12/01/2016

Oui à la Traversée. Pour le péage, on verra plus tard, à condition qu'il soit très modique.

Passé inaperçu à sa sortie il y a deux mois, un rapport d’experts fait couler beaucoup d’encre depuis le dernier week end. Mêlant avis de droit et business plan, ce rapport envisage la faisabilité juridique et économique d’un partenariat public privé pour le financement de la traversée du lac.
En clair, il répond à quelques questions de fonds : un péage pourrait-il faciliter la mise en place de la traversée et si oui, à quel prix, sur quelle durée et dans quelles perspectives de rentabilité pour les investisseurs privés et de coût pour les collectivités publiques. Un article d’un journaliste de la Tribune a mis le feu aux poudres. Il a en effet isolé et monté en épingle l’une des conclusions du rapport. Soit le constat qu’un péage réduirait l’impact bénéfique de la traversée, en dissuadant certains usagers de l’utiliser et du même coup la rentabilité de l’affaire pour les investisseurs, sauf si un péage urbain était également mis en place. Ce qui repousserait vers la traversée les transits automobiles par les ponts de la ville.
Chacun connait la propension des Genevois à refuser tout ce qui pourrait leur coûter et dit comme ça, l’article est un véritable scud décoché sur le projet de traversée, à quelques mois de la votation. On aurait aimé que l’article rappelle qu’un tel péage urbain était aujourd’hui réclamé par les verts et par le MCG (qui veut évidemment mettre les postes de péage aux frontières) et que l’Etat y songe, traversée ou pas. Alors que du coup, dans l’esprit des gens, le péage sera lié à la traversée, ce qui n’est pas le cas.
Ceci étant, comme l'évoque l'auteur de l’article, le rapport dresse une analogie avec une étude d’impact zuricoise selon laquelle la non-construction de la traversée coûterait des milliards à l’économie genevoise rien qu’en temps perdu dans les embouteillages et en effet dissuasif sur l’implantation des entreprises – ou incitatif sur leur départ. Ce sans même tenir compte des énormes quantités de pollution rejetées inutilement dans les bouchons, au cœur de la cité et sur les quais, qui devraient être un joyau commun.
En introduction, l'étude parle de « dizaines de milliards », ce qui est vague. Mais si l’on part sur l’idée que cela pourrait être 3 dizaines (ce qui reste un brin de fourchette bas), on arrive à un milliard par an. Soit, les coûts de construction étant estimés entre 2,5 et 4 milliards, un ouvrage qui nous fait faire du bénéfice, parce que l’économie genevoise, quelque part, c’est nous tous, en 3 ou 4 ans déjà… Plus loin l'étude réduit son estimation des bénéfices à une dizaine de milliards sur 50 ans, ce qui reste considérable.

Dès lors la question du péage paraît mal posée. Si le privé intervient dans le financement, c’est pour gagner de l’argent. Il peut le faire de deux manières :

  1. en assumant une part de risque, à travers un péage qui devra avoir une rentabilité relativement rapide, ce qui augmente son coût (le rapport propose 8 Francs !), mais du même coup réduit sa clientèle (oui, c’est un cercle vicieux) et surtout, en réduisant la clientèle, réduit l’impact positif de la Traversée en renvoyant des véhicules vers les ponts de la ville. Ce qui n’est pas du tout le but, ni l’intérêt de l’économie genevoise.
  2. en prêtant à long terme à l’Etat et en se contentant d’un intérêt, sans prise de risque. Ce qui laisse l’Etat libre d’établir un péage à très bas prix, donc sans effet pénalisant, ou pas de péage du tout, considérant qu’il suffit de puiser dans les rentrées fiscales en cours ou, pourquoi pas, prévoyant une taxe spéciale sur les entreprises ou sur les automobiles ou les deux.

Il parait clair que la formule 2 serait hautement préférable, car elle permet d’envisager le projet qui sera vraiment le meilleur pour les Genevois et pour Genève, son agglomération et son économie, plutôt que celui qui sera le plus rentable financièrement, ce qui n’est pas forcément la même chose.

Ce qui est sûr, c’est que la votation de juin ne sera pas un choix pour ou contre un péage, mais pour ou contre une traversée. Qui pourrait éventuellement être financée par un péage. Ou pas. Ce choix-là sera fait ultérieurement, notamment après l’étude des financements attendus de Berne et de l’Union Européenne, puisqu’il s’agit d’un projet qui de fait est transfrontalier et que l’UE dispose des fonds importants pour ce genre de projets, l’autoroute passant par Genève faisant par ailleurs partie d’un réseau européen.

Pour ma part, j’accepterai un péage modique qui ne serait pas dissuasif, avec une formule qui ne devrait en tout cas pas dépasser 50 francs par mois pour les pendulaires. Mais rien de plus coûteux. L’autorité publique doit aussi être en mesure d’imposer sa loi et donc l’intérêt supérieur des Genevois à d’éventuels partenaires privés.

20/12/2015

Manifs et déprédations: à qui profite le crime ? A personne de sensé...

Il se dit beaucoup de bêtises sur les évènements de cette nuit. Une rapide enquête journalistique permettrait pourtant de remettre les faits et les idées à leurs places.
La Manif a été organisée par l’ultra-gauche révolutionnaire. Le site « Renversé.ch » s’en est fait l’écho, appelant à y participer (repris d’ailleurs par le député PS Roger Deneys) avant de publier ensuite un compte-rendu, qui loin de dénoncer les déprédations de la nuit, en fait l’apologie. Au contraire de Deneys bien sûr, qui visiblement, ne savait pas où il mettait le poing en relayant l’appel…
Entre les lignes et même écrit noir sur blanc, « Renversé.ch » appelle à la révolution et compte y parvenir par les moyens les plus radicaux, concluant son article ainsi : « Cette crise de la représentation politique symbolisée entre autre par la manifestation du 19 décembre est un phénomène nouveau dans nos contrées, la question est maintenant de savoir comment porter la contradiction à un point qualitativement plus élevé dans les mouvements à venir. »
Pour être clair, certains accusant l’extrême-droite, Renversé.ch semble assez clairement ancré à l’extrême-gauche. Utilisant ouvertement des clés cryptées du "darknet" pour communiquer, le site soutenant aussi bien les luttes des Kurdes, que des Queers ou même des libérateurs d’animaux… Et tout aussi clairement, certains acteurs culturels ont apparemment participé, si l’on en croit les photos d’interventions artistiques au coeur du défilé.
A gauche, certains accusent "la droite" voire implicitement les autorités d'avoir laissé faire, voire d'avoir organisé, pour trouver prétexte à la répression. On lit des choses, sous la plume d'élus d'extrême-gauche comme "cherche à qui le crime profite"... Alors justement, parlons-en: à qui ?
Les autorités n'ont absolument aucun intérêt à envenimer la situation. Il n'entre pas dans les plans du PLR ou du PDC de préparer la répression sauvage de quelques dizaines d'agitateurs culturels subventionnés du Canton… Réduire les subventions en période de crise ne serait certes pas pour déplaire, mais les jeter tous en prison ou leur intenter procès ne mènerait à rien en plus de coûter très cher… D’autant qu'ils sont généralement insolvables. Sur le fond, le centre et la droite républicaine ne sont pas les ennemis de la culture, même alternative. L'intérêt du Conseil d'Etat, dans une situation sociale tendue, c'est plutôt de calmer le jeu. Ce que confirme sa décision de mercredi dernier, qui retoquait le vote du Conseil Municipal bloquant les subventions de l'Usine.
Qu'en revanche, des excités aient souhaité en découdre, c’est manifeste. Ces dernières semaines on a pu lire des appels à prendre les armes… Pour défendre l'hypermarché cantonal de la bière et du rock alternatif cela pourrait sembler grotesque, vu d’ailleurs que de Plainpalais. Toujours est-il que l'accord qui se dessinait repoussait leurs fantasmes de Grand Soir...
On peut de même s’inquiéter de la présence dans son magasin d'un élu généralement vindicatif… C'était au mieux une idiotie: même quand on a pris la mauvaise habitude de faire justice soi-même, on ne cherche pas à s'opposer seul à plusieurs dizaines de personnes en colère. Même accompagné de trois policiers, qui eurent heureusement le bon réflexe de quitter les lieux avant que cela ne dégénère vraiment. Intervenir seul au Bataclan pour sauver des vies c’est une chose, se mettre en danger – et du coup mettre en danger autrui - pour sauver une vitrine, c’est crétin. On tend à condamner à raison les gens qui mettent en danger la vie des sauveteurs en s’exposant inutilement en haute montagne, on est là exactement dans le même cas de figure.
De même, la police n’est intervenue que très tard en fonction de règles d’intervention privilégiant la sécurité des personnes quitte à laisser se commettre des déprédations, non sans accumuler des renseignements visant à pouvoir ensuite identifier les casseurs et les traduire en justice. On peut décider que ces règles d’intervention sont obsolètes et qu’il convient d’en changer. C’est une décision politique, qui doit être débattue démocratiquement, mais il serait injuste d’en accuser ce Conseil d’Etat, ces règles étant celles qui prévalent depuis de nombreuses années en Suisse et à Genève. C’est particulièrement injuste d’entendre ces critiques venant de la gauche ou de l’extrême-gauche, pour appuyer les accusations de manif manipulée, car ces règles datent à Genève d’un conseiller d’Etat socialiste, notamment après qu’un manifestant ait été blessé au visage par un tir de paint-ball. Elles sont un élément de la démocratie, qui ont permis d’éviter qu’il y ait des morts ou des blessés tant dans les rangs de la police que des manifestants.
Plaie d'argent est certes désagréable, et les responsables doivent en être sévèrement puni, mais elle n'est pas mortelle, encore moins quand elle est assurée... En revanche, la République n’a nul besoin de blessés. Il est urgent que les personnes responsables des deux côtés se mettent autour d'une table pour entamer un dialogue apaisé. Personne n n'a intérêt au clash et au divorce, sauf les extrémistes qui rêvent d'alternances peu démocratiques, d'un côté ou de l'autre.

14/12/2015

Egalité, Réconciliation et armes à feu...

