21/10/2013

Assurances maladies transfrontalières: remettre l'hopital au milieu...

Le combat transfrontalier mené actuellement sur les assurances maladies me semble l’être sur de mauvaises bases.

Tout d’abord, même si je suis un fervent partisan de l’assurance privée, on ne peut pas s’offrir une assurance privée à bon marché lorsqu’on est jeune et en bonne santé pour ensuite passer sur les assurances publiques, lorsqu’on atteint l’âge de la retraite et des longues maladies. Cela n’est pas tenable pour la société.

Par ailleurs, la situation privilégiée des frontaliers, dont je suis, bénéficiant de revenus suisses et de dépenses françaises est une bénédiction pour la santé économique de la région. Cela s’applique également aux résidents genevois faisant leurs courses en France. C’est un gain de consommation et de pouvoir d’achat très conséquent, qui met de l’huile dans les rouages sociaux.  Qui suscite également des monceaux de jalousie, on le voit bien dans les blogs de la Tribune. Tant en France qu’en Suisse, les gens comprennent difficilement qu’à travail égal, on vive mieux, nettement mieux, si l’on passe la frontière. Cela heurte  à la fois les sentiments de justice et de nationalisme. Cocktail explosif. Cette jalousie, détestable comme toutes les jalousies, explique une large partie des votes MCG.

Les gens qui ont choisi l’assurance privée française connaissaient l’échéance, déjà deux fois retardée. Les assureurs auraient du les en prévenir et s’ils ne l’ont pas fait ils sont en tort, comme l’est le GTE, le syndicat des frontaliers, d’avoir pensé qu’il pourrait infléchir la position du Gouvernement. Maintenant, que faire. Maintenir l’assurance privée, il ne faut pas y compter, sauf si l’UE toute entière décide de rendre la concurrence réellement possible sur ce marché. Il faudrait alors trouver des pistes pour empêcher de changer de type d’assurance en fonction de son âge…

Reste que l’offre de soins laisse à désirer en France voisine, surtout dans le Pays de Gex et qu’il est souvent plus pratique de se faire soigner à Genève, sur son lieu de travail qu’en France. Surtout s’il faut aller à Grenoble ou Lyon. Demander à la sécu de payer des frais en Suisse en dehors des cas d’urgence, comme elle devrait le faire mais ne le fait pas, parait assez ardu : les coûts médicaux sont fréquemment 3 à 4 fois plus élevés en Suisse pour la même opération, voire parfois dix fois ! Une analyse standard sur une prise de sang par exemple… La sécu ne roulant pas sur l’or, elle va tout faire pour éviter de rembourser en Suisse, tant que le taux de change sera ce qu’il est… C'est cependant la piste ouverte par le récent rapport gouvernemental.

L’autre serait effectivement de rouvrir pour quelques temps le droit d’option, limité cette fois au seul choix : Lamal ou sécu. Pour la Suisse et les assurés suisses ce serait tout bénéfice : un arrivage de nouveaux arrivants plutôt jeunes et en bonne santé aurait une influence positive sur les tarifs et soutiendrait l’offre hospitalière genevoise. Au passage, les frontaliers déjà actuellement à la Lamal pourraient espérer voir baisser leurs primes actuellement plus chères que les primes suisses, quand bien même ces assurés se font de temps à autre soignés en France et coûtent donc objectivement moins chers…

Reste que la France n’y gagnerait rien. La sécu perdrait des assurés, les hôpitaux locaux perdraient des clients… Pire, il est probable qu’une fois la retraite arrivée et l’emploi en Suisse terminé, nombre d’assurés Lamal repasseraient sur la sécu, au moment où leurs revenus seraient moindres et leurs coûts de maladie plus élevés…  Difficile d’entamer une négociation lorsqu’on sait que la partie d’en face ne peut qu’y perdre, et Berne ne s’y est pas risqué…

A noter qu'on peut s'attendre à ce que certains frontaliers deviennent ou redeviennent résidents genevois pour quelques mois. Voire perdent leur emploi avant d'en retrouver un, juste le temps de pouvoir à nouveau opter pour la Lamal, puisque cette possibilité demeure à chaque fois qu'on change de statut. 

Un détail encore : les français devraient perdre l’habitude de considérer que « la part patronale » est payée par le patron. Stricto sensu, elle l’est, mais c’est bel et bien de l’argent pris sur la masse salariale et pour l’employé, cela revient exactement au même que si le patron lui versait ce montant, qui lui serait ensuite prélevé par les assurances sociales. De ce point de vue, le système suisse est plus transparent. Dans les faits, les salariés français paient donc une plus grosse part de leur salaire à la sécu que ne le feront les frontaliers, sur des salaires il est vrai beaucoup plus importants.

17/10/2013

Qui ne surtout pas élire au Conseil d’Etat…

Si vous me lisez, vous le savez déjà : le MCG ! Le désir démocratique de  tenir compte de toutes les sensibilités n’a aucun sens les concernant, puisque leur programme se résume à l’exclusion : le tiers des travailleurs du marché du travail et la gauche du Gouvernement. Une gauche qu’ils détestent, en parfaite formation d’extrême-droite qu’ils sont. « Durcir les fronts », disent-ils. Très bien, durcissons-les, mais au bon endroit : d’un côté les tenants d’un modus vivendi gauche-droite qui a fait ses preuves depuis des décennies à Genève… et de l’autre, les tenants d’un retour aux années trente par la virulente opposition gauche-droite que les populistes – comme la droite dure - veulent ressusciter.

Depuis ces funestes années trente et les sinistres événements qui ont suivi, le consensus a permis des avancées extrêmement spectaculaires en termes de qualité de vie et de lubrifiant social. La gestion de Genève est loi d'être parfaite, mais ses problèmes sont des problèmes de surchauffe et de trop bonne santé. Le monde entier nous envie et moi, je préfère faire envie que pitié. Pas vous ? Cette éclatante santé nous a soudainement fait grandir trop vite, mais elle n’est ni miraculeuse, ni éternelle : juste la conséquence de notre ouverture au monde. Ce dont les populistes voudraient pendre le contrepied, en appliquant des remèdes protectionnistes dont on sait bien qu’ils sont pires que le mal.

L’emploi, par exemple : Isabel Rochat s’est fait moquer par un gang de journalistes et de politiciens, pour avoir rappelé que le meilleur moyen de résorber le chômage était de créer des emplois. C’est une évidence, c’est même une lapalissade. Sauf qu'elle est niée par le MCG. Réclamer l’arrêt de l’invasion frontalière, c'est nier l'évidence. Le MCG ne veut pas créer d’emplois, il veut réduire l’accès à l’emploi pour une catégorie d’habitants de la région. Ce qui évidemment réduirait le nombre d’emplois disponibles. Toutes les études le confirment : l’afflux de frontaliers n’a pas de conséquence sur le chômage et la seule qu’il a sur l’emploi, c’est d’en créer !

Depuis dix ans, le nombre de frontaliers a doublé, passant de 40 à 80 000, pendant que dans le même temps, le nombre de chômeurs continuaient de tourner autour de 20 000… C’est dire s’il n’y a aucun lien de causalité. D’ailleurs, les racontars sur « la copine de mon cousin » ou « l’époux de la tante de mon oncle », mis à la porte pour être remplacé par un frontalier s’effondrent lorsqu’on les examine de près. On attend toujours les vrais cas, publiés avec les noms des entreprises et des personnes virées. Avec aussi les jugements des prudhommes, s’il n’y avait pas de bonnes raisons au licenciement ! Plus la preuve que le remplaçant indus était frontalier. Si l’on en croit la rumeur, ils doivent avoir des centaines, des milliers de cas au MCG, non ? Curieusement, on n’en a pas vu un seul… Leur communication est vraiment défaillante…

Pour les employeurs genevois, PME, multinationales ou organisations internationales, disposer d’un vaste réservoir de main d’œuvre qualifiée est une aubaine. Gage de bonne santé et de performances à l’international, donc d’emploi. Même pour les services publics, cela permet d’assurer le meilleur service possible. Au meilleur prix, puisqu’il n’est pas nécessaire de loger tout ce monde à l’intérieur du canton, d’éduquer leurs enfants, etc… Tout ceci génère de la prospérité, dont nous profitons tous et aussi des encombrements, dont nous pâtissons également. Il importe de réduire ces derniers au plus vite, par  la construction du CEVA (que le MCG a retardé plus d’un an !), la construction d’immeubles en zone villas proches du centre (que le MCG veut retarder), la construction de P+R en France voisine où ils sont moins chers et plus efficaces (que le MCG veut retarder),  etc. 

Problème, l’afflux de frontaliers ne crée pas forcément d’emplois pour les chômeurs résidents, qui n’ont pas toujours les qualifications requises. C’est là où l’on rejoint l’évidence mentionnée par Isabel Rochat : il faut créer des emplois, qui soient adaptés aux personnes qui en manquent. C’est probablement du ressort de l’Etat, car le privé se heurte à la réalité des faits : les emplois sans qualification (en dehors des services à la personne qu’on ne peut délocaliser), seront toujours infiniment moins chers ailleurs qu’à Genève. Il serait dès lors suicidaire de réimplanter des usines pour du personnel non qualifié.

Après on peut discuter des conditions des EDS ou inventer autre chose, mais le principe est connu depuis 1789 ! Il faisait l’essentiel du débat public genevois après la Révolution: comment employer les sans travail dont certains perturbent la tranquillité publique, mais surtout qui paie combien ? Un impôt spécial avait alors été créé…

Aujourd’hui nous avons le choix. Pour une Genève efficace, responsable et solidaire, il faut voter l’Entente en bloc, sans rien biffer. Si votre sensibilité porte à gauche, vous pouvez rajouter deux noms, dont au moins une femme à mon avis. Au contraire, si vous êtes vraiment de droite-droite, vous pouvez toujours rajouter la blonde de l’UDC. Je suis certain qu’en cas d’élection, ses petits camarades CE pourraient lui confier la mobilité, avec une mission claire : traverser ! Mais surtout, surtout, vous ne votez pas pour le duo de hâbleurs incompétents. Rien qu’à la vue, à l’ouïe et à l'odeur de leurs diverses casseroles, aucun autre parti n’aurait voulu les présenter, même pour la députation. C’est pourquoi ils ont tous deux changé plusieurs fois de casaque avant d’atterrir au MCG…

 

 

06/10/2013

Genève a perdu une bataille, heureusement pas la guerre

C’est clairement une défaite. Une bonne partie des Genevois s’est laissé appâter par les sirènes sans lendemain du populisme, des promesses miracles et du « c‘est la faute aux frontaliers ».

Les députés PLR se sont laissé enfermer dans des débats stériles et incompréhensibles, portant sur 2% du budget de l’Etat, contre leurs propres conseillers d’Etats, plus consensuels, qui eux s’en sortent haut la main, tandis que le PDC, également plus consensuel, progresse légèrement. Les PLR ont in extremis raboté un mois de prime aux fonctionnaires partant en retraite, ce qui est suicidaire quand on connait le poids électoral de ces derniers et de leurs familles. Le PLR a oublié qu’il était censé défendre la classe moyenne, dont les intérêts, par les temps qui courent, ne se confondent pas forcément avec ceux de la haute finance. Tout cela par pure idéologie. A noter que si la haute finance peut certes financer une campagne, sa force numérique, électorale, n’est guère extensible.

