les FARC. Marulanda et ses hommes rêvent d’une région autonome, qui pourrait s’appuyer sur les pays voisins et amis. Tant que les FARC n’auront pas clairement acceptées le principe de Justice et Paix, toute négociation parait vouée à l’échec. Ce programme de réconciliation développé avec l’aide de la Confédération prévoit des condamnations légères des dirigeants pour des meurtres graves, mais des condamnations tout de même et le déballage des crimmes commis. Les paramilitaires sont actuellement jugés selon ce principe.  C'est une chance pour les plus jeunes et tous ceux qui veulent sincèrement s'intégrer à la vie civile. D'autres sombrent dans le gangstérisme pur et simple après l'audience, mais du moins ne sont ils plus organisés en bandes militaires.

    L'ELN a accepté l'idée de Justice et Paix, mais cela ne semble pas rentrer dana la logique assez étroite des FARC, qui prouvent ainsi, une fois de plus que les intérêts particuliers de leurs chefs sont plus importants que ceux du peuple ou même de leurs soldats.    

  • Vote intelligent et financement des partis

    Histoire de vérifier mes convictions, je me suis essayé au test Smartvote sur le site de la Tribune. Comfirmation, c'est la liste du parti radical qui sort largement en tête, mais plus étonnant suivie d'assez loin par un tir groupé, avec dans l'ordre: PS, Verts, JS, libéraux et du PDC. L'extrême gauche - d'où je viens, dans une vie antérieure - est assez loin en compagnie du PEV (!), tandis que tout au fond du classement, l'UDC Genève et International encadrent le MCG.

    POSITIONNEMENTS EXOTIQUES

    L'étude par individus confirme la proximité du PRD et explique le relatif éloignement des libéraux et du PDC, par le positionnement exotique (comparé à mon centre à moi) de certains de leurs membres. En tête, 4 radis emmenés par la vice-présidente et le Président (pas de nom, votez groupés, liste N°2 :-), un vert (Hodgers) et puis encore 2 radis, deux pdc, un vert et une socialiste. Les deux viennent ensuite sont libéraux : Pierre Weiss et Martine Brunschwig-Graf, puis un vert, une libérale et... Carlo Sommaruga ! Ce doit être nos vues communes sur l'aide au développement et l'Europe qui nous rapprochent, tandis que je n'ai pas vu de question sur le logement !

    Là encore regroupés tout en bout de liste, des UDC et des MCG, avec juste un libéral au verbe haut, qui se promène là, un peu isolé. Ah si, dans le lot des réactionnaires acharnés, on trouve aussi un pdt. Et une poignée de PDC qui selon mon échelle de valeurs personelle, sont plus proche des conservateurs que des progressistes. En isolant ainsi les "comportements abhérents" de certains politiciens éloignés des positions globales de leurs partis respectifs, smartvote met le doigt sur un défaut de la démocratie helvétique, du à son ancienneté.

    Nous sommes restés figés dans l'idée qu'on entrait dans un parti comme dans un clan tribal, pour la vie. Le cas des avocats est flagrant: ils choisissent leur parti en fac de droit et il est très mal vu d'en changer par la suite. Or les opinions évoluent en fonction de l'âge et du statut social, mais aussi des évènements extérieurs... Dans une civilisation qui reconnait le droit au divorce, il devrait être admis que l'on puisse changer d'orientation politique.

    FINANCEMENT DES PARTIS

    L'autre grand déficit démocratique helvétique porte sur le financement des partis, basé sur les dons personnels de quelques très riches (n'est-ce pas l'UDC) ou sur les contributions des lobbyes, des syndicats ou de l'économie, c'est à dire d'abord de la finance et des grosses entreprises... Du coup, la classe moyenne qui est pourtant le fer de lance du pays (fonctionnaires, cadres ou indépendants, ils font tourner la Suisse), n'a plus de véritable représentant. Le PS est statufié à gauche par les syndicats, tandis les partis du centre droit sont en bonne partie financés par les super-riches et les grands patrons, le 1% de la population en mesure de profiter de l'évasion fiscale, ce qui concoure à faire retomber le gros de la pression financière sur la classe moyenne. 