On résume:
Juste avant le 2ème tour des élections régionales françaises, un attentat aux portes de l'Hexagone aurait évidemment boosté les scores de l'extrême-droite...
Il se trouve que la police genevoise a arrêté deux syriens venant de France dont la voiture avait servi à transporter des explosifs.
Elle a aussi perquisitionné le domicile d'un Genevois, chez qui fut trouvé un arsenal impressionnant d'armes de guerre, ainsi que des publications pro-nazies.
Le gars se défend, soutenu mordicus par toute l'extrême-extrême-droite romande. Y compris celle qui se révèle carrément anti-sémite de temps à autre sur Facebook ou sur les blogs.
Ses armes sont déclarées, il est "simplement collectionneur", dit-il. A 27 ans. Et s'il a dans ses archives des publications d'extrême-droite, il en a aussi d'extrême-gauche...
La presse romande reprend grosso modo ses dénégations, sans vraiment chercher plus loin.
Journalistes d'opérette...
Bon, c'est qui alors ce gniaire ? Une rapide enquête permet d'éclairer le personnage.
D'origine iranienne, naturalisé suisse, il est le Président d'Egalité et Réconciliation Suisse. Ce qui explique le mix d'extrême-gauche extrême-droite, puisqu'E&R est le mouvement d'Alain Soral, ex-grand pote et principal soutien de Dieudonné, lui-même ancien communiste devenu hypernationaliste, tendance muslimlover.... L'objectif d'Egalité & Réconciliation était en effet de réconcilier l'extrême-droite nationaliste du Front National avec la jeunesse beur réislamisée et anti-sémite... Objectif en partie atteint, grâce au talent de Dieudonné et... à l'argent iranien.
Oui parce que Dieudonné et ER ont reçu des subventions du gouvernement iranien du temps d'Ahmadinejad. Gouvernement iranien, principal soutien de Bachar avec la Russie de Poutine. Bachar dont les liens héréditaires avec le terrorisme islamo-communiste international sont un secret de polichinelle: de Carlos à la Bande à Baader en passant par d'anciens tortionnaires nazis, tout le monde se réfugiait à Damas du temps du père Assad...
On résume: le gars est d'origine iranienne. Il est le principal soutien en Suisse de gens qui ont été financés par le gouvernement des mollahs de son pays d'origine. Dont un comique condamné par la justice d'au moins deux pays européens pour anti-sémitisme. Il collectionne les armes en état de marche: fusils mitrailleurs, mitrailleuse et leurs munitions, de quoi tenir un siège, en plus de quelques pistolets...
Il n'a jamais été condamné. Reste que perso, je suis bien content qu'il ait été perquisitionné. Et que j'espère bien que le pouvoir judiciaire trouvera une raison quelconque de l'obliger à vendre sa collection pour se consacrer dorénavant à la philatélie ou aux porte-clefs.

13/12/2015

Lettre ouverte aux fachos de ce pays et d'à côté

Vous, populistes anti-modernes, êtes en quête d'un ordre nouveau daté d'hier, sur la même ligne de fond qu'un Tarik Ramadan. L'islamisme et les tradi-chrétiens n'ont pas que la détestation du planning familial et du mariage gay en commun. Erdogan et Poutine sont les deux faces de la même médaille, fourbissant les mêmes armes: opium du peuple et démocratie dirigée de droit divin, au profit d'un chef charismatique accumulant richesses et pouvoirs. Sur le dos du pauvre moujik et du janissaire prêt à se faire exploser pour la gloire de dieu.

C'est d'une vague de fond qu'il s'agit, qui ne mène heureusement qu'à un rameau perdu de l'évolution. Un "Retour vers le Passé" promis à l'avortement, parce que la jeunesse veut s'amuser en terrasse et flirter avec qui bon lui semble. Elle crache à la figure de la mort, elle est la vie. Les idéaux de ces « observateurs.ch » et des rassemblements bleu marine sont antinomiques à la démocratie et aux valeurs républicaines qu’ils prétendent chérir. Ils ne s’en rendent même pas compte !

Hyperviolent ou purement intellectuel, le terrorisme est mort-né. Il est aimanté par le passé, alors que l'histoire a un sens, et qu'à la fin, c'est la démocratie qui gagne. L'amitié joyeuse des peuples formés d'individus libres l'emportera sur le triste nationalisme de guerriers formatés à courber l'échine devant dieu et leur chef(fe).

08/12/2015

Quand Temps Présent sert la soupe à l'extrême-droite: analyse des compromissions ordinaires

Cette semaine, le carton du Front National aux élections régionales m’a moins surpris que le Temps Présent du jeudi précédent ! Le prestigieux magazine d’infos de la Télévision suisse a reproduit le discours xénophobe du MCG, sans analyse d’arrière-plan. Ce n’était qu’une enfilade de micros-trottoirs étirée sur 52’. Cette prise de température du populisme débouchait évidemment sur le constat que les frontaliers (français à Genève, italiens au Tessin) volent le travail des Suisses. Qu’ils font baisser les salaires, rendant pénible la survie des résidents suisses dans un environnement où les prix ne baissent pas, malgré la libre circulation.
Le carton du FN, tout le monde l’avait prédit et après tout, les filles Le Pen ne font guère mieux que le MCG allié à l’UDC à Genève. Le seul vrai problème, c’est la prime au gagnant de la démocratie assistée gaullienne, qui donne au premier de classe régional les moyens de gouverner seul, même s’il ne fait qu’un gros tiers de l’électorat. Heureusement que ce système n’est pas appliqué à l’échelon national. Parce que les pouvoirs de police de l’Etat d’Urgence et de la loi sur le renseignement confiés à l’extrême-droite feraient carrément froid dans le dos. Déjà qu’elle est bien trop représentée dans ces milieux…
En Suisse, la proportionnelle contraint au consensus et donc aux alliances de gouvernement, ainsi qu’aux compromis(sions) qui les accompagnent. Du coup le trublion facho (ou autre) qui fait 30% ne détiendra jamais seul les rênes du pouvoir, mais il y a aussi accès beaucoup plus facilement. Dès lors ses idées diffusent et infusent le reste de la société… Tout aussi sûrement qu’en France où le « Front Républicain » n’a jamais empêché le FN de progresser. En fait les deux systèmes français et genevois évoluent en parallèle de manière très étroite, depuis plus de deux siècles, en termes politiques et sociétaux.
Fait notable, la petite république précède le plus souvent la grande de quelques mois, parfois de quelques années, dans ses soubresauts politiques. La France semble juste conduite, par son système et sa taille, à davantage d’inertie et du coup à marquer ses évolutions de manière plus accentuée, plus radicale quand elles surviennent. A l’Historien qui les compare, le microcosme genevois semble servir, bien involontairement, de laboratoire à l’Hexagone. Ainsi la Révolution genevoise a commencé en 1782, puis après un premier échec, s’empare du pouvoir dès janvier 1789. La Restauration s’installe dès janvier 1814, le radicalisme triomphe en 1846, le Front Populaire en 1934 après des émeutes meurtrières en 1933. Le 1er congrès de la 1ère Internationale des Travailleurs se tient à Genève en 1866. On pourrait multiplier les exemples, et notamment la montée de l’extrême-droite.
Le Mouvement des Citoyens Genevois (MCG) est clairement le pendant local du Front National, comme l’UDC l’est de manière un peu moins claire au niveau suisse. Il y a même un « père » historique, baroudeur provocateur au passé trouble, le Président d’Honneur du MCG, Eric Stauffer, dont le MCG nouveau tend à se démarquer pour tenter d’accéder à la respectabilité. Marine Le Pen s’enquiert et s’inspire très régulièrement de la manière dont les choses se passent en Suisse. Sans parler des comptes helvètes de son père, elle est tenue au courant par Dominique Martin, élu de Cluses, l’homme fort du FN en Haute-Savoie… La seule vraie différence entre le FN et le MCG étant que l’ennemi honni du MCG n’est pas l’étranger musulman, bien au contraire (le seul ministre MCG de la République est un Italien d’origine, converti à l’Islam), mais… le voisin français frontalier. Jugés arrogants, les « frouzes » ou les « frontals » prennent la place des résidents suisses d’origine extra-genevoise qu’ils conduisent à la ruine et au chômage… Même si historiquement ce sont en fait les immigrés lointains devenus résidents genevois qui ont pris la place des savoyards, qui étaient déjà près de 80 000 avant 1914...

Comme dans le cas du Front National l’électeur MCG de base se recrute en nombre dans les milieux sociaux défavorisés et les moins éduqués. Qui sont largement, à Genève, constitués d’immigrés arrivés avant la libre circulation, lorsqu’il fallait conquérir son « permis C » comme le graal qui vous ouvrait les portes d’un paradis helvétique régi par un protectionnisme pointilleux en matière de main d’œuvre. Les plus anciens étaient italiens, portugais, espagnols, travailleurs saisonniers catholiques dans la Rome Protestante. Plus récemment, ils sont kossovars, kurdes, turcs, maghrébins, égyptiens, palestiniens souvent musulmans, soudainement soumis à la concurrence de jeunes français diplômés, maniant mieux la langue et prêts à bosser pour moins cher puisqu’ils peuvent habiter de l’autre côté de la frontière, où tout est meilleur marché, à commencer par le logement. La plupart des « résidents » genevois pourraient également aller habiter de l’autre côté, mais ils ne le souhaitent pas. Par crainte de perdre leurs avantages acquis genevois et parce que l’image de la France est très dégradée: en gros, le tiers monde, ils en viennent et n’ont pas envie d’y retourner.