L’Entente en général, aurait du davantage expliquer aux électeurs que Genève n’est pas une île vivant en autarcie. Qu’elle est très très très loin de se suffire à elle-même et que toute sa prospérité dépend de son ouverture au reste du monde. Que cette ouverture a permis de nous conserver une économie en croissance, alors qu’elle régressait partout ailleurs, sauf en Allemagne (au prix dans ce derniers cas d'un appauvrissment notable des classes populaires). 
Refermer les frontières, comme le réclament les populistes – c’est l’un des rares points où ils différent radicalement de la droite classique  - cela ne peut avoir qu’une seule et unique conséquence : amener davantage de crise économique et de chômage à Genève.

C’est pourquoi Genève a aujourd’hui perdu une bataille, car le bloc qui se renforce au parlement, loin de lui être bénéfique, lui sera défavorable. Sauf à mener une politique à l’inverse de son discours et de ses affiches…

Les Verts sont les vrais grands perdants. Ils paient d’abord leur opposition à la bagnole et à la traversée de la rade, ou du lac. Sur deux points, ils ont pourtant raison : il faut désengorger le centre-ville et développer le réseau des transports en commun. Mais pour pouvoir désengorger le centre, il faut pouvoir le contourner, tous les urbanistes de la planète le savent et par pur dogmatisme, les Verts – et la gauche plus discrètement - l’ont refusé avec acharnement. La droite y a mis du sien, en se divisant et en présentant à Berne des dossiers absurdes, montés sur des chiffres bidonnés, ce qui a fait capoter l’hypothèse d’un financement fédéral. 

Qu’à cela ne tienne, il faut donc construire un évitement urbain, avec des fonds régionaux  - quitte à prendre même sur des fonds frontaliers si cela permet de réduire la durée des bouchons biquotidiens, tout le monde sera d’accord. Et réfléchir très sérieusement à la perspective d’un financement privé d’une traversée autoroutière du lac. Accompagnée de mesures ad hoc au centre ville et d'un transport à minima par bus efficaces sur là-dite traversée.  

Dans quatre ans le CEVA sera opérationnel, les P+R aux frontières aussi et le réseau de trams développé pourra montrer sa pleine efficacité. En prenant le CEVA au Bachet, les Carougeois seront à la Gare en 4 minutes… Le travail mené à bien par Mme Künzler portera ses fruits. Elle aura en plus servi de bouc émissaire à des Genevois incapables de comprendre que pour améliorer les choses, il faut construire et qu’un chantier, ben ça fait de la poussière…

Reste que la victoire de ce funeste dimanche soir,  c’est aussi celle de ceux qui veulent la mort du système de consensus qui a fait le succès de la Suisse. En creusant méthodiquement le fossé entre la gauche et la droite, ils sont en passe de parvenir à leurs fins. Personnellement, cela me révolte. Et les responsables politiques de gauche et de droite sont tout autant responsables de cet état de fait.

Pour ma part, je ne me sens plus lié à l’appareil d’un parti. Je l’ai dit, je reste proche du PLR, mais en tant qu’individu et en tant qu’électeur, je vais constituer ma propre liste pour le Conseil d’Etat et je vous conseille d’en faire autant. Ce que je sais, c’est que je veux en exclure ceux qui représentent un danger pour Genève, à savoir le MCG. Y compris Poggia. Certes, il est moins pire que Stauffer et, mis à la santé, il ne pourrait pas causer grand tort. Ce serait même assez drôle de le voir expliquer aux malades qu’il leur faudra payer plus chères leurs primes parce qu’il tient à engager des infirmières résidant en Suisse et que tout ce qui est rare est cher…

Pour le symbole cependant, je n’en veux pas. Et pour l’avenir de Genève encore moins, car un gouvernement dont la gauche serait exclue, ou presque, serait une catastrophe pour l’équilibre social du canton. De même qu’un Conseiller d’Etat qui passe son temps à menacer le ban et l’arrière ban de la République de procès au pénal à chaque fois qu’on lèse sa majesté.  La solution, tout le monde la connait, et elle est simple. D’autant que les candidats les mieux placés, dans tous les partis, sont ceux qui ont su se montrer les plus consensuels. A l’exception notable de Sandrine Salerno dont la consensualité tardive, saluée au PLR, a été vécue comme une trahison dans son propre parti, où elle est de loin la plus biffée, malgré d’indéniables compétences. Dommage.

 Résumons : pour faire barrage à l’extrême-droite populiste et dangereuse pour l’avenir de la République, si vous êtes de droite ou du centre, vous votez pour les cinq candidats de l’entente et pour deux candidats de gauche, parmi les mieux placés : Anne Emery-Torracinta, ce qui fera une femme de plus au gouvernement, et Thierry Apothéloz, ou Antonio Hodgers à la place d’Apothéloz si vous tenez à la présence d’un vert.

Si vous êtes de gauche, vous mettez quatre candidats de l’Entente et trois de gauche. En mettre quatre de gauche et trois de l’Entente serait un gaspillage inutile de voix. En effet, si l’on considère que Verts et PS ont déjà voté les uns pour les autres, il ne reste que les voix d’Ensemble à Gauche comme réservoir. Soit entre 5 et 6000 voix. Suffisant pour passer devant Stauffer et Poggia avec l’aide des voix de droite, mais pas pour atteindre Isabelle Rochat, qui sera soutenue par son camp et qui au contraire devrait bénéficier d’un surcroit de voix féminines au 2ème tour.

Stauffer et Poggia vont évidemment bénéficier de voix de droite, mais les voix du centre vont leur manquer. Et même à droite, des personnalités consensuelles et compétentes comme celles d’Emery-Torracinta ou Apothéloz, voire Hodgers (loin d'être intégriste en matière économique), sont à l’évidence préférable aux boutes-feu du MCG. Qui doivent comprendre, Mauro Poggia en particulier, qu’ils ont atteint leur plafond de verre et qu’ils ne pourront pas aller plus haut tant que leur parti persistera dans l’appel à la haine et à la stigmatisation d’un tiers des habitants de notre communauté de vie. Notre communauté naturelle.  

 

04/10/2013

L'arroseur arrosé

Selon le dogme de Saint-Pascal, Mauro Poggia vient de commettre une bourde de débutant: il a osé critiquer l'adversaire !
Enfantillages que tout ceci, il est évident que le débat politique est basé sur la critique de l'autre et d'ailleurs le MCG ne s'en est jamais privé. Il a même basé ses succés électoraux dessus. 
Quant au deus ex machina de la Praille il poursuit imperturbablement son rôle de semeur de zizanie, en poussant à chaque fois qu'il le peut les causes et les personnalités d'extrême gauche et d'extrême-droite, avec une nette préférence tout de même pour l'extrême-droite.

Quant à Mauro Poggia, comme à son habitude, il prend les gens et les électeurs pour des crétins, tout en leur cirant les pompes en déclarant croire en leur intelligence. Témoin son récent blog sur l'affaire de la Cour des Comptes.
Résumons:

François Longchamp reprend en main un département de l'Urbanisme sinistré en mars 2012, tout en gérant également son ancien département jusqu'à l'élection de Pierre Maudet en juin.
les dossiers en cours sont considérables et prioritaires : construction de logements pour les Genevois - construction du CEVA et de l'urbanisme lié - Mise en branle de l'élargissement de l'autoroute - Plan directeur cantonal à faire passer - la Praille, etc... Bref les problèmes N° 1 et 2 des Genevois à résoudre.

La Cour des Comptes constate que la gestion de l'encaissement de vieilles factures auprès des propriétaires de maisons individuelles laisse à désirer. Il y en a pour plusieurs millions d'accumulés, problème antérieur de plusieurs années à l'arrivée de Longchamp au DU.

La Cour des Comptes a décidé d'engager du monde pour faire face à des responsabilités accrues et veut des locaux plus grands. Ce qui n'avait pas été anticipé. Le DU peine à lui en trouver. Ben oui Allo quoi, il y a une crise du logement à Genève, mais aussi une crise de la dette et il n'entre pas dans les attributions de l'Etat de la creuser davantage en louant n'importe où dans le privé.

Le DU propose une solution, rejetée par la Cour des Comptes, qui ne veut pas travailler dans un immeuble rempli d'autres fonctionnaires. Selon M. Paychère, parce que cela pourrait porter atteinte à l'annonymat des personnes qui viendrait dénoncer des scandales dans la fonction publique. Parce que la Rue du Rhône, c'est sûr c'est vachement plus annonyme et discret, il n'y passe jamais personne, c'est bien connu.

Dans le même temps la Cour des Comptes vérifie que ses recommandations sur les arriérés d'encaissements ont bien été suivies. Patatras, cela n'est pas le cas. Comme dans quasi tous les raaports du même genre que j'ai lu de la CdC de vérifications à posteriori, l'inertie de la fonction publique est considérable et les réformes mettent du temps à se mettre en place.

Bien admettons. Le DU de M. Longchamp a mis du temps pour obtempérer. C'est pas bien, d'autant qu'il y en a donc, pour plusieurs millions de vieilles factures incombant à de petits propriétaires.  En même temps, il n'y a pas mort d'homme et cela n'empêchera pas Piogre de tourner... 

La Cour des Comptes de son côté décide de passer outre et déménage dans des nouveaux locaux, plus spacieux, plus prestigieux (Rue du Rhône, donc) et surtout beaucoup plus chers. Le DU se plaint au bureau du Grand Conseil et là... Le MCG et son prophète, Saint Pascal, s'emparent du phénomène. Mauro Poggia est invité à la télé pour en parler (pourquoi lui et pas Lüscher, ou tient Hodgers, candidat au CE et Conseiller national, tout pareil). Il en parle aussi dans son blog,

En gros, sur les réseaux sociaux, Longchamp est successivement accusé dans le vide d'avoir voulu empêcher un rapport de la CdC sur les activités délictueuses de son département, puis d'avoir actionné Eric Stauffer (!) et enfin de faire exprès de reléguer la CdC dans des vieux bureaux pour se venger.  Tout ceci ne tient pas debout. Serait-il si facile de trouver une surface pareille à un prix correct à Genève ? Longchamp a-t-il un quelqconque intérêt à embêter la cour des comptes qui est un moyen de pression à elle toute seule et de plus a déjà pondu son rapport ? Evidemment pas.

maintenant une question, on parle de 5 à 10 millions de vieilles dettes... 
Combien Me Poggia a-t-il coûté au contribuable genevois par ses manoeuvres dilatoires de retardement du CEVA ? N'est -ce pas nettement plus ? Et ce serait là de la saine gestion des deniers publics ? A d'autre

 

 

03/10/2013

Lorsque le Ni-Ni paralyse la République et aggrave les problèmes

Dans 80 heures, nous saurons si les petits derniers font risette au quorum. Si l’extrême-gauche est redevenue parlementaire. Si les Verts ont ployé sans rompre sous la tourmente... N’en déplaise à Saint-Pascal, le roi des Charles-à-Dents, le premier parti-marketing aura entamé, je l'espère, sa descente aux enfers auto-programmée: pas question qu’un maure quelconque devienne Khalife à la place du Khalife dans un parti d’extrême-droite...
Volontairement ou non, la direction de son parti lui envoie un missile éradiquant dans les gencives. Le maure passe pour un rigolo. A force de faire des procès partout, il n’a même plus le temps de lire la propagande destinée à le faire élire, qu’il qualifie de « pénalement répréhensible ».  Piogre se marre… C'est tout le parti-marketing, ça, d'essayer de jouer sur tous les tableaux à la fois: l'agressivité vulgaire des affiches et les mines de sainte-nitouche de candidats BCBG mais proche du peuple et gentils, mais tellement gentils...  La vieille histoire du méchant flic et du bon flic, pour mieux bouffer à tous les rateliers.