    Si la France par exemple a bien d'autres tares démocratiques, entre autres celle d'élire un monarque pour 4 ans, dont les pouvoirs devraient d'ailleurs se renforcer encore si l'on en croit les travaux de la commission Balladur, elle a mis au point un système de financement public qui lie les partis à leur électorat. Au moins comme cela les choses sont claires et ce ce serait extrêmement positif pour la Suisse. Ne serait-il pas juste que ceux-là même qui constituent les forces vives et qui paient l'essentiel des frais de fonctionnement du pays, aient enfin les moyens de se faire représenter directement ?

    Un projet de loi genevois va dans ce sens, déposé par Hughes Hiltpold, un candidat au National qui a de vraies idées. Il est le Président du Parti Radical genevois, dont le rôle naturel serait précisément de défendre cette classe moyenne, appréciant le libéralisme pour ce qu'il est, à savoir le moins mauvais des systèmes, à condition d'être encadré.

  • 10 heures au bénéfice des enfants

    Bon d'accord, j'étais conquis d'avance, mais je dois dire que le débat d'Infrarouge sur la la prise en charge socio-éducative des enfants dont le ou les parents travaillent fut particuilièrement éclairant. Merci à Bernard Favre et Marie-Françoise de Tassigny de rappeler ce que la politique peut avoir d'enthousiasmant, lorsqu'elle s'attaque à résoudre les vrais problèmes des gens.

     

    Sur ce terrain , pas besoin de photo finish, en face d'eux, d'extrême droite ou d'extrême gauche, il n'y avait que mauvaise foi, défense de privilèges dépassés ou sexisme d'un autre âge. Qu'un Charles Beer, ministre socialiste, se laisse aller à craindre qu'une prise en charge des enfants sur la journée confine à de la maltraitance dépasse l'entendement. Bien qu'issu d'une dynastie d'enseignant(e)s du public, j'ai du me résoudre à mettre mon fils dans le privé, car là au moins il était pris en charge au lieu de rentrer tout seul à la maison ou pire de glandouiller dehors sans contrôle avec des copains. J'ai l'énorme chance d'avoir une épouse dont l'entreprise paie les 3/4 de la scolarité.

     

    Non seulement mon fils peut faire ses devoirs avec le soutien ad hoc, mais il bénéficie d'activités diverses, de l'informatique au chinois, en passant par le sport, la guitare... ou le jeu. Cela fait six ans que ça dure, et il est ravi. Plus important, il a deux copains du même âge qui, il y a 6 ans, étaient du même niveau scolaire que lui. C'est à dire normalement intelligents, mais davantage en demande de jeux vidéo que de lectures savantes. Ils ont du avoir besoin de cours de soutien, mais dans la structure de l'école publique existante à Genève, ceux-ci sont pris... sur les heures de cours normales ! Cherchez l'erreur. Le résultat c'est qu'aujourd'hui au cycle, ils sont en B, alors que mon fils prends le chemin de la matu.

     

    Le soir à table, nous passons d'excellent moments en famille et le week-end ou pendant les vacances, nous menons ensemble toutes sortes d'activités diverses. J'aimerais d'ailleurs bien savoir comment fait M. Bertinat, avec sa vie professionnelle que j'imagine intense pour nourrir une femme et six enfants, plus sa vie politique, pour passer tellement de temps avec ses enfants ? A moins qu'il ne délègue entièrement cette activité à son épouse. Pourtant n'est-ce pas dans son parti que l'on estime généralement que les enfants ont besoin d'une maman... et d'un papa aussi ?