C’est ainsi que les 100 000 frontaliers sont devenus l’ennemi haï. Que 25 000 d’entre eux soient des suisses et double nationaux n’arrange rien. Ils ont passé la frontière pour acquérir un bien immobilier, inaccessible à Genève, ce qui en fait des profiteurs, puisque ceux qui sont restés demeurent locataires... 100 000 frontaliers, c’est un tiers de la population active du Canton, qui compte moins de 25 000 chômeurs. Chasser les frontaliers entraînerait l’écroulement immédiat de l’économie. C’est d’ailleurs l’entrée en vigueur de la libre circulation, couplée à la législation suisse très favorable à l’entreprise, qui a permis le boom économique de ces quinze dernières années. Le taux de croissance genevois, au cœur de l’Europe en crise, régate depuis quinze ans avec celui de Singapour, oscillant entre 2 et 4% par an… De nombreuses entreprises françaises et européennes ont ainsi délocalisé en Suisse, malgré le niveau très élevé des salaires, parce que la flexibilité des lois sur le travail leur permet d’être économiquement plus réactives et performantes.
Problème, les emplois créés sont souvent très qualifiés, Genève se spécialisant dans la très haute valeur ajoutée. L’immigré sans qualification ou celui dont l’enfant n’a pas surperformé à l’école se retrouve largué, dans un environnement de luxe et de privilèges étalés. Un peu la même atmosphère qu’en PACA, sur la Côte d’Azur, où se côtoient la désertification industrielle, quelques technopoles de pointe, la richesse ostentatoire du tourisme de luxe et l’aisance BCBG des riches retraités qui pullulent. Pour les jeunes, pas de travail… Tout comme dans le Nord ou l’Est, sauf qu’on voit peu de yachts, de vedettes du show-biz et de pétromonarques en goguette du côté de Longwy ou de Tourcoing.
Pour les français très moyens qui votent FN, l’idéologie identitaire n’est probablement qu’un catalyseur. La mosquée d’à côté les dérange, de même que d’avoir une ministre beurrette, mais pas plus que ça. S’ils avaient des perspectives économiques et sociales, ils s’en accommoderaient volontiers. Mais ils n’en ont pas et la démagogie du discours populiste n’a qu’à récolter les fruits de la haine qu’elle sème : A Genève « tout est de la faute des frontaliers et de l’Europe ». En France « tout est de la faute des immigrés et de l’Europe ».
Dans un cas comme dans l’autre, on promet la Lune et son contraire : l’augmentation des retraites et du salaire, ainsi que la réduction du chômage. Alors que les mesures de fermeture protectionniste promises ne peuvent qu’entraîner une récession économique… Ce sont les conséquences et l’absurdité du programme que n’a absolument pas abordé Temps Présent. Donner la parole aux aigris d’extrême-droite me parait de bonne guerre, à condition de prendre le temps de déconstruire leur discours. Ainsi à Genève, restreindre l’activité frontalière revient à dénoncer les bilatérales, entrainant mathématiquement la chute de l’activité économique aux niveaux d’avant les bilatérales… Du coup, le chômage des résidents va grimper en flèche ! La seule chose qu’ils auront gagné c’est de ne plus avoir la vitrine de la réussite de leur voisin sous le nez…
Il faut refuser ce cercle vicieux et proposer de vrais objectifs à nos pays, sans jamais hésiter à décrire la vérité aux gens. L’Occident n’est plus maître du monde et le temps des colonies est fini. Or, quoi qu’on en dise, l’Europe et la France en tiraient une part substantielle de leur prospérité. De même que la Suisse et Genève ont bien profité du secret bancaire, qui touche à sa fin. Il faut avancer résolument vers un renouvellement de nos institutions, de notre économie et de notre société pour faire face à ces bouleversements fondamentaux.
La Suisse achève un cycle de toilettage des constitutions cantonales un peu timide, mais pourquoi changer une équipe qui gagne et dans l’ensemble le système suisse donne de meilleurs résultats qu’en France et qu’en Europe… Reste que le chantier des rapports à l’UE reste entier. Pour la France et l’UE, s’inspirer du modèle suisse paraitrait une urgente évidence… Mais pour faire quoi ? La transition énergétique est un fantastique vivier d’emplois et d’opportunités. Or ça urge. Pas seulement à cause du changement climatique, dont on peut discuter l’importance de son volet anthropique, mais parce que notre dépendance aux pétromonarchies, tant arabes que russe est absolument dramatique. Elle fait peser sur notre avenir, notre indépendance et notre civilisation de très lourdes hypothèques.
C’est bien d’une guerre qu’il s’agit, mais d’abord d’une guerre économique, environnementale et philosophique. La gagner est une impérieuse nécessité, pour nos enfants et petits-enfants. Cela demandera de l’abnégation et des sacrifices, de la part des couches les plus modestes de la société comme des plus aisées. Les unes n’allant pas sans les autres. Il faudra y mettre du consensus. Parce que si les systèmes suisses et français évoluent en parallèle, c’est toujours avec une longueur d’avance et un mieux-être incontestable côté suisse. Probablement parce que le consensus qui préside aux décisions à Genève et en Helvétie implique l’adhésion de la majorité et l’acceptation à long terme d’une réforme. Là où le jeu bi-partisan français, en train de voler en éclats, ne semble plus en mesure de faire passer les réformes de fond qui s’imposent pour faire face aux enjeux à venir.

27/11/2015

Circulation : Un bon accord, mais…

Il y a quinze ans, quand je publiais la revue du TCS, j’avais très vite été convaincu de la nécessité d’organiser un grand pow wow réunissant toutes les parties pour convenir d’un plan permettant d’améliorer le problème des transports à Genève. Quinze ans plus tard, on y est et le plan proposé est un bon plan. Assurer la mise en place de deux rocades concentriques où la circulation motorisée sera prioritaire est une bonne chose. Offrir la priorité aux transports publics en centre ville aussi. Faire payer les deux roues motorisés me semble inutile, mais s’il ne s’agit que d’une vignette à 20 francs par an, ce n’est pas la mer à boire. Après tout, ils occupent aussi de l’espace public, même si c’est bien moins qu’une auto et guère plus qu’un vélo.

Le problème, c’est que la Traversée autoroutière n’y figure pas vraiment. Or elle est absolument indispensable à l’amélioration de la fluidité autant qu’à la lutte contre la pollution au centre ville. Les véhicules devant se rendre d’une rive à l’autre ne doivent pas avoir à faire une cinquantaine de kilomètres de détour, pour un trajet de 5, 10 ou même 50 km à vol d’oiseau, s’ils veulent éviter de venir polluer le centre ville. La Traversée est tout aussi nécessaire pour permettre la pacification des quais des Eaux-vives et des Paquis…

C’est d’ailleurs à ce sujet que la Traversée est mentionnée, en ricochet… La formulation retenue lie la pacification des quais à la construction de la Traversée. C’est une excellente chose. Mais elle n’inscrit pas expressément cette construction dans la loi. Ce qui serait d’ailleurs idiot, puisqu’on va voter sur le sujet en 2016. Or la formulation retenue n’engage pas vraiment les opposants à la Traversée, qui peuvent fort bien changer d’avis après coup. Ce ne serait certainement pas la première fois. A l’époque par exemple, il avait été exprimé que si la droite soutenait le CEVA, la gauche admettrait la Traversée… On a vu ce qu’il en a été.

Il est clair qu’on ne va pas attendre 2030 et l’inauguration de la Traversée pour faire ce qu’il faut pour améliorer les conditions de transports dans le canton là où c’est possible. Par contre, on n’est plus à quelques mois près... Je serais à la place des députés, j’essaierai de lier davantage l’acceptation et la mise en place de ce compromis, dans sa globalité, aux résultats de la votation sur la Traversée. L’attitude des partis qui pourraient y être opposés sera primordiale. S’ils sont vent debout et font tout ce qu’ils peuvent pour torpiller le projet, cela démontrera leur mauvaise foi dans la formulation du compromis.
Si par contre quelques grandes voix à gauche et même chez les verts reconnaissent l’utilité d’une telle traversée – David Hiler en son temps l’avait fait - alors tout est possible. Sachant que cette traversée permettra d’améliorer la qualité de vie et de diminuer la pollution au centre-ville, tout en permettant le passage d’un axe de transport public fort, le deal serait honorable, non ?  reste à savoir si les verts et l'extrême gauche, sur ce coup, sont raisonnables ou arc-boutés sur leur refus conservateur.
Rappelons au passage que même si le pétrole disparaissait dans les années à venir, il y aurait toujours des véhicules alimentés par des panneaux solaires ou autres, qui auront toujours besoin de se déplacer... 

26/11/2015

Filière syrienne: de qui se moque-t-on ?

Quel terroriste massacre son peuple depuis 2011 en balançant des barils d'explosif sur les immeubles civils depuis des hélicoptères ?
Bachar el Assad. Soutenu par Poutine.
A noter que personne n'utiliserait cette méthode sur des gens armés: le risque de se faire descendre serait bien trop grand et ça vaut cher un hélico et son pilote...
Par contre la vie de plus de 200 000 syriens tués par les troupes de leur Président ne vaut visiblement pas grand chose...

Qui reçoit, depuis 2004, dans son pays, la Syrie, les apprentis djihadistes que lui envoient les filières liées entre elles de l'Artigat (dirigée par "l'Emir Blanc", un Syrien) et de Möllenbeck ?
Bachar el Assad. Soutenu par Poutine.
Des djihadistes qui s'entraînaient quelques mois dans les camps syriens, avant d'être envoyés combattre ou se faire péter en Irak, sous les ordres de ceux qui ont fondé l'Etat Islamique.
Qui leur ouvrait sa frontière ?
Bachar el Assad. Soutenu par Poutine.
A noter que l'émir blanc, qui a francisé son nom, ce que ne fait pas un musulman en principe (il s'appelait Abdoulila Qorel au départ, devenu Julien Corel, le Rouge et le Noir...), pharmacien et chimiste de formation est fortement soupçonné d'avoir organisé l'explosion de l'usine chimique AZT de Toulouse (31 morts,le 21 septembre 2011) dans laquelle il avait travaillé auparavant.

Qui était un agent soviétique, pilote breveté de l'Armée Rouge, soutien le plus actif du terrorisme palestinien dans la région, notamment de Carlos qu'il a hébergé plusieurs années avec tous ses potes terroristes, jusqu'à la chute de l'Union soviétique? Carlos qui avait commis de très nombreux attentats en Europe de l'Ouest, utilisant des membres de la RAF et le Tessinois Brunot Bréguet ?
Carlos, lui-même agent du KGB, formé à Cuba et à Moscou, ce même KGB dont Poutine était colonel... Carlos qui s'est converti à l'Islam et vit à l'ombre des prisons françaises depuis 1994, auréolé d'une gloire de "parrain des parrains"...
Hafez el Assad. Le père. Soutenu par l'Union Soviétique...

25/11/2015

Terrorisme, avion abattu : A qui profite le crime ?