C'est amusant de lire Saint-Pascal clamer que dire du mal de l’adversaire serait bête et méchant. Lui et ses potes du mouvement des cancres genevois ne font que ça, à longueur d’années. Pendant ce temps, les autres bossent, gèrent le pays, assument leur bilan. Un bon bilan. Un bilan épatant même. A Piogre, on gagne plus d’argent que partout ailleurs, dans un monde en crise sévère depuis 6 ans... Que l’on travaille ou que l’on ne travaille pas, d’ailleurs, car les systèmes sociaux sont particulièrement généreux et maintenus à flot grâce à l’excellente santé de l’économie.

Le cadre de vie et les revenus attirent des gens du monde entier. Des bosseurs, des assistés et même des criminels. C’est la rançon du succès. En France éloignée, les départements où la sécurité est la meilleure sont les départements les plus pauvres. Genre le Cantal et la Lozère. Ceux où personne ne veut aller habiter. Surtout pas un chômeur genevois ayant épuisé ses droits, qui touche deux fois plus en assistance pure, sans charge, qu’un facteur ou qu’un ouvrier et même nettement plus qu’un instituteur. Pourtant, il aurait le droit d’aller y habiter notre assisté genevois. Les apparts libres lui seraient quasi offerts, la sécurité est idéale et la vie bien moins chère… Seulement, il toucherait moins. Quatre fois moins. Donc il reste. Et d’autres arrivent. 

Hélas à Piogre, les jobs de rêve où l’on peut boire un coup au bistrot matin, midi et soir en roupillant entre les pauses sont devenus rares. Normal, il y a pléthore de jeunes dynamiques venus d’ailleurs qui ne demandent qu’à bosser. Pour de vrai. Et puis les helvètes, dans leur immense majorité, sont des bosseurs consciencieux, c’est bien connu. Ce qui permet aux produits d’ici d’être d’excellent rapport qualité prix, malgré les salaires, et de se vendre partout dans ce monde en crise… Tandis que pour le bas de gamme, que n’importe quel cancre peut fabriquer en dilettante, il y a la Chine, qui produit bien moins cher…

Pour un cancre, le rythme est dur à suivre. Pour se protéger, les cancres veulent donc fermer les frontières. Les premiers de classe ont beau leur répéter que c’est idiot, que cet afflux permanent est consubstantiel à la prospérité (et qu’en plus on a signé des traités qui sous-tendent cette prospérité), les cancres n’en ont cure. Saint Pascal pourrait le comprendre, mais cela n’arrangerait pas sa boutique, sa petite entreprise qui ne connait pas la crise… Les râleurs professionnels qui assurent le spectacle sont la clé de son émission. 

Il n’y a rien de plus mortel pour l’audimat que des trains qui arrivent à l’heure. Ou des gouvernements qui font correctement leur travail. Alors on cherche à repeindre Piogre en noir et blanc. Sans nuance de gris. Gauche contre droite. Les cancres prétendent être ni l’un ni l’autre. C’est vrai. En réalité ils sont les deux à la fois. Malheureusement le pire des deux. La droite veut empêcher la gauche de voler trop d’argent aux riches pour le donner aux pauvres. Au milieu, le centre essaie de protéger les classes moyennes qui ne sont ni riches ni pauvres et paient pour les deux... 

Les cancres eux se croient malins, persuadés d’avoir inventé le fil à couper le beurre.  Dépourvus d’idéologie et nuls en économie, ils prétendent qu’on peut arrêter de voler les riches, tout en continuant de donner aux pauvres… Au Parlement, ils votent avec la droite pour défendre les riches et avec la gauche pour défendre les pauvres. Evidemment, ça rapporte en termes électoraux, mais dans les faits, n’importe quel ménage géré ainsi court à la faillite. Qui est une spécialité maison, la faillite, quand on n’a jamais su qu'il ne fallait pas dépenser sans compter. 

Pour les transports et l’aménagement, c’est l’inverse. Les cancres n’ont pas compris que pour obtenir des résultats, il fallait investir. Que l’on n’a rien sans rien. Ils ne peuvent pas le comprendre, ils vendent exactement le contraire à la population tous les jours : l’idée que tout serait possible sans effort. Qu’il suffirait juste de les mettre au pouvoir pour que les problèmes structurels d’une région grandie très vite s’effacent par miracle. Alors ils refusent de payer pour faire construire des P+R là où ils seront le plus utile, le plus économique et le plus rationnel : en France.

Ils refusent idem de payer pour construire un RER qui sera la colonne vertébrale d’un réseau performant. Pire, ils font de l’obstruction pour ralentir les travaux, ce qui renchérit considérablement la facture collective, parce qu’un de leurs kadors a ses immeubles de rapport sur le parcours et qu’il pense que leur rentabilité en sera diminuée. Ce qui est faux, de meilleurs transports en commun augmentent la valeur d’un bien, même dans des quartiers chics.  Mais si les cancres savaient compter et réfléchir, ce ne seraient plus des cancres…

Ils réclament durant des années de construire des « tours » - où ils font leurs meilleurs résultats électoraux – pour résoudre la crise du logement, puis du jour au lendemain, changent leur fusil d’épaule et se mettent à s’opposer aux déclassements en zones villas destinés à construire de l’habitat collectif. Parce qu’ils ne savent faire qu’une chose : dénigrer l’action gouvernementale. Et aussi parce qu’entre temps, ils se sont découvert un nouvel allié, bien implanté chez les propriétaires en zone villas. Pas de problème, on change de niche commerciale, on adapte le marketing… Pirouette et tour de passe passe. Combien de temps l’électeur va-t-il s’y laisser prendre ?

Le fait est qu'en rajoutant leur ni-ni au débat idéologique classique, les cancres rendent la République ingouvernable. Au lieu de faire des choix, de trancher et d'assumer, par exemple les travaux et les embarras de circulation consécutifs à la plus importante révolution urbaine qu'ait connue Genève depuis James Fazy (il y a plus de 160 ans !) ils prétendent satisfaire toutes les clientèles en même temps, sauf bien sûr celle qui n'en est pas une, parce qu'elle ne peut pas voter, les frontaliers. Qui pourtant vivent parmi nous, paient des impôts, contribuent à la richesse et au bien collectif.

Désigner un coupable, qui plus est collectif, ne résoudra rien. Ne rien résoudre aggrave les problèmes, mais lorsqu'on fait son fonds de commerce de leur existence, on ne peut que s'en réjouir...

19/09/2013

Cher Maître...

Cher Maître,

je crois savoir que Jean-François Mabut - en mon absence - a d'ores et déjà retiré ma dernière note de mon blog. C'est sa décision, comme il l'avait fait déjà d'une note précédente sur laquelle vous l'aviez alertée.

Je ne comprends pas pour ma part à quoi vous faites allusion et je m'étonne que vos clients puissent se sentir visés par les descriptions que je fais des personnages d'un film imaginaire ?
La note allégorique dont vous mentionnez un extrait ne cite aucun nom et comporte de nombreux éléments qui sont à l'évidence fictionnels. On n'a ainsi jamais vu, à ma connaissance, un orignal faire de la politique. C'est avant tout une fable humoristique parodiant le titre d'un film célèbre.

Plus avant, je m'en voudrais de paraitre vous délivrer une explication de texte, mais la phrase que vous citez n'implique nullement que la dame héroïne de l'histoire soit une femme lègère, tout au contraire. La-dite phrase part en effet du principe opposé, en regrettant que certaines photos que ce personnage féminin aurait pu laisser prendre, puis laisser trainer, puisse laisser penser qu'elle avait un comportement peu digne d'une femme politique.

Quant à M. Stauffer, je comprend d'autant plus mal son étonnante susceptibilité sur certains sujets que je me souviens l'avoir entendu qualifier devant des dizaines de milliers de téléspectateurs un peuple entier, les Libyens en l'ocurrence, de "macaques". Ce qui me semble non seulement insultant, mais violemment raciste.

Qu'il se sente visé par le terme de truand me surprend. Vu que je ne cite aucun nom, qu'est-ce qui pourait bien lui laisser penser qu'on pourrait le considérer en ces termes ? Serait-ce le fait d'utiliser des photos sur des affiches sans en avoir ni payé les droits, ni sollicité l'autorisation ? Ou l'appel au meurtre dont il s'est rendu coupable en d'autres occasions ? Ou encore le fait de conduire un scooter sous le coup d'un retrait de permis ? Ou de justifier son port d'arme au parlement par le fait qu'il avait maille à partir avec des truands marseillais ?

J'en profite pour vous signaler que concernant l'autre plainte pénale dont vous me menacez également, selon l'information que m'a transmise M. Mabut, il m'apparait singulier qu'un homme qui brigue le suffrage populaire prétende vouloir interdire la publication de faits le concernant, qui pourraient être de nature à éclairer l'électeur sur sa personnalité.

Si toute personne a droit à l'oubli et à l'annonymat, et je suis personnellement très attaché à ce principe, il n'en va évidemment pas de même d'un personage public qui se présente au suffrage universel. Je suis personnellement tout aussi attaché au droit à l'information et à la transparence que M. Stauffer revendique si volontiers pour les autres. La transparence, c'est bien à condition qu'elle ne soit pas à sens unique.

 Reste que bien sûr si les faits allégués étaient faux, il en irait tout autrement. Mais il ne semble pas que cela soit le cas et de nombreux Genevois, ainsi que moult documents officiels peuvent alléguer que ces faits se sont effectivement déroulés tels que le relatait en son temps l'article de Robert Habel dans l'Illustré, faits brièvement résumés par moi en début de semaine dans la Tribune, dans un blog qui a été censuré sur votre intervention.

Je me permets également de vous informer que j'entends publier ma réponse à ce que je considère comme des menaces visant à restreindre ma liberté d'expression et de parodie en période électorale, ainsi que le droit de l'électeur a être informé équitablement et complètement.

Avec mes meilleurs messages

Philippe Souaille

17/09/2013

Comment diviser ses impôts par deux en prétendant défendre le peuple

Il est dans notre République un politicien qui s'époumone à raconter partout qu'il gagne 300 000 francs par an. Soit 25 000 francs par mois environ. Un politicien qui dit aussi soutenir le petit peuple et veiller à la bonne gestion des deniers publics. Un cumulard, ceci dit, qui enfile les fonctions et les métiers, publics ou privés, comme d'autre les perles.

Il a y une perle qui passe mal, pourtant, c’est qu’un patron, ou un dentiste, gagnant dans les 25 000 par mois, avec 2 enfants à charge, paie plus de 65000 francs d'impôt par an...
Soit près de 6000 francs d’impôt chaque mois, quasi le quart de son revenu. Tandis qu’en déclarant la même somme, un cumulard politique habile n’en paie que la moitié… Dénoncer les failles du système, c’est bien. A condition de n’être pas le premier à en profiter. Et la transparence, tout le monde est pour. Surtout si elle commence par soi-même…

Aujourd’hui, les magistrats communaux évitent l'impôt sur leur revenu jusqu'à concurrence de CHF 8000.- par an. De plus, les jetons de présence des élus du Grand Conseil sont complètement défiscalisés, ce qui va changer prochainement. En attendant, ni les séances plénières, ni les commissions, ni les conseils d'administration des différentes régies publiques ne donnent lieu au paiement d’un impôt.  Du coup, l’imposition tombe de moitié.

