16/09/2013

La loi de lynch, les populistes et les balles 4x4

 

CENSURE

 

 

24/09/2012

Cessons d'avoir peur de l'épouvantail MCG

La faillite de l’entreprise construisant un bâtiment de l’UNIL, qui va forcer le Canton de Vaud à colmater les brèches, financièrement parlant, c’est une mésaventure qui arrive régulièrement à des privés. Au moins deux fois par an, rien qu’à Genève. Après avoir payé le promoteur de la maison de leurs rêves, celui-ci se met en faillite avant d’avoir pu payer tous les corps de métier. Pour pouvoir entrer dans leur maison, qu’ils ont déjà payée, ses heureux propriétaires doivent en repayer une partie, parfois très importante.

En France, cela n’est pas possible, parce que la garantie décennale est obligatoire, qui permet aux assurances, moyennant une prime préalable bien sûr, de prendre le relais. Cette garantie décennale a souvent été présentée par le MCG et autres comme un outil protectionniste de la France, au même titre que ses (trop) nombreuses complications administratives. C’est évidemment faux. Tous les entrepreneurs français ont dû apprendre à survivre avec la complexité administrative de leur pays. De même que tous les  entrepreneurs suisses ont dû apprendre à vivre avec des salaires particulièrement élevés et les conventions collectives. Qui sont évidemment ressentis comme du protectionnisme par un entrepreneur français qui voudrait venir faire un boulot en Suisse, pour lequel il apprend qu’il va devoir payer ses employés deux fois plus que d’habitude, en y ajoutant de surcroit les très considérables charges sociales françaises. Ce qui n’est pas pris en compte dans le calcul des syndicats suisses : les ouvriers français n’ont pas à payer l’assurance maladie sur leur salaire net…

Le fond de l’affaire, c’est que tout le monde a intérêt à avoir accès au marché du voisin, mais que personne n’y gagnera si ce marché s’effondre. Il est donc bon dans l’absolu, que la nécessaire adaptation aux données économiques et sociales de l’autre côté de la frontière permette de faire les choses en douceur. Cela c’est la vision calme, posée et pragmatique. Le même constat, vu à travers la lorgnette populiste, donne naissance à un déferlement haineux et agressif, qui ne débouche sur rien de concret, mais permet, aux élections, de grappiller les voix des déçus du système.

Ce discours populiste, clairement xénophobe et d’une rare hypocrisie dans sa nature profonde, on ne l’arrêtera pas en allant dans son sens, mais en le démontant et en l’expliquant. En démentant ses mensonges redondants comme la fable de l’interdiction faite aux Suisses d’accéder à la fonction publique française. C’est tout le contraire. Elle leur est spécifiquement ouverte, hormis certains postes dans la police, l’armée, la justice et les affaires étrangères. Idem pour les régies publiques et évidemment le privé. Je me souviens encore de MM Vouillamoz, Valaisan bon teint à la tête de France 3 et Bloch, Genevois, à la direction de la fiction ? Imagine-t-on deux Français – même pas frontaliers - à la tête de la RTS ? 

Je suis atterré par ce que je lis sous la plume de gens habituellement intelligents, comme Ariane Dayer ou certains de mes amis politiques, qui s’offusquent « que l’on donne du grain à moudre au MCG ». Comment ? En prétendant nommer à un poste de Président du Conseil d’Administration des TPG le patron bientôt à la retraite du plus gros employeur du Canton. Bossant depuis une trentaine d’années pour l’entreprise, d’abord pour monter sa filiale française, puis comme directeur de Migros-Genève.

Un type compétent, ce que personne ne nie, qui connait bien la région, qui participe au financement des Transports Publics à travers l’entreprise qu’il dirige, plutôt de centre droit politiquement et pour le dire clairement, plus proche de l’UMP que d’Europe-Ecologie pour ce qui est de ses opinons politiques personnelles, qu’il n’affiche évidemment pas. Qui a aussi l’habitude des mœurs politiques et sociales suisses, mais aussi françaises, à travers la Migros, qui emploie, comme les TPG, des centaines de frontaliers. Ce qui n’est pas négligeable. Un type qui n’a pas envoyé son CV, mais que l’on est venu chercher. Ce qui est tout à l’honneur des Verts, d’ailleurs et de Mme Künzler en particulier, que d’avoir choisi quelqu’un pour sa compétence et non pour ses orientations politiques.

Je suis moins enthousiaste pour ce qui concerne sa décision de remplacer M. Plojoux, qui occupait le poste jusque-là et qui n’a pas démérité. Il fallait un fusible, il est tout trouvé et quelque part il est aussi là pour ça. Donc cela reste dans le cadre des prérogatives de la chef du département et on ne peut pas le lui reprocher. A long terme en tout cas, la modification du réseau de tram était la seule possible pour permettre un accroissement  du trafic et M. Plojoux restera le Président du Conseil d’Administration des TPG qui l’aura mise en place. Il y a des jobs comme ça, dont on ne récolte les fruits que bien longtemps après qu’ils aient été achevés.

Ce qui serait élégant, de la part de Mme Künzler, c’est de trouver une solution permettant à M. Plojoux de mener à bien le congrès mondial des organismes de transport public, qu’il a fait venir à Genève, où il doit se dérouler l’an prochain. Personne n’est irremplaçable, mais le fair play grandit les hommes, comme les femmes. D’autant plus en politique où il est malheureusement bien trop rare.

Concernant mes amis du PLR, qui sont à l’origine du renvoi de la demande de modification de la loi, je ne peux que constater un magnifique auto-goal ! Les Verts nous offrent un poste à la tête d’une grande régie – car M. Vibourel est très certainement plus proche de nos idées que des Verts – et nous le refusons. Ce faisant, nous  ouvrons un boulevard au MCG, bien davantage que l’inverse.  Mettre en accusation la nationalité française de Vibourel alors que dans le même temps, Stauffer prétend défendre le job des « vrais frontaliers » contre l’arrivée des Bordelais ou des Nantais, alors que Vibourel est là depuis au moins 30 ans et fait déjà partie du monde du travail genevois, c’était une fois de plus plonger le  nez des populistes dans le magma de eurs innombrables contradictions.

Quant à la loi elle-même, sans être juriste, elle a de très grandes chances d’être contraire aux accords bilatéraux que le peuple a largement acceptés et que nous avons signés. Ce qui doit compter pour un tel poste, c’est effectivement la compétence et la connaissance du terrain, des hommes (et des femmes) et des institutions. Inscrire dans la loi des obligations de résidence ou de nationalité me parait à la fois obsolète et un très mauvais signal à nos 10 à 15% d’électeurs qui habitent dorénavant de l’autre côté de la frontière, dont je fais partie. Il faut cesser d’avoir peur du MCG, ce n’est qu’un épouvantail. Parfois révélateur de nos propres angoisses.  

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