Doit-on forcément aller là où Poutine veut qu'on aille ?
Un avion russe viole l'espace aérien turc. C'est le 4ème incident du même genre depuis un mois et les Turcs ont prévenu que la prochaine fois, ils tiraient. Selon eux, l'avion a été prévenu dix fois en cinq minutes. Quand finalement, ils l'abattent, tout le monde ou presque parle de provocation turque...
Du pétrole de Daesh passe par la Turquie, certes. Mais la plus grande partie, passe par Mossoul, l'Irak gouverné par les chiites pro-iraniens et le Kurdistan irakien... C'est Ian Hamel, excellent journaliste rentrant d'Irak qui le dit dans Bilan.
La Pravda révélait il y a quelques jours que le Kremlin réfléchissait à des frappes au Qatar et en Arabie Saoudite, voire en Turquie. Alors qui veut la guerre au juste ?
Qui veut se venger de la défaite soviétique en Afghanistan, causée effectivement par l'alliance des Saoud, du Pakistan et des USA ? Sauf que si l'URSS n'avait pas envahi l'Afghanistan, rien ne se serait passé. Cela fait 250 ans, que les empires russes successifs lorgnent sur les mers chaudes et cherchent à descendre vers le Sud.
Pendant toute la guerre froide, ils ont nourri et financé le terrorisme pro-palestinien depuis leur base de Damas, où l'on retrouvait aussi bien Carlos que les anciens nazis...
Après le 11 septembre, les 2/3 de la planète se sont demandés si Bush n'avait pas laissé faire pour pouvoir justifier ensuite sa guerre en Irak... Non sans raison, semble-t-il...
Mais si les Américains, et les néo-cons en particulier sont les méchants, cela signifie-t-il forcément que Poutine soit le gentil ? Il est tout de même soupçonné d'avoir laissé organiser des attentats pour lequel des officiers du FSB qu'il dirigeait ont été mis sous enquête, attentats meurtriers, en Russie même, qui lui ont ensuite permis de justifier les 200 000 morts de la répression sanglante en Tchétchénie. Un tchétchène sur 5 passé de vie à trépas pour mettre au pouvoir Khadyrov, l'islamiste pro-soviétique...
Bachar a fait tuer plus de 200 000 Syriens, pour rester au pouvoir. On sait que ses services ont infiltré et ou manipulent les dirigeants de Daesh. Qui sont comme lui des baasistes laïcs, formés en URSS au départ...
Est-il vraiment si farfelu de penser que les sibires de Bachar et/ou Poutine pourraient avoir incité quelques jeunes tarés croyant œuvrer pour la gloire d'Allah ? Est-ce si inconcevable de penser qu'un gras comme Poutine pourrait être derrière tout ça ?
Lui qui a fait tuer 200 000 citoyens russes tchétchènes parce que leur chef, héros de l'Union soviétique et colonel de l'Armée de l'Air, laïc et pas islamiste voulait l'indépendance ? Lui qui soutient mordicus Bachar qui a tué plus de 200 000 Syriens parce qu'ils voulaient un régime démocratique ?
Je n'ai aucune preuve de ce que j'avance et je crains que l'on n'en ait jamais. Par contre, je demande qu'on applique le principe de précaution et qu'on y réfléchisse à deux fois avant de se précipiter à l'assaut des insurgés Syriens (car c'est eux que combat la Russie, bien plus que Daesh), des Saoud, du Qatar et de la Turquie, qui n'avaient aucune raison objective de vouloir tuer des innocents à Paris. Contrairement à Bachar et à ses alliés.
Tous les services secrets vous le diront: il est bien plus compliqué de manipuler des intellectuels réfléchissant par eux-mêmes et dotés d'une solide culture politique que des crétins délinquants de droit commun qui ne savent même pas eux-mêmes pourquoi ils combattent.
Or aujourd'hui, les 3/4 des islamistes sont plutôt issus des classes moyennes et 40% d'entre eux ont une formation d'ingénieurs. Là dans les attentats de Paris, on n'a qu'un ramassis de dingues aux parcours chaotiques issus du lumpen prolétariat...
Et comme par hasard, tous les sites complotistes, qui sont pour la plupart financés par Damas, Moscou ou Téhéran laissent entendre que si manipulation il y a, elle serait le fait de services occidentaux. Mais bien sûr. Dans quel but ? A qui profite le crime ?

15/11/2015

Hey, toi, le nationaliste : c’est la France qu’on assassine !

Je n’accuse pas. Ce serait si monstrueux que je n’ose y croire et puis il n'y pas de preuve. Sans doute n’en aura-t-on jamais, même si mon hypothèse est la bonne. Il faudra vivre avec le soupçon, comme on vit en sachant que la CIA a financé l’essor d’Al Qaïda, sans se rendre compte de ce qu’elle faisait. Il en va ainsi de la raison d’Etat qui plane à mille lieues de nos considérations éthiques et de nos principes humanistes. Par contre, il faut y réfléchir, parce qu’il existe un lourd faisceau de présomptions suggérant un lien entre les services secrets russes et le brusque essor de Daesh. Suffisamment consistant pour ne pas se précipiter sans réfléchir dans les bras de Moscou. Ce serait une trahison. Mauvais karma, quand on se dit nationaliste…

Il est évident que les pétro-monarchies, l’ISIS pakistanais et les services occidentaux ont soutenu et armé Al Qaïda puis Al Nosra & Co. Mais Daesh est une toute autre affaire. Il y a divergence de personnes, d’idéologie et d’Histoire. C’est une véritable guerre que se livrent ces organisations et à travers elle leurs parrains. Les dirigeants militaires de Daesh, anciens baasistes, officiers des renseignements de Saddam, sont liés historiquement aux Russes. Ils détestent et ont toujours détesté les Américains et les pétromonarchies, à qui ils font la guerre. Ils la font même à la Turquie, y faisant régulièrement exploser des bombes.

A l’inverse, Daesh n’a rien fait qui nuise aux intérêts russes, jusqu'à l'explosion de l'avion, revendiquée par leur filiale du Sinaï, pas forcément bien contrôlée. C’est le danger pour un parrain de l’ombre si étranger aux motivations de la base. Sans compter qu’on ne peut exclure l’hypothèse d’une provocation sanglante, une « maskirovska », susceptible d’écarter les suspicions de plus en plus ouvertes tout en justifiant l’écrasement des « terroristes ». C'est à dire, taper encore plus fort sur Al Nosra et les démocrates… Qui condamnent expressément l’attentat !

Cherche à qui le crime profite ? C’est le seul adage qui vaille en géopolitique, pour les actions de l’ombre des services secrets.
Il se trouve qu'après ces explosions, Poutine doit voir sa position singulièrement renforcée. Pile poil à la veille de l’ouverture du sommet du G20 contre le terrorisme à Antalya. D’un côté, il peut plus que jamais rêver d’une union sacrée contre le terrorisme, ce qui lui permettrait de rentrer dans le concert des nations en faisant oublier la Crimée… De l’autre, le Front National qu’il finance (comme toute l’extrême-droite européenne) devrait se rapprocher du pouvoir. Un précieux renversement d’alliance offert sur un plateau d’argent. Un vrai paquet cadeau... Sauf si les Français, malins, refusent l’amalgame et l’islamophobie qu’attisent la plupart des amis de Moscou.

Après avoir écrasé les forces sunnites qui lui sont hostiles dans la région, principalement Al Nosra et les nébuleuses démocratiques de l’ALS, Poutine peut même rêver d’y maintenir la mainmise de ses alliés bassistes en tant qu’entité sunnite, au gré d’une paix mettant fin au terrorisme… Entourée des Chiites en Irak, des Kurdes au nord et des Alaouites convertis en masse au chiisme à l’Ouest, une telle entité ferait tampon, face aux wahabites des pétromonarchies et aux pro-occidentaux de Jordanie ou du Liban au lieu d’être inféodée à ces ennemis séculaires. C’est la volonté affichée de l’impérialisme russe, l’idée de la « 3ème Rome »: être reconnu en tant que gendarme de la région. Comme la Chine le fut pour l’Asie du Sud-Est, ce qui permit de mettre fin à la Guerre du Vietnam.

Résumons les indices d’un lien entre la tête pensante de Daesh et le SVR :

Autour du « khalife » Bagdhadi, Daesh est dirigé par d'anciens officiers des services secrets de Saddam. Des baasistes laïcs formés par le KGB à l'époque de la très prestigieuse école des langues orientales, dirigée par Evgeni Primakov. Parfait arabophone, il a dirigé la thèse de Mahmoud Abbas, avant de prendre la tête du SVR (le successeur du KGB extérieur) puis de devenir le 1er ministre d'Eltsine, nommant Poutine à la tête du FSB (le successeur du KGB intérieur). Puis en 2003, le voilà à Bagdad, dont il repart avec l’organigramme du mukhabarat, les dossiers sensibles (= ceux mouillant la Russie) et les fiches personnelles des-dits officiers, une semaine avant l'attaque américaine.

Organisation souterraine, recrutant partiellement chez Al Qaida, et s’implantant discrètement mais en profondeur dans les zones sunnites d’Irak et de Syrie, Daesh sort brutalement de terre au printemps 2014. Au moment opportun pour ramener l'attention de l'OTAN sur l'Irak, dont Obama se croyait sorti, alors qu’on se demandait s'il fallait intervenir en Ukraine. Ou pas. L'ouverture brutale d'un nouveau front en Syrie et en Irak induisait évidemment la réponse: Non ! Impossible pour l’OTAN de détourner le regard d’une entrée en scène tellement spectaculaire, à base d’esclavage, de crucifixion et de têtes coupées ! Les victimes étant les minorités religieuses, dont les chrétiens (laissés en paix par les factions démocrates syriennes), l’occident devait se manifester. Quitte à ce que l’extrême-droite attise les braises, y compris le responsable des oeuvres d’orient de l’Eglise catholique, qui se trouve être le frère de Bruno Gollnish, tête de file de la tendance dure du FN.

C'est une tradition des polices secrètes russes, depuis l’Okhrana des tsars, de perpétrer ou laisser perpétrer des attentats meurtriers contre son propre camp. Ce qui justifie ensuite les répressions les plus aveugles. En Russie on appelle ça maskirovska, ou mascarade. En Tchétchénie, elles ont permis 200 000 morts sur 1 million d'habitants, pour mater ce qui n’était au départ qu’une volonté indépendantiste d’un ancien héros de l’armée de l’air soviétique, bien moins islamiste que ne l'est Khadyrov aujourd'hui. Deux officiers du SVR, alors dirigé par Poutine, ont été inculpés dans des attentats qui avaient été attribués aux Tchétchènes… Depuis, l'assassinat de Nemtsov a été officiellement imputé à des officiers de la police tchétchène, soi-disant choqués par le soutien de Nemtsov aux blasphèmes anti-musulmans de Charlie Hebdo... Comme c'est pratique.
Rebelote en Syrie où dès 2011, face aux manifestations démocratiques, Bachar a sorti de ses prisons tous les islamistes, comme l’idéologue Abou Moussad Al Souri. Ancien étudiant en France, il est le théoricien du djihad terroriste 3.0 dont on a vu les effets à Paris. Al Souri avait été livré à Bachar par les Américains, qui le tenaient de l'ISIS pakistanais. L'idée, en libérant les fous de dieu, c'était de pouvoir ensuite accuser la révolution, purement laïque au départ, d'être devenue islamiste. 