Pour un contribuable cumulant des fonctions municipales d’environ 6 à 7000 francs mensuels avec des revenus d’élu cantonal de même ampleur (ce qui est une performance quasi impossible dans les partis traditionnels, où les tâches et les prébendes sont équitablement réparties) ajoutés de revenus de source privée de 12 ou 13 000 mensuels, l’imposition dépasse à peine 30 000 Francs,  alors qu’on est toujours à 25 000 francs brut de revenu par mois. 
30 000 francs d’impôts en plus ou en moins chaque année, ce n’est pas rien, mais curieusement, on a peu entendu le MCG sur ces avantages discrets…

Défiscaliser les revenus d’un élu du peuple peut se comprendre, pour autant qu’il consacre toute son énergie à sa tâche.
Mais s’il passe son temps à écumer les commissions, arrivant souvent en retard, signant la feuille de présence et repartant aussitôt, comme n’oublie jamais de le faire un élu bien connu à l’emploi du temps particulièrement chargé, et s’il laisse retomber l’essentiel du poids de sa tâche sur ses subordonnés, on peut se demander si de tels privilèges sont bien justifiés?
Se goberger aux frais de la princesse, ou plutôt du Souverain, quand on prétend défendre le petit peuple, cela s’appelle se foutre du monde... 

Le Superman du MCG n'aura pas son augmentation

Réjouissante nouvelle ce matin: le patron du MCG a du ravaler l'augmentation de salaire de 25% qu'il réclamait pour son job de conseiller administratif d'Onex. L'un de ses nombreux jobs, en fait, puisqu'il est aussi directeur d'une société qui vend des abonnements de téléphonie mobile aux fonctionnaires, patron-propriétaire d'une boîte de nuit, député au Grand Conseil et à ce titre membre voire Président de nombreuses commissions du-dit Grand Conseil, mais aussi membre de plusieurs conseils d'administration de régies publiques, Président d'honneur de son parti, et à ce titre omniprésent dans les médias, sans oublier auteur de blogs et de communiqués divers, ainsi que partie présente forcément, dans les nombreux procès qu'il intente à gauche ou à droite, notamment pour diffamation.

Ce qui fait tout de même, beaucoup, énormément même pour un seul homme. La paye évidemment est en rapport. Il annonce fièrement plus de 300 000 Francs par an, soit tout de même plus de 25 000 par mois, ce qui mine de rien, reste relativement peu par job, puisqu'il en coccupe au moins quatre qui pour toute personne normale représenterait au moins un plein temps. 4 x 8 = 32, cela fait long de la journée de travail tout de même. Mais le patron du MCG n'est pas une personne normale.

Sa capacité de travail est proprement surhumaine et force l'admiration ! D'ailleurs, c'est par pure abnégation qu'il accepte de se défoncer dans chacune de ses quatre activités principales pour des revenus de misère, à peine plus de 6000 / mois par job, en moyenne. Ce qui pour un poste de direction d'une entreprise importante, reste relativement peu. Voire très peu.

Comme il serait malséant de penser que le patron du MCG est un mauvais gestionnaire, dont les qualités intrinsèques ne lui permettent pas d'obtenir, à chaque fois, un revenu digne de ses capacités, force est d'admettre qu'il n'agit ainsi que par pure abnégation et dévouement au bien public. Cependant l'argumentaire développé par l'excellent Yvan Zweifel devant le Conseil Municipal d'Onex, mérite d'être entendu. Il a le sens de l'équité, Yvan et il ne trouve pas très juste qu'un ou une conseiller(ère) administratif(tive) qui n'a aucune autre activité et qui dans une grande commune comme Onex, se défonce à 100% pour sa tâche, soit payé de la même manière qu'un(e) autre qui cumulant les activités diverses et variées, de jour comme de nuit, se repose largement sur ses chefs de service et ses hauts fonctionnaires... Ce qui lui permet également d'éviter de faire des bêtises et de rester dans les clous. Pour une fois.  

Perso je trouve cela assez juste comme réflexion. Surtout que pour quelqu'un qui n'a que le bien public en tête et les problèmes de chômage de nos concitoyens dans le coeur, occuper quatre jobs à plein temps à lui seul, sonne assez peu partageur. Surtout en tenant compte des rémunérations qui vont avec, pas très directoriales certes, mais tout de même chacune sacrément appétissante pour un chômeur moyen... Mettre en adéquation sa parole et ses actes n'est pas donné à tout le monde. Mais pour Superman, cela devrait être chose facile !

16/09/2013

La loi de lynch, les populistes et les balles 4x4

 

CENSURE

 

 

08/09/2013

Pourquoi les très grosses fortunes constituées sont nuisibles à la société et à l’économie

Thomas Piketty est un petit génie de l’économie. Comme souvent les génies, il a des comportements privés particuliers, voire carrément répréhensibles, mais en matière d’économie, c’est un cador admiré jusqu’aux Etats-Unis. Son dernier livre, « Le Capital au XXIème siècle » démontre, chiffres à l’appui, la surperformance du capital constitué en très grosses fortunes, qui croit 4 à 8 fois plus vite que l’économie réelle. C’est mathématiquement intenable à long terme – puisque les plus grosses fortunes vont finir par accaparer toute la richesse disponible – et c’est surtout irresponsable socialement, source fatale d’explosions qui ne pourront s’appeler que révolutions.

C’est en plus nuisible à l’économie, car nous sommes rappelons-le une société de consommation et si les classes moyennes s’appauvrissent et cessent de consommer, ce n’est pas l’industrie du luxe réservée aux très grosses fortunes qui va pouvoir à elle seule compenser… On rejoint ici l’hypothèse connue selon laquelle les très graves crises de 1929 et de 2007 avaient été au moins en partie causées par la trop grande part de la richesse globale accaparée par un trop petit nombre d’individus. En l’occurrence, le 1% le plus riche détenant 20 % de la richesse globale et le 0,1% s’en accaparant 8%, alors que la moyenne est généralement inférieure de moitié. A chaque fois que l’on atteint ces niveaux d’inégalité, patatras, crise mondiale.

Sauf qu’après 1929, les riches se sont considérablement appauvris et ont mis 78 ans à revenir au niveau… Tandis qu’en 2007, ils n’ont mis que quelques mois, grâce notamment au sauvetage des banques qui gèrent leurs fonds… Ce qui semble injuste mais a tout de même permis d’éviter à l’économie de s’écrouler, avec son cortège de soupes populaires, ses cohortes de chômeurs et peut-être le fascisme et une guerre mondiale… Seulement, le problème n’est en rien résolu.

La question, intéressante et fondamentale, c’est « pourquoi les très grosses fortunes surperforment elles ? ». Nous parlons ici des vraies grosses fortunes, qui permettent de vivre dans le luxe sans travailler. A partir de 10 millions de Francs par tête, le taux de croissance est de 4 à 5% an et peut atteindre 8% pour les fortunes comptant plusieurs milliards. Les raisons sont multiples :

-          Les riches ont accès à des opérations financières juteuses, qui sont réservées – ne serait-ce que pour des raisons pratiques – aux gros joueurs.

-          Les frais fixes de gestion de fortune sont couteux et hors de portée du  pékin moyen, mais sont rarement directement proportionnels au montant aux fonds gérés. Sur des fortunes de plusieurs milliards, ils représentent des peanuts et pour gérer les très grosses fortunes, les intermédiaires financiers sont prêts à bien des bassesses et des rabais

-          A partir d’un certain seuil, plus vous êtes riche et moins vous payez d’impôt, en général. Parce que les stratégies d’évitement fiscal les plus coûteuses deviennent à votre portée. Notamment les trusts anglo-saxons, qui demeurent le nec plus ultra !  Dépenser un million pour éviter d’en payer quinze aux impôts a du sens… Et en face, les responsables du fisc – en tout cas dans certains pays, dont la Suisse – ont tendance à vous consentir de gros rabais pour éviter que vous alliez voir ailleurs…

 

Ce dernier point est fondamental. Parce que si les très riches échappent à l’impôt, leur fortune croit plus vite que le reste de l’économie qui paie ses impôts normalement. Surtout, ce qui est plus grave, c’est que le reste de l’économie doit payer davantage, pour boucher les trous. Tous, les contribuables notamment les patrons de PME, les professions libérales et autres payent davantage d’impôts qu’il ne le faudrait, parce que les très riches n’en payent pas assez. Alors bien sûr, on peut réduire les dépenses de l’Etat, c’est utile et même nécessaire si cela profite aux classes moyennes – qui vont en réalité dans leurs tranches supérieures, jusqu’à quelques centaines de milliers de francs ou d’euros de revenu par an… Mais réduire par trop l’Etat, c’est l’affaiblir au profit de la loi du plus fort, ou plus exactement du plus riche.  

Profondément libéral, je reste persuadé qu’il faut éviter de surcharger le bateau fiscal, notamment sur les entrepreneurs, qui créent de la richesse et de l’emploi, et de a consommation. En revanche taxer très lourdement, même de manière confiscatoire les très grosses fortunes, de plusieurs dizaines, centaines, voire milliers de millions d’euros me semble une nécessité urgente. Et le meilleur moyen de le faire, à mon avis, c’est au moment de la transmission du patrimoine, plutôt qu’en imposant le capital proprement dit. C’est là où je diverge d’avec Piketty. Nous nous rejoignons en revanche (je me permets cette familiarité, car en fait tout ceci figure déjà dans mon ouvrage « l’Utopie urgente » parue en 2007) sur le fait qu’une telle imposition ne peut se concevoir qu’à l’échelle mondiale si l’on veut éviter une fuite effrénée de capitaux vers des cieux défiscalisés.

En dépit des hostilités sur la Syrie, il semble bien que le G20 e Moscou ait fixé des échéances en 2015 pour la mise en place de mesures efficaces contre le tourisme fiscal. Je m’en réjouis, car même si cela va nuire aux intérêts à court terme de la Suisse, à moyen et long terme, c’est la stabilité et l’harmonie du monde qui sortiront gagnantes. C’est notre intérêt à tous. Comme il est de l’intérêt de la bourgeoisie et des classes moyennes de cesser de soutenir ceux des plus grosses fortunes, nouvelle aristocratie de nos temps modernes aux privilèges exorbitants.

06/09/2013

Aux temps où la NSA suisse écoutait les Algériens pour renseigner les Français, et où l'on retrouvait pendu un Procureur de la Confédération...

Le récent ramdam occasionné par les affaires wikileaks et Snowden a quelque chose de surréaliste. De tous temps, tous les pouvoirs ont toujours cherché à savoir ce qui se tramait dans leur dos ou chez leurs voisins. Y compris les pouvoirs démocratiques. La différence - essentielle – d’avec les dictatures porte surtout sur l’usage qu’ils en font. D’ailleurs, je mettrais ma main à couper que les gouvernements qui s’offusquent aujourd’hui ne sont pas en reste. Pour ma part, cela ne me chagrine pas plus que ça et j’ose même dire que cela me convient. Je préfère un peu d’espionnite que de voir notre société se retrouver pris au dépourvu au premier évènement fâcheux venu. En revanche il est clair que l’action des services secrets doit rester secrète et donc dans des limites qui ne risquent pas de la faire remarquer.  

Dans les années 50, ces limites ont été allègrement franchies par la France en guerre contre le désir d’indépendance algérienne. Non seulement la cause française n’était pas juste, mais elle fut servie de fort méchante manière comme le raconte « La Main Rouge » dessinée par Mako, scénarisée par Didier Daenincks et éditée par Ad Libris, petite maison de Thonon qui fait des étincelles. Les mêmes avaient déjà sorti, dans la même collection il y a deux ans, « Octobre Noir », sur le massacre des Algériens de Paris en 1961. Douze mille exemplaires vendus, ce n’est pas rien, souhaitons-leur de rééditer l’exploit.