     

    En tout cas, moi par solidarité, cette initiative je vais la signer et la faire signer. Et encore merci aux radicaux genevois d'être apparemment la seule vraie force de proposition moderne dans ce canton.

     

     

     

     

  • Du mensonge en politique

    Le mensonge par omission est assez fréquent en politique, où chacun tend à passer sous silence ce qui ne l'arrange pas. Mais le mensonge pur et simple c'est plus rare. Comme le socialiste Christian Levrat qui sur la Radio romande ose prétendre que l'échec de la 3ème voie est du aux radicaux, alors que c'est son ministre, Leuenberger qui a fait échouer le projet au Conseil Fédéral contre la volonté de Couchepin et Merz… et de Calmy-Rey, qui pour une fois était du bon côté. Par ailleurs, c'est le radical argovien Pfisterer qui a trouvé les solutions permettant de financer la fin de Rail 2000, en dépit des dépassements pharaoniques du Gothard, couverts par ce même Leuenberger…

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    Des mensonges, il y en a des petits et des très très gros. Un Conseiller Fédéral s'est dernièrement laissé aller en public à croquer un Pinocchio au nez démesurément allongé. On peut se demander de qui dressait-il ainsi le portrait ? J'ai ma petite idée sur la question. Si vous aviez de gros ennuis avec la justice, pour un cas disons complexe, donc discutable et que vous soyez un notable, copain d’armée du patron de la Justice, copain de classe de sa femme, et meilleur pote et voisin de son fidèle lieutenant et aboyeur principal, vous ne lui passeriez pas un coup de fil, pour voir s’il ne pourrait pas vous aider, ou vous conseiller ? Moi si. En tout cas j’essaierai et en cas d’échec, je tenterai de joindre sa femme. Ou son fidèle lieutenant.

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    Et si j’étais Ministre de la Justice et qu’un de mes copains d’armée dans une telle situation m’appelle ? Soit je serais un couard et je me défilerais, donnant consigne partout de l’éconduire, soit si je n’étais pas un couard, je lui répondrais, au moins une fois, pour lui expliquer diplomatiquement que dans ma position il serait tout à fait inconvenant d’agir. Dans tous les cas, je me garderais bien de toute intervention à l’égard du Procureur de la Confédération, chargé du cas de mon ami. Et je ne changerai pas d'avis d'abord en demandant d'être mis à l'écart du dossier, puis en en réclamant les pièces… Remarquez, je ne suis ni chef d’une énorme entreprise bâtie de mes mains, ni chef charismatique d’un parti d’idolâtres, ni Conseiller Fédéral.

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    Je pourrais aussi, si j’étais affligé d’un ego disproportionné et habité de plusieurs haines féroces (qualifiées d’obsessions maladives par certains politiciens) à l’égard de l’Europe, de l’ONU, de l’administration et plus généralement de ces organismes internationaux qui s’en prennent au secret bancaire qui protège mes copains, je pourrais aussi imaginer de faire introduire la protection absolue du secret bancaire dans la constitution. Ce serait un manteau recouvrant toutes sortes de trafics, mais après tout, à part l’argent et le pouvoir, qu’est-ce qu’il y a de vraiment intéressant dans la vie ? Je pourrais même, comme par hasard, attaquer ce salopard de petit procureur qui ne veut rien comprendre et lui mener la vie tellement impossible qu’il finisse par s’en aller moyennant une confortable indemnité. Après tout, qu’est-ce que je risque ? Pas grand-chose à vrai dire, même si le lien de cause à effet était supputé, comment le prouver ? La présomption d’innocence jouera forcément en ma faveur. De fait à moins qu’un bougre d’abruti se fasse pincer en Allemagne avec des documents compromettants – mais pas probants - dans sa serviette quel risque j’ai que cette compromission éclate au grand jour 1% , 0,01 % , 0,001% ?