Enfin, au rayon de l’anecdote, la drogue de Daesh, le captagon fut d'abord produite en Allemagne de l'Est et en Bulgarie. Elle était utilisée de façon notoire par le KGB jusqu’en 1990. Puis la Libye de Kadhafi était devenue le principal lieu de production. Tout le monde sait bien sûr que la CIA et le Mossad y avaient leur labos...

Bref, j'aimerais me tromper. Mais clairement, depuis quelques années, la Russie montre qu'elle tient à revenir sur le devant de la scène et l'action des services secrets en fait indéniablement partie. Or si les révélations ne cessent de se succéder sur ce que manigance la CIA et la NSA, on n'entend jamais rien sur les services russes. Alors qu'un ancien du KGB, qui fut ambassadeur au Maghreb, m'assure qu'ils ont forcément des hommes dans tous les réseaux islamistes. Pour se tenir au courant et/ou pour effectuer des opérations de manipulation...

30/10/2015

Le Courrier du Qatar et les souverainistes

 

Pendant qu’à Genève l’extrême-gauche parle de prendre les armes pour protéger les subventions du plus gros débit de boisson du canton (je simplifie, c’est pour rire, les gars), Sarkozy fait son job de courrier du Qatar. Accusé par Blatter d’avoir été l’artisan du déplacement de la coupe du monde de foot, il court à Moscou. Pour éteindre l’incendie, ou pour tenter une négo avec Poutine sur le conflit syrien ? En tout cas, il y a défendu le point de vue des monarchies du Golfe, tout en critiquant les positions de l’actuel gouvernement français dans le conflit ukrainien… En d'autres temps on aurait parlé de haute trahison. Il a quand même du se faire tout petit, le Sarko, quand Poutine lui a rappelé ce qu’il pensait du rôle des occidentaux en Libye…

 

 Toujours est-il qu’en un mois en Syrie, les bombardements "ciblés" russes ont tué :

279 rebelles modérés ou alliés islamistes d’Al-Nosra
185 civils, dont 48 enfants et 46 femmes

131 djihadistes de Daech

 

En un an, les raids de la coalition occidentale ont tué
146 membres d’Al-Nosra et de groupes islamistes modérés
206 civils (nombre de femmes et d’enfants non précisés)
3 276 djihadistes de Daech

 

Ce mois, un hôpital a été bombardé en Afghanistan par l’US Army. Onze autres ont été bombardés par l’Armée russe en Syrie où règne par ailleurs une épidémie de choléra. Obama s’est excusé, le Kremlin a tout démenti, accusant la presse occidentale d’être aux ordres de l’OTAN. Cette même presse qui avait vigoureusement dénoncé le bombardement d’Afghanistan...

 

Les traditionnalistes chrétiens applaudissent le bombardement d’Al Nosra par la Russie, l’Iran et le Hezbollah parce qu’Al Nosra contraint les Syriennes à se voiler. Exactement comme toutes les femmes en Tchétchénie russe, en Iran et dans les villages du Hezbollah… Où les opposants sont joyeusement massacrés, même quand ils sont réfugiés à l’étranger. Accessoirement, il y a quelques siècles, ce sont les chrétiens pas encore traditionnalistes qui forçaient les grecques à se voiler... O Tempora O mores...

 

A Genève, Thierry O, patron de droite, chrétien traditionnaliste et fan du boucher Bachar cite à l’appui de ses thèses… Jean-Luc Mélenchon. Pendant que Magali O. élue d’extrême-gauche et fan de Mélenchon cite à l’appui des siennes… Philippe de Villiers !

 

Cette étonnante osmose repose sur l’idée que si le monde va mal, c’est la faute de la mondialisation financière, pilotée par Washington, Bruxelles, la Trilatérale, les juifs et les sunnites. Tandis qu’en fermant les frontières, Poutine, Bachar, l’Iran chiite et les nationalistes unis de tous pays vont nous sauver…
L’idée que l’impérialisme du Kremlin qui les réunit pourrait nous mener à la der des der, troisième et nucléaire, ne les effleure même pas. Sauf que leur idée de base est grotesque. Personne ne réduira l’influence de la finance mondiale en relevant les frontières, parce que c’est juste l’inverse : les frontières ont toujours été le rempart plus étanche contre la curiosité du fisc. Jusqu’à ce que l’OCDE, institution mondialiste s’il en est, s’attaque avec succès aux paradis fiscaux. Ce qui a permis de commencer à fiscaliser la finance mondiale. C’est un acquis de la mondialisation Pas l’inverse et aucune législation nationale n’aurait été en mesure de le faire.
Ni d’ailleurs de récupérer son argent parti ailleurs sauf à user de la force brute. Comme c’était le cas au temps des guerres aveugles, issue fatale des nationalismes.

 

Ce n’est pas un hasard si tant de milliardaires de Blocher à Le Pen en passant par Poutine tirent les ficelles des hystéries nationalistes. Ils défendent leur steack et leurs privilèges… Plus les frontières seront étanches et plus les grandes fortunes seront à l’abri dans les paradis fiscaux.

 

Une vidéo de Poutine illustre parfaitement cette hypocrisie. Elle tourne en boucle sur le net, montrant le Président russe river son clou à un oligarque en lui interdisant de licencier ses ouvriers. Sauf que c’est de la com, juste de la com, tournée en multicaméras. Comme les clips où il répare des voitures en Sibérie, sauve des tigres à torse poil ou pêche des amphores dans épaves grecques. Il y a autant d’oligarques sous Poutine qu’il y en avait sous Eltsine, mais ils sont encore plus riches aujourd’hui, à condition d’avoir fait allégeance à Poutine et de verser leur obole au Tsar. Ceux qui refusaient sont morts, en prison, ou contraints à l’exil après avoir tout perdu en Russie. Ils ont été remplacés par… des copains de longue date de Poutine, anciens agents du KGB comme lui et/ou amis d’enfance… Très souvent, il ne s’agit que de prête-noms et Poutine lui-même est suspecté de concentrer plusieurs dizaines de milliards de dollars de biens personnels. Ce qui serait parfaitement impossible dans un monde transparent, sans frontières ni paradis fiscaux…

26/10/2015

La choucroute ça tue... Oui, mais à 95 ans :-)

L'OMS se fout du monde. La charcuterie c'est gras et salé, donc pas très bon pour la santé, personne ne l'ignore. A forte dose c'est même cancérigène. Comme presque tout. L'eau courante de nos robinets par exemple... Plus exactement le chlore qu'elle contient ! Sauf que sans ce chlore, on mourrait tous beaucoup plus tôt de dysenterie, de choléra et de diverses joyeusetés véhiculées naturellement par les eaux de nos villes et de nos campagnes.
Nous souffrons tous d'un phénomène naturel qui s'appelle le vieillissement. Tenter de repousser le phénomène à l'extrême devient extrêmement couillon. Inutile de s'écharper sur caisse unique ou non, la seule vraie cause du renchérissement constant de nos primes d'assurance maladie, c'est le papy boom: de plus en plus de petits vieux, qui vivent de plus en plus longtemps en consommant de plus en plus de médicaments qui coûtent de plus en plus chers...
Du coup, le nombre de victimes ne veut rien dire, si l'on ne tient pas compte de l'âge auquel surviennent les décès. Ainsi le tabac intervient dans 80% des infarctus avant 45 ans ! Les gens meurent en nombre de cancers du poumon dès la cinquantaine et le gros de l'hécatombe se situe entre 60 et 70 ans. 
Or pour le cancer colorectal, attribué à la charcuterie, c'est seulement entre 75 et 85 que les gens meurent le plus et ça continue en grand nombre jusqu'à...95 ans. C'est un décalage de plus de 15 ans ! A partir de 85 ans, il y a même plus de gens qui meurent d'un cancer colorectal que d'un cancer du poumon, parce que ces derniers sont morts avant, trois fois plus nombreux ... alors que le nombre d'amateurs de saucisson reste bien plus important que le nombre de fumeurs en exercice !
En résumé, il faut arrêter de faire flipper les gens inutilement et arrêter de considérer comme un drame le fait de mourir après 85 ans. Si choquant que cela puisse paraître.
Et se souvenir que l'excès en tout est un défaut !

22/10/2015

Grâce à Poutine, dans un an, un vrai Etat islamique en paix avec ses voisins chiites syriens et irakiens ?

Une fois n'est pas coutume, je laisse la place à un confrère, présent sur place en Syrie, qui décrit mieux que je ne pourrais le faire la situation. A savoir que Poutine et Daech semblent en accord parfait pour se débarrasser de l'opposition démocratique pro-occidentale (nos alliés naturels) et des islamistes modérés (soutenus par les pays du Golfe et la Turquie), qu'ils ont pris en tenaille. Ils ont commencé à serrer et sauf soutien armé occidental consistant peu probable, les rebelles  seront passés par pertes et profits dans les semaines qui viennent. 

Par bien des côtés, néo-stalinisme inclus, cela ressemble à la manière dont les démocraties occidentales ont laissé mourir la République Espagnole... Avant de devoir se coltiner le nazisme peu après...

http://www.liberation.fr/planete/2015/10/21/l-armee-syrienne-libre-prise-en-tenaille-entre-poutine-et-l-etat-islamique_1407916

Au delà du fait que Daech est dirigé militairement par d'anciens officiers de renseignements de Saddam Hussein  formés par le KGB - et dont le SVR russe détient les fiches personnelles depuis 2003 - et que Daech apparait depuis le début comme l'agent provocateur au service de Moscou, quelles conclusions en tirer ?

Après l'écrasement des rebelles, soit Poutine décide de continuer et de se heurter à Daech, soit il s'arrête là. 

Les deux options présentent des intérêts.
Dans le premier cas, il renforce son image d'anti-terroriste et peut espérer massacrer au passage les 3000 extrémistes sunnites russes enrôlés dans Daech. Mais le problème de la cohabitation sunnite chiite dans la région reste entier, à moins d'éradiquer ou à peu près la présence sunnite sous un tapis de bombes, qui seraient  justifiées par la guerre à Daech. Une Tchétchénie bis. Staline a fait pire, mais ça représente quand même 2 ou 3 millions de morts et ça reste lourd à porter et à justifier. Même pour Poutine. Surtout vis à vis de ses 15% de population sunnite en Russie et des monarchies sunnites du Golfe, qui vont l'avoir plus que mauvaise...