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La Main Rouge était une prétendue organisation secrète qui en réalité se résumait au service action du renseignement français, le fameux 11ème choc du Colonel Aussaresses (un as de la torture récemment décédé) additionné de quelques truands notoires. Elle agissait un peu partout dans le monde sur la base de renseignements dont une bonne partie venait… de Suisse. Et plus particulièrement du Procureur de la Confédération, René Dubois. Car Berne écoutait les échanges de l’Ambassade d’Egypte avec son ministère de tutelle, au Caire, principal soutien du FLN. Echanges d’autant plus importants et nourris que c’est par ce biais « diplomatique » que transitaient le plus sûrement les communications entre la direction du FLN en Afrique du Nord et sa direction en France, d’une grande importance, par le nombre de travailleurs algériens immigrés, principale ressource financière du mouvement. C’est d’ailleurs évidemment par la Suisse que transitaient les fameuses « valises » bourrées de billets portées souvent par de jeunes étudiant(e)s français. Le parti socialiste était alors aux affaires et les ordres donnés à la Main Rouge venaient du vieux Guy Mollet et du jeune Mitterrand, les victimes étant parfois de jeunes français(es) communistes…

Quant aux infos transmises, elles ont permis de faire sauter des cargos d’armes, d’arrêter les principaux dirigeants du FLN en France, d’intercepter l’avion de Ben Bella en parallèle à l’intervention fiasco franco-britannique du Canal de Suez.

Pour Charles-Henry Favrod, qui en parle très bien dans un ancien article du Temps,

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/6b636e12-ac0c-11dd-bf59-a...

René Dubois avait été séduit par les arguments de Guy Mollet en personne, qui voyait en Nasser le nouvel Hitler… Qu’aurait-il dit des Frères Musulmans d’aujourd’hui ? Toujours est-il que la révélation de son rôle, par la Tribune de Genève, fruit d’une incroyable succession d’indiscrétions née à l’Ambassade de France même, fit un tel scandale et suscita une telle colère du Conseiller fédéral Max Petitpierre, qu’il prit le parti de se pendre. A moins qu’on l’ait pris pour lui. Jusqu’à quel point avait-il agit seul, où était-il en osmose avec d’autres dans les services de sécurité fédéraux, il a en tout cas emporté son secret dans la tombe.

16/08/2013

Le front anti-MCG ne sera pas celui des partis, mais le parti-pris des électeurs

A nouveau, les cadors du MCG jouent les Calimero, dénonçant un accord imaginaire de la gauche et de l’Entente, pour le 2ème tour de l’élection au Conseil d’Etat. Un accord détestable aux yeux de l’extrême-droite, puisque toute sa stratégie repose sur l’alliance de la droite responsable avec sa droite, plutôt qu’avec sa gauche… Ce qui nie les lois de l’équilibre et de la géométrie, tout en soulignant le mensonge du discours MCG « ni de droite ni de gauche »…

Plus grave, à quoi servirait un accord entre la droite et l’extrême-droite ? Le gouvernement monocolore d’il y a 20 ans, à droite toute, fut honni de tous, y compris de la droite et se solda par une majorité de gauche aux élections suivantes… Le consensus fait la force de notre système politique et vouloir lui imposer la bipolarité serait suicidaire.

Cela étant, j’ai tenté vainement de réunir centre-droit et centre-gauche, pour faire élire des députés frontaliers indépendamment de leur couleur politique. Les appareils des partis n’y sont pas favorables, tant à droite qu’à gauche. Par conviction personnelle des dirigeants, ou pour préserver leur crédibilité, auprès d’électeurs qui vivent – à mon avis de manière complètement dépassée – la politique comme un affrontement stérile entre deux idéologies du XIXème siècle…

Ma démarche a donc tourné court, bien qu’elle corresponde aux choix d’un grand nombre d’électeurs et de citoyens, qui ne se reconnaissent pas dans la bipolarité. Cela explique d’ailleurs en partie le succès du MCG au travers du « ni gauche ni droite », malheureusement dévoyé par leur stigmatisation insupportable d’une catégorie de travailleurs et leur comportement aussi haineux que vulgaire… Les Genevois ont soif de décisions pragmatiques et optimales, prises dans l’intérêt des gens et de la société. Pas dans celui d’un parti, d’une idéologie ou d’un lobby, qu’il soit celui des patrons ou des locataires…

Transcender les conflits, c’est précisément ce qu’est censé faire un Gouvernement cantonal, par définition consensuel et trans-partis. Pour y siéger, les Genevois veulent naturellement les meilleurs, à la meilleure place. Les patrons de bar aux mœurs de corps de garde, collectionnant les faillites comme d’autres les diplômes, n’en font évidemment pas davantage partie que leurs égéries blondes. S’il fallait un exemple de ce que donnerait un gouvernement MCG, on en a eu l’avant-goût aux dernières fêtes de Genève : l’alcool coulant à flots sur des Genevois pressés comme des citrons, à qui l’on propose des abonnements de téléphonie mobile… La politique n’est pour eux qu’un moyen d’accumuler pouvoir et liquidités. Le bien commun, ils s’essuient les godasses dessus.

Ce qu’oublient toujours les dirigeants politiques, c’est que les partis ne sont pas propriétaires des voix de leurs électeurs. Pour ma part, membre du PLR, mais de loin pas toujours en accord avec les choix de mes représentants parlementaires, c’est avec un infini plaisir que je recommanderai et voterai, au 2ème tour, une liste de mon crû. Elle réunira les noms des plus compétents et compétentes parmi les candidats, indépendamment de leur couleur politique. Inutile de dire qu’il n’y aura pas de MCG, puisque compétence et générosité seront les critères essentiels.  

Je ne serai évidemment pas le seul dans ce cas et l’immense majorité des électeurs fera sa liste perso.  Les recommandations des partis vaudront ce qu’elles vaudront, mais il est certain que le MCG paiera au prix fort son agressivité perpétuelle et ses habitudes de secte familiale, lorsque c’est la capacité à rassembler et à convaincre l’autre bord qui sera décisive.

Les électeurs départageront

Pour les noms de ma liste, il faudra attendre les résultats du premier tour et donc l’avis des Genevois. Je sais déjà qu’elle comprendra  deux ou trois PLR, un ou deux PDC, autant de Verts et un(e) ou deux socialistes… Logiquement, la majorité du Conseil d’Etat devrait demeurer à l’Entente. L’ensemble PLR-PDC, uni, restant selon toute vraisemblance le premier du Grand Conseil. Et les femmes devront être correctement représentées dans le collège gouvernemental.  

Ma démarche déplaira au MCG, comme à la partie la plus psychorigide de la gauche. Mais si vous saviez ce que cela m’est égal. Bien des électeurs auront la même, naturellement. Suffisamment sans doute pour assurer des majorités.

06/08/2013

Caméras de surveillance: souriez, vous êtes déjà photographiés...

L'implantation de caméras de surveillance fait des vagues. Surtout aux Pâquis. Certains politiques affirment même avoir peur de ce qu'un parti mal intentionné pourrait faire de ces images "exclusives". C'est vrai, l'utilisation de données policières par les sbires d'un parti disons extrême dans ses habitudes au quotidien (et néanmoins fort bien implanté dans la grande maison) est un vrai sujet de préoccupation. 
Pour le reste, je crois que les inquiets font fausse route. La police détient déjà potentiellement suffisament d'informations et de moyens d'informations sur chacun de nous pour que le risque d'utilisation d'une image de caméra ne change rien à la situation présente. Elle laisserait des traces évidentes et celui qui s'y risquerait prendrait de très gros risques d'être identifié. Ce qui, en plus des poursuites pénales aggravées, serait aussi nuisible à l'utilisateur qu'à l'utilisé dans le cas d'une utilisation politique...
Pour ce qui est des Pâquis, n'importe quel politicien - ou personnage connu de la République - s'y rendant pour fréquenter des belles de nuit court le risque d'y être reconnu par quelqu'un en train d'entrer dans un hôtel ou un salon. A fortiori de jour...
En tant que journaliste, je connais quelques cas célèbres, dont les gens m'ont parlé. Y compris la prostituée que j'avais interviewé pour la Tribune il y a trente ans, et qui sans me dire le nom du personnage, m'avait fait une description saisissante des pratiques SM d'un conseiller d'Etat de l'époque. Description que j'avais évidemment gardée pour moi. 
En tant que politique, j'en connais d'autres, qui se racontent entre initiés de mon parti. Par exemple sur les goûts d'un politicien suisse de la droite xénophobe pour les filles de joie exotiques...
Aujourd'hui, n'importe qui a un appareil photo de la taille d'un téléphone dans la poche... Qui prend le risque de fréquenter les dames (ou les garçons) qui attendent l'autobus, même quand il n'y a pas d'autobus (en Afrique, on dit "faire boutique son cul", ce qui est au moins aussi imagé...) prend aussi celui de voir sa trombine en facheuse posture circuler plus ou moins discrêtement. Avec ou sans intermédiaire policier.
Le fait que les films soient réalisés par des caméras en mains de la police n'est pas signifiant. En plus, ces caméras, c'est un peu comme les radars, il ne pourra pas y en avoir partout, tandis que les contrôles volant et aléatoires.... 
Les Pâquis sont truffés de flics de longue date. C'est normal et c'est justifié, c'est une part essentielle de leur boulot que de savoir ce qui se passe dans le quartier chaud, où, dans toutes les villes du monde, la proximité entre malfrats et clients lambda est nettement plus élevée qu'ailleurs. L'argent de la prostitution alimente notoirement le grand banditisme, même si la police nous assure que les macs ne sont pas les bienvenus à Genève. Pour le savoir, encore faut-il être sur place. Y compris avec des appareils photos...

03/08/2013

Fisc, locomotives, Français et Romands s'observent...

Les sujets de débat avec la France se multiplient ces temps. 

Le dernier en date, le choix des rames qui équiperont le CEVA est connu depuis longtemps. Montebourg avait déclenché la polémique, sous sa casquette de ministre du redressement productif, en affirmant que cette manne industrielle ne devait pas échapper à la France. Affirmation en parfait désaccord avec les préceptes de l’OMC et les accords internationaux qui prévoient un appel d’offres ouvert. Auquel les entreprises suisses (en l’occurrence plutôt alémaniques, les ateliers de Vevey et moins encore des Charmilles n’étant plus dans la course), françaises et aussi étrangères, par exemple le québécois Bombardier, pourront concourir à armes égales. Voilà pour la théorie. En pratique, chacun aimerait bien parvenir à verrouiller le contrat…
 Le problème s'accroit du fait que la partie suisse du CEVA doit être complétée par des extensions qui iront jusqu’à Thonon, Saint-Gervais, Saint-Julien, et peut-être même Annecy et Saint-Jeoire. Le CEVA serait le premier rameau d’un véritable Réseau Express Régional français. Un RER savoyard qui serait extrêmement profitable aux déplacements du Grand-Genève, pour tout le monde, en réduisant de manière considérable l’utilisation de l’automobile et en fixant des centres urbains reliés, au lieu du mitage du territoire en expansion constante. La nationalité du producteur des rames qui y circuleront devrait peu importer, mais il est certain que si l’on en fait, de part et d’autre, un enjeu patriotique et un symbole de l’indépendance nationale outragée, on n’y arrivera pas.