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    Plusieurs études l’ont prouvé, l’obstacle principal au passage à l’acte, en matière de crime comme d’excès de vitesse, c’est moins la gravité de la sanction que la probabilité d’être pris. Quand à l’aspect moral des choses, à savoir « je ne ferai jamais cela parce que ce n’est pas bien », vous remarquerez que dans cette affaire, personne ne l’invoque. Je ne l’ai pas entendu une seule fois. Comme si tout le monde pressentait que pour arriver à ses fins, la personne incriminée était prête à tout, ou en tout cas à beaucoup, ce que pourrait laisser présager sa réussite spectaculaire, économique puis politique, dans un monde pas précisément tendre.

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    Tout ceci ne fait pas une preuve, à peine un faisceau de présomptions, et en l’absence d’aveu, ce  n’est juridiquement pas recevable. En droit, le doute doit profiter à l’accusé. En matière d’élection en revanche, il en va tout autrement. Il me semble que c’est le principe de précaution qui prime, d’autant que nous avons le choix. Comme l’a relevé Pascal Couchepin, personne n’est irremplaçable et ne l’élisant pas, lui ou au travers de sa formation, on ne le condamne pas, on se contente de ne pas l'élire. C’est tout et c’est suffisant.

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    Accessoirement, dans les grandes républiques voisines, lors de pareilles suspicions de scandales ou de coups tordus politiques, on a vite fait de saisir la justice, d'investiguer pour de bon, de perquisitionner au plus haut niveau de l'Etat. En Suisse non… Sauf quand cela concerne les ennemis du Ministre de la Justice, qui fut le premier à introduire ces méthodes policières et osons le terme, totalitaires, en politique, non sans duplicité. Lors de la fuite sur l’arrêt du subventionnement aux offices de tourisme (faute tout de même mineure), n'avait-il pas actionné le Ministère Public, réveillé et fait perquisitionner des politiciens et des journalistes à l’aube, puis retiré officiellement sa plainte personnelle… tout en laissant le Ministère Public poursuivre la tâche? Des méthodes qu’il s’est évidemment bien gardé de s’appliquer à lui-même  lors de la fuite Swisscom qui coûta pourtant fort cher à l'entreprise et donc à la Confédération.

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    Deux poids deux mesures, cela semble sa règle de conduite. Lui et les autres. Pas très helvétique tout ça ! Si sa définition de la Suisse, c’est un peuple isolé, coupé du monde, tout entier sous sa coupe, ce n’est pas la mienne et vive les règles internationales et autres conventions des droits de l’homme qui sont là précisément pour contrôler ce genre de dérapages.

  • Un centre fort et unitaire

    Vu de l’Université d’été du Mo-Dem, le Mouvement Démocrate de François Bayrou, l’avenir du Centre en politique paraît un peu flou. Figure historique du ni  droite ni gauche ou plutôt du et droite et gauche, véritable refondateur du concept

    le sénateur radical français Jacques Pelletier 

    est d'ailleurs décédé le week-end précédent, usé par des décennies de combat politique visant à faire exister dans l'Hexagone une force politique digne de ce nom qui ne soit pas inféodée, pieds et poings liés, à l’une ou l’autre des grandes idéologies. Ancien ministre dans des gouvernements de droite et de gauche, notamment de la francophonie et de la Coopération, il avait été le premier Médiateur de la République, fonction fort intéressante et utile à la population puisqu’elle permet à l’individu de recourir contre une décision administrative qui lui paraît inique ou injustifiée. Mais fonction assez représentative de ce qu’est le Centre en France, souvent réduit au rôle de lubrifiant entre les deux grands concepts laminant qui s’affrontent, de gauche et de droite.