Dans le deuxième cas, il conclut une paix honorable, ce qui plait toujours, après avoir éradiqué le principal ennemi du régime et potentiellement de la présence russe en Syrie et au Moyen orient, à savoir les Rebelles.  Si l'on admet que les sunnites ne vont pas disparaître du paysage, ni en Syrie, ni en Irak, la perspective d'un Etat islamique sunnite à cheval sur les frontières et encadrés par deux entités chiites solides, la syrie alaouite d'une part, l'Irak chiite pro-iranien de l'autre, c'est jouable. Le fait que les dirigeants de Daesh soient d'ancien copains des services secrets et qu'ils détestent Washington ne peut qu'aider. Accessoirement, depuis Saddam, ils ont toujours été les ennemis des monarchies du Golfe. Donc l'établissement d'un Etat islamique aux dimensions raisonnables, pro-russe dans les faits, serait une excellente chose.

Un peu dur à faire passer dans l'opinion publique, mais rien d'insurmontable, au prix d'un changement de têtes à la direction officielle de Daesh, le cas échéant. Un accord de paix fait tellement plaisir à tout le monde...

On en reparle dans un an ou deux. Quand aux identitaires européens qui voient en leur idole le sauveur du monde chrétien, ils seront les dindons de la farce. Mais Poutine trouvera bien une façon de leur présenter le suppositoire.

20/10/2015

Une veste ne lui a pas suffi, il se représente...

Ainsi donc, Stauffer se présente au 2ème tour pour le conseil des Etats. Sa veste du 1er tour ne lui a pas suffi:  3 fois moins de voix que la socialiste ou le vert, 2 fois mons que le PLR ou le PDC !
J'ai été faire un petit tour sur son mur, histoire de tester l'épaisseur socio-économique du bonhomme avant de voter :-)

Ce que j'y ai trouvé est édifiant. En dehors de photos de lui sous toutes les coutures et de quelques slogans, j'y ai trouvé un texte récent parlant d'économie et de développement. 

Un tissu d'âneries.Le voici:. 

 

"Moi j'invite la gauche à venir voir Singapour pour le développement économique, j'invite aussi les verts à venir regarder la politique d'urbanisme Et de mobilité ! La puissance économique d'un pays comme Singapour est absolument incroyable, chaque Singapourien peut acheter son logement subventionné par l'état, chaque employé Singapourien engagé par une nouvelle société établie à Singapour reçoit 20% du salaire par l'état quelque soit son âge et sa formation, pour avoir une idée une secrétaire gagne environs 4'000.- à 4'500.- dollars Singapour par mois....... La fiscalité (accords négociés) est de 5%, l'aéroport gère 55 millions de passagers par an.

Et pour conclure la mission économique de Singapour a pas moins de 550 employés dont une centaine voyage dans le monde pour attirer des entreprises à s'établir à Singapour! Il y a 50 ans Singapour était une petite ville de pêcheurs... à méditer Mesdames, Messieurs de la gauche!"

 

Alors d'abord, précisons que 4000 dollars singapourens, ben ça fait...  2700 CHF. Brut, avant déduction des assurances sociales...  Pas sûr que beaucoup de secrétaires genevoises acceptent de bosser pour ce tarif à raison de 42 à 53 heures par semaine selon la branche...

Après, ou plutôt avant, il y a 50 ans, en 1965 donc, Singapour était un village de pêcheurs de... 1,8 million d'habitants :-)  sur 714 km2 soit 2 fois et demi le canton de Genève en superficie et 6 fois la population d'alors...

Aujourd'hui c'est 5,3 millions d'habitants donc 12 fois la population d'aujourd'hui, mais toujours sur 2,5 fois la surface du Canton. Un triplement en 50 ans, grâce à une immigration débridée (sans jeu de mots). Pas sûr que l'UDC soit franchement emballée par le concept. Les électeurs du MCG non plus d'ailleurs. 

Il oublie aussi de dire que la protection sociale telle que nous la connaissons est aux abonnés absents à Singapour: pas de chômage, pas de retraite, pas de salaire minimum et seulement deux semaines de vacances par an. Toutes les assurances sont volontaires et sont donc à déduire des salaires à 2700 balles cités ci-dessus, en dépit d'un coût de la vie très élevé, aussi cher qu'à Genève pour les loyers par exemple. Alors chaque singapourien peut toucher 20% d'aide sur l'achat de son logement, oui, mais s'il peut payer le reste... Et il touche une aide de l'Etat, mais s'il travaille... Et ces avantages sont réservés aux citoyens singapouriens, les "résidents" en sont exclus. Un genre de pratique qui fleure bon l'UDC, mais qui serait en totale contradiction avec ce que prône le MCG à longueur d'années.

Bref, en clair, c'est un jeu de dupes. De l'ultra-libéralisme sauvage au service de la loi du plus fort. 

Ah oui, aussi, le taux de fonctionnaires est l'un des plus bas du monde, 2 pour 100 habitants. C'est 5 fois moins qu'à Genève... Pas sûr que les électeurs du MCG apprécieraient de voir licencier un fonctionnaire sur cinq...   A noter que la fiscalité est variable en fait, entre 5 et 20%...  Bref, beaucoup de vent pour pas grand chose. Comme d'hab...

19/10/2015

Retour à la démocratie: et si Cramer se désistait ?

La politique à Genève est divisée en trois parts à peu près égales. La gauche ( L'Alternative), le centre-droit (l'Entente) et la droite extrême (la Nouvelle Farce). Leur poids varie selon les sujets et la période, mais en gros, un tiers chacun.
Comme il y a deux sièges au Conseil des Etats pour représenter le Canton, la logique voudrait que deux des tiers en aient chacun un, seul le dernier tiers restant bredouille. Sauf que depuis de nombreuses années, profitant des divisions des deux autres, le tiers gauche monopolise les deux sièges, ce qui n'est pas sain et engendre toutes sortes de frustrations.
Il suffirait que la gauche abandonne volontairement un de ses deux sièges d'ici mardi midi pour laisser à l'électeur la pleine liberté de ses choix. Plus de calculs d'appareils, plus de contreparties, rien que de la démocratie: l'électeur choisit les deux candidats qu'il prèfère sur trois candidats. Et ces deux meilleurs là gagnent ...
Simple comme bonjour, non ?
Robert aura-t-il ce courage et cette abnégation ?

09/10/2015

Les jeunes ont un nom pour ça: "gros mytho !"

Après le concert des Stones et la Tour d'Onex qui n'ont jamais vu le jour, voici donc Stauffer auto-proclamé sauveur de la Genève Internationale, ami de chefs d'Etats (c'est vrai qu'il a été en conflit financier avec les autorités du tout petit pays de son épouse) et doté de compétences économiques reconnues... Surtout en matières de faillites, dans lesquelles il a été impliqué, jusqu'à la case prison !
Il clame avoir insisté pour payer son voyage. Sauf qu'il n'a jamais été prévu que les entrepreneurs participant le fassent autrement qu'à leurs frais.
Le plus gros mensonge de cette affaire, en dehors de repousser une audience au Tribunal de Police qui tombait juste avant les élections, c'est sa raison même. Stauffer présente sa participation comme un service rendu à la promotion économique genevoise. Une injure aux fonctionnaires concernés, qui ne sont pas payés pour avoir besoin de son aide. Voilà qui donne une image bien bananière de la République. Particulièrement déplorable à Singapour, une île très à cheval sur la loi et l'ordre, où les rôles sont définis très clairement.
S'il y va, c'est pour faire du business. Mais de quel ordre à Singapour, plaque tournante financière mondiale ? Sa tentative à la tête d'une boîte de nuit n'a pas duré et Singapour n'a jamais attendu Genève pour vendre des abonnements natel ou des poissons rouges... Reste son activité passée d'apporteur d'affaires pour des banques de la place. Qui s'est plutôt mal terminée, par des procès et des menaces, avec les banques et avec son pote gouvernemental mauricien. Est-ce de cette image là dont la Genève financière a besoin, à l'heure des échanges d'information et de la moralisation des flux financiers internationaux ?

03/10/2015

Chère Madame Morano,

Avant que le soufflé ne retombe, je voudrais vous rappeler quelques faits qu'apparemment vous ignorez :
La doyenne des Français est noire. Guyanaise. Née dans un pays exploré par les Français dès 1503 et devenue officiellement « France Equinoxiale » en 1604. Plus de 160 ans avant que votre Lorraine natale ne devienne française. Eudoxie Baboul est née, donc, française en 1901. Comme ma défunte grand-mère Lucie qui était lorraine, comme vous. Sauf qu’en 1901, ma grand-mère était allemande, comme presque toute la Lorraine et que les parents de votre mère étaient italiens…

Re-natularisée française en 1918, la Lorraine redevint allemande en 1940. Une date importante, parce que vous êtes en bonne compagnie dans vos propos. Je ne songe pas à l’inculture prétentieuse d'un Collard, pour qui l’Afrique est un pays et de plus « noir » (oubliant les berbères, les boers, les bochimans, les peuples sémites et pas mal de populations intermédiaires au passage, des peuls aux éthiopiens). Non je pense au Grand Charles, qui avait parfois la mémoire courte, ce qui l’incitait à dire des bêtises. Même si c’était en privé, contrairement à vous et qu’il avait l’excuse relative d’être de son temps…

Parce que si la France Libre est devenue ce qu’elle fut, c’est en très grande partie à un Français noir qu’elle le doit, Guyanais lui-aussi et gouverneur du Tchad. Félix Eboué fut le premier administrateur français qui choisit de ranger son administration et les forces dont il disposait au service du Général, qui n’était alors à la tête que d’un quarteron d’officiers réfugiés à Londres. Ce sont les soldats - noirs - de Félix Eboué qui formèrent le gros de la Colonne Leclerc, première force française libre, qui s’empara d’une bonne partie du Sahara entre 40 et 42. Ce sont encore les soldats d’Eboué qui firent le plus gros sacrifice à Bir Hakeim, qui reste le fait d’armes le plus héroïque de la France Libre et permit la victoire d’El Alamein, tournant de la guerre en parallèle de Stalingrad.

Durant ces années-là, près de 5000 jeunes « noirs » s’échappèrent de Martinique et de Guadeloupe, alors dirigées par des officiers Français « blancs » venus de Métropole et fidèles à Vichy. J’ai connu quelques-uns de leurs survivants et la grande réalisatrice française – et néanmoins noire – Euzhan Palcy leur a consacré un très beau film. Sur de mauvaises pirogues, bravant de méchants courants (quelques-uns se noyèrent), ils gagnèrent la Dominique britannique pour se battre dans les rangs de la France Libre. Ils représentaient 1% de la population des Antilles françaises de l'époque. Au printemps 44, les forces de la France Libre comprenaient environ 50 000 hommes, dont une bonne moitié originaire d’Outre-Mer. Ce qui en laisse à peine 25 000 pour les français « blancs » de Métropole qui étaient alors 40 millions. C’est donc moins de 1 sur mille des Français blancs qui se levèrent pour défendre une certaine idée de la France.