Une des solutions, clairement dommage pour l’efficacité du transport impliquerait des transbordements à Annemasse, où les pendulaires devraient changer de train : RER français au-delà d’Annemasse, CEVA suisse à partir de là, vers Thônex. Une perte de temps et d’efficacité, qui serait le prix à payer, faute d’accord… Jusqu’à présent concessionnaire de la partie de voies allant d’Annemasse aux Eaux-Vives, la SNCF doit en effet accepter un changement radical, dans un contexte beaucoup plus général de tensions franco-suisses liés aux questions fiscales. 

C’est là, je pense, où il importe de savoir choisir les combats que l’on mène en se mettant à la place du compétiteur d’en face. Les accords internationaux sont le meilleur cadre possible à des négociations de ce type. Ils ont été prévu pour. Pour permettre aux conflits de se régler le plus simplement possible.

 Dans l’affaire des trains, le recours à un appel d’offres international parait ainsi la meilleure solution envisageable, en plus du fait qu’elle s’impose au vu des accords signés par les deux pays à l’OMC. Le diable se nichant dans les détails, on peut s’attendre à ce que les discussions visant à l’établissement du cahier des charges soient longues et compliquées et c’est bien le cas. Toujours est-il que l’idée force guidant les responsables qui en seront chargés devrait être de fournir les meilleures rames possibles au meilleur prix. C’est du moins ce que l’on peut attendre d’eux.


L’intérêt des populations de part et d’autre de la frontière, est au final que les choses fonctionnent du mieux possible et sans anicroche, dans un intérêt commun. Les distorsions de concurrence doivent être éliminées. 

Pour les conflits fiscaux, cela devrait être la même chose.  Or l’accueil fait en Suisse aux exilés fiscaux français – en particulier au travers du système des forfaits - est une distorsion de concurrence, contraire aux traités internationaux et inéquitable à l’égard de la France – à qui l'on prélève indûment une partie de ses ressources – comme des contribuables suisses, qui eux n’ont pas droit aux mêmes égards fiscaux. Certes le contribuable suisse fait des économies, puisqu’une partie des recettes fiscales de l’Etat provient de l’étranger, mais cela fait monter les prix de l’immobilier et entretient des rancoeurs nocives au sentiment de bien-être social.
 Ces avantages fiscaux pouvaient se défendre tant qu’elles étaient tolérées par les Etats voisins victimes et que la concurrence internationale battait son plein, ce n’est plus le cas. Le monde, au travers du G20 et de l'OCDE, a décidé de réduire significativement la concurrence fiscale et de faire la chasse aux paradis fiscaux. Dès lors il s’agit de savoir si l’on veut se battre pour préserver ce qui reste une injustice condamnée et condamnable, où si l’on préfère consacrer son énergie à promouvoir des rénovations sociales et économiques utiles à tous.  

Le renouvellement de l’accord sur les droits de succession avec la France est tout à fait symbolique :

Il corrige une situation qui permettait aux grosses fortunes françaises de contourner le fisc de leur pays. Il s’inspire largement d’accords déjà en vigueur entre la Suisse et l’Allemagne et entre la Suisse et la Belgique. Il évitera l’imposition à la très grosse majorité des Suisses résidant en France et sera très progressif pour les autres. Certes, il dérange le business d’une poignée d’avocats d’affaires qui vivent de l’accueil ici de ces grosses fortunes françaises. Mais il a été négocié par les services ad hoc du Conseil Fédéral, qui n’ont pas la réputation d’être des incapables. Au contraire, nos diplomates sont connus pour être les meilleurs négociateurs qui soient. Je doute qu’ils aient soudainement perdu toutes leurs capacités. La nouvelle convention est, in fine, le fruit d’un compromis.

Son refus aurait une conséquence immédiate : mettre la France en colère, et les partisans de solutions négociées à Paris dans une situation délicate, vis-à-vis de leur opinion publique et de leurs extrémistes de gauche. Ce n’est pas très malin. D’autant qu’il existe ce fameux article 783, qui n’a jamais été appliqué et figure bel et bien dans la loi. Son interprétation ne dépend que des desiderata de Bercy. Qui pour l’heure est en mains d’un franc-comtois plutôt bien disposé à l’égard de la Suisse, Moscovici.

D’autres, dans le Gouvernement Hollande ou sur sa gauche, sont nettement moins bien disposés à notre égard. Philippe Nantermod et ses conseils sont persuadés que l'article 783 n’a aucune valeur, puisqu’il n’a jamais été appliqué. Ils soulignent qu’il vise à pénaliser les ressortissants d’un pays qui discriminerait injustement les citoyens français. Or c’est bien la lecture qui pourrait être faite par des politiques retors de l’attitude de la Suisse vis-à-vis des contribuables français. Et l’on sait que les Montebourg, Mélenchon et consorts ne sont pas à une interprétation créative près. Ni plus ni moins que les opposants au renouvellement de la convention, lorsqu’ils tentent de justifier l’évasion fiscale, ou de prétendre que la Suisse ne la favorise en rien. Le fait est qu’en discriminant de manière positive les riches français qu’elle accueille au forfait, la Suisse contraint les autres contribuables français, l’immense majorité, à payer davantage… CQFD. 

Ne fais pas aux autres ce que l’on n’aimerait pas que l’on te fasse. Voilà une maxime chrétienne qui fut utilement complétée par Calvin qui défendait becs et ongles ce que l’on n’appelait pas encore le capitalisme, pour autant qu’il s’accompagne de valeurs éthiques.

01/08/2013

Pour protéger les riches Français au forfait et leur business, faut-il faire payer les Suisses !

 

Je l’ai dit et redit, les opposants à la nouvelle convention fiscale sur les successions avec la France mentent comme ils respirent. Mais c’est encore pire que ce que je pensais. Depuis le début, ils omettent soigneusement de parler de la franchise de 100 000 euros à laquelle a droit tout héritier en France, à chaque héritage en ligne directe. Franchise qui exonère de toute taxation sur l’héritage 80% des héritiers français… Et qui exonérerait de même l’immense majorité des Suisses résidant en France, soumis à la loi commune, qui individuellement n’hériteront pas de montants nets (hors frais et hypothèques) supérieurs à 125 000 Francs. Du moins si la convention est renouvelée telle qu'elle a été négociée et préparée très professionnellement par les services fédéraux de Mme Widmer-Schlumpf et de M. Burckhalter avec leurs homologues français, essentiellement sous Sarkozy.  

Si au contraire, le parlement écoute les opposant  à la ratification de la nouvelle convention, la France n’aura pas d’autre choix que de dénoncer l’ancienne convention de 1953, qui lui est défavorable, car elle permet à de très riches français d’éviter la taxe sur les successions en acquérant des biens en Suisse. Du coup en l’absence de traités de réciprocité (souvent appelées conventions de non-double imposition - pour éviter que quelqu’un à cheval sur deux pays, ne soit imposé deux fois), le fisc français sera contraint d’appliquer l’article 783 de son Code des Impôts, qui concerne précisément les droits de succession et précise :

« Sous réserve de traités de réciprocité, les réductions d'impôts ou de taxes, les dégrèvements à la base, les déductions accordées par les lois en vigueur pour des raisons de charges de famille ne sont applicables qu'aux citoyens français et aux personnes originaires de Saint-Pierre-et-Miquelon, de Mayotte, de Nouvelle-Calédonie, de Polynésie française, des îles Wallis et Futuna et des Terres australes et antarctiques françaises. »

En clair, s’il n’existe pas de traité de réciprocité avec leur pays, les étrangers résidant en France n’ont pas droit aux franchises fiscales, en particulier ces 100 000 euros. Et pas droit non plus à la défiscalisation des dons entre vifs, qui permettent, sur 30 ans d’éviter tout impôt sur la succession jusqu'à 180 000 euros par enfant… A rajouter aux 100 000 euros de franchise… 

Ce qui signifie qu’une succession suisse de 700 000 Francs, répartie habilement entre deux enfants Suisses résidant en France sur une trentaine d’années, ne devrait aucun droit de succession en France avec la nouvelle convention…

Au contraire, si les opposants parviennent à leur fin en faisant échouer la ratification, il leur faudrait
payer ensemble plus de 100 000 Francs !!!

C’est ce que l’on appelle un magnifique auto-goal.

Tout ça pour protéger les intérêts de quelques dizaines de très riches français ayant bâti leur fortune en France en exploitant les infrastructures et les ressources françaises, mais qui préfèrent venir en faire profiter certains cantons sous le régime du forfait.
Cela ne concerne pas le canton de Genève, qui lui taxe déjà fortement la succession des riches étrangers au forfait lorsqu’ils décèdent, ce qui du coup rend sans effet l’application de la nouvelle convention fiscale sur les forfaitisés français « genevois ». Par contre les Genevois résidant sur France, eux, auraient directement à pâtir du rejet de la convention, avec probablement une double peine :

a) Devoir payer des impôts sur la succession au premier franc, sans pouvoir bénéficier des franchises françaises

b) Souffrir de la très probable dégradation des rapports franco-suisses et de ses conséquences forcément néfastes sur le quotidien du Grand Genève transfrontalier. Avec à la clé une dégradation globale de l’économie genevoise et du marché de l’immobilier frontalier, etc…

A noter que les double-nationaux étant considérés comme Français par les autorités françaises, resteraient soumis au régime général et donc continueraient d’avoir droit aux franchises. Heureusement pour eux, ils représentent la moitié des Suisses de France, comme ils sont la moitié des Français de Suisse. Seuls donc les Suisses uniquement suisses seraient impactés. En ce jour de fête nationale, peut-être serait-il utile de réfléchir un peu, avant de se lancer (au nom des thèses ultra-libérales du Mont Pèlerin) dans un conflit où nos compatriotes seront les seuls perdants, pour préserver les privilèges de quelques étrangers au sens civique disons questionnable.

Ici le lien où est consultable l'article 783 du CGI français:


http://legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid...

 

 

 

 

 

30/07/2013

Erreurs de journalistes ou volonté politique ? Quand la Julie nous raconte des bobards...

J'ai parlé ici, ce dimanche, des mensonges des politiques et de la presse qui s'opposent à la nouvelle convention fiscale franco-suisse sur les successions. 
Des mensonges énormes. Le premier étant de prétendre que l'imposition de biens situés en Suisse par le pays étranger où résideraient les héritiers seraient une grande première inadmissible. C'est entièrement faux et l'Allemagne impose depuis longtemps ses ressortissants résidents lorsqu'ils héritent de biens immobiliers situés en Suisse.  
Le second, mais pas le dernier, c'est de prétendre que tous les héritages seront lourdement imposés. C'est ce mensonge qui est repris aujourd'hui par la Tribune de Genève en ces termes :

"Pour les héritages compris entre 16'000 et 550'000 euros (entre 21'200 et 729'400 francs), l'Etat français prélèvera 20%; mais ce taux grimpera à 45% pour les volumes supérieurs à 1,8 million de francs."

C'est faux, archi-faux et mensonger, parce que les montants cités sont ceux restant après un abattement de 100 000 euros par héritier et par défunt. Sans oublier la possibilité des dons entre vifs, de montant équivalents à intervalles réguliers.
Si vous avez deux enfants par exemple, il faut donc que la somme à leur transmettre soit supérieure à 200 000 euros, soit 250 000 Francs, pour qu'elle puisse commencer à être imposée, pour autant encore que vous n'ayez pas pris la précaution d'effectuer de donations de votre vivant. Par ailleurs, l'imposition se fait par tranches et reste par tranches: les 45% par exemple, vous ne les payez que sur la tranche surpérieure.