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    Le temps d’une élection, François Bayrou est presque parvenu à faire exploser le carcan et il lui faut maintenant transformer l’essai, ce qui ne sera pas facile, car il doit apprendre à faire cohabiter des gens de culture et d’origine fort différentes. Une grosse part de ses troupes paraît constituée de petits entrepreneurs et de cadres acquis à la liberté d’entreprise, sensibles aux questions sociales et écologiques. Ceux-là, qu’ils viennent de l’UDF, de la gauche ou des verts, n’auront aucune peine à travailler ensemble. Mieux même, ils sont sans doute le fer de lance et le sel du mouvement, sa principale force de proposition, bouillon de culture d’où émerge à la fois une critique lucide de la non-politique sarkozyenne en la matière et des propositions aussi concrètes que réalistes. La haute teneur des débats qui se sont déroulés sur ces thèmes a prouvé la maturité du mouvement : comment émerger de la mondialisation au lieu de la combattre, comment doper la production en France et non pas la consommation (car aujourd’hui toute augmentation de la consommation sert d’abord à creuser le déficit du commerce extérieur)… Les centristes sont là et bien là où on les attend, capables de dresser sans œillères le constat le plus juste et d’imaginer les solutions permettant d’en sortir, non seulement en théorie, mais en pratique puisque la CFDT participait brillamment au débat.

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    Les quelques rares hurluberlus alter mondialistes qui sont intervenus à contre-courant ont du rapidement admettre qu’ils s’étaient trompés de forum et vraisemblablement de mouvement politique. Evidemment, le berger aimerait bien conserver toutes ses ouailles. Follement ambitieux, François Bayrou rêve même de se débarrasser du corpus centriste un peu étriqué pour endosser le costume de leader d’un grand parti, à l’image dit-il des Démocrates aux Etats-Unis ou du Congrès en Inde. Cela paraît très difficile en France, où la défiance à l’égard de l’économie de marché demeure extraordinairement présente et forte à gauche. Ce n’est pourtant pas forcément impossible, lorsqu’en parfait synchronisme, le leader socialiste joue les tribuns unitaires échevelés aux côtés de Besancenot sur l’estrade de la fête des communistes. Le populisme à gauche pourra-t-il résister encore longtemps à l’épreuve des faits ?

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    L’autre grand thème de débat fut l’application de la démocratie, à l’intérieur et à l’extérieur du parti. Les experts réunis sur l’estrade, engoncés dans leurs habituelles certitudes franco-françaises, semblaient cette fois nettement moins compétents et créatifs que ce qui émergeait de la salle… Celle-ci semblait avoir en bonne partie les yeux rivés sur la Suisse, les référendums d’initiative populaire, la proportionnelle et la fédération d’entités régionales autonomes. Jean-Marie Cavada, organisateur de ces journées a pris note et promis l’organisation de commissions de réflexion sur ces thèmes en prévision du prochain congrès fondateur, qui se tiendra en novembre, François Bayrou ayant rappelé que la démocratie réclamée à l’extérieur, le parti devait commencer par l’appliquer à l’intérieur, en toute transparence.

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    A noter que s'il demande aux membres du Mo-Dem venu des horirzons les plus divers de rester fiers de leurs origines politiques et d'avoir cru en des idéaux différents, car il y voit une forme d'enrichissement, François Bayrou s'est aussi exprimé contre l'existence de courants internes. Chacun, dit-il doit rester libre individuellement et il ne sert à rien de concentrer ses efforts sur les rivalités intérieures quand il y a tant de combats à mener à l'extérieur. Une attitude à méditer en Suisse, dans les débats de l'Entente.   