Je me demande en fait, si malgré vos références actuelles à la Croix de Lorraine, vous auriez été du nombre...

30/09/2015

Prendre le Chemin de Damas ou affronter la menace nucléaire

La dernière nouvelle, qui parait sortir tout droit des officines du Kremlin, met en scène un journaliste allemand, qui revient, à ce qu'il prétend, sain et sauf, de chez Daesh. Selon lui, repris par quelques grands médias et les habituels sites propagandistes d'extrême-droite, les islamistes fous se prépareraient à nous atomiser. Ils prévoient, dit-il, de réduire l'occident en cendres radioactives avec 500 millions de victimes à la clé. Où ? Comment ? Avec quelles bombes et quelles quantités d'uranium ? Transportées comment ?
Autant de questions qui resteront sans réponse, car jusqu'à preuve du contraire, le seul être au monde qui dispose de tels moyens de destruction massive et soit en mesure de nous les envoyer sur le coin de la figure réside au Kremlin...
En fait après avoir roulé des mécaniques et fait prendre l'air à ces lance-missiles nucléaires un peu partout sur ses frontières de l'Ouest et sur la côte pacifique, Poutine semble vouloir se faire plus discret. On ne peut pas quémander une alliance en menaçant d'atomiser ses partenaires... Et de fait, certains observateurs - dont moi - rappellent volontiers que le risque nucléaire est autrement plus dangereux que les 50 000 tarés de Daesh...
Bingo, c'est là que surgit pile à propos cet allemand qui prétend que Daees est tout d'un coup devenue puissance nucléaire de premier plan... Ce qui évidemment justifierait toutes les actions conjointes internationales. Les gars de Daesh, qui sont donc les derniers des crétins, auraient ainsi dévoilé leurs plans les plus secrets et fondamentaux (on parle de la conquête du monde par l'Islam le plus rigoriste) au premier journaliste occidental venu les interviewer... Le moyen le plus sûr de se retrouver avec le monde entier sur le dos, avant même d'avoir pu apprendre comment envoyer le moindre missile...
En matière de propagande, Poutine est prêt à tout, on le sait. Il a aujourd'hui un besoin vital de se trouver des alliés dans son opération syrienne. Pour se repositionner dans le concert des nations, mais aussi parce que s'il y va seul avec le Hezbollah et les Alaouites déjà à bout de souffle (les Iraniens étant passablement occupés en Irak), il a toute les chances de se retrouver avec un nouvel Afghanistan sur les bras...
Eradiquer Daesh serait une excellente idée. Mais pas avec l'Armée Russe, qui va commencer par raser toutes les villes du soi-disant état islamique, sans le moindre égard pour les populations civiles. C'est la seule méthode qu'elle connaisse, largement utilisée en Tchétchenie. Depuis Staline, l'Armée Rouge l'appliquait même à sa propre population en cas de besoin. Ce n'est certainement pas ce qui va tarir le flot de réfugiés, bien au contraire, ni réduire le nombre des victimes innocentes.
Par contre on pourrait s'attendre, si les occidentaux ne mordent pas à l'hameçon de la coalition voulue par le Kremlin, à ce que des agents provocateurs manipulés depuis une ancienne république socialiste soviétique, par exemple, fournissent à Daesh une petite tête nucléaire à faire exploser quelque part en Europe. Histoire d'enfoncer le clou et d'amener l'Occident à prendre son Chemin de Damas, là où Poutine veut qu'il aille... Le seul rempart contre ce genre d'action clandestine, c'est la rigueur des contrôles de l'AIEA, l'Agence Internationale de l'Energie atomique. Souhaitons qu'ils soient vraiment efficaces.

28/09/2015

Le Triomphe de Poutine

 

Dans le match qui l’oppose à l’Occident, Poutine mène aux points. Le despotisme appuyé sur l’opium du peuple écrase le progrès et la démocratie. Une défaite occidentale accélérée par notre crainte atomique de l’affrontement, nos scrupules juridiques, le sensationnalisme mercantil de nos médias et la déresponsabilisation consumériste de nos populations. Un monde dans lequel deux mille ados genevoises se battent pour toucher l’idole qui leur parle maquillage et futilités mérite-t-il qu'on le défende ? En champion de judo, le joueur d'échecs sait retourner contre nous le moindre de nos mouvements...

 

Routinier, il utilise toujours les mêmes vieilles tactiques russes de la maskirowka (faire semblant de s’enfuir, pour encercler l’ennemi qui vous poursuit en désordre) et de la provocation (attribuer à l’ennemi des atrocités qui justifieront la riposte implacable). Pour que ça marche, il suffit de maîtriser les rouages de la propagande, domaine dans lequel le Kremlin excelle…
Pour pouvoir écraser les Tchéchènes – en se positionnant ensuite en sauveur de la patrie, du monde et de l’Univers - le FSB de Poutine a suscité des attentats sanglants, imputés aux tchétchènes... Pour lesquels des officiers du FSB ont finalement été arrêtés… Idem en Abkhazie et en Ossétie du Sud, soustraites à la Géorgie. Heidi Tagliavini, la représentante suisse de l’UE et de l’OCDE, n’y a vu que du feu. C’est Poutine lui-même qui s’est vanté ultérieurement d’avoir berné les occidentaux, en amenant la Géorgie là où il voulait qu’elle aille…

Rebelote en Crimée et au Donbass, grâce aux provocations menées par des agents russo-ukrainiens qui avaient déjà servis en Tchétchénie, comme Igor Strelkov ou « Satchko Bily » le co-fondateur de Pravy Sektor, réputé « mort en s’enfuyant » en mars 2014… Avec les mains menottées et deux traces de balles de face dans la poitrine...
On sait à qui ont profité les crimes de Maïdan et la fuite surprise en Russie de l’ex-Président Ianoukovich, alors qu’un accord de sortie de crise venait d’être signé sous l’égide de l'UE: Moscou s’est emparé de la Crimée et le Donbass en flammes plonge la tête de l’Ukraine  sous l’eau pour longtemps. En plein dans le mille, le but étant que la démocratisation/occidentalisation ne puisse en aucun cas faire envie aux populations russes. Le Tsar veut conserver son pouvoir et ses milliards, d'autant qu'il n'est pas censé avoir fait fortune, ce qui posera forcément problème, le jour où il abandonnera le pouvoir.

 

Problème, si les arguments du Kremlin sur l’Ukraine ont largement conquis l’opinion russe, les occidentaux n’ont pas mordu à l’hameçon et leurs sanctions font très mal à l’économie russe. Par ailleurs Moscou n'a pas encore achevé son réarmement. Les plans russes prédisent bien une guerre mondiale – possiblement nucléaire - pour le contrôle des ressources pétrolières, mais pas avant 2025 ou 2030, car pour l’instant, la Russie n’est pas prête. Et ce n'est pas la baisse du pétrole qui va payer la facture...
C’est alors qu’entre en scène l’Etat Islamique. En janvier 2014, peu après l’attentat de Charlie Hebdo et la grande manif qui a suivi, dont Moscou a été tenue à l'écart, Daesh explose au grand jour en entamant une campagne d’exécutions spectaculaires, qui fait soudain passer Al Qaïda pour des enfants de chœur. En Syrie déjà, peu après le déclenchement de la révolution, Bachar a libéré les islamistes qu’il détenait, pour discréditer le jasmin démocratique. C’est sur ce terreau  que d’anciens officiers des services secrets de Saddam Hussein ont prospéré et formé Daesh avec Bagdadi. Au printemps 2014, ils s’emparent de l’Irak sunnite, en multipliant les actes de cruauté à l’égard des chiites, des chrétiens, des kurdes et des yézidi.
S’ils voulaient attirer stupidement l’attention du monde entier, au lieu de prospérer tranquillement sur les territoires qu’ils viennent de récupérer et dont ils sont originaires, ils ne s’y prendraient pas autrement.
C’est là où l’intervention du Président Iranien à la Tribune de l’ONU est intéressante, lorsqu’il déplore les interventions des services secrets « de différents pays ». Pour le grand public, il vise les occidentaux, le Pakistan et les wahabites, que l’on sait avoir été derrière la création d’Al Qaïda, à l’époque pour lutter contre l’URSS en Afghanistan. Mais peut-être pas uniquement. Les chiites ont beaucoup souffert de l’hystérie de Daesh et les Iraniens, chiites, savent pertinemment qu’en 2003, un commando « ZAslon » du SVR, le renseignement extérieur russe a accompagné Evgeni Primalov à Bagdad, juste avant l’attaque US. Ils en sont repartis avec tous les fichiers personnels des officiers de renseignement de Saddam, formés en Russie, qui ont été mis à l’abri à Moscou. Or ce sont ces mêmes officiers qui assument la direction militaire de Daesh...

 

Aujourd’hui, Poutine a réussi son coup. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, 90% des victimes civiles en Syrie sont imputables  aux bombardements répétés de Bachar sur son propre peuple et 10% seulement à Daesh. Les réfugiés fuient moins Daesh que la répression impitoyable et aveugle de l'armée syrienne officielle, qui s’abat sur villes et villages réfractaires au pouvoir de Bachar, à l’aide d’armes russes.
Sauf que pour l’opinion publique occidentale, Poutine est le héros qui va remettre de l’ordre dans un petchi qu’il a largement contribué à créer, en tout cas à amplifier.  Avec Daech, il fait d’une seule pierre une remarquable succession de ricochets :  

 

il a détourné le regard occidental et européen de l’Ukraine,

 

Un monstre est né que le monde entier veut combattre avec lui, comme les Alliés combattant Hitler avec Staline… prémices d’un Yalta bis russifiant de vastes et nouveaux territoires ;

 

7 à 8000 islamistes/indépendantistes russes caucasiens ont été attirés dans une nasse dont Moscou va pouvoir serrer les nœuds coulants, repoussant de plusieurs années la décolonisation du Caucase...

L'armée russe va combattre aux côtés des occidentaux ce qui va lui permettre d’acquérir de précieuses connaissances sur leurs procédures les plus secrètes – et réciproquement, ceci dit…

 

Poutine s’est forgé une image de sauveur du monde chrétien... Tout en inaugurant l’extension d’une magnifique mosquée à Moscou… Un double jeu mal perçu des Russes qui comprennent mal son discours d’islamophobe protecteur des « bons musulmans… ».