Pour prendre un cas concret, par exemple un legs de 1 million de Francs suisses à répartir entre trois enfants résidant en France, après le décès simultané de leurs deux parents résidant en Suisse. 1 million, c'est déjà une fort belle somme à transmettre, surtout si vous avez passé quelques années en EMS qui. la plupart du temps à Genève, conduisent vos enfants à devoir refuser l'héritage...
Cela fait 400 000 euros par défunt, à répartir en trois. Soit 133 000 euros chacun par défunt. Si les parents sont prévoyants, ils ont déjà fait un don entre vifs de 33 000 euros à chacun de leurs rejetons qui ne paieront donc rien, mais admettons que les parents soient imprévoyants:
Sur les 100 000 premiers euros, chaque enfant payera 0. Sur les 8000 suivants, 5%, soit 400 €, puis de 8 à 12, 10%, soit encore 400, puis de 12 à 16, 15%, soit 600 de plus et enfin de 16 à 30, 20%, soit 2800 €.
Au total, sur un héritage global de 1 million de francs ou 800 000 euros, chacun des frères et soeurs aura touché plus de 256 000 euros et payé moins de 10 000 euros. Soit moins de 4%... Un pourboire. C'est même moins que les 7% forfaitaires en vigueur dans certains cantons ! Mais cela sert le cliché abondamment servi ce part et d'autre, de la France enfer fiscal et de la Suisse paradis !
En réalité, l'imposition sur les successions ne concerne que les personnes vraiment riches, les seules susceptibles de se délocaliser et certainement pas les familles de Monsieur tout le monde.

Chacun pourra s'amuser à faire ses propres calculs sur le lien officiel suivant, qui expose clairement les barêmes et le détail des abattaements auxquels chacun a droit. 

 http://vosdroits.service-public.fr/F456.xhtml

Précisons encore, pour tous les petits malins des commentaires qui prétendent que tous les propriétaires d'appartements ou de maisons à Genève seraient concernés que là encore, rien n'est plus faux. L'imposition se fait évidemment sur la valeur nette des biens, déduction faite des emprunts, hypothèques et autres remboursements dus à la banque après une transmission.
Sachant d'une part que le taux de propriétaires à Genève est le plus bas d'Europe, et probablement l'un des plus bas du monde, inférieur à 20% de la population en tout cas et que sur ces heureux propriétaires, l'immense majorité rembourse toute sa vie des hypothèques qui sont calculées ici sur 50 ou même 100 ans, parce que c'est ce qui est ficalement le plus attractif, le nombre de Genevois dont les enfants résident en France depuis plus de 8 ans susceptibles de se trouver pris de manière significative dans les filets du fisc français doit être proche de zéro...

28/07/2013

Rapports franco-suisses : On respire et on revient à la raison

Depuis quelques mois, des petits malins, de part et d’autre, s’amusent à jeter de l’huile sur le feu des rapports franco-suisses. Leur intérêt est avant tout électoral et politique : ils sont persuadés que d’invectiver l’ennemi, même s’il est largement imaginaire, va leur apporter des voix et le soutien populaire. Le problème, c’est qu’ils ont probablement raison. Surtout que la majorité laisse faire et abandonne le monopole de la parole aux plus extrémistes. Pire même, certains tribuns connus pour avoir une vision plus raisonnable se rallient au discours de haine,  craignant peut-être sans cela d’être accusés de trahir la patrie en danger… Traîtres, d’un côté salaud de riche de l’autre, les noms d’oiseaux volent bas.

Côté français, les pourfendeurs de Suisses sont connus de longue date : Montebourg et Mélenchon mènent le bal. Côté suisse, il suffit de regarder qui sont les élus cantonaux ayant rejoint la campagne de Swiss-respect : l’UDC, le MCG, et quelques PLR et PDC motivés par le jeune Nantermod qui tend à confondre fâcheusement les intérêts sectoriels de son canton avec ceux de toute la Suisse romande. Si l’on laisse ceux-là et ceux-là seuls se parler et représenter nos intérêts, de part et d’autre, on court droit à la catastrophe. Nous courrons le risque de nous retrouver dans la situation de la majorité pacifique des musulmans qui par peur ou manque de conviction, laisse aux seuls intégristes la possibilité de les représenter. Le conflit est au bout, à n’en pas douter, d’autant que suffisance, aveuglement et refus des réalités semblent la règle, de part et d’autre, comme toujours chez les extrémistes.

 Les souverainistes ont tendance à considérer les internationalistes dont je suis comme des bisounours naïfs, incapables de concevoir la dureté des rapports de force en Etats. C’est fondamentalement faux et c’est précisément parce que nous ne la connaissons que trop bien que nous cherchons à la remplacer par la concertation et l’établissement de règles du jeu internationales. Il en va de l’intérêt premier de la Suisse, qui rappelons-le, est à l’état naturel, extrêmement petite et dépourvue de ressources.

Sans vouloir m’immiscer dans le débat du GSSA, il faut tout de même rappeler que depuis 1515, la Suisse n’a plus remporté de victoire militaire sur ses voisins, et pour cause, ceux-ci étant chacun, globalement, dix fois plus gros qu’elle. Le fait que nous ayons un meilleur niveau de vie n’est en rien gage de victoire en cas de conflit armé, au contraire. La prime de la motivation va généralement à celui qui a faim… Tout ce que possède la Suisse, à commencer par son existence et son indépendance, elle le doit à des conventions internationales passées entre ses puissants voisins, dont elle a su tirer habilement parti. Tant mieux pour elle, tant que cela ne dépasse pas les limites de l'indécence.

Si l'on en reste à un simple conflit de type économique, la Suisse a tout à y perdre. Les petits malins qui parlent de virer les frontaliers pour faire entendre raison à la France oublient juste une chose : cela augmenterait le chômage dans l’Hexagone d’un demi-point. Très embêtant, mais de loin pas ingérable, même au niveau régional. Tandis que toute l’économie du Canton serait durablement désorganisée, voire carrément paralysée. Idem des échanges avec l’UE : certes leur balance est favorable à l’UE qui n’aurait pas intérêt à leur interruption. Mais ils représentent entre 5 et 10% des échanges européens et entre 60 et 68% des nôtres.

Nous sommes le 4ème partenaire de l’UE, qui est notre premier partenaire et le plus gros marché mondial de consommation. Enfin et surtout, nos échanges avec l’UE représentent plus du tiers de notre PIB (et c’est encore plus important à l’échelle cantonale genevoise) alors que les échanges avec la Suisse représentent entre 1 et 2% du PIB européen. Nous sommes un nain, c’est ainsi et cela ne changera pas.  

Ce n’est certes pas une raison pour baisser son pantalon à la première injonction d’un géant, mais pour éviter d’avoir à le faire, mieux vaut savoir au préalable de quoi on parle :

1)      Savoir si le combat à mener en vaut la peine et pour qui on se bat ?

2)      Savoir de quel côté sont le droit et la morale ?

De part et d’autres circulent clichés et idioties. La France par exemple n’est pas davantage un enfer fiscal que la Suisse n’est un paradis. Du moins pour ses ressortissants. Si l’on tient compte de TOUTES les données, l’employé suisse soumis à l‘assurance maladie obligatoire n’est guère moins pressuré que son homologue français, et d'ailleurs guère moins entouré par l'Etat. En revanche, en privilégiant la flexibilité de l’entreprise et la liberté d'entreprendre, plutôt que de charger la fiche de paie, la Suisse joue gagnant et favorise l’emploi et la production locale.

Elle est par ailleurs aidée par la disponibilité des fonds étrangers entreposés dans ses coffres qui abaissent le loyer de l’argent et profitent à son économie. Bien malin qui pourrait calculer quelle est la part de ces deux avantages dans la prospérité helvétique, sans oublier le 3ème larron, mixte de stabilité politique, de droits populaires et de conventions du travail…

Dans cette affaire, les souverainistes helvétiques ont beaucoup menti et abusivement simplifié. Au moins autant que les Mélenchon et consorts, c’est dire. La nouvelle convention avec la France ne créerait aucun précédent puisque la moitié des Etats européens imposent déjà dans le pays de résidence de l’héritier, en particulier l’Allemagne, comme le prévoit expressément sa convention avec la Suisse… Les recommandations de l’OCDE prévoient d'ailleurs en leurs articles 9A et 9B, des exceptions permettant d’imposer par le pays de résidence de l’héritier, pour autant que les conventions excluent la double imposition. Ce qui est le cas de l’accord signé par Mme Widmer-Schlumpf.

Enfin l’immense majorité des près de 180 000 suisses résidant en France, dont la moitié sont double-nationaux ne seront jamais concernés par la nouvelle convention, tout simplement parce qu’ils ne vont jamais hériter de plus de 100 000 euros par tête de défunt et par tête d’héritier, seuil où commence la taxation, qui est ensuite très progressive.  

Pour les autres, personne ne les oblige à habiter en France, d’autant qu’il existe toutes sortes de moyens légaux, comme les donations entre vifs, qui permettent de passer entre les gouttes si le montant de la succession s’approche des limites. Mais si vous choisissez d’habiter dans un pays, le minimum de savoir-vivre consiste à en respecter les lois et les règles communes de taxation fiscale. C’est valable en France comme en Suisse et partout dans le monde.

En réalité, les vrais concernés sont les héritiers de grosses fortunes françaises réfugiées fiscalement en Suisse. Et encore à condition qu’ils n’habitent pas le Canton de Genève, car celui-ci prélève un lourd impôt sur les successions des personnes au forfait. Pris AVANT l’imposition par le pays de résidence de l’héritier, il effacerait de fait celle-ci. Autant dire que pour les français de Genève, cette nouvelle convtion ne changerait rien ou presque. Tout ce remue-ménage vise essentiellement à protéger les quelques centaines de Français ayant acquis des biens immobiliers dans les cantons qui, comme le Valais, n’imposent pas les successions.

Et les gabelous ?

Sur le plan de la morale et des dernières péripéties de la guéguerre douanière à laquelle se livrent, depuis des décennies, gabelous français et banquiers suisses, rappelons que le principe de base est le respect des lois nationales. Y compris de celles des pays dans lesquels on travaille.

Un banquier suisse a l’obligation – de par la loi suisse et les règles de la FINMA - de respecter les lois françaises s’il travaille en France. Manifestement, certains ne l’ont pas fait. Par ailleurs, la loi suisse impose une identification sure et certaine de l’ayant-droit économique (le vrai détenteur du compte) par les services de la banque et le cas échéant, les services publics. C’est une avancée très importante réalisée en primeur par la Suisse depuis plusieurs années, qui nous donne aujourd’hui un avantage de know how primordial dans la mise en place d’une transparence mondiale… A condition que ces lois soient respectées, ce qui n’a pas toujours été le cas.

Les enquêtes judiciaires françaises ont révélé que certains banquiers employés des banques incriminées avaient visiblement endossé sur leur nom des comptes appartenant en fait à des clients français résidant en France. De nombreux comptes, pour des centaines de millions. Ce qui est formellement interdit par les législations des deux pays. Il semble que dans l’affaire des Acacias, des soupçons de cet ordre aient été portés. L’avenir confirmera s’il s’agit d’accusations infondées ou non, mais cela ne justifie certainement pas une mission d’espionnage française sur sol suisse.