  • Des autos vertes, c'est possibile, si on veut

    C’est une révolution. Même le Tcs appuie désormais l’adoption de normes plus restrictives en matière d’émissions nocives pour les automobiles. Seuls les constructeurs allemands et tout particulièrement les plus puissants d’entre eux, qui ont bâti leur fortune sur le luxe et la puissance, rechignent encore et se battent pied à pied à Bruxelles pour tenter de faire reculer l’adoption de telles normes. Le frein n’est pas technologique, il est commercial. On sait construire des voitures tout à fait efficaces quand à leur vocation de déplacement et de transport, qui consomment et rejettent moins de la moitié de la moyenne actuelle. Ce n’est ni compliqué, ni cher, il suffit de faire plus léger et moins puissant. Avec une motorisation hybride diesel, solution développée par Opel et Peugeot, c’est encore mieux, mais pour les constructeurs dont le créneau tient tout entier dans le haut de gamme, cela signifie tirer un trait sur tout leur savoir faire, orienté en sens contraire depuis des décennies. Dommage pour eux et pour leurs dizaines de milliers d’employés, mais l’avenir de la planète semble être à ce prix.

    Vous aurez noter le semble. Je ne suis pas persuadé que le réchauffement soit essentiellement du à des causes humaines et même dans ce cas, l’automobile a moins de responsabilité que le chauffage par exemple, mais à l’évidence, le principe de précaution doit l’emporter. Cela va faire deux ans que j’ai changé ma Zafira essence turbo aux paramètres électroniques optimisés pour un nouveau modèle, en diesel. Résultat, 15% de performances en moins (mais aux allures légales, il est difficile de s’en rendre compte) alors que consommation et émissions polluantes ont diminué d’un tiers. En revanche, le nouveau fait 200 kilogs de plus, gavé de gadget assez superflus mais qui enchantent les enfants. De manière générale, les autos pèsent 60% de plus qu’il y a 15 ans, à catégorie équivalente…

    C’est une question de marketing, plus encore que de confort ou de sécurité. La puissance, l’équipement, le design et la marque sont les principaux déclencheurs d’un achat automobile, mais plus on augmente les deux premiers, plus on pollue. C’est mathématique. Pour sortir de ce piège, les constructeurs de luxe n’ont guère de solutions. Ferrari tente le lancement d’un modèle « superleggera » dont le faible poids, du à une débauche de technologie et de fibre de carbone est l’argument principal. Aston Martin et Audi s’essayent depuis longtemps à l’aluminium, mais tant qu’il ne sera pas « trop cool ! » et « trop style » de conduire un véhicule zen, dépouillé et limité à 150 km/h, on n’avancera pas.  Que pourrait-on mettre dedans, qui ne pèse rien, pour nous inciter à acheter une telle auto ? La marque qui trouvera la première fera fortune, mais c’est à l’échelle européenne que ça se passe. En pratiquant l’alleingang avec sa surtaxation solitaire du diesel, la Suisse n’a réussit qu’une chose : se retrouver en queue de peloton avec le parc automobile le plus polluant d’Europe !

    Les fabricants de boguets rencontrent un problème similaire. Sur de petites cylindrées, les moteurs 2 temps sont beaucoup plus efficaces que les 4 temps, mais aussi beaucoup plus bruyants et polluants. C’est pourquoi l’Union européenne veut les interdire, mais elle a repoussé la chose à 2010, alors que la Suisse maintient l’interdiction pour 2008. La solution consiste évidemment à remplacer les 2 temps par des 4 temps, mais les modèles existant sont à la fois plus chers et moins performants… et donc très peu vendus. Une modification de la loi, qui augmenterait la cylindrée maximale autorisée, permettrait de maintenir les performances tout en compensant la perte de puissance causée par l’adoption du 4 temps et d’un pot d’échappement véritablement silencieux et dépolluant. Inutile cependant de légiférer au niveau suisse : avec moins de 15 000 boguets par an, le marché est ridicule. C’est là encore à l’évidence à l’échelle européenne qu’il faut agir.   

  • Une assemblée tranfrontalière élue

    Passionnant débat que celui mené par la Tribune et 24 Heures autour de l’annexion du district de Nyon. Pourtant à l’évidence la question est mal posée. Genève ne peut pas agir, vis-à-vis de la France voisine ou de la région vaudoise de la Côte comme s’il s’agissait simplement de communes à réunir. Ces régions sont plus importantes que des communes, mais surtout, elles appartiennent culturellement et structurellement à des ensembles plus vastes, qui ne s’en sépareront pas aisément, d’autant que les habitants eux-mêmes développent un sentiment d’appartenance renforcé par la proximité de la grande voisine un peu arrogante, Genève.

    Toutefois, tant la Côte que le Genevois et le Chablais savoyard ou le Pays de Gex constituent pour Lausanne, Lyon ou Paris, des sortes de confins, voire des marches extérieures, plus ou moins délaissées. On l’a bien vu au G8, organisé à Evian, parce que vu de Paris, c’était le bout du bout du monde, un cul de sac stratégiquement facile à défendre… Le caractère d’extrémité, voire d’appendice caudal de la Côte vaudoise est certes moins marqué, mais vu de Lausanne, il n’en est pas moins réel.

    D’où l’intérêt d’inventer de nouvelles structures, qui tiennent compte de toutes ces réalités, pour les dépasser. Les divers comités transfrontaliers mis en place depuis près d’une trentaine d’années, à l’initiative de Guy-Olivier Segond ont eu le mérite de jalonner le terrain et de poser la problématique, mais ils ont atteint leurs limites. Composées de fonctionnaires et au mieux de quelques élus des différentes parties, ils ne prêtent allégeance qu’à leurs centres respectifs et en aucun cas à la région. Ils sont des lieux de négociation, en aucun cas de fusion, même pas des idées et n’ont d’ailleurs aucune légitimité populaire pour ce faire.

    Une fois encore, ce sont les radicaux genevois qui ont proposé la solution, il y a deux ans déjà, en suggérant l’élection au suffrage universel, organisé conjointement, d’une assemblée transfrontalière. Celle-ci devrait être constituée de manière à ne froisser les susceptibilités de personne et surtout pas de Lausanne Lyon ou Paris, en tout cas au départ. Après ce serait aux élus de tracer leur route et d’aller vers l’autonomisation, ou non de la région. Quelles seraient donc ces prérogatives, et de quel budget, nerf de la guerre, disposerait-elle ? L’aménagement, le logement, la formation, la culture sont bien sûr les domaines où elle aurait son mot à dire, quand à l’argent, on pourrait utiliser une partie des fonds frontaliers, comme l’ont suggéré Thomas Büchi et Antoine Vielliard, mais il faudrait que Nyon et donc Lausanne participe également. Cela ferait bien sûr une assemblée de plus, donc des doublons et des postes à financer, mais cela paraît un mal nécessaire. Si l’on veut que la région se développe en harmonie, car elle existe déjà dans les faits, il lui faut une instance démocratique adaptée. Il me semble que cela devrait constituer un point important des débats de notre future assemblée constituante genevoise.

  • Et si les étrangers s'en allaient ?

    « Ce qui me gêne dans cette affiche, ce n’est pas seulement le dessin, c’est que le texte, en dessous « Pour plus de sécurité », ça veut dire qu’on est dangereux ». Celui qui me fait cette remarque en passant devant une affiche taguée, une de plus, a 13 ans et demi et s’il se sent directement concerné c’est bien sûr qu’il est métis. Il n’est pas le seul dans son collège, qui accueille nombre d’internationaux : « On en a beaucoup parlé, me dit-il mes copains sont choqués et leurs parents aussi ».  Il m’a dit aussi, quelques minutes plus tard : « Tu crois qu’on va devoir s’en aller ? ». J’en veux personnellement, très fortement, aux responsables de l’UDC pour avoir instillé de telles questions dans l’esprit de mon fils. Je ne suis pas le seul.
    Le Conseil d’Etat a bien fait de publier un communiqué réaffirmant le soutien de Genève à sa communauté internationale. Il aurait même pu le faire avec davantage d’éclat, parce que les dégâts sont considérables. Que le rapporteur de l’ONU s’émeuve ne fait ni chaud ni froid à l’UDC, au contraire, ils boivent du petit lait : N’est-ce pas la preuve que l’on n’est plus chez nous, chez nous ? Sauf que le Figaro, le Financial Times, des grands journaux étrangers pas vraiment gauchistes reportent le fait avec suffisamment de délectation pour nuire gravement à notre image en tant que ville internationale et en tant que place financière.
    NOIRS, BLANCS & "GRIS"
    Issus des marchés émergents, les clients de nos banques, comme les employés qui les suivent, sont de plus en souvent « gris » comme disent les jeunes fachos genevois de tout ce qui n’est pas complètement blanc. Que croyez vous qu’ils pensent d’affiches tellement premier degré ? Idem pour les touristes, nombreux en saisons estivale !
    Si les Internationaux et les banques, qui assurent ensemble plus de la moitié de la prospérité et des emplois de la ville décident de s’en aller voir ailleurs, nous allons au devant d’une crise sans précédent. Or ils peuvent délocaliser très rapidement. Rajoutez y, grâce au MCG,  le départ des frontaliers pour faire bonne mesure et nous allons nous retrouver vraiment entre nous… Mais beaucoup plus pauvres qu’avant.
    Genève a déjà connu deux fois la ruine de ses activités économiques et les Genevois d’alors ne pouvaient rien contre les coups du sort. Aujourd’hui, nous pouvons prouver que nous ne sommes pas racistes et que si les 1 ou 2 % d’étrangers coupables d’exactions doivent être punis, il est hors de question de stigmatiser les autres.
    Cette solution s’appelle « Administrer une claque à l’UDC dans les urnes en octobre ». Mon fils me faisait aussi remarquer qu’en France, quand Le Pen avait failli être élu, il y avait eu d’énormes manifestations très pacifiques et que « beaucoup beaucoup de gens avaient ensuite voté contre lui ».
    Les stratèges de l’UDC ne sont pas stupides, ils savaient pertinemment ce qu’il faisait en sortant l’affiche des moutons. Oskar Feysinger l’a dit sur Léman Bleu: « Le principal tort de l’UDC genevoise est d’avoir laissé se développer le MCG »… créé notamment par des gens exclus de l’UDC pour avoir collé des affichettes racistes. Une frange de la population est raciste, ici comme partout. L’UDC, l’a laissé filer pour se faire accepter de l’entente, en vain. Elle change donc de tactique électorale et décide de se réapproprier cette frange raciste.
     
    VOTER MASSIVEMENT EN OCTOBRE
    Il est temps de lui faire savoir qu’elle fait fausse route et que les racistes ne sont que des excités minoritaires. Sinon, tôt ou tard, les Genevois vont devoir apprendre à rester entre eux. Repliée sur elle-même, Genève sera très vite beaucoup moins drôle… et surtout beaucoup moins riche !
    7 milliards de Francs sont injectés annuellement dans l’économie genevoise par les organisations internationales et payés intégralement par les gouvernements étrangers. Ailleurs, cela leur reviendrait très certainement moins cher et depuis quelques années, toutes les organisations font leurs comptes. Ce qui les retient, c’est essentiellement le fait que leurs cadres et leurs employés se sentent bien, ici. Cela passe, certes, par la sécurité et la qualité de la vie, mais la sécurité et la qualité de la vie pour tous, pas seulement pour les blancs. Quand aux banquiers, demandez leur ce que cela leur ferait de perdre la clientèle des marchés émergents…
    DEUX MANDATS
    L’UDC doit choisir, elle ne peut pas faire le grand écart entre les responsabilités économiques et les dérives populistes. Aux Etats-Unis, il leur a malheureusement fallu deux législatures, le temps de boire le calice jusqu’à la lie, pour admettre qu’ils avaient fait une énorme erreur, pire, une faute, en élisant Bush. Saurons nous être plus rapides qu’eux ?