Mais pour l’instant en tout cas, l'Occident est proche du KO technique et c'est Vladimir qui gagne...

PS: Merci à mes fidèles lecteurs, qui ont rectifié mon lapsus calami et qui m'ont permis de le corriger.
Il s'agit bien de Heidi Tagliavini (et non de Nelly, prénom d'un personnage qui lui ressemble beaucoup, dans un roman à paraître prochainement) et plus important de l'Abkhazie, prise comme l'Ossétie du Sud à la Géorgie. Enfin, stricto sensu, déclaré indépendante, mais de fait tombée dans l'escarcelle russe et non reconnue internationalement. Tout comme le Haut Karabagh, donc, par Arménie interposée. Et puis aussi la Transnitrie, prise à la Moldavie...
Il est toujours amusant de rappeler, à ce sujet, que le premier "président" d'une des Républiques sécessionistes du Donbass était le fils du premier Vice-président de la République sécessionniste de Transnitrie. Tous deux de passeport russe, évidemment, tout comme le Colonel du FSB Igor Strelkov, premier chef militaire du Donbass sécessioniste et chef des Petits Hommes Verts ayant organisé le "scrutin" de Crimée, qui avait ses premières armes dans la sécurité de la sécession de Transnitrie. Bref une histoire de famille et de veux potes.    

14/09/2015

Donetsk Lataquieh, les itinéraires du Kremlin

Comme pas mal de gens, je m’interrogeais sur la soudaine accalmie survenue sur le front du Donbass. Certes, le parlement ukrainien avait accepté la fédéralisation demandée par Moscou, mais l’arrêt soudain des incessantes provocations des rebelles pro-russes était spectaculaire, même s’il s’expliquait par un sérieux remaniement à la tête des « républiques » de Donetsk et Lougansk, où les « négociateurs » ont remplacés les « militaires », apparemment sur ordre du Kremlin.

Cela prouve bien que la source du mal et des affrontements résidait à l’Est, et pas à Kiev, puisqu’il a suffi d’un souffle du Kremlin pour tout calmer. Mais pourquoi maintenant ? Parce que la Russie s’enfonce dans la crise ? Indirectement, oui. En fait, la Russie n’a pas (encore ?) les moyens militaires de mener deux campagnes en même temps. Or la présence de son armée était urgemment requise en Syrie. Espérons juste que les ukrainiens, de l’Est comme de l’Ouest, en profitent pour stabiliser suffisamment la situation pour écarter durablement le retour des horreurs de la guerre, quand la crise syrienne sera terminée.

Moscou s’y emploie, avec une solution qui pourrait être originale… Bachar est au plus mal, on le sait. Avec le concours de troupes d’élites iraniennes, plus d’un millier d’hommes des commandos marines des Pasdaran, les troufions de l’armée russe ont commencé à fortifier la côte, de Lataquieh à Tartous (où elle possède une base navale), jusqu’à la frontière du Liban. Un gros morceau de l’ancienne Phénicie, puis du Royaume Franc des croisés. Surnommée « la Côte d’Azur syrienne » du temps du mandat français, c’est le fief ancestral des alaouites. Là, Bachar pourra résister, si l’atmosphère devient trop irrespirable à Damas, ce qui semble devoir être bientôt le cas.

Un nouveau petit royaume, sous la protection des gens du coin, des voisins du Hezbollah libanais, des Pasdaran chiites et de l’armée rouge. Pardon, de l’armée russe. Et aussi de nombreux Missiles sol-air de dernière génération et de quelques Mig, pour parer à toute velléité occidentale de finir le travail. Cela pourrait être effectivement une solution. A la post-yougoslave : une mosaïque de petits états : alaouite, kurde, chrétien, yézidi, druze et bien sûr sunnite. Sans oublier Israël sur le flanc sud.

 

Une solution qui permettrait de ramener le calme et la paix dans la région, même si elle sonne désagréablement à nos oreilles cosmopolites et fières de l’être… Après tout, aujourd’hui l’ex-yougoslavie justement, semble revenir peu à peu à la normale et tôt ou tard, toutes ces populations seront rassemblées dans l’UE, avec chacune leur autonomie. C’est en tout cas une voie qui mérite d’être explorée.

Le seul bémol, c’est l’attitude de Moscou sur le long terme. On a compris que Poutine avait décidé que la Russie ne reculerait plus. Et même qu’elle avait recommencé à avancer. Pour reconquérir des territoires perdus en 1990... 
Lesquels et jusque où ? C’est toute la question. Parce que la plupart de ces territoires ont été conquis à l'époque de l'expansion coloniale ou à l'occasion de la seconde guerre mondiale et ne sont pas plus russes que l'Algérie est française...
Dans l'immédiat, tout ce qu'on sait, c'est qu'on a voté ce dimanche en Russie et que Pamas, le parti d'opposition rassemblant les partisans de Navalny et du défunt Nemtsov n'a tout simplement pas eu le droit de se présenter. Seuls deux de ses candidats dans une seule circonscription ont obtenu ce droit, contre des milliers de candidats présentés par Russie Unie (Poutine), Labloko (libéraux kremlin-compatibles) ou les communistes, dans les dizaines de circonscriptions de ces élections régionales.

 http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/09/13/la-...

07/09/2015

Région et sondage bidon

"Je MCG"... Tellement révélateur, le lapsus calami d'Eric Stauffer dans sa réponse au blog de JF-Mabut : "En conclusion sachez que je MCG est contre l'Europe de Bruxelles" . La gus se prend pour Louis XIV ou pour un Empereur Romain. Peut-être les deux à la fois et son parti, c'est lui. Betty Bossi doit se retourner dans sa tombe. De rire...
Quant à la Julie et ses sondages bidons, Jean-François Mabut devrait savoir que si un militant MCG retourne voter 230 fois avec la même adresse IP, c'est juste un crétin, ce qui n'est pas toujours un pléonasme. Parce que pour changer d'adresse IP, il suffit d'éteindre et de rallumer son routeur et qu'il existe même des logiciels qui brouillent vos traces. Pas mal de gens savent pratiquer ce genre de choses dans les rangs de l'extrême droite. J'aurais personnellement davantage confiance dans la volée de bois vert reçue par l'annonce de l'initiative idiote du Mouvement Contre Genève. 
De toute manière, là où le bât blesse, dans les sondages de la TDG, c'est moins que n'importe qui puisse voter autant de fois qu'il le désire, que la non-représentativité de l'échantillon. Les blogs et les commentaires de la Tribune électronique étant squattés à demeure par tout ce que la région peut compter de fachos aigris et de vieilles réacs désoeuvrées, il y a belle lurette que celle-ci n'est plus commentée que par une portion de la population qui n'est absolument pas représentative de l'ensemble des travailleurs votants de ce canton. On l'a vu à plusieurs reprises lors de votations ou d'élections. Et heureusement.
Reste que la votation sur les parkings a effectivement vu la victoire, courte mais réelle, des ennemis de la région et de la prospérité de Genève. Le danger est donc bien réel d'une victoire du Mouvement Contre Genève, qui mettrait cette fois l'économie de la ville et du canton à genoux, après avoir causé une crise diplomatique majeure. 
Exemple de l'absurdité de la démarche du MCG: le coût d'un élève au collège est d'environ 20 000 Francs par an, un peu moins à l'Ecole primaire, mais toujours bien au-dessus de ce que paie comme impôts annuels la grande majorité des gens. Soit dans les 200 000 Francs pour une scolarité, sans compter l'Uni. Un peu moins pour Eric Stauffer et ses sbires qui n'ont généralement pas suivi l'école très longtemps... Pour la société, c'est un investissement, car la plupart des collégiens, écoliers et apprentis vont ensuite travailler et contribuer à la prospérité collective.
Le travail n'est pas une récompense qu'on donne à quelqu'un, c'est de la richesse produite par le travailleur, qui profite au travailleur, bien sûr, mais aussi à son patron et à la collectivité par le biais de l'impôt direct et indirect.
Or pour près de 100 000 travailleurs résident en France qui contribuent à la richesse de Genève et y paient leurs impôts, c'est généralement la France qui a payé leurs scolarité. Un rapide calcul à la louche permet d'articuler un chiffre de 1'ordre de 15 milliards... L'équivalent de l'ensemble du déficit genevois. Et ce sans parler des routes, de la sécurité, de la santé, bref de tout ce qui incombe à l'Etat et aux collectivités locales. Par analogie, rappelons le cas des Internationaux, qui ne paient pas d'impôt à Genève (mais qui en paient, prélevé à la source par leur organisation, dans le pays qui les rétribue).  L'immense majorité d'entre eux place ses enfants dans des écoles et collèges privés (l'employeur payant les 3/4 des frais) , qui au lieu de coûter à l'Etat de Genève, lui rapporte...
On voit bien là qu'une suppression de la rétrocession serait parfaitement inéquitable et matériellement impraticable. Une bombe dans les relations régionales, que Stauffer, ce tartuffe égocentrique, prétend aimer et vouloir soutenir.
Quant à son argument sur les complications administratives françaises, il oublie juste deux choses, probablement volontairement:
1) les entreprises françaises les subissent au quotidien de la même manière, et sont bien obligées de faire avec, cela fait partie de l'ADN hexagonal, et c'est effectivement un problème majeur pour la France. Mais ce n'est en rien dirigé contre la Suisse.
2) les entreprises françaises, pour venir travailler en Suisse, sont confrontées à un problème tout aussi insurmontable, à savoir le montant des salaires suisses, qu'elles doivent respecter. Ce qui, compte tenu des charges sociales françaises, proportionnelles aux dits salaires, les font grimper à des hauteurs stratosphériques. Les entreprises suisses doivent aussi faire avec le coût de la main d'œuvre et ce n'est pas dirigé contre la France.
Tout cela fait partie des problèmes nés de la frontière, qu'il faut impérativement parvenir à régler peu à peu, par le dialogue et les aménagements. Mais certainement pas en jetant une bombe sous la table...

Dernière chose encore, Stauffer demande à ce que Genève reste leader de la région. Mais personne ne le conteste. Les élus français ne cessent de répéter que c'est à la Ville centre que revient le leadership. Sauf qu'être leader, ce n'est pas prendre les décisions tout seul et les imposer sans concertation. Sauf bien sûr dans un parti d'extrême droite où le Duce peut s'exprimer en disant "Je MCG"...