Jusqu’à preuve du contraire, si un employé de banque d’une banque suisse est soupçonné de commettre quelque chose d’illégal en Suisse ou à l’étranger, la justice genevoise va se saisir de son cas, pour autant qu’on l’en informe. Mais si au lieu de l’en informer, on cherche à faire justice soi-même sur le sol d’un état étranger, on cherche inutilement à se mettre dans les ennuis.

Ces attitudes idiotes et absurdes, de part et d’autre, ne peuvent qu’envenimer une situation déjà bien assez compliquée comme ça. Evitons de laisser le monopole du discours aux seuls excités à courte vue, et rétablissons un dialogue constructif. Le secret bancaire va laisser place à l’échange automatique d’informations. C’est devenu inéluctable et la Suisse est armée pour en tirer parti, comme elle a toujours su le faire. La période de transition en cours va évidemment laisser des intérêts et des individus sur le carreau. De ceux qui avaient bien profité par le passé. R.I. P. Mais si l’on pouvait faire l’économie d’une guerre, même simplement économique, ce serait tout bénéfice pour tout le monde.  Ne laissons pas se distendre les fils du dialogue et donnons toute sa place à la Raison, plutôt qu’aux émotions brutales.

07/07/2013

Lettre ouverte à un Souverainiste du temps passé...

Vous faites bien, Pascal, de ne pas trop brandir cette histoire de pacte de 1291... Parce que la Confédération s'est d'abord bâtie sur l'imposition - par la force brute - de juges étrangers à la majeure partie de la Suisse actuelle. Ce par une minorité de gens issus de Suisse primitive, puis de Berne et Zürich. Encore qu'au début, les gens de Berne, Zurich et Zoug formaient l'essentiel des troupes "autrichiennes" (les Habsbourg étant eux-mêmes argoviens) qui se sont fait écrabouiller à coups de rochers à Morgarten... Tandis que les gens de Suisse primitive étaient soutenus activement par... la Maison de Savoie, surnommés "Les Portiers des Alpes", tout ceci étant déjà à l'époque autant une question de gros sous et de répartition du montant des péages sur les cols, sur les routes du commerce et des pélerinages, que de justice locale. Il se passe d'ailleurs la même chose, au même moment dans les Pyrénées.
Deux siècles plus tard, le Tessin, l'Argovie, Vaud, le Chablais entre autres étaient des cantons sujets, où des étrangers venus de Berne imposaient la justice et Genève était proprement rançonnée.
Ces cantons et leurs habitants ne devinrent égaux que parce que Napoléon et la France envahirent la Suisse et imposèrent l'égalité. La Révolution française étant elle-même née à Genève, pas à Schwytz ni à Uri, encore moins à Berne, qui envoyèrent des troupes pour la mater, en 1783 encore...
Maintenant Pascal, c'est juste de l'Histoire et il faut se réveiller. Nous ne sommes plus en 1291, pas même en 1847. Le TPI vous semble-t-il une bonne chose ? Le fait qu'un tribunal pénal international puisse poursuivre des individus partout dans le monde, quels que soient leur passeport et leur rang dans la société ? Qu'une Tessinoise y figure parmi ses procureurs les plus éminents ? La Cour de Justice européenne, c'est pareil. Elle a été créée pour dire le droit et la justice au sujet des traités signés entre états membres ou avec des états tiers. Un jour, un juge suisse devrait pouvoir y être nommé.
En 1603, après l'Escalade, les Genevois parpaillots et le Duc de Savoie papiste ne parvenaient pas à s'entendre et l'on pouvait prévoir une petite guerre sans fin. Ce furent les Cantons, eux aussi divisés sur la question de la "vraie foi" qui imposèrent un traité et le recours à la justice pour traiter des différents de frontière ou autre, qui pouvaient découler de l'accord.
Faire passer les confits du champ de bataille à la cour de justice est un grand progrès de l'humanité. Cette cour existe et fonctionne, pourquoi faudrait-il en inventer une autre? Par contre, il faut que les Suisses puissent s'y sentir représentés. Et donc à terme, qu'un juge suisse puisse y siéger, quitte à prévoir de rajouter un juge supplémentaire, voire deux, aux 27 actuellement en poste à Luxembourg, qui devraient passer à 28 avec l'intégration de la Croatie...
J'en profite pour vous dire, Pascal, que vous comprenez mal l'Histoire, certes faite de batailles et de dates, mais aussi de longues périodes de gestation, durant lesquelles les gens vivent tout simplement, échangent, commercent, naissent et meurent dans leur lit, sans qu'ils en soient plus méprisables pour autant. Il n'y a pas que plaies et bosses dans l'existence. Il y a l'amour et la vie aussi.

27/06/2013

L’échange automatique d’informations : Un atout maître pour la place financière

Je participais l’autre soir, à l’un de ces dîners où l’on saute de l’anglais à l’espagnol, du genre qui donne des boutons aux nostalgiques du réduit national. Cadres bancaires, de multinationales et d’organisations internationales devisaient de l’avenir et du présent du monde en général et de Genève en particulier. Discours informés, lardés de pointes d’humour décapant. J’adore, même si mon anglais et mon espagnol laissent parfois à désirer :-(

Tout le monde est rapidement tombé d’accord pour estimer que le mouvement vers davantage de transparence financière était inéluctable et en plus plutôt positif pour la maîtrise de nos sociétés. Un soupçon de schadenfreude planait à l’égard des banquiers présents, obligés de revoir leur business model. Ce que l’un d’entre eux » balaya d’un revers de main :

« Nous avons fait notre deuil du secret et nos banques sont déjà en possession de la potion magique de demain. Grâce au renforcement pointilleux de notre législation anti-blanchiment depuis quinze ans, nous avons un coup d’avance sur le reste du monde. Nos banques sont déjà armées pour pratiquer l'échange automatique d'informations, l'identification de l'ayant droit ultime, la vérification de la provenance des fonds... Ce qui n’est pas le cas des places financières concurrentes, très loin de là.

Ailleurs dans le monde, ils commencent à peine à s'y coller ce qui leur met un petchi considérable. Dans les paradis fiscaux exotiques ou dans les grands centres économiques comme Londres ou New York, ils ont des années de travail et d'adaptation devant eux, alors que nous avons déjà franchi ces étapes et développé le savoir-faire ! En termes d'efficacité du service à la clientèle, notamment de la clientèle fortunée, cela nous donne un avantage considérable. A nous de l'utiliser et d'en profiter, et vite ! » 

Evidemment, pour ça, il faut accepter le mouvement en cours et même y participer comme moteur. Tirer un trait sur le discours de repli défensif et surtout timoré. La meilleure défense, c'est l'attaque et pour conquérir le Monde, il faut commencer par sortir de chez soi. Croire que la Suisse pourrait résister seule au reste du monde parait de toute façon aussi idiot qu’inutile ! Résister isolés, à quoi ça sert, à part mourir de faim ? Même le plan Wahlen serait inapplicable avec deux fois plus d’habitants et deux fois moins de surfaces cultivables  qu'en 1940... Par ailleurs, en face nous avons simplement nos partenaires de toujours, avec qui il s'agit juste de trouver le bon moyen de continuer à faire des affaires. Parce que c'est de cela que nous vivons tous.

18/06/2013

Pourquoi le PLR doit voter la Lex USA

Contrairement à ce qu’écrit la presse, l’avis des instances dirigeantes du PLR est beaucoup moins tranché qu’il n’y parait, sur la Lex USA. En fait ce que la direction du parti reproche et demande au Conseil Fédéral et à Mme Widmer-Schlumpf en particulier, c’est de n’avoir pas pris ses responsabilités et d’avoir voulu donner l’onction parlementaire à un texte qu’il était tout à fait dans ses prérogatives de décréter sans consulter personne. En gros d’avoir fait montre d’esprit démocratique sur un sujet éminemment émotionnel et qui plus est dans l’urgence, sans avoir le temps de préparer l’opinion. De n’avoir pas osé jouer le Winkelried jusqu’au bout, de ne pas avoir osé sacrifier sa carrière politique à l’intérêt général. 

Car sur le fond, l’intérêt général commande à l’évidence d’accepter la lex USA. Qui n’est pas un diktat des Etats-Unis, mais une demande suisse de transaction globale. Les Etats-Unis, et le Département de la Justice en particulier, n'étaient pas les demandeurs et se satisferont tout autant de procès interminables et médiatisés, instaurant un climat délétère d’insécurité juridique, ce que déteste particulièrement le monde des affaires. Au lieu d’un accord conclu rapidement, permettant de passer à autre chose. Les banques veulent majoritairement cet accord. Les banques suisses et les banques étrangères en Suisse, les privées et les autres, celles qui sont impliquées comme celles qui ne le sont pas.

Que le parti socialiste refuse de voter l’accord n’est pas étonnant. Sa fraction gauchiste est appâtée par l’idée que si l’économie financière dévisse, il pourrait être plus facile à la gauche de récolter les raisins de la colère sociale. Car c’est bien de cela qu’on parle. Le refus de l’accord va faire mal à l’économie, et à la place financière en particulier, en retardant et compliquant sa stratégie de reconversion vers la gestion exclusive de l’argent propre. Pas seulement dans le discours. Des banques sont menacées de faillite. Dont les banques cantonales de deux des trois plus importantes régions économiques du pays, ce qui contraindrait les contribuables à boucher les trous.

Cette suspension des règles du droit helvétique est momentanée. Les amendements introduits aux Etats améliorent la défense des employés. Qui ne sont pas forcément tous blancs dans l’affaire. Il est facile de crier haro sur les patrons, qui c’est vrai, demandent du chiffre, mais il est patent que les consignes dans certaines banques étaient de ne pas accepter de clients US, à fortiori non déclarés, et que ce sont parfois des employés eux-mêmes qui ont cherché à contourner les consignes pour justement « faire du chiffre » et gonfler démesurément leur bonus annuel.

En résumé, si j’étais conseiller national PLR, je voterai sans hésiter la Lex USA. Quitte à me le voir reprocher par la frange épidermique et nationaliste de mon électorat. Car l’intérêt du pays est d’abord d’avoir une économie qui fonctionne de manière optimale. Et derrière la cabale montée contre la loi, il y a les intermédiaires financiers privés, les petites officines et juristes affairistes qui craignent de se voir livrés en pâture aux enquêteurs étasuniens alors qu’ils sont à priori protégés par le maintien du secret bancaire. Ils étaient pourtant en première ligne au moment des faits, au moins autant que les banques, prêts à agiter les liasses de billets sous le nez des jeunes employés de banque pour les faire craquer et accepter, malgré les consignes, des fonds indésirables. Quitte à fournir de fausses informations, en complet désaccord avec la loi suisse. Il est temps que la vérité soit dite. 

Si la loi ne passe pas, les margoulins individuels resteront à l’abri ou pourront se retourner, en Suisse, contre les banques si celles-ci les dénoncent. Or les banques ont fait d’énormes et très coûteux efforts depuis plusieurs années, pour tenter d’éradiquer les pratiques à risque. Cela vaut-il la peine de sacrifier quelques points de PIB pour sauver la Cayenne et les vacances en Floride d’intermédiaires peu scrupuleux?  Je n’aime pas les mouchards et je resterai une tombe, à titre personnel. Mais si nous sommes en guerre, il faut savoir préserver l’essentiel, à savoir les forces vives et les infrastructures du pays. Les francs-tireurs, dans un tel cas de figure, doivent accepter de payer le prix de leurs attitudes aventureuses et peu